17297ème jour

Sergei

Lever aux aurores. Gare du Nord. Thalys. Bruxelles Midi. Une réunion dans un immeuble flambant neuf encore empli de cartons de déménagement. Retour a Bruxelles Midi. A midi justement. Embarquement Eurostar. Annonce bizarre en néerlandais disant que nous partons de Bruxelles pour Waterloo.
Sergei m'avait dit qu'il serait à l'arrivée Eurostar des passagers. Il y a peu de monde et je ne le vois pas. Je lui envoie un SMS lui disant que je l'attends à l'agence Avis en face de la sortie. Alors que je suis en train de signer les documents de location, j'aperçois sa silhouette qui se profile vers l'entrée. Les cheveux très blonds et courts, les yeux incroyablement bleus que son blouson de jean fait ressortir, ume paire de sandales. Bien qu'il soit originaire de la Russie extrême-orientale, près du Japon, il a l'allure d'un russe blanc, ou encore d'un soldat de la Wehrmacht. Comme si nous étions de vieux amis, on se serre la main devant la fille d'Avis, qui n'a pas du imaginer une seconde que nous nous rencontrions pour la première fois.
Je mets mes bagages dans la voiture et nous partons. Je lui demande où il a envie d'aller. I want to have sex! me repond-il très directement. L'hôtel n'était pas loin de la gare et par chance la chambre était prête. A peine un verre d'eau plate avalé, il s'est mis a l'aise sur le lit. Alors que je m'occupais de lui il m'incitait à continuer en disant: Oh yes it's good like this, continue... Son gros accent russe aux R rocailleux jurait avec sa gueule d'ange et je trouvais ce mélange délicieux. Il a voulu que je jouisse en premier mais il m'a suivi de près. On a pris une douche puis on est partis se balader dans Londres sous ce beau soleil presque estival. Lambeth bridge, le Parlement, Downing Street, Trafalgar Square.
On s'est dit au revoir sur Piccadilly Circus. Il m a dit qu'il essayerait de se libérer pour que nous puissions dîner ensemble. Je l'ai regardé s'éloigner dans la rue.

17296ème jour

Extension

Mon terrain de jeu s'est récemment agrandi. Je retrouve la Turquie et les Emirats, où je n'étais presque pas allé depuis un an et je devrai prochainement aller en Russie. Ce dont je me réjouis beaucoup...

17295ème jour

Coup de vieux

La première fois que j'ai vu cette courbe, j'avais une dizaine d'années, et sa vision m'avait laissé une étrange impression de fin du monde.
Il nait aujourd'hui chaque jour 365.000 bébés sur terre, soit cent trente millions par an. On peut donc penser que dans douze ans environ, la moitié des habitants de la planète seront nés au XXIème siècle.

17294ème jour

Мстисла́в Леопо́льдович Ростропо́вич

Mstislav Rostropovitch est mort ce matin dans un hopital de Moscou. Je pense à ces souvenirs d'enfant où je l'ai découvert alors qu'il participait au Grand Echiquier de Karajan. Je pense à son humour incroyable et à sa joie de vivre. Je pense à ses enregistrements qui m'ont fait découvrir le concerto pour violoncelle de Dvorak et les Variations roccoco, à l'âge de l'adolescence. Et ce fameux enregistrement du Triple Concerto avec Oistrakh, Richter et Karajan dont il était l'ultime survivant. Je pense à cette séance dédicace que j'ai racontée il y a quelque temps. Et je suis vraiment triste.

17293ème jour

Marek I

J'ai souvent Marek au téléphone. Quelques mots, se donner des nouvelles, garder le contact. Ce projet de passer un week end ensemble à Paris, peut-être à la mi mai... J'aimerais tant que tout ceci représente quelque chose d'important à ses yeux.

17292ème jour

Sunshine

Malgré son impression de déjà vu (Solaris, Mission to Mars...), ce film m'a profondément ému, sans doute en raison de l'éternelle image du groupe humain dont on sait dès le début qu'il va mourir. Cette situation à la fois dramatique et romantique, que l'on retrouve, entre autres dans Titanic (l'histoire en général ou le film en particulier) crée une émotion particulière car elle est l'essence même de notre vie -nous mourrons un jour- comme celle du genre humain qui disparaitra lui aussi...

17291ème jour

La vie des autres

J'ai peu à dire de ce film, sauf qu'il est un grand film, tant par le sujet, le ton, que par la qualité des acteurs. Il est regrettable que les français boudent autant l'art allemand contemporain. Le cinéma allemand a vraiment sorti des films excellents ces dernières années, qu'il s'agisse de Cours, Lola, Cours!, de Good bye Lenin, de la Chute ou de ce Goût des autres.

