19400ème jour

Avant dernier jour en enfer

Dans la mesure où je commets l’imprudence de me connecter d’un lieu professionnel sur grindr, je crame deux collègues et je me fais cramer par (au moins) l’un d’entre eux avec lequel je devise quelque peu ironiquement.

19399ème jour

Pluto

Troisième jour en enfer. Le soir, nouveau dîner aux Halles, moins épouvantable qu’au Louchebem mais pas bien terrible non plus. Je profite de mon évasion pour dormir chez moi.

19398ème jour

The End

Dans la nuit, sans doute vers trois heures du matin, n’arrivant pas à dormir, je passe un peu de temps sur Grindr et j’aperçois qu’Ambr*ise est connecté. Je l’aborde d’un « On ne se dira donc même pas au revoir ? » Il répond froidement et un peu lâchement, rejetant sur moi la responsabilité de notre absence de contact ces deux dernières semaines. La discussion prend vite un ton un peu acide et, comme Ambr*ise ne me répond plus, je lui fais mes adieux, lui proposant toutefois de se revoir pour une explication finale s’il le souhaite.
Toute cette histoire serait presque amusante car c’est aujourd’hui l’anniversaire de notre rencontre, il y a trois mois, jour pour jour. Là où Ambr*ise a raison en me faisant porter la responsabilité de la rupture, c’est qu’au fond de moi, je sais parfaitement qu’une relation entre deux personnes ayant une telle différence d’âge ne peut être que de courte durée. Je suis probablement le seul à en souffrir et c’est tant pis pour moi.
Le soir, dîner américain atroce dans une sorte de cirque où se tient un spectacle navrant autour de chevaux, de bisons, d’indiens et de cowboys. Il parait que Robert Carsen a prêté son nom à cette mascarade. Je pars avant la fin.

19397ème jour

Picsou

Au petit matin je prends l’autoroute de l’Est pour me rendre à Eurodisney, enfer dans lequel je passerai l’essentiel de mon temps cette semaine.
Le soir, j’emmène mon équipe pour prendre un peu d’air frais loin de Dingo et Pluto et nous dînons tous ensemble au Louchebem. Hélas, le menu négocié deux jours plus tôt s’avère catastrophique et nous nous consolons dans un pub voisin bien médiocre avant de prendre le dernier RER pour Marne la vallée.

19396ème jour

Le quatrième concert du cycle de musique de chambre de Brahms à Pleyel

En ce jour de grosse manifestation, je commets la bêtise d’emmener Michael pour un déjeuner tardif à La Périgourdine, rue des Ecoles. Je découvre que nous nous trouvons en fait entre deux bras du cortège, celui qui passe par le boulevard Saint Germain, et l’autre qui s’écoule par le boulevard Saint Marcel. Comme je ne peux m’échapper de la nasse arc-en-ciel qu’à partir de seize heures, j’arrive en retard au quatrième concert du Cycle Brahms et je rate le trio pour piano, dont j’écoute la fin dans l’atroce salle des retardataires.
Je récupère ma place pour la Troisième Sonate pour violon et piano magnifiquement interprétée par Guy Braunstein avec la tendresse et la violence qui est un peu sa marque dans ce cycle de musique de chambre. Il est accompagné par la même pianiste que la veille dans une nouvelle tenue extravagante et toujours des chaussures compensées et à talon vertigineux mais bien sûr dans un nouveau coloris. Deuxième partie consacrée au Deuxième Sextuor de Brahms, que je connais mal et dans lequel j’ai un peu de mal à entrer.
Le soir, à ma grande surprise, Edouard, le garçon de Lille brièvement rencontré il y a un peu plus d’un an, me recontacte. Il fait des études d’hôtellerie en Suisse et se trouve pour quelques mois en stage dans un hôtel des Canaries. Je suis dans un tel manque affectif d'Ambr*ise que je ne dis pas non.

