18485ème jour

Drottningholm

Ma nounou a un peu de mal à marcher alors nous avons économisé nos pas. Nous nous sommes promenés dans le quartier d'Östermalm et avons bien sûr visité le vieux marché en brique couvert de la fin du XIXème siècle. Je cherchais en fait un disquaire dont Alban Berg m’avait vanté les mérites et qui d’après lui, se trouve dans ce quartier, mais sans que je ne puisse obtenir de description plus précise que "il y a des arbres dans des pots près de l’entrée". On est rentrés chez Kosta Boda regarder les verres de couleurs et une charmante dame qui parle un peu le français a tenté de nous aider, mais sans succès. En revanche, elle m’a donné une adresse merveilleuse d’une boutique d’articles de maison et j’ai trouvé pour ma mère la planche en bois de ses rêves.
En fin de matinée, nous sommes allés à Drottningholm. Aller dans l’un des plus vieux opéras encore en activité au monde est un rêve d’adolescent, depuis que j’ai vu La flûte enchantée de Bergman avec mon grand père en 1975. Comme nous étions très en avance, nous avons visité le château aux odeurs de vieille tapisserie poussiéreuse et nous avons fait une petite excursion sur un vieux bateau à vapeur dont le quai est juste devant le château. Je n’ai pas vraiment compris ou nous allions mais le capitaine m’a indiqué qu’il fallait "fifteen minutes" pour aller au terminus. Le paysage est beau, il y a de nombreuses petites résidences de vacances enfouies dans les bois au bord de l’eau. Au bout d’une demie heure environ, on s’arrête à un endroit improbable, juste un minuscule ponton marqué MÄLARHÖJDSBAD et je comprends vite que c’est un simple arrêt, que le bateau va continuer. Je comprends alors que c’était fifty minutes, pas fifteen, et que le bateau va jusqu’au centre de Stockholm. Légère panique, on attend sur le ponton, une autre personne est là, qui nous indique qu’il faut changer d’orientation un grand signal en bois pour que le bateau s’arrête. Il s’arrêtera en effet et nous serons à l’heure au théâtre de Drottningholm.
C’est une petite merveille de théâtre, un miracle qui nous permet d’assister à un voyage dans le temps. Car la mise en scène de ce Don Giovanni, est à la fois très moderne (Don Giovanni a des airs du Joker de Superman et très respectueux des lieux, avec des décors à l’ancienne et l’usage de la vieille machinerie du théâtre. L’orchestre joue sur instruments anciens, il y a beaucoup de pains, mais une belle énergie. La distribution semble celle d’une troupe. Don Giovanni (Carl Johan Loa Falkman) est meilleur acteur que chanteur, mais celui qui surpasse tout, c’est Magnus Staveland dans le rôle de Don Ottavio avec un Dalla sua pace si émouvant qu’il me fait pleurer. Je suis heureux d’entendre enfin le Don Ottavio de mes rêves, tendre et généreux, sans être benêt (le summum du benêt étant sans doute celui de Kenneth Riegel dans le film de Joseph Losey. Je vais sûrement devenir un fidèle de Drotnningholm, tant cet endroit est magique.

18484ème jour

Stockholm

Le vendredi après- midi, nous avons décollé de Beauvais par le vol Ryan Air, à l’heure comme à l’habitude. Nous avons parcouru dans une Clio de location la jolie route bordée de forêts et de lacs, de Skavsta à Stockholm. Nous avons dîné dans un beau restaurant aux caves voûtées de Gamlastan, avant de retrouver notre chambre d’hôtel illuminée par le logo rouge LO de la confédération des syndicats suédois "Landsorganisationen i Sverige".

18483ème jour

Mélanges

Après une longue réunion de travail avec des clients de toute l’Europe, j’emmène ceux qui sont encore là pour dîner au Clarisse, un petit restaurant du septième arrondissement. Comme je pars à Stockholm le lendemain matin avec ma nounou, je l’ai invitée à partager ce repas professionnel, sans le lui dire à l’avance car ellle aurait refusé. Il y a autour de la table deux polonais, un suisse, un danois, elle et moi. Tout le monde est vraiment gentil avec elle et au final, elle est ravie d'être là.