17290ème jour

Francfort

Un allez-retour à Francfort dans la journée, une journée d'été. Une partie de l'après-midi passée avec des collègues à travailler à la terrasse d'un café, dans le centre. Des odeurs désagréables d'égout, comme à Berlin quelques semaines plus tôt. Une promo à la boulangerie pour trois bretzels achetés. Il est des journées aux pauvres souvenirs...

17289ème jour

Premier tour

Il était temps. Je n'en pouvais plus de recevoir ces absurdes spams politiques. Je trouve hallucinant que des personnes sensées puisse imaginer un instant qu'un mail caricatural puisse convaincre ne serait-ce qu'un seul des membres de leur liste de contacts de changer d'avis. Vivement le 6.

17288ème jour

La tourneuse de pages

Très joli film sur la musique, sans doute peu crédible, ni dans les sentiments, ni dans les interprétations musicales, ni dans la cuisson du lapin, mais celà n'a vraiment aucune importance. La tourneuse de pages prouve aussi, s'il en était encore besoin, que Schostakovich peut être un compositeur populaire. Je me suis souvenu d'une scène du film Olé où Gad Elmalegh joue le rôle du chauffeur de Gérard Depardieu, tous deux mélomanes. Et pendant que Depardieu assiste a un concert au Théâtre des Champs Elysées, le chauffeur l'écoute à la radio depuis la voiture. Lorsqu'ils repartent, ils chantent tous les deux le début du premier concerto pour violoncelle de Schostakovich. La raison de la scène est de créer un effet comique - comment peut-on se trémousser de joie sur une musique aussi laide? - Mais moi, je comprends très bien que l'on puisse danser de joie sur ce concerto.

17287ème jour

Parfait amour

Le parfait amour est une chimère. Il n'y a de réel que l'amitié, qui est de tous les temps; et le désir qui est du moment.
Nerciat (1739-1800 ou 1801) Félicia ou Mes fredaines.

17286ème jour

Une nuit étrange à Bratislava et un lever de soleil au Kahlenberg

Il est apparu de l'autre bout de la place. Je ne me rappelais pas qu'il était aussi grand. Dix centimètres de plus que moi. On a fait un petit tour dans le centre historique qui a ses airs de petite Prague avec ses magnifiques bâtiments au style Marie-Thérèse. Il ne faisait pas très chaud, on est entrés dans un restaurant japonais et on a commandé un plateau de sashimis et sushis. Je pouvais l'observer à loisir alors qu'il me faisait face, ses grands yeux en amande, ses longs cheveux blonds, son sourire incroyable. Un peu plus tard un de ses amis, qui habite Londres et s'appelle lui aussi Marek, nous a rejoint et on a passé tout le reste de la soirée ensemble. J'ai beaucoup bu au cours de cette nuit et je ne me souviens pas de tout. Je me souviens avoir bu pour la première fois de l'absinthe dans un bar un peu glauque. Je me souviens que pour faire passer l'absinthe, nous avons bu aussitôt une sorte de soda slovaque qui s'appelle Vinea. Je me souviens que Marek m'a demandé de dire à l'autre Marek un truc en slovaque qui sonnait comme akéo mach velkéo et que l'autre Marek m'a répondu "it's not your business" Je me souviens que ça les amusait beaucoup de m'envoyer le dire à des types bizarres, suscitant des réactions variées. Je me souviens avoir compris au bout de deux ou trois fois que ça voulait dire "elle mesure combien ta bite?". Je me souviens que nous sommes allés dans une petite boîte de nuit dans un dédale de caves près du Danube. Je me souviens qu'on y a bu des quantités invraisemblables de vodka-Red Bull. Je me souviens que j'ai dansé longtemps avec Marek. Je me souviens qu'on a fait tous les deux la fermeture de la boîte. Je me souviens qu'on a marché jusqu'à ma voiture dans les jolies rues du centre et que dans la nuit, je lui chantais les feuilles mortes. Je me souviens qu'on a roulé dans la banlieue de Bratislava et qu'il avait sa main dans la mienne. Je me souviens que je l'ai serré dans mes bras et que je l'ai vu s'éloigner vers le grand immeuble où il habite. Je me souviens que j'avais un peu envie de pleurer alors que j'ai repris la route de Vienne.
J'ai passé la frontière autrichienne vers cinq heures du matin. J'ai traversé Vienne en parcourant le ring. De mémoire, j'ai repris la route de Grinzing en tatonnant un peu. Je suis monté jusqu'au Kahlenberg où j'ai assisté tout seul au lever de l'immense disque orange du soleil au dessus de la ville et de Heiligenstadt. C'était si beau que j'avais envie de pleurer. J'ai redescendu le Kahlenberg. Je me suis arrêté à Grinzing pour aller me recueillir une nouvelle fois devant cette tombe que j'ai déjà visitée trois fois. Il n'y avait personne dans le petit cimetière. J'ai chantonné Liebst du um Schönheit mezza voce devant la tombe et je m'en suis allé. J'ai pris un petit déjeuner viennois au café Schwarzenberg sur le ring et je suis allé reprendre l'avion de Paris.