19395ème jour

Le troisième concert du cycle de musique de chambre de Brahms à Pleyel

Déjeuner au Louchebem avec Michael. On rentre à pied en faisant une halte au Virgin des Grands Boulevards.
A 19h00, on récupère HLG chez lui pour l’emmener au troisième concert du cycle Brahms.
Première partie avec la belle sonate pour clarinette N°2, celle dont j’avais tant aimé le second mouvement quand adolescent, j’écoutais l’émission de Jean Michel Damian sur France Inter.
Trio pour piano et cordes N°3 qui ne m’a pas laissé un souvent impérissable.
La pianiste, Yuja Wang, une jeune chinoise (qui a enregistré Rachmaninov avec Claudio Abbado!) porte une tenue extravagante et des chaussures compensées avec un talon immense. Elle revient en seconde partie avec une tenue tout aussi extravagante, et les mêmes chaussures, mais dans un coloris différent. Elle tape très fort sur son piano alors qu’on attend d’un pianiste qui joue du Brahms de parvenir à ce son chaud et viril, sans jamais taper.
Deuxième partie avec le quintette pour piano op.34, que j’aime tant et que j’avais découvert lors de la sortie de l’enregistrement de Maurizio Pollini et du Quartetto Italiano. Le troisième mouvement est bissé.
Après avoir déposé HLG en bas de chez lui (il repart le lendemain pour Marrakech), on passe faire quelques courses au Monop et on organise une orgie de tomate mozzarella.

19394ème jour

Paris Dijon Paris

Aller retour à Dijon pour une histoire de galette sans galette sur les bords du lac Kir.
Le soir, comme je ne passe pas loin de la gare de l’Est, j’y récupère Michael qui revient pour quelque temps à Paris.

19393ème jour

Sans lui

Je travaille toute la journée. Aucune nouvelle d'Ambr*ise depuis une semaine. Je suis triste et malheureux de constater qu’il se passe aussi facilement de moi.

19392ème jour

Calories II

Le fait de travailler avec des clients français est une mauvaise nouvelle pour mon poids. Qu’on en juge : Déjeuner avec un client au Trou gascon qui était ma cantine il y a une vingtaine d’années, au début de ma vie professionnelle. Les ris de veau y sont toujours aussi bons.
Le soir, dîner avec un autre client à La Luna où je retrouve ma chère cassolette de homard aux lardons.

19391ème jour

Calories I

Déjeuner dans la salle à manger privée d’un de mes clients à Charenton.
Dîner avec un collègue Chez Georgette où je n’avais pas mis les pieds depuis des siècles et où pendant longtemps, je n’arrivais jamais à me rendre, l’endroit étant systématiquement fermé chaque fois que je tentais d’y aller.

19390ème jour

Dijon

Aller retour à Dijon pour une réunion qui était prévue pour être difficile et qui s’avère détendue. De retour chez moi, je mets à jour mon iPod depuis l’iMac et je peux enfin commencer à le réalimenter en musiques nouvelles.

19389ème jour

Paris sous la neige

C’est un Paris enseveli sous une épaisse couche de neige qui me surprend et m’émerveille alors que je pars de chez moi pour rejoindre mes filles exceptionnellement au grand complet.
Je prends une photo de la place de l’Europe toute blanche, je m’amuse d’un couple qui a improvisé une luge sur la pente de la rue de Saint Petersbourg. Déjeuner raclette au Brasier avec mes filles. A la table voisine, une folle hurle sur son téléphone portable.
Le soir, je prends la voiture sous une épaisse couche de neige et je récupère un grindrien qui travaille au Starbuck de la Défense. Dîner en tête à tête sans intérêt au Mini-palais. Je le dépose sans regret chez lui vers la Porte d’Orléans.

19388ème jour

Mon nouveau jouet III

Ma voiture est recouverte d'une épaisse couche de neige et je choisis d'aller à Saint Germain en taxi pour retrouver Bastien, mon coiffeur toujours aussi sympa. J'achète mon trentième CD d'un concert du Nouvel An, la bien falote édition de 2013, dirigée par Franz Welser-Möst.
Je passe l'essentiel de l'après-midi à tenter de transférer proprement les 85 Go de données iTunes de mon vieux PC Sony vers le gros iMac qui trône désormais sur mon bureau.
J'achète aussi un lecteur de CD afin de pouvoir réalimenter mon iPod en musique fraîche.

19387ème jour

Mon nouveau jouet II

A mon réveil, je constate que le transfert de données du PC vers l’iMac a encore planté. Journée à Dijon. Retour le soir avec encore une fois une neige épaisse dans les rues alors que je rentre de la gare de Lyon à chez moi. Sur les conseils de Michael, je relance le transfert de mes données du PV vers l’iMac sans l’énorme base iTunes et enfin, tout se passe bien.