18482ème jour

Crêpes

Retour à la gare Montparnasse donc, et à deux reprises, car je pars à Laval pour la journée. Agréable déjeuner de crêpes. Le soir, dîner avec un collègue chez Karl et Erik où j'aperçois Daniel, le garçon colombien que j'ai perdu de vue et qui habite juste à côté. C'est la troisième fois que je le croise par hasard dans Paris.

18481ème jour

Emmerdes

Aller retour Birmingham dans la journée.
Le soir vers 23h30, je vais chercher ma fille aînée à la gare Montparnasse pour sa dernière nuit en Europe. Je la dépose chez une amie et nous nous donnons rendez-vous pour le lendemain car je dois l’emmener à Roissy.
Vers une heure du matin, elle m’appelle catastrophée car elle a oublié la clef de chez sa mère et ne peut donc ni faire sa valise, ni récupérer son visa d’étudiante. Je pars la chercher et nous envisageons plusieurs scénarios : le serrurier pour ouvrir la porte, l’échelle pour atteindre le balcon et casser une vitre. Mais vers deux heures, nous nous rabattons sur la solution la plus simple: réveiller sa mère et la faire venir de l’autre bout de la France dès le lendemain matin pour qu’elle lui ouvre la porte. C’est ce qui fut fait.

18480ème jour

Lilly de Neuilly

Déjeuner avec mon ami Olivier que je n’avais pas vu depuis janvier. On se baffre deux très bons foies gras et deux risottos sur un petit trottoir près de l’hopital américain.
C’est Lilly de Neuilly.
Et c’est très bien.

18479ème jour

Où je vois enfin Mister Nobody

On a refait du sexe avec Jérémie au petit matin, et il est reparti sans même prendre une douche. J’en ai profité pour regarder Mister Nobody que nous avions interrompu pour aller dormir. C’est un film merveilleux.

18478ème jour

Jérémie

Hier matin, j'avais rencontré Jérémie pour la première fois dans le Starbucks de la rue des Archives. C'était d'ailleurs amusant, car il n'y avait personne à part lui et moi, donc cela ne pouvait être que lui mais il ne me jetait pas le moindre coup d'oeil et donc j'avais quand même un doute. Et finalement, grâce à la technologie, nous avons échangé quelques mots sur le site web où nous nous étions rencontrés, prouvant que c'était bien lui.
Ce soir, je récupère Jérémie avenue Mac Mahon et nous allons dîner au Music Hall, un restaurant branché (et très médiocre) de l’avenue Franklin Roosevelt.
On va chez moi. On boit un verre et Jérémie me propose de regarder un film en se mettant à l’aise à savoir, en boxer. On choisit Nine de Rob Marshall et je m’assois par terre entre les jambes nues de Jérémie. Ma tête a tendance à s’appuyer sur son entre jambes et je me rends compte assez vite qu’il bande très fort. Pendant assez longtemps je ne verrai pas grand chose du film, puisque je tourne le dos à l’écran et que je suis bien trop occupé parce que j’ai devant moi.
Finalement, on va vite dans le lit, décidément plus confortable et on s’agitera très agréablement pendant une bonne heure. Puis on retourne devant la télévision, car on n’a ni l’un ni l’autre l’envie de poursuivre Nine et on ne sait d’ailleurs pas très bien où on en est. On regarde Mister Nobody, je suis captivé par ce film, mais au bout d’un moment Jérémie tombe de sommeil et nous allons gentiment dormir l’un contre l’autre.

18477ème jour

Kafka

Je me rends pour la deuxième fois à l’antenne de Police de la Mairie du 8ème arrondissement. Après une heure d’attente, la fille du guichet constate qu’il n’y a plus de blocage administratif sur la lada, mais devient perplexe lorsqu’elle voit que la carte grise est au nom d’UFB Locab*il, tandis que le certificat de cession est à celui de BNP Crédit b*il. J’aurai beau expliquer (et montrer sur Google, que l’une des deux entreprises a racheté l’autre, rien n’y fera. Je suis tellement énervé qu’en partant je dis
- C est vraiment une bande de glandeurs, ici.
- Eh bien allez ailleurs
, me répond la fille du monopole.
- En effet, je ne travaille pas avec les glandeurs!
- Les glandeurs vous saluent!
- Et moi je ne vous salue pas.