17285ème jour

Paris Vienne Bratislava Vienne Bratislava Vienne

Le Paris-Vienne d'Austrian Airlines, à 10 heures. Je retrouve mes amies hôtesses vêtues de touge de la tête aux pieds. A Vienne, où j'étais déjà trois jours plus tôt, je récupère un véhicule pour parcourir cette route que je n'ai pas faite depuis une quinzaine d'années. Un peu d'autoroute pour commencer, en direction de Budapest. Puis une route dans une plaine autrichienne assez monotone qui fut longtemps la limite du mur de fer. La frontière existe toujours mais elle est assez bonhomme. Et un dernier morceau d'autoroute en Slovaquie. La banlieue de Bratislava est assez laide, des barres de bâtiments comme l'on voit comme dans tous les anciens pays de l'est. On arrive juste à temps pour notre réunion avec le client dans un immmeuble morne en bord de Danube. Après le meeting je raccompagne mon collègue à l'aéroport de Vienne. Je me trompe et on se retrouve à la frontière de la Hongrie toute proche, et devant laquelle nous faisons demi tour. Vienne-Bratislava-Vienne-Bratislava. Je ferai en tout quatre fois ces soixante kilomètres au cours de ces vingt quatre heures. Pour l'heure, je reviens à Bratislava, je me change dans la voiture et vers huit heures, je me rends près du Carlton. J'y ai rendez-vous avec Marek.

17284ème jour

Londres Paris

Je déjeune avec une cliente hongroise dans un endroit choisi par elle et que je ne connaissais pas, le Wolseley, sité au 160 de Piccadilly. Le restaurant, installé en 2003 dans ce qui était une agence de la Barclays a le charme d'un grand café qui a existé depuis toujours. Il remplacera un peu dans mon coeur Simpson in the Strand, un club masculin ouvert aux femmes voici moins de trente ans où j'avais jadis mes habitudes, et dont la formidable cuisine si britannique est devenue un attrape touristes.

17283ème jour

Paris Londres à l'étroit

Lorsque je travaillais pour mon employeur précédent, j'allais de temps en temps à Londres, et j'avais pris l'habitude de descendre dans un hôtel de Shaftesbury Avenue, en plein Soho, à deux pas de mon lieu de travail et à des prix très acceptables. Cet hôtel a eu d'importants travaux de rénovation il y a quelques années et j'y retourne parfois. Cette fois-ci, j'ai eu la bétise de demander une single, et pour la somme de 105 livres, je me retrouve dans une chambre dont, en tendant bien les bras, je peux toucher les deux murs...

17282ème jour

Un roman russe dans les jardins de Schönbrunn

C'est dans les jardins de Schönbrunn que j'ai terminé un roman russe d'Emmanuel Carrère. J'ai beaucoup aimé ce livre qui n'a rien d'un roman en fait, puisque très autobiographique, et qui se passse entre la France et la Russie. J'ai beaucoup aimé son côté impudique qui apparait comme une sorte de délivrance et qui a du tant choquer Madame le secrétaire perpétuel de l'Académie française. J'ai aimé aussi les influences de l'oeuvre sur la vie personnelle de l'auteur, l'étrange impact de de prisonnier hongrois de Kolnevitch sur les secrets de famille. Ce livre m'a doné très envie de voir le documentaire Retour à Kotelnitch dont la réalisation est comme imbriquée dans les méandres du livre.
Avec un peu de regret, j'ai refermé le livre, j'ai repris le métro jusqu'à la Karlplatz, j'ai marché jusqu'à la Michaelerplatz où j'ai bu une dernière bière, j'ai récupéré mes bagages à l'hotel et je suis reparti à Wien Schwechat.