19386ème jour

Le troisième concert Brahms du Cycle Concertos Symphonies au Théâtre des Champs Elysées

Au réveil je découvre que le transfert de données du PC vers l’iMac a planté. A huit heures, j’emmène Ambr*ise à Assas et à midi je repasse chez moi pour surveiller mes transferts de données. Nouvel échec. Déjeuner avec Paulo un brésilien de grindr teint en blond et très idiot. Dans l'après midi, à ma grande surprise, je reçois un message de G. qui me demande un service pour la bonne fée. Je l'appelle, je réentends sa voix que j'aime toujours autant et bien évidemment, je lui rends le service demandé.
Le soir, je me rends au théâtre des Champs Elysées pour la suite du bien décevant cycle Brahms Masur. Le concert de ce soir ne fait pas exception : une Troisième Symphonie pas très bien mise en place et peu intéressante et un Deuxième Concerto pour piano avec Elisabeth Leonskaia très technique mais assez peu inspirée. Le quatrième mouvement est rejoué en bis.
De retour chez moi, je relance une nouvelle migration de données pour la nuit.

19385ème jour

Mon nouveau jouet I

Aller retour à Lyon, ou plutôt dans la banlieue de Lyon, pour visiter un client. On achète une délicieuse galette aux pralines rouges chez Seve pour tirer les rois avec notre client.
De retour à Paris, je récupère mon iMac que je commence installer avec les conseils à distance de Michael. Je transfère des données pendant toute la nuit.

19384ème jour

Ambr*ise XXXII

Ambr*ise passe chez moi vers huit heures car il a besoin –bizarrement- de boire du coca à cette heure matinale. Je l’emmène à ses examens rue d’Assas avant de passer au bureau.
Le soir, visite à mon dentiste pour le détartrage annuel, désagréable comme à l’habitude.

19383ème jour

Une histoire de clefs

Je rentre du bureau avec une collègue que j’ai prévu d’emmener dîner au Piccolino. Comme Michael est reparti dans les Vosges en laissant ma clef à l’intérieur, je demande à Ambr*ise de passer chez moi. J’abandonne ma collègue quelques minutes et je croise Ambr*ise dans mon hall, juste le temps qu’il me rende le trousseau de clefs et qu’il me dise avoir rencontré un garçon blond magnifique. Je dîne avec ma collègue qui a sûrement trouvé étrange que je dise au revoir à un jeune homme en l'embrassant.

19382ème jour

Marrakech III

Le matin, comme il y a six ou sept ans, promenade avec HLG et son chien dans les jardins d’Agdal. Il fait froid, à peine plus de zéro degré, j’ai les orteils gelés mais les jardins sont magnifiques dans la lumière du soleil levant.
Alors que nous revenons, mon voisin du concert de la veille, qui se trouve être un ami de HLG, appelle pour me remercier. Il me propose de passer visiter le Palais dont il m’a parlé la veille avant le concert et bien sûr, j’accepte avec joie. Je ne le regretterai pas. C’est un endroit absolument incroyable, l’un des plus étonnants qu’il m’ait été donné de voir dans ma vie, un bâtiment encore en ruine il y a cinq ans, mais qui, après deux années de travaux par deux cent cinquante ouvriers, est devenu un véritable Palais des mille et une nuits, un enchevêtrement de bâtiments, de cours, de jardins, une succession de pièces d’un raffinement inouï. Le propriétaire, un banquier suisse qui vit en Angleterre, l’a acheté sur un coup de tête, l’a fait restaurer en donnant carte blanche à mon hôte du jour, ne refusant rien, ni la petite mosquée, ni l’appartement de l’imam, ni la cuisine hall de gare, ni les chambres pharaoniques. Le tout n’est absolument pas dans un goût arabisant kitsch et voyant mais plutôt dans un chic oriental déjà patiné. Quant au banquier, il ne passe que deux ou trois jours par an en cet endroit qu’une douzaine d’employés à plein de temps tentent d’entretenir.
Je rentre déjeuner chez HLG d’un succulent poulet au miel, je fais mes adieux au petit groupe chaleureux de ses amis et je rentre à Paris par le vol du soir.

