17266ème jour

Travers

Un bel appartement aux allures d'atelier d'artiste avec une vue imprenable sur l'église Saint Eustache. Un groupe de personnes qui entourent leur écrivain. Celui-ci s'exprime sur un ton amical mais un peu sophistiqué, un je ne sais quoi de désuet où chaque mot est utilisé exactement comme il convient.
Au moment de la dédicace, je lui pose quelques questions sur notre passé commun, sur cette école clermontoise où nous nous sommes succédés à quelques années de distance. Je lui demande si quelques noms qui font partie de mon passé appartiennent également au sien. Et en effet, certains font visiblement raisonner des souvenirs en lui. A l'issue de notre courte discussion il me fixe de ses yeux très bleus et me dit: L'abbé Dry. Il y a bien quarante ans que ce nom n'avait pas atteint mes oreilles.

17265ème jour

La Dante Symphonie et le Concerto de Previn par Anne-Sophie Mutter et Kurt Masur

Il y a quelques années, l'orchestre de Paris avait un peu chahuté André Prévin, venu à Paris diriger la création française de son Concerto Anne-Sophie, dédié à celle qui était encore alors sa jeune épouse. Furieux, le couple avait claqué la porte. C'est donc aujourd'hui au Théâtre des Champs Elysées que le fameux concerto a été créé en France par sa destinataire, cette fois ci accompagnée par l'orchestre National de France sous la direction de Kurt Masur. L'oeuvre est encore plus ennuyeuse que le souvenir que j'avais de l'enregistrement avec le London Symphony Orchestra. Un mélange de mauvais Korngold sirupeux, de Bernstein mal orchestré, saupoudrez d'un zeste de Stravinsky et vous obtenez quarante minutes d'ennui profond, juste embelli par le son magnifique du Garnerius d'Anne-Sophie Mutter, épaules nues dans sa belle robe bouton d'or. Un peu de Bach en prime pour oublier en beauté ce désastre.
La deuxième partie consistait en la peu jouée Dante Symphonie de Franz Liszt, oeuvre aux accents préwagnériens et au final mystique d'un choeur d'enfants. Le choeur était réparti au troisième balcon, sans doute faute de place sur scène, et l'effet céleste eut été fort réussi si l'éclairagiste n'avait eu la sotte idée d'illuminer la salle cinq bonnes minutes avant l'entrée des voix. Il y a fort longtemps que je n'avais entendu l'orchestre National, quatre ans en fait depuis ce concert Mendelssohn, et j'ai été frappé par les extraordinaires progrès réalisés et dont il faut certainement attribuer la paternité à Kurt Masur. Celui ci, dans sa quatre vingtième année, est particulièrement touchant. Son Parkinson et sa fatigue ne l'empèchent nullement de diriger avec un bel engagement un National ample et homogène, avec des cuivres superbes qui n'ont rien à envier aux grands orchestres allemands. Une belle soirée qui s'est achevée au Bar des théâtres, face à un critique musical et à côté d'un vieux brésilien arrivé le jour même à Paris.

17264ème jour

Encore un carton

9h00. Je reçois un SMS alors que je conduis avenue de Friedland. Je commets la sottise de le lire, et surtout, de commencer à y répondre tout en conduisant. Lorsque j'ai vu que la voiture me précédant s'était arrétée, il était trop tard. Elle est partie en avant assez fort sous le choc, tandis que le conducteur du Kangoo derrière moi, dont je ne sais s'il envoyait un SMS lui aussi, n'a lui non plus pas eu le temps de réagir et s'est empalé sur l'arrière de la lada.

17263ème jour

Tensions

Il y a quelques années, l'un de mes tous premiers managers m'avait fait découvrir la belle histoire qui dit que, pour écrire le mot crise, les chinois justaposent deux idéogrammes, l'un signifiant danger, et l'autre opportunité. J'ai appris depuis qu'il ne s'agit que d'une légende, mais cependant, j'ai gardé cette définition du mot crise dans un coin de ma tête et elle est très utile.
Professionnellement, je suis actuellement en plein dans ce sujet avec la décision de ce que je souhaite faire dans les années à venir.

17262ème jour

Je n'ai pas le temps

Cela fait des années que j'ai rayé de mon vocabulaire l'expression "je n'ai pas le temps". Je pars du principe que l'on a toujours le temps de faire quelque chose et qu'il convient juste de gérer ses priorités. Cela a l'air anodin, une simple façon d'exprimer les choses, mais en réalité, l'impact de cette orientation est immense et permet d'augmenter considérablement son espace d'activité.