17281ème jour

Simon Boccanegra au Staatsoper

Je commence à avoir mes petites habitudes dans les jardins de la Hofburg. J'ai lu un roman russe au même endroit, près de milliers de ballons blancs et rouges qui ont été lancés avec un message pour une cause humanitaire dans le milieu de l'après midi.
A 18h30, je suis allé au Staatsoper pour une représentation de Simon Boccanegra. L'opéra de Vienne reste un endroit assez snob où ma chemise noire et mon jean juraient un peu au milieu de ces cravates et robes plutôt habillées. Les voix étaient assez variables, autour d'un Thomas Hampson dont les critiques dont il fait l'objet m'ont paru un peu sévères. Mais la star du Staatsoper c'est l'orchestre que j'entendais pour la première fois dans la fosse et c'est une expérience inoubliable. L'orchestration si soignée de Verdi était ainsi magnifiquement mise en valeur avec une perfection absolue de tous les pupitres. Les voix n'atteignent jamais cette perfection créant ainsi une sorte de déséquilibre. La mise en scène était assez simple, agréable, plutôt dépouillée et très respectueuse de la musique. Les opéras de Paris feraient bien d'en prendre de la graine.

17280ème jour

Dieter

Ah! le bonheur extraordinaire de prendre un taxi près du Volkstheater, de se laisser emmener sous un soleil de printemps à travers la Hofburg, de passer Michaeler Platz, de longer l'opéra et de filer à son rendez vous matinal.
L'après-midi, comme j'ai terminé tôt, je passe l'après midi à terminer un roman russe couché au soleil au milieu des lilas en fleur des jardins de la Hofburg.
Le soir je recontacte Dieter. Dieter m'avait posé un lapin lors de ma précédente venue en janvier. Je l'avais attendu au pied de la grande tour de télévision du Donaupark, par un froid terrible. Il ne répondait plus à mes messages et j'étais rentré en métro. Il me redonne rendez-vous pas très loin de la dernière fois, à la sortie du métro Altdonau. J'hésite. Ce nouveau rendez-vous sent encore le lapin, mais il fait beau, celà ne prend que vingt minutes en métro et il fait bon. J'arrive là bas et je lui envoie un SMS. Cinq minutes plus tard il me répond de traverser la rue et de l'attendre au coin. Je n'aime pas pas trop mais je m'exécute. Pourtant quelques instants plus tard il est là avec ses cheveux longs et son grand sourire timide. Je le suis. On va à une grande barre d'immeubles proche de la station de métro. On monte au septième. On arrive dans un appartement moderne très propre et très bien arrangé. Son chienne est là, Kelly, une levrette d'Italie adorable et super affecteuse avec son museau de souris. Dieter m'offre une bière. Je commence à la boire. Dieter ne parle ni français ni anglais. Celà réduit un peu le champ de conversation mais c'est amusant. J'arrive à comprendre son métier. Et en lui mettant la main entre les jambes, j'apprends que cela se dit Schwanz en allemand, puis j'apprends blasen einen Schwanz. Après la théorie, la pratique... On va dans sa chambre où Kelly dort dans sa panière à côté du lit. On parlera peu pendant ce moment et juste en allemand. J'ai trouvé ça terriblement érotique de lui demander "Was willst du daß ich dir mache?" et de l'entendre me répondre "Was du machst, es ist gut". On a joui l'un sur l'autre, tête bêche. J'ai fini ma bière et j'ai repris le métro.
Si vous passez sur Kärtnerstraße et que vous apercevez un beau jeune homme à cheveux longs en train de refaire la vitrine de H&M, c'est lui.

17279ème jour

Mes petites contrariétés IV

En arrivant à Roissy, le comptoir d'enregistrement nous annonce une heure trente de retard. Celà m'est un peu égal, je suis plongé dans un roman russe d'Emmanuel Carrère et que je le lise là ou ailleurs n'est pas si important. Les annonces varieront au cours de la soirée, nous indiquant parfois une heure de retard, parfois un départ à 1h30 du matin. Finalement nous embarquons un peu après minuit et atterrissons vers deux heures du matin à l'aéroport de Vienne Schwechat. Evidemment il n'y a plus de taxis dans la file d'attente et quelques uns seulement arrivent seulement au compte goutte.

Un moment plus tard le mien m'emmène à une vitesse hallucinante vers Vienne, pas loin de 200 km/h je pense. Je suis dans ma chambre à 3h00. A 8h00 j'ai rendez vous avec mon collègue pour déjeuner.