19381ème jour

Marrakech II

Après une balade dans la Medina et un jus d’orange sur Djamel El Fna, je rentre au ryad pour le grand couscous avec les invités de marque, tous réunis autour d’HLG. Il y a là JPB, un prince italien et les deux chanteurs de la veille. Passionnante discussion avec mes voisins, en particulier avec Le Prince et avec une jeune metteur en scène qui travaillera sur l’un des spectacles de l’opéra Garnier ce printemps.
L’après midi, je vais me promener dans les souks avant un dîner autour d’une tagine de légumes.

19380ème jour

Das Lied von der Erde à Marrakech

C’est donc après trois heures de sommeil que je me suis levé pour attraper le premier vol EasyJet pour Marrakech qui a le grand avantage d’arriver à 8h30 et d’offrir donc une pleine journée sur place.
Je prends un taxi pour Bab Ksour et comme toujours là bas, je paye deux fois le prix normal. A ma grande surprise je retrouve mon chemin dans la Medina je me rends jusqu’au ryad d’HLG. Je suis heureux de le retrouver, fragile mais en bonne forme, depuis nos aventures d’avant la Scala. Il est en pleine préparation de son introduction au concert du soir. Grande moussaka pour déjeuner.
Le soir, nous nous rendons à la résidence du Consul de France pour ce qui est sans doute la première marocaine du Chant de la Terre. Il ne s’agit bien sûr pas de la version pour grand orchestre, mais de la version avec piano, soigneusement transcrite par Mahler à New York pendant l’hiver 1909. François Frédéric Guy, qui a déjà joué cette version au Musée d’Orsay, réussit presque à nous faire oublier la chatoyance de l’orchestration mahlérienne et le ténor, Fabrice Dalis et la mezzo, Yvonne Naef, sont tous deux excellents.
Le public, peu averti, applaudit après chacun des Lieder et Yvonne Naef demande clairement de n’applaudir qu’à la fin du concert. Je suis plutôt satisfait de son attitude qui me conforte dans ma position intransigeante à ce sujet, considérant que les interprètes ont besoin de concentration plus que d’encouragements, surtout dans une œuvre difficile comme celle là.
En plein milieu de Der Abschied, mon voisin de concert, avec qui j’avais beaucoup discuté en attendant le début, semble s’endormir et je sens sa tête qui tombe peu à peu sur mon épaule. Je tente de le réveiller doucement mais je me rends compte qu’il est en fait inconscient. D’un regard avec son autre voisin, nous comprenons qu’il faut l’évacuer et nous commençons à nous lever en le soulevant sous les bras. Il reprend conscience et semble montrer qu’il va mieux en protestant un peu. Nous le redéposons sur sa chaise mais, aussitôt, son malaise reprend et il perd conscience. Nouveau regard avec le voisin et nous l’évacuons de la salle. Le brouhaha est tel que le pianiste s’interrompt en expliquant la situation au public. La Consule de France installera mon malheureux voisin dans le jardin où il retrouvera ses esprits.
Après le concert, tout le monde se presse autour de Pozzo di Borgo, qui a assisté au concert et qui semble fort amusé de sa nouvelle célébrité.

19379ème jour

Amsterdam Paris

Je prends le train pour Utrecht où j’ai une réunion de travail.
De retour à Amsterdam, je passe au café Amnésia acheter cinq grammes d’herbe (deux grammes de LSD qui n’a de LSD que le nom et trois grammes d’ananas) à l’attention d’Ambr*ise, je passe chez Paul Smith, chez Concerto et je reprends mon vol pour Paris.
A peine arrivé, je vais récupérer Ambr*ise chez son amie de la Maison de la Radio je le ramène chez moi pour une soirée joint pâtes aux anchois, coca cola dont nous avons le secret.
Je m’endors comme une masse pour, une nouvelle fois, une nuit très courte.