17261ème jour

Inland Empire

Je n'osais guère aller voir ce film tant on m'en avait dit du mal et tant j'aime Lynch. J'aurais mieux fait de m'abstenir en effet. Lynch a beau se vanter de tourner en numérique, les images sont laides, le scénario est confus sans apporter la magie rêveuse qui est la marque de fabrique de Lynch. Il y a peut être trente minutes à sauver au début. Revoir Lost Highway et Mullholland Drive d'urgence.

17260ème jour

Parismobs

Evidemment, cela n'intéressera plus personne aujourd'hui de savoir que tous les flashmobs parisiens, de 2003 à 2005, ont été organisés par Michael, Manu et moi-même.

17259ème jour

Une belle journée

Mon collègue est venu me chercher à mon hôtel à six heures et on est parti pour Sienne. Après Parme, l'autoroute descend à Bologne. Les montages commencent alors, il y avait de la neige tombée une semaine plus tôt. A Florence, mon collègue s'est trompé. Au lieu de prendre l'autoroute de Sienne, il a pris une petite route qui serpentait parmi les monts du Chianti. Le spectacle était sublime mais l'ordinateur de bord indiquait désespérément 10h30, l'heure précise de notre rendez-vous à Sienne. Moi j'étais plutôt content d'admirer les vignes et les collines recouvertes de cyprès caratéristiques, mais mon collègue lui, stressait comme un malade à l'idée d'être en retard à notre rendez-vous au sein de la plus vieille banque du monde. Nous sommes arrivés pour finir avec cinq minutes de retard.
A l'issue de notre rendez-vous, mes collègues m'ont emmené déjeuner à Casa mia, un petit restaurant sur les collines, où le Chianti était chaleureux, les pates rustiques et merveilleuses, mais le clou du repas, c'était une incroyable côte de boeuf. COmme dessert, on a eu bien sûr du Pan forte, accompagné d'un peu de Vin Santo.
J'ai un peu somnolé sur la route du retour. Mon collègue m'a déposé à Linate. J'ai hésité à rester pour passer le week end, tentation renforcée par l'envie de rencontrer un garçon un peu trop jeune et un peu trop beau.
J'étais fatigué. Je suis rentré à Paris.

17258ème jour

Athènes-Milan

Pluie sur la ville. Les athéniens restent chez eux quand il fait un temps pareil. La circulation est étonnament fluide. Journée de travail près de l'aéroport. Les grecs m'impressionnent toujours autant par leur professionnalisme, leur gentillesse dans le travail, comme s'ils faisaient leur l'une de mes maximes préférées au boulot : Faire des choses sérieuses sans se prendre au sérieux

17257ème jour

Athènes

Vol Bucarest Athènes par Olympic. Comme d'habitude les hôtesses sont vieilles et grosses. Au moment de la descente, l'une d'entre elles demande à mon collègue d'éteindre son ordinateur. Elle reste là, plantée derrière lui, jusqu'à ce que l'extinction windows soit totale. On prend un taxi pour mon hôtel habituel de Plaka. Je l'emmène dîner dans ma Taberna Byzantina. En sortant, il m'avoue qu'il y est déjà venu des années plus tôt.

17256ème jour

Conduire à Bucarest

Lorsque je vais à Bucarest, mon collègue roumain me conduit en ville dans une Clio grise. Les embouteillages sont terribles à Bucarest et il est très doué pour les éviter, notamment en fonçant dans les labyrinthes des petites rues et en évitant les grands axes surchargés. Il n'hésite pas non plus à forcer le passage, à prendre des sens interdits et à griller des feux rouges. C'est d'ailleurs à l'occasion de cette dernière activité qu'il a reçu un retrait de permis de conduire de trois mois. Aujord'hui, c'est donc moi qui le conduisais dans Bucarest, et je suivais scrupuleusement ses conseils dans les ruelles étroites, y compris lorsqu'il s'agissait de prendre des sens interdits.
C'était jouissif.