17278ème jour

Un soir à Berlin

C'était après la Sixième. Il avait un dîner et moi aussi. J'étais revenu à mon hôtel. Il m'a envoyé un SMS pour me dire qu'il arrivait de Prenzlauer Berg à vélo. Je lui ai donné l'étage et le numéro de la chambre. Il a frappé à la porte. J'ai ouvert. Blond aux yeux bleus. Il est entré et il a enlevé son blouson. Il m'a dit qu'il aimait les choses assez directes. Il s'est vite retrouvé assis sur le lit avec mon sexe entre les lèvres. C'est tout ce qu'il désirait en fait, mais il souhaitait que cela dure longtemps. Et cela a duré vraiment très longtemps. Trois quarts d'heure peut-être. Et comme l'on fait bien les choses que l'on aime faire, c'était plutôt agréable.
Quand nous eûmes terminé, nous avons fait connaissance en buvant un jus de fruit du minibar. Je lui ai demandé ce qu'il faisait dans la vie. "Flûtiste!" m'a-t-il répondu en souriant. Et nous sommes partis tous les deux dans un fou rire mémorable...

17277ème jour

Le concert de Mika au Kulturbrauerei

Je me suis précipité sur le disque de Mika dès sa sortie en France début février et depuis ce jour, mes filles et moi ne cessons de massacrer ses chansons en voiture. Il était donc hors de question que je n'assiste pas à une étape de sa première tournée européenne. Comme je me trouvais à Berlin pendant la plus grande partie de cette tournée, j'ai longuement hésité sur la possibilité de combiner la Huitième à la Philharmonie le 9 avril à 20h00 et le concert de Mika le même jour, initialement prévu au Kalkscheune à 21h00. Comme il y avait une première partie, je me disais que c'était jouable. J'ai pris un billet mais le concert a été transféré au Kulturbrauerei près de Prenzlauer Berg, ce qui rallongeait un peu le parcours depuis la Philharmonie. C'est pourquoi, dès le dernier accord de la Huitième, j'ai couru au métro pour tenter d'être à l'heure.
Le Kulturbrauerei est un grand ensemble industriel en brique, transformé il y a quelques années en un ensemble de restaurants, cinémas et de salles de concert. En rentrant dans la salle, on m'a donné un badge Mika et on a pris de moi une photo compromettante pour publication sur un site web. La salle n'était pas très grande et en contournant les spectateurs j'ai pu me retrouver à huit mètres de la scène environ, juste avant que Mika ne s'y installe.
C'était vraiment soixante minutes de bonheur. La salle surexcitée connaissait par coeur les chansons, toutes excellentes. Mika est une bête de scène, il bouge en tout sens, il est drôle, il est beau, il est sympathique, il a une énergie communicative et plus étonnant, il chante aussi juste sur scène qu'au disque, même en voix de tête. Il a chanté tout son disque, plus une chanson prévue pour le nouvel album. Pour Happy ending, la chanson préférée de ma fille aînée, j'ai appelé cette dernière et nous avons donc pu écouter une partie du concert ensemble. Lors du final, Mika et ses trois compères ont débarqué sur scène habillés en animaux en peluche et c'est en lapin que Mika a chanté Lollipop avant le lancement d'une tonne de confettis dans la salle et d'immenses ballons multicolores que le public renvoyait vers la scène.
Ce type est un génie. Il est tellement évident qu'il va tout ramasser dans le rock de demain, qu'il est le nouveau Bowie-Buckley-Mercury-Jagger, qu'il ne laissera rien aux autres...
Des esprits grincheux commencent déjà à s'en éloigner, mécontents de devoir le partager avec les millions de fan qu'il a déjà de par le monde. Je ne partage pas cet avis. Pour une fois que le public a bon goût et qu'il offre le succès à un type aussi génial, j'applaudis à tout rompre avec tout le monde. Et des soirées gaies comme celle là, j'en redemande à profusion.

17276ème jour

Mahler Zyklus VIII - Huitième Symphonie - Pierre Boulez

Pas de répétition en ce lundi de Paques. Juste le concert du soir. Une salle pleine à craquer pour la monumentale Huitième. Le concert de l'année passée et les nouvelles répétitions ont significativement élevé le niveau de l'interprétation désormais précise et inspirée. Le Choeur de Prague, que j'avais déjà admiré dans une Huitième au Konzerthaus voilà deux ans, fait des merveilles dans le Veni Creator. Lorsque le groupe des trombones dans la plus haute tribune face à nous laisse éclater sa fanfare, j'aperçois une dame âgée juste devant eux qui se bouche les oreilles avec application. Puis c'est le choeur final qui achève en apothéose mon Mahler Zyklus. Dès la dernière note qui éclate, je me lève pour de nouvelles aventures. Je traverse le foyer de la Philharmonie encore vide alors que les applaudissements crépitent au dessus de ma tête. Je cours en direction du métro de Potsdamer Platz en me disant que pendant deux mois je n'écouterai plus de Mahler.