19378ème jour

Tchaikowski et Rimsky-Korsakov au Concertgebouw

A 13h00, je récupère Ambr*ise rue de Sèvres et je l’emmène déjeuner Chez Dumonet, où je n’avais pas mis les pieds depuis l’omelette aux truffes et qui est toujours aussi formidable. Alors que nous partons, un type en tablier blanc nous rejoint près de la voiture car j’avais dit au serveur que j’avais un lien de parenté avec le patron. C’est donc lui et il veut en savoir plus. Hélas ma mémoire me fait défaut car je sais que le lien en question est terriblement compliqué. Je lui promets de revenir et de le lui détailler.
Je dépose Ambr*ise chez nous et je file à Roissy pour attraper le vol Air France de 16h20 pour Amsterdam. J’avais proposé à Ambr*ise de m’accompagner mais, hélas, il ne pouvait pas.
Je dépose ma valise au Dikker & Thjis où je suis upgradé dans l’incroyable penthouse du sixième étage, avec sa grande baie dans les toits qui dominent la ville.
A huit heures je pars au Concertgebouw pour le Premier Concerto de Tchaikowski interprété par Arcadi Volodos. C’est un étonnant pianiste que je connaissais pour ses Liszt et ses transcriptions virtuoses. Son Tchaikowski, qu’il a enregistré avec Seiji Ozawa et l’orchestre Philharmonique de Berlin est étrange, d’une virtuosité incroyable mais, à la manière d’un Lang Lang, on dirait qu’il veut faire un sort à chaque note. Il en ressort un échafaudage périlleux parfois incroyable et souvent terriblement aguicheur. Je n’ai décidément pas beaucoup de chance avec ce concerto. Je change de place afin d’éviter la toux permanente de la vieille assise juste derrière moi et j’assiste depuis le podium Nord au Shéhérazade de Rimsky Korsakov, toujours aussi sirupeux et médiocre, même s’il n’y avait vraiment rien à redire à l’interprétation soignée du chef russe Kirill Petrenko (dont je ne sais s'il est apparenté avec le Petrenko entendu à Pleyel la veille.

19377ème jour

Le deuxième concert du cycle Schostakovich de Valery Gergiev et l’orchestre du Théâtre Mariinski

Comme la veille, le programme du concert de ce soir est énorme et comme la veille, le concert commence avec un bon quart d’heure de retard. La première partie démarre avec la Troisième Symphonie de Schostakovich que j’entends pour la première fois et qui me donne l’impression d’être mal fichue. Puis c’est le Deuxième Concerto pour violoncelle, moins aimé que le premier, et joué ce soir par Marco Brunello, que j’ai le plaisir d’observer du deuxième rang, juste devant lui. En bis, Marco Brunello nous offre un chant hébraïque harmonisé par Schostakovich où son violoncelle, dont il tire un son très étrange, tirant vers la flûte, est juste accompagné de tous les autres violoncelles de l'orchestre jouant cordes à vide. Puis en élégant second bis, la cadence du Premier Concerto que Alban Berg m’a plusieurs fois jouée rien que pour moi.
En deuxième partie, l’immense symphonie Babi Yar pour basse et grand orchestre, dont le chanteur russe Mikhail Petrenko se tire exceptionnellement bien des redoutables difficultés.

19376ème jour

Le premier concert du cycle Schostakovich de Valery Gergiev et l’orchestre du Théâtre Mariinski

A 8:30 le matin, j’emmène Ambr*ise en cours et je pars effectuer mon bilan de santé dans un centre du seizième arrondissement. Après trois heures d’examen, le médecin me dit que tout va bien et elle se dit même admirative devant ma capacité pulmonaire. Je suis rassuré, car j’étais persuadé que l’on me trouverait quelque chose d’inquiétant. Je vais me réconforter avec un gros hamburger dans un restaurant du coin de la rue.
Le soir, j’emmène Michael pour le premier cycle que Valery Gergiev et l’orchestre du Théâtre Mariinski consacrent à l’intégrale des Symphonies et des Concertos de Schostakovich.
Le programme de ce premier concert est énorme avec la Première Symphonie (révélée au public européen par Bruno Walter), la Deuxième Symphonie, sorte d’ode à Lénine un peu grotesque avec des sirènes d’usine plus vraies que nature et un chœur qui hurle "LÉNINE".
En deuxième partie, Denis Matsuev joue le merveilleux Deuxième Concerto pour piano dont le second mouvement me tire des larmes et me rappelle Antoine enfant. En bis, le célébrissime prélude en sol mineur op.23 de Rachmaninov. Le concert s’achève avec la Quinzième Symphonie, adieu de Dimitri Schostakovich au monde symphonique avec ses étranges réminiscences de Guillaume Tell et de Siegfried. J’avais pour ce concert une très bonne place d’arrière scène et une très mauvaise au premier rang de côté. Nous avons alterné et ma voisine de la première partie, une sorte de folle qui se protégeait des spots de la télévision avec un châle, s’étonne auprès de Michael lorsqu’il arrive en lui disant qu’un Monsieur se trouvait là pour la première partie. « Oui, c’était moi », a répondu Michael à la folle totalement ahurie.
Le concert, qui a démarré un quart d’heure en retard du fait de répétitions tardives de l’orchestre, se termine bien après vingt trois heures.
Pendant que nous étions au concert, Ambr*ise était chez moi avec son chien et lorsque nous rentrons, une forte odeur de joint nous accueille.
On se prépare des pâtes aux anchois et on installe le nouveau réseau local chez moi, permettant d’écouter la freebox sur les enceintes. Je choisis d’appeler le réseau almaviva et j’aurais voulu que le mot de passe soit le nom du chien d’Ambr*ise mais hélas, free nous impose treize caractères.