Ceci dit, j’avais besoin de la nouvelle carte grise et je tente ma chance à la préfecture de police de Paris. Comme il y a une heure de queue, je demande à la fille de l’accueil, si le problème du nom de la société de crédit a de l’importance. Elle demande a sa chef et revient me dire que non, il n'y a pas de problème. Après une heure de queue, donc, c’est mon tour. Et là, il y a une autre raison tordue, qui fait que la lada est quasiment non immatriculable, et donc quasi non vendable.
Je repars cette fois ci avec un échange encore plus aimable:
- C est vraiment Kafka chez vous! (elle ne comprend pas)
- Eh bien allez ailleurs! (le coup du monopole satisfait on venait de me le faire)
- J espere que votre salaire est a la hauteur de vos compétences
- Mon salaire me va très bien!
- C’est bien ce que je venais de dire!

Ceci dit, je ne sais plus quoi faire...

18476ème jour

Ruptures

10:19 Hello tout va bien merci, je suis desolé mais je ne vai pas pouvoir honoré la soirée de ce soir. Je prefere quon en reste là tt les deux. Bonne journee.
10:34 L’inélégance du procédé employé et l’orthographe désopilante m’enlèvent tout regret. Bon vent.
Et ce soir c’est à Antoine, qui lui aussi ne donne plus de nouvelles de puis son "A très vite!" que j’indique qu’il n’y a guère d’intérêt à rester en contact. Crétin! Je t’aimais bien, Et désormais, chaque fois que j’entendrai le bel Andante du Concerto pour piano en la majeur de Schostakovich, je penserai à un petit garçon sur la banquette arrière d’une Rover, alors que sa maman conduit en silence, les larmes aux yeux.

18475ème jour

Caprice pour le départ de ma fille bien aimée

Le soir dîner avec ma fille au Benkay, l’excellent restaurant japonais de l’ancien hôtel Nikko tristement reconverti en Novotel. C’est un dîner un peu triste car je ne reverrai presque pas pendant dix mois ces deux grands yeux noisettes qui sont toute ma vie et tout mon coeur et que le soleil couchant fait briller ce soir.
22:41 Un peu triste de ne plus avoir de tes nouvelles. On se voit toujours demain?
Pas de réponse.

18474ème jour

Textos d'un jour

02:10 Pfff même pas arrêté au retour. J’espère te revoir très vite. V.
02:12 A très bientôt, bonne nuit....
09:07 Je te ssouhaite une très belle journée.
14:21 Tout va bien?
14:35 Cc ca va bien. Fait super beau
14:37 Oui. Suis en réunion barbante tout l’après midi. J’ai envie de revoir tes yeux
14:39 Ca se mérite ça ;o)
14:50 Hmmmmm ok. Vos conditions seront les miennes :o)
14:52 Non cela serait trop facile à vous de me suprendre
14:55 Quand êtes vous libre?
15:24 Un soit après 20h00 sauf aujourd’hui et demain.
15:26 Alors, veuillez accepter, cher Monsieur, une invitation à dîner pour jeudi soir.
15:51 Avec plaisir, dans un endroit agréable j’espère je te fais confiance
15:53 Oui je veux tester la commande McDo par internet pour éviter l’attente caisse.
15:55 Je crois en plus qu’ils viennent de changer de carte non?
15:57 Zut j’espérais te faire la surprise...
16:11 Raté
16:41 Tu m’envoies une photo de toi prise maintenant?
16:43 Lol désolé, je n’ai pas trop le temps de prendre une photo de moi. Ce soir si tu veux.
17:04 T’as intérêt
19:45 Intérêt? Est-ce un ordre ou une envie plutôt?
19:47 Une envie bien ordonnée
19:48 Aaah ca va alors.
19:49 Bonne soirée à vous Monsieur
19:50 Merci à vous aussi.
22:44 Je reçois une jolie photo de Mathieu
22:46 Oooh c’est un joli cadeau. Merci.