17275ème jour

Mahler Zyklus VII Septième Symphonie et Lieder eines fahrenden Gesellen - Daniel Barenboim/Thomas Quasthoff

Journée dense. Le matin, répétition de la Huitième Symphonie dirigée par Pierre Boulez. Veni Creator musclé avec un choeur intrépide et véloce. Peu d'interruptions dans la seconde scène de Faust. Solistes inégaux. Déjeuner avec HL au café Einstein d'Unter den Linden, nous allons revoir les Caspar Maria Friedrich puis nous prenons un café dans Hackescher Markt. Le soir, juste une heure avant le concert, je retrouve un impénitent voyageur pour une répétition de fignolage (Spielen Probe) de la Septième et des Lieder eines fahrenden Gesellen. Juste avant de s'installer au pupitre pour la répétition, Daniel Barenboim monte sur le podium du chanteur et se tourne vers Quasthoff assis au dizième rang pour lui faire une terrible grimace imitant le chanteur.
Puis c'est le concert. De très beaux Lieder admirablement chantés par Quasthoff avec un accompagnement soigné, ciselé par l'orchestre. Hélas, dans la Septième, on retrouve les mêmes défauts que dans la Cinquième cinq jours plus tôt. Des contrastes excessifs, une grandiloquence glacée, le show off de Barenboim sur l'estrade, un finale à la Barnum qui attire un triomphe de la part du public. Daniel Barenboim devrait admettre que Mahler apportera plus à sa gloire que lui même n'apportera jamais de gloire à Mahler et s'abstenir définitivement de le diriger.

17274ème jour

Mahler Zyklus VI - Sixième Symphonie - Pierre Boulez

Le matin à 10h30, répétition très courte de la Sixième Symphonie que Pierre Boulez a déjà dirigé avec ce même orchestre trois fois en janvier. Il s'agit donc uniquement de revoir quelques passages à problème. Je me régale alors que le début du dernier mouvement, si difficile dans son agencement et son démarrage d'un pizzicato des violoncelles, est retravaillé à plusieurs reprises. Pendant la pause j'ai pris mes petites habitudes : un bretzel et un verre de vin blanc à la cafétaria des musiciens. Puis l'orchestre passe sous la direction de Daniel Barenboim pour une mise en place des Lieder eines fahrenden Gesellen. Lorsque Thomas Quasthoff chante Wenn mein Schatz Hochzeit macht, il est terriblement émouvant, semblant porter sur ses épaules tout le malheur du monde qu'il accepte avec résignation.
La Sixième de Mahler est elle la moins populaire de toutes? On pouvait le penser cet après-midi au vu de l'assistance un rien clairsemée, en comparaison des autres concerts tous complets. Les deux premiers mouvements étaient implacables, l'adagio un rien sentimental et le final particulièrement réussi. Le marteau émettait un beau son mat et puissant. Ma voisine de devant a fait un saut de vingt centimètres dans son fauteuil au premier coup.
La soirée qui a suivi fut amusante et compliquée.

17273ème jour

Mahler Zyklus V - Cinquième Symphonie et Rückert Lieder - Daniel Barenboim/Thomas Quasthoff