19375ème jour

Retrouvailles II

Je me réveille après trois heures de sommeil et j’emmène à l’aéroport de Beauvais ma fille qui, courageusement, retourne en Roumanie.
A onze heures, je vais chercher Ambr*ise qui travaillait en ce dimanche matin. Il a envie de fumer un joint et je l’accompagne dans notre endroit habituel sur le Champ de Mars. Je m'abstiens de fumer, ayant mon check-up médical le lendemain et je rentre chez moi retrouver Michael. Nous faisons un déjeuner tardif au Balzar.
Un peu plus tard chez moi, Ambr•ise nous rejoint. On déconne un peu tous les trois. Je commence à préparer un dîner mais je découvre qu’en mon absence, Ambr*ise a mangé tous les anchois de la maison (il adore ça).
On écoute tous les trois des musiques de genres aussi variés qu’étranges. Ambr*ise s’installe un compte Grindr sur son iPhone avec la carte iTunes que je lui ai offerte, témoignant aisnsi d’un fort goût du risque. Très bizarrement, comme il installe son compte sur mon ancien iPhone, il reprend en fait mon propre compte qui se retrouve ainsi écrasé. Ce n’est pas cette perte qui m’inquiète mais plus la perspective qu’il fasse une rencontre contre laquelle je ne pourrais pas lutter. Mais je sais que si je veux le garder un peu, je dois le laisser totalement libre et je décide de ne pas trop réfléchir et de prendre la vie comme elle vient.

19374ème jour

Retrouvailles I

Après un déjeuner avec mes filles à Pizza Piu Grande, je retrouve Ambr*ise chez moi. Il m’a fait une surprise et il est venu avec son chien qui m’accueille affectueusement. On part faire un peu de shopping tous les trois et je le quitte en sortant de la fnac Saint Lazare car je dois aller récupérer Michael à la Gare de l’Est. Il y a probablement cinq années que nous ne sommes vus et cependant, comme je l’imaginais, le fil de la discussion se renoue comme si nous nous étions vus la veille. Je le laisse chez moi et repars rapidement car j’ai promis à ma fille d’aller voir le nouvel Anna Karenine au cinéma, film soigneusement fait mais qui apporte finalement peu à l’œuvre. J’ai été cependant amusé d’entendre comme musique accompagnant des images de moisson à la faux la chanson populaire russe Vo Pole Beryioza Stoyala, qui a inspiré à Tchaikowski le dernier mouvement de sa Quatrième Symphonie.
Retour chez moi. Michael n’est pas là. Fidèle à son image il s’est déjà trouvé un partenaire dans le quartier. Lorsqu’il revient, longue discussion au cours de laquelle il me raconte ses récentes aventures thaïlandaises. On va dormir à 3h30.

19373ème jour

Moon

Vers huit heures, j’embrasse Ambr*ise qui dort encore dans mon lit et je lui murmure à l’oreille combien je l’adore.
Après ma journée de travail, je rentre chez moi et je découvre mon appartement imbibé d’une odeur persistante d’herbe. Ambr*ise est revenu dans l’après-midi avec son chien et ils ont regardé Moon en bluray. Je le revois à mon tour avec plaisir et avant d’aller dormir, j’invite Michael qui s’emmerde comme un rat mort en Lorraine à passer le week-end chez moi.