18473ème jour

Mathieu

Le matin, je récupère ma fille aînée à Roissy alors qu’elle revient de son premier voyage très lointain effectué seule. Nous sommes émus de nous retrouver et le soir, je l’emmène dîner chez Karl et Erik. Plus tard, dans la nuit, je retrouve Mathieu à la sortie du George V. C’est un garçon étrange qui, à 21 ans, a déjà créé sa propre boîte dans la décoration d’appartements et il a déjà ses premiers clients. On va directement chez moi boire un verre de champagne, cela restera une soirée très agréable et vers deux heures du matin je le raccompagne chez lui. Alors que nous passons devant le théâtre Marigny, il y a une moto de police arrêtée avec son gyrophare. Je ralentis et je passe. Le flic hurle et me prend aussitôt en chasse. Je m’arrête sur le bas côté.
-Vous n’avez pas vu mes yeux?
-Si, si! Vous avez des beaux yeux bleus!
-Ah! Vous le prenez comme ça? Vos papiers!

J’obtempère.
-Vous avez de la chance que je n’aie pas que ça à faire, sinon vous passiez trois heures au poste...
Je n’ai pas eu l’obséquiosité de le remercier. Mathieu et moi on est repartis souriants, la voiture décapotée dans la nuit d’été.

18472ème jour

Mon pieu

Je prends un verre au Café Beaubourg avec Alexandre, un garçon amusant aux cheveux longs qui a fait un site rigolo où chacun peut aller déposer des photographies de sa chambre coucher.

18471ème jour

Suffisance

J’achète enfin Le royaume de Sobrarbe (Journal 2005) de Renaud Camus où, parait-il, je suis cité. En effet, ce post sur Clermont-Ferrand apparait intégralement.
C’est un post qui n’a pas grand intérêt en soi mais Renaud Camus en fait seulement le commentaire suivant: Je remarque au passage que le régime typographique de ce texte est peu défendable : Municipalité, les clermontois, le Maire.
C’est indéniable. Je fais amende honorable devant mon honoré lecteur. Mais je ne suis pas écrivain et ne prétends pas l’être. En revanche, je sais écrire correctement le nom du compositeur Alkan.

18470ème jour

Le poisson

Chaque fois que je voyais mon poisson orphelin, je pensais à G. et c’était un crève coeur. Il y avait une grande naïveté à imaginer que le fait d’en racheter un autre, et donc de revenir à la situation brève entre l’achat des deux poissons et le cadeau de l’un d’entre eux à G. pourrait m’ôter cette pensée de l’esprit. Et pourtant, maintenant, lorsque je vois les deux poissons, j’ai désormais l’esprit apaisé, comme si un équilibre était retrouvé. J’aimerais bien comprendre pourquoi.

18469ème jour

La lada n'en finit pas de mourir

A l’heure du déjeuner, je me rends à la Trésorerie gérant les amendes, dans le 20ème arrondissement, afin de tenter de débloquer la situation des (nombreuses) amendes qui m’empêchent de vendre la Lada. J’en reviens un peu découragé et sans solution autre que celle de payer un montant à peu près égal à la moitié de la valeur de l’infortuné véhicule.

18468ème jour

Amsterdam Paris

Juste le temps d’acheter l’un des derniers billets pour la Septième que dirigera Pierre Boulez au Concertgebouw en 2011, de visiter mes disquaires préférés, d’avaler un hareng nouveau et de reprendre le Thalys pour Paris.

18467ème jour

Amsterdam

Le Premier Thalys pour Amsterdam est en panne. Nous allons d’Anvers à Rotterdam (halte imprévue) en toute petite vitesse et devons changer de train. Déjeuner avec un client au restaurant Ron Blaauw, à Oudekerk sur l’Amstel. La cuisine y est étonnamment inventive. Après un deuxième rendez-vous, je vais en train jusqu’à Centraal Station où je découvre qu’un immense rassemblement est prévu sur Museum Plein pour fêter l’équipe de football des Pays Bas. La ville est totalement envahie de supporters habillés en orange et on entend même des vuvuzelas. Je me réfugie sagement au Krasnapolsky pour la soirée.