Il est fascinant de comparer Pierre Boulez et Daniel Barenboim. Au risque de devenir schizophréniques, les musiciens doivent changer de place tous les jours, Boulez plaçant l'orchestre traditionnellement (violons I et II, violoncelles, altos contrebasses) et Barenboim optant pour le positionnement à la russe, avec les contrebasses à gauche. Boulez dirige évidemment sans baguette, d'une battue précise mais sans fioritures, avec la partition sous les yeux et il se tient debout pendant toutes les répétitions malgré ses 82 ans. Barenboim dirige de mémoire et avec baguette, dans un show très démonstratif depuis son passage à Chicago et, souffrant visiblement du dos, il se tient assis pendant toutres les répétitions en haut d'une haute chaise elle même posée sur une haute estrade. De là haut, il domine le monde. Quant aux méthodes de répétitions, elles sont elles aussi fort différentes. Pierre Boulez dirige chaque mouvement en entier et revient sur quelques détails qu'il fait reprendre avec peu de commentaires. Daniel Barenboim, du haut de son perchoir, commence par une longue introduction sur l'oeuvre, puis fait travailler uniquement des petits passages problématiques à ses yeux. Il s'agissait d'une oeuvre bien sûr déjà travaillée avec l'orchestre. Mais le point fort de Barenboim c'est de savoir exactement ce qu'il veut, et de savoir aussi comment l'obtenir. Il a une complicité évidente avec ses musiciens et se moque parfois gentiment d'eux, par exemple en sifflant le passage de la deuxième trompette lorsque celui-ci a oublié de jouer.
Après la répétition de la Cinquième, Thomas Quasthoff arrive sur scène pour répéter les Rückert Lieder. Il a lui aussi une haute estrade avec un escalier, et une chaise à pied coupés qui rend celle de Barenboim un peu ridicule. Entre Barenboim et Quasthoff, c'est l'entente évidente et le résultat est immédiatement exceptionnel. Au cours de cette répétition, je réalise le bonheur inouï d'avoir Thomas Quasthoff en train de chanter cinq mètres devant moi ce répertoire exceptionnel. Et lorsque la répétition s'achève avec Ich bin der Welt, j'ai les larmes aux yeux.
Le soir, le concert reflète la répétition du matin avec une Cinquième belle comme une photo sur papier glacé, mais dans une conception totalement étrangère à Mahler, et des Rückert d'anthologie.
Je fais signer mon programme par Barenboim et j'arrive à l'émouvoir en lui rappellant l'avoir déjà entendu diriger l'Adagietto salle Pleyel, le jour de la mort d'Artur Rubinstein, voila vingt cinq ans. Il m'a également dit son envie de diriger la Quatrième.

17272ème jour

Mahler Zyklus IV - Quatrième Symphonie et Wunderhorn Lieder - Pierre Boulez/Christine Schäfer

Le matin, répétition de la Quatrième par Pierre Boulez. Grande clarté des pupitres. Je me rends compte pour la première fois de l'importance particulière des vents dans cette symphonie, de leur rôle un peu ironique et mordant par rapport aux cordes qui jouent plus traditionnellement. Par instant dans le premier mouvement, les bois semblent être des oiseaux qui piaillent. Puis c'est la répétition du finale et des autres Wunderhorn Lieder avec Christine Schäfer. Peu de travail apparent. Tout parait simple. Christine Schäfer économise sa voix pour le concert et transcrit parfois une octave en dessous.
Au concert, je suis placé avec le tigre tout en haut, face au chef, et nous n'entendons guère que l'orchestre. A l'entracte, nous descendons rapidement pour nous installer au premier rang, deux mètres devant la chaise de la soliste.
De là nous profitons d'une magnifique interprétation de la quatrième avec un adagio en apesanteur. Christine Schäfer qui, pendant l'entracte, a troqué sa magnifique robe rose pour une sorte de smoking noir, a vraiment la voix parfaite pour das Himmlisches Leben, avec exactement ce qu'il faut de fraicheur et de naïveté. Hélas il manque un peu de volume, ce que l'on ressent presque jusqu'au premier rang.
Après le concert, diner d'adieu avec Mister tigger au restaurant italien de l'hôtel NH de la Leipziger Straße.

17271ème jour

Dresde

Comme il y avait une pause d'une journée dans le Mahler Zyklus, nous avions décidé de consacrer cette journée à Dresde et au Semper Oper, sans le tigre qui a décidé une fois pour toutes que "l'opéra ça le saoule". Un départ fut très raté pour avoir confondu l'Albrecht strasse de Mitte et celle de Steglitz et pour HL qui a décidé au dernier moment de ne pas partir. Des rigolades pour faire démarrer la 530 de location et sa complexité technologique. Un 220 km/h sur l'autoroute.
Dresde est une merveille et malgré les destructions terribles de la deuxième guerre mondiale, son patrimoine architectural mérite largement une journée. La Gemäldegalerie Alte Meister est quant à elle un musée d'une richesse excpetionnelle : des foisons de Canaletto, de Rembrandt, quelques Vermeer, des van Dick et une profusion de Cranach qu'hélas nous avons découvert peu avant la fermeture du musée annoncée par une jeune femme parcourant les couloirs avec un gong.
Le soir représentation enthousiasmante du Macbeth de Verdi au Semper Oper, sans doute le plus bel opéra allemand. L'orchestre était bien sûr la Staatskapelle, le plus vieil orchestre au monde (fondé en 1548!), dont la qualité hallucinante fait comprendre aisément pourquoi Richard Strauss et Karl Böhm en étaient amoureux. Mise en scène comme à l'habitude grotesque avec son contingent de nudité, de néons, de costumes laids. N'y manquaient qu'une masturbation en scène, voire une fellation, qui auraient rendu la fête complète.
Je reviendrai à Dresde.