19372ème jour

Ambr*ise XXXI

Aller retour à Strasbourg, toujours en avion, à la grande surprise des chauffeurs de taxi strasbourgeois. Déjeuner avec un client dans la médiocre brasserie Fischer, pour une somme modique.
Le soir, je retrouve Ambr*ise chez moi, allongé sur le matelas devant la télévision, un joint à la main. Je lui explique mon sevrage pour huit jours, ce qui l’ennuie un peu. Il est vrai qu'il est beaucoup moins drôle de fumer seul.
On regarde ensemble Prometheus, le film plutôt réussi racontant les origines de la saga Alien. Alors que le bluray se termine, Ambr*ise me demande s’il peut rester dormir chez moi. Quelle question ! Je commence à connaître mon jeune chiot et je sais que cela signifie fort simplement qu’il a envie de sexe.
Une heure et beaucoup de sueur plus tard, je suis allongé sur le ventre, lui est allongé sur moi de tout son poids et je sens son cœur qui bat à la folie et qui transmet à tout mon corps son intense vibration. On reste comme cela, dans la même position et un peu hagards, le temps pour lui de reprendre sa respiration et on s’endort l’un contre l’autre.
Je sens mon coeur qui bat, qui bat, et je ne sais pourquoi.

19371ème jour

Des centimètres et des questions

Je continue de tenter de réduire mes centimètres d’étagères de CD en achetant les deux nouveaux coffrets Deutsche Grammophon consacrés à Maurizio Pollini, l’un dédié à Schumann, l’autre aux grands concertos du répertoire. Le second m’agace un peu car en mélangeant l’intégrale Beethoven Abbado avec L’Empereur dirigé par Karl Böhm, il m’empêche de faire le vide escompté.
Je reçois aussi l’énorme questionnaire de santé du panel Constances dont j’ai accepté de faire partie. Beaucoup de questions indiscrètes sur ma consommation de haschich des trois derniers mois (précisément la période de temps où elle s’est envolée) mais aussi sur le nombre estimé et le genre de mes partenaires sexuels. N’ayant pas fumé depuis Amsterdam, je décide de continuer de me sevrer jusqu’au lundi suivant, date de ma prise de sang.

19370ème jour

1er Janvier

Comme chaque année, le déjeuner est ponctué par les valses et polkas du concert du Nouvel An cette année dirigé par le bien médiocre Franz Welser-Möst. Innovation de l’année, un zeste de Verdi et un rien de Wagner, anniversaires obligent.
Nouvelles tensions avec ma mère. Je repars agacé. Dans le train j’écris ce brouillon de lettre à l’attention de mon père :

Cher Papa,

Voila quatre années que nous ne nous sommes vus. Cela me rend triste. Comme tu le sais, j’étais à Clermont pour quatre jours en ce 1er janvier et je désirais te revoir. Tu n’as pas donné suite à ma demande. Est-ce un signe de désintérêt ? As-tu définitivement bifurqué vers une nouvelle vie ? La perspective de rencontrer tes enfants et tes petites-filles ne t’intéresse-t-elle plus ?
Je ne sais comment interpréter ton attitude. Je sais seulement qu’à nos âges, maintenir cette situation crée le risque réel de laisser s’instaurer l’indifférence et aussi, celui de ne jamais se revoir en ce monde.
Je ne sais ce que tu penseras de ce courrier. J’imagine qu’il t’embarrassera. Cela n’est pas ce que je recherche. Je souhaiterais seulement que de temps à autres, une fois par an peut être, tu réussisses à trouver l’occasion de me voir et de voir tes trois petites filles qui, elles-aussi, sont tristes d’être privées de leur grand-père.
C. m’indique que le fait de nous voir te crée peut-être des problèmes avec ta femme. Je n’ose croire que cela soit la vérité. Je n’ose imaginer que quelqu’un qui t’aime t’empêche de rencontrer tes enfants. Je sais pour ma part que rien ni personne ne m’empêchera jamais de rencontrer mes filles et de leur dire que je les aime. Elles sont la chair de ma chair et l’amour de ma vie.
Je sais aussi que tu as des soucis de santé mais que tu as pu éviter une opération, ce dont je me réjouis. Puisque je n’ai pu te voir en cette fin d’année, je te souhaiterai donc, par le biais de cette lettre, une bonne année 2013 en espérant que ta santé soit la meilleure possible. J’espère que 2013 nous permettra de nous revoir et de te redire que je suis

ton fils qui t’aime,

V.
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