18466ème jour

Je refais ma valise

Peu de souvenir de cette journée consacrée à la reprise du travail et à la remise en place de ma valise en prévision de mon nouveau départ prévu le lendemain.
Comme je m’y attendais un peu, aucune nouvelle d’Antoine.

18465ème jour

Antoine

A peine arrivé à Paris, je vais au Panthéon pour retrouver Antoine avec qui, depuis notre première discussion, j’ai échangé de nombreux SMS pendant mon séjour à Venise et en République tchèque. Il est là, à l’heure dite, moins beau que sur ses photos, mais très charmeur. Nous dînons aux Fables de la Fontaine. Il me raconte sa vie plutôt prometteuse d’apprenti acteur. Il a passé le mardi précédent en repérage au Louvre avec Woody Allen dans le nouveau film duquel, il traitera prochainement Marion Cotillard de connasse. Il a été parmi les deux finalistes pour un rôle important du dernier volet de Twilight et est probablement ainsi passé à côté d’une célébrité mondiale chez toutes les adolescentes de la terre. A ma grande surprise, les représentants des studios, en apprenant sa sexualité lui ont clairement dit qu’en cas de sélection, il devrait la cacher et se trouver une petite amie (!).
Nous sommes rentrés chez moi, on a bu du champagne, il a déballé le nouveau poisson vénitien, on a écouté beaucoup de musique dont le si bel Andante du Deuxième Concerto pour piano de Schostakovich qui lui rappelle lorsque sa mère l’écoutait dans la Rover familiale lors du divorce de ses parents. On s’est embrassés. Je l’ai déposé à Strasbourg Saint Denis et je suis rentré chez moi.

18464ème jour

Un dernier concert à Venise

Le matin j’ai fait la route seul de Toblach à Venise, j’ai déposé ma valise au Due Fanali et je me suis promené en ville. Le soir j’ai retrouvé l’orchestre de La Fenice pour un concert dirigé par Michel Tabachnik dont je savais peu de chose, à part son implication dans l’atroce affaire du temple solaire qui a du énormément nuire à sa carrière. Au programme ce soir, Tod und Verklärung, un rien laborieuse, le Schicksalslied, qui n’est pas du meilleur Brahms et une Symphonie fantastique plutôt réussie sans être exceptionnelle.
Je me suis rendu d’un saut de vaporetto à mon cher Do Farai pour un dernier dîner, ne sachant guère quand je reviendrai à Venise dans les mois à venir.

18463ème jour

Retour à Toblach

Alors que HLG se faisait interviewer par une deuxième équipe de télévision, Mark et moi nous sommes longuement promenés dans la forêt entre Jihlava et Kaliste. Puis nous avons pris un dernier déjeuner à Jihlava avant de rentrer d’une seule traite à Toblach.

18462ème jour

Sur les pas de Mahler à Jilhava

Une journée de pélerinage passée à suivre à HLG filmé par une équipe de télévision dans les principaux lieux mahleriens de Jihlava:
- L’église Saint Ignace où Mahler enfant a joué sur l’orgue et où, parait-il, il était très impressionné par les grandes statues d’anges musiciens qui entourent le buffet.
- Les deux maisons mitoyennes, sur Znojemská, celle où il a habité de 1860 à 1873, maintenant convertie en un bien médiocre musée, et celle achetée par son père où il n’a vécu qu’un an avant de partir faire ses études à Vienne.
- Le cimetière juif où les parents de Mahler sont enterrés et où Thomas Hampson et HLG ont longuement discuté sous l’oeil indiscret des caméras.
- L’hôtel Czap où Mahler, enfant, a donné l’un de ses premiers récitals de piano.
Nous avons fait également une halte dans la forêt voisine, là où peut être se déroule l’histoire dans laquelle le petit Gustav avait été oublié par son père pendant plusieurs heures et était resté, sage et immobile, à l’écoute des bruits de la forêt qui pourraient avoir inspiré le tout début de la Première symphonie.