17270ème jour

Mahler Zyklus III - Troisième Symphonie - Pierre Boulez

La journée se déroule à la façon de la plupart de celles qui vont suivre : répétition le matin, concert le soir. J'ai réussi à entrainer Mister Tigger à la répétition de dix heures, ce qui est un exploit en soi... Pierre Boulez, comme à son habitude, dirige les mouvements en entier, puis revient sur quelques passages à retravailler, relativement peu en fait. L'ambiance est agréable, plutôt détendue, il y a une cinquantaine de personnes dans la grande salle de la Philharmonie, beaucoup avec une partition sur les genoux. Lors de la répétition du troisième mouvement, Pierre Boulez doit faire comprendre au cor de postillon, qui joue depuis les coulisses, le passage à reprendre. Il met ses mains en porte-voix et lui crie le numéro de la mesure. Le soliste répond qu'il a bien compris par un petit triolet de notes de son instrument. Tout le monde est hilare. Le soir, nous sommes de nouveau placés derrière les choeurs. Magnifique représentation avec en particulier un dernier mouvement ample et clair avec un finale à tirer des larmes... Alors que les applaudissements crépitent je me penche vers Alban berg pour lui murmurer : "On peut dire que l'on aura entendu de beaux Mahler ensemble..."
Après le concert, nous faisons une longue marche jusqu'à Oranienstraße pour dîner dans un restaurant asiatique avec une serveuse francophile. AU passage, je remarque que le bar étrange entièrement en peluche rose qui se trouvait dans Oranienstraße a disparu.

17269ème jour

Mahler Zyklus II - Deuxième Symphonie - Pierre Boulez

Je suis arrivé à Berlin en fin de matinée et j'ai aussitôt rejoint mon hôtel de Mitte, juste à Check Point Charlie. Le soir j'ai retrouvé Alban Berg pour notre premier concert, le second du cycle Barenboim-Boulez. Le concert de ce soir était très proche de celui du 80ème anniversaire, voilà deux ans. Nous étions d'ailleurs placés presque au même endroit, juste derrière les choeurs. Même clarté de tous les pupitres (magnifique ensmble des violoncelles), moins de couacs qu'il y a deux ans, une fanfare enfin parfaite, un peu moins d'ampleur dans le dernier mouvement. Une Deuxième sublime et qui tire des larmes aux yeux lorsque les choeurs commencent leur chant de Résurrection.
Après le concert, Boulez, qui a accepté une séance de dédicace dans le foyer de la Philharmonie, l'expédie avec une conscience stakhanoviste. Alban Berg lui rappelle avoir joué Messagesquisses sous sa direction à Tokyo, son visage s'éclaire d'un sourire et il dit avoir un très bon souvenir de cette tournée.
Nous partons rejoindre un tigre en goguette à l'angle de Leipziger straße et de Friedrich straße, puis nous allons dîner en fraudant le métro dans un restaurant italien de Oranienburger straße.

17268ème jour

Le London Symphony Orchestra et Valery Gergiev à Pleyel

Foule des grands jours à la salle Pleyel en cette fin d'après midi de printemps. J'ai aperçu le ministre de la culture qui allait décorer Gergiev peu après le concert, le PDG de Total qui avait des clients présents. Le programme, magnifiquement construit réunissait Stravinsky et Debussy dans tout ce qui les réunit et dans tout ce qui les oppose. Une symphonie pour instruments à vents impeccable de tenue. La Mer à s'enivrer de sons incroyables. Le Prélude à l'après-midi d'un faune d'une poésie exceptionnel et un Sacre surprenant, sauvage et racé, contesté par certains mais qui m'a impressionné. Après trois concerts du LSO cette saison, je me demande s'il n'est pas vraiment le meilleur orchestre du moment. Et le bonheur de voir Joost Bosdijk officier à son nouveau poste.
Un coup de gueule particulier à mon voisin de derrière, un crétin de russe en costume à rayures, sans doute l'assistant de Gergiev, qui a passé tout le concert à lire des dossiers et à remuer du papier.

17267ème jour

Un SMS

Je reçois à l'instant ce SMS : c élo. dsl on ne se vera jms g un copain je laime jsui bien avec lui dc oubli moi arete 2 mapelé stp mercy bye
Le problème n'est pas de l'avoir reçu.
Le problème est, qu'un bref instant, j'ai vraiment pensé qu'il put m'être réellement destiné.
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