18461ème jour

Happy birthday, Gustav!

Le matin nous nous retrouvons à l’hôtel de ville pour un verre d’avant les cérémonies. Une soprano chante deux mélodies (mais rien de Mahler). On nous offre quelques souvenirs dans un sac de papier kraft au logo GM qui ressemble tant à celui de General Motors. Puis le président tchèque arrive, nous traversons Jihlava derrière lui jusqu’au parc nouvellement créé, à l’emplacement où les nazis on détruit la synagogue de la ville en 1939. La grande statue de Mahler se trouve là, encore cachée par un voile blanc. Il y a de nombreux discours, celui du maire, celui d’un lointain descendant de la famille Mahler qui vante les mélanges culturels –bohémiens, juifs et allemands- source de tant de créations artistiques, celui du sculpteur et enfin, celui du Président Klaus qui découvre la statue sous les applaudissements.
Il y a une collation à l’hôtel Mahler, là où résidait la garnison autrichienne au XIXème siècle, puis nous partons pour Kaliste. Il y a une atmosphère de kermesse dans le minuscule village, honoré par la présence du président qui plante une rose portant son nom devant la petite mairie. Je discute quelques instants avec Thomas Hampson qui semble impatient de chanter. Son récital a lieu dans la maison natale qui ne peut accueillir qu’une cinquantaine de happy few. Les autres dont je fais partie se contenteront d’une diffusion sur quelques écrans dans le jardin de la maison. Il y a des animaux de ferme, un peu partout et pendant le Schildwache Nachtlied, il y aura cet échange amusant.
(chant du coq)
- Qui a chanté?
(chant du coq)
- Mais qui chante à cette heure?
Même si je ne l’ai vu et entendu que par des écrans et haut-parleurs interposés, c’est un court, mais magnifique récital que nous a donné Thomas Hampson qui est vraiment le plus grand baryton mahlerien du moment.
Dans l’après-midi, un concert de musique militaire du temps Mahler est donné. Il se veut un exemple des musiques que la fanfare militaire de Jihlava donnait à cette époque, parfois sous les fenêtres des personnalités de la ville. Puis nous avons pris quelques saucisses arrosés d’un verre de Pivo Bernard.
Le concert du soir était d’une médiocrité absolue. Il commençait par le premier mouvement de la Deuxième Symphonie (et non pas Totenfeier, comme annoncé dans le programme). Suivaient quelques Lieder chantés par Anne Sofie von Otter et Thomas Hampson, le Choeur de la Troisième Symphonie (avec la chanteuse et les choeurs dans la petite église tandis que l’orchestre se tenait stupidement sur la grande scène montée pour l’occasion). Le concert, atrocement sonorisé sur les haut parleurs de pacotille, se terminait par un minable extrait du Finale de la Deuxième Symphonie, à partir de l’entrée des choeurs. Les applaudissements du public, venu pour la plupart de fort loin pour celà, ont été juste polis. Nous sommes rentrés à Jihlava en bus dans la nuit.

18460ème jour

Salzbourg Steinbach Jilhava

Il y a eu un débat dans la voiture car, Mark et moi, avions très envie de faire un stop à Steinbach. Ce n’était même pas un détour, il suffisait de quitter l’autoroute à Mondsee, puis de longer le lac par l’est, au lieu d’en faire le tour à l’ouest par l’autoroute. HLG qui n’aime pas cet endroit pour diverses raisons (le camping, le Haüschen qui a servi de WC avant d’être quasiment reconstruit) n’avait aucune envie de s’y arrêter. Pourtant, après un peu de négociation, et en le prenant par les sentiments, nous avons fait le pélerinage. Il faut toujours demander la clef à la réception de l’hôtel Föttinger, traverser le camping et on se retrouve dans la petite maison. En éloignant quelques chaises longues et en choisissant bien sa direction, on peut faire quelques photos où l’on ne voit que le Haüschen et le lac.
Nous sommes repartis, et à défaut d’obtenir l’accord de notre exigeant passager pour une halte à Saint Florian, nous nous sommes arrêtés à Krems afin de déguster l’autre spécialité salzbourgeoise, les Kaiserschmarren qui nous ont été servis dans une quantité encore une fois excessive. Nous les avons même partagés avec des touristes de Chicago qui se trouvaient là. La route n’était plus très longue pour se rendre à Jilhava. Nous sommes arrivés par une magnifique journée d’été. Nous avons déposé nos bagages au Grand Hôtel et nous nous sommes retrouvés pour dîner à l’hôtel Mahler, au milieu de passionnés (pas très jeunes) du monde entier. L’un d’entre eux est venu tester HLG sur l’hypothèse prétendant que Mahler serait né le 1er juillet (et non le 7) et s’est fait renvoyer comme il le méritait...

18459ème jour

Venise Toblach Salzburg

Nous sommes partis de Venise vers treize heures, après avoir attendu notre voture à l’agence Hertz de Piazzale Roma pendant près d’une heure. Nous sommes arrivés à Toblach vers 15h15 et HLG nous ettendait souriant devant sa maison. J’ai rapidement emmené Mark et sa femme faire un petit pélerinage au Haüschen toujours aussi mal entouré par les odeurs pestilentielles du zoo.
Puis nous avons passé la frontière autrichienne, traversé les Alpes sous des trombes d’eau, pour arriver dans la soirée à Salzbourg. HLG voulait absolument nous emmener dans un restaurant où il est allé pour la première fois en 1937, le Peterskeller, afin de déguster leur dessert spécialité: le Salzburger Knockerln qui, comme dirait Bibendum, mérite un détour.

18458ème jour

Born a Fourth of July

En ce jour du huitième anniversaire de ce blog, j’ai passé ma matinée à bronzer sur la plage du Lido. Dans l’après midi j’ai pris un chocolat chaud au Florian avant de prendre un verre avec l'ami américain et sa femme qui arrivaient d’Israel et seront mes compagnons de voyage jusqu’à Jihlava.
Le soir je suis repassé au Do Farai pour une cassolette de coquille Saint Jacques (presqu’aussi bonnes que celles de Boston) et des Bigoli. Comme il n’y avait pas d’autre client pour du sgroppino, je me suis rabattu sur un sorbet citron et alors que je le finissais, j’entendais Stefano preparer dans mon dos du sgroppino pour une autre table et honnêtement, j’étais un peu déçu qu’il ne me l’ai pas proposé. C’est alors qu’il a surgi de mon dos avec un grand sourire et qu’il m’a déposé un merveilleux sgroppino bien frais.

18457ème jour

The Turn of the Screw à La Fenice

J’ai eu la bétise d’inviter un Grindrien pour m’accompagner à La Fenice. On avait rendez vous devant la boutique Disney près du Rialto. Il était petit, laid, à lunettes, et surtout très bête. J’aurais du le laisser là, devant sa vitrine et juste lui envoyer un SMS disant "sorry we’re not a match", mais j’ai eu la bêtise de l’emmener avec moi. J’ai pris un Spritz sur le Campo San Giacomo (il n’a rien pris il ne boit pas d’alcool) je ne l’ai pas emmené au Do Farai, ç’eut été donner du caviar à un cochon et j’ose à peine avouer qu’il a passé une bonne partie du deuxième acte du Tour d’écrou à envoyer des SMS. Laissons le là où il est, dans sa banlieue de Mestre où il se prétend écrivain et laissons les lignes qui précèdent être sa seule oraison, dans ce blog où il n’aurait jamais du entrer.
Le Tour d’écrou donc, dans le théâtre où il a été créé en 1954 par Benjamin Britten lui même, avec bien sûr Peter Pears dans le rôle de Peter Quint et David Hemmings dans le rôle du petit garçon (oui, oui celui qui allait devenir célèbre en 197x dans Blow up d’Antonioni.
The Turn of the Screw est un opéra étrange dont je ne peux pas dire que je l’ai adoré mais je voudrais rendre hommage aux deux enfants anglais Peter Shafran et Eleanor Burke, qui ont été d’un bout à l’autre étonnant de justesse, tant dans leur jeu d’acteur que dans leur chant.
Après la Fenice, je suis passé chez ma marchande de poisson thailandais et comme je suis allé très rapidement au fond de la boutique prendre un poisson doré et passer à la caisse, j’ai du lui expliquer la raison de mon achat aussi rapide.
- En fait j’ai déjà un poisson, mais il s’ennuie alors je vous achète son frère jumeau.
- Ah! C’est original. Vous savez qu’ils viennent de Thailande alors? Je les commande par quantité mais je ne sais pourquoi, ils me les envoient toujours au compte goutte.
- Alors l’année prochaine, si mes poissons ont eu un petit, je viendrai vous le revendre.
- C’est une bonne idée. A l’année prochaine, alors....

La vérité est que j’avais deux poissons mais que j’en ai bêtement donné un à G. Et chaque fois que je voyais le poisson solitaire, je pensais à lui. Maintenant qu’ils sont deux de nouveau, j’espère parvenir à oublier G. un peu plus encore.
Le soir, Do Farai étant fermé le dimanche, j’ai dîné dans un restaurant recommandé par Stefano, La Furatola sur le Calle Lunga San Barnaba. Agréable mais n’égale pas mon cher Do Farai. Pendant le dîner, je reçois une photo d’Antoine, prise live dans le métro de New York et je lui renvoie mon propre visage capté dans les toilettes du restaurant. Alors que je m’apprête à rentrer, un terrible orage m’empêche de partir, mais il dure si longtemps que je parcours en courant sous la pluie tout le Calle San Barnabe, jusqu’à l’arrêt du vaporetto. Pendant le trajet jusqu’au Lido, je parle au téléphone avec ma bonne fée, toujours aussi gentille avec moi.

18456ème jour

Zurich Venise

Je n’ai dormi que deux heures et j’ai pris le premier vol pour Zurich, celui de 7h00. Une journée de travail là bas avec un client aux allures militaires. Le soir, je prends un petit avion de la Swiss pour l’un des plus beaux vols de ma vie. Nous avons survolé le lac des quatre cantons, de sublimes montagnes enneigées, un glacier, avant de longer la côte adriatique, puis de survoler la lagune de Venise, le Lido et les îles de Venise et d’atterrir à Marco Polo.
J’ai pris le vaporetto jusqu’au Lido, j’ai déposé ma valise à l’hôtel, avant de repartir, toujours en vaporetto vers le Grand Canal. Il était dix heures passées mais Stefano était encore là à la terrasse du Do Farai. Je lui ai dit de me préparer ce qu’il voulait et j’ai eu le magnifique antipasti de la mer, des spaghetti à l’encre de seiche et un sorbet citron trempé de vodka. J’ai bavardé avec Stefano au bar et je suis rentré à mon hôtel au Lido.

18455ème jour

Madrid Roissy, Orly et un zeste d'orgue

Alors que je rentre en fin d’après midi de Madrid pour assister au récital d’orgue amateur donné par l’un de mes clients, je me rends compte avec horreur que je vais atterrir à Roissy alors que ma voiture est à Orly. C’est la deuxième fois en un mois. Comme de plus l’avion a du retard, je dois changer tous mes plans et me rendre directement, avec ma valise à l’église où lieu le concert. Après quelques explications sur la restauration de l’instrument par Cavaillé Coll, le concert comprend le Prélude et fugue en sol majeur de Bach BWV541, le troisième choral de César Franck, deux pieces de fantaisie de Louis Vierne (dont L’hymne au soleil) et l'Allegro de la Deuxième symphonie de Vierne.
Après le concert et le pot qui suit, je dois aller à Orly chercher ma voiture, pour la déposer ensuite à mon bureau à Nanterre. A Neuilly je demande à un taxi de me suivre jusqu’à Nanterre où je fais ouvrir mon bureau par les gardiens afin d’y récupérer quelques documents. Le taxi qui m’attend me ramène chez moi vers une heure du matin et je trouve encore le temps de discuter avec un jeune acteur très charmant qui a la mauvaise idée de partir deux jours plus tard pour New York. Nous décidons que malgré la frustration, il est plus raisonnable de patienter dix jours avant de nous rencontrer.
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