17255ème jour

Le survivant

Tout est parti d'un post de Chronolog où il était question de la sexualité de Gary Cooper. Qu'est ce qu'on en a à faire d'ailleurs de la sexualité de Gary Cooper, laissez le vivre, ou plutôt laissons le en paix. Malgré celà, de fil en aiguille j'en étais arrivé à des photos de Cecil Beaton, et notamment l'une d'elle, où l'on voit Andy Warhol. Je n'avais pas le temps, j'étais pressé, je m'étais dit que j'y reviendrais. Et celà faisait bien deux mois que je n'arrivais pas à la retrouver lorsque à force de googeliser, je l'ai retrouvée. On y voit trois personnages. A gauche Andy Warhol, la cinquantaine, le visage un peu mangé par la bordure de la photographie, inquiet, l'air de dire : "Mais Cecil, qu'est que tu fais, tu ne me cadres pas bien! En arrière plan, Jed Johnson, l'amant d'Andy Warhol depuis quelques années, l'air de vouloir rester un peu en retrait. Andy Warhol avait rencontré Jed en 1967 alors que ce dernier, fraichement arrivé de Sacramento, lui livrait un télégramme dans son loft de New York. Jed et son frère jumeau Jay sont entrés dans la vie de Warhol pour n'en presque plus ressortir. Jay quant à lui, est le troisième personnage de la photographie. Il est celui qui a le moins de légitimité pour y figurer et pourtant, c'est lui que Cecil Beaton a choisi pour être l'élément central de la photo. Il a un regard un peu triste sous ses cheveux bouclés, un peu d'affectation aussi, mais on ne peut pas détourner le regard du sien. Je pourrais quant à moi le regarder durant des heures. Il est le seul survivant du trio. Andy Warhol est mort en 1987 suite à un traitement de chirurgie esthétique qui a mal tourné. Jed Johnson est mort en 1996 dans le crash du vol TWA800 New York Paris. Jay a repris alors les activités de son frère. Il aura soixante ans l'an prochain. Je prefère ne pas savoir à quoi il ressemble.
Quant à la photographie, la voici.

17254ème jour

Ma semaine prochaine

Lundi : Paris
Mardi : Bucarest
Mercredi : Athènes
Jeudi : Milan
Vendredi : Sienne
Samedi : Qui sait?

17253ème jour

Ma fille est malade II

Une autre de mes filles est malade. Une méchante otite. J'appelle SOS médecins. Vingt minutes plus tard arrive le toubib, un bonhomme rondouillard qui tombe en pamoisons devant Gréta et Daphné. Je lui ai proposé d'écouter. On s'est fait un bout de Sonate à Kreutzer. Il est reparti à regrets.

17252ème jour

Ma fille est malade I

L'une de mes filles est malade. On va au restaurant japonais à côté de chez moi et je lui commande juste une soupe et un bol de riz. Malheureusement, à peine la soupe avalée, elle s'esquive aux toilettes. Elle revient un peu pâle.
Je lui dis :
- Zut! j'aurais mieux fait de la manger. Elle avait l'air bonne.
- ...
- Le riz, tu es sûre? Tu penses que tu peux?
- Oui!
- Remarque j'attends que tu l'aies revomi. Il sera meilleur chaud.

17251ème jour

Honte

C'est en lisant le Ravel de Jean Echenoz, l'été dernier que j'ai découvert comment s'écrivait Ciboure. Jusque là j'aurais volontiers tenté Six-bourgs.

17250ème jour

Deux messages

Mon téléphone ayant été volé à Copacabana, j'en ai un provisoire et je sauvegarde ici deux messages envoyés par Lazar dans un français hésitant:
- Vincent! tu es elegant e interesent. Je suis content encontre toi. ca va? Tu es al'hotel? Bonne nuit francais elegant; ton nouveaux ami,Lazar (06/03/07 23:51)
- Ah Vincent. tu es tre jolie. merci beaucoup pour ton message afectif. Je me sente solement.I don't have friend avec qui confesion.Is terrible.Nuit&bisous (09/03/07 00:44)

17249ème jour

Short night

Le concert de Damien Rice s'est achevé vers 23h30. On a repris la route. Aachen, Liège, Charleroi, Mons, Valenciennes, Beauvais, Paris un peu après 3h00. On s'est endormis vers 3h30. A 7h00, Chava partait pour attraper son train gare Saint Lazare...

17248ème jour

Le concert de Damien Rice

A peine sortis de la Philharmonie, nous partons au Palladium où a lieu le concert de Damien Rice. On se perd un peu dans la banlieue nord de Cologne, on trouve enfin le Mühlenbrücke et on arrive juste à l'heure au Palladium, un grand parallelépipède de béton aux allures industrielles. La première partie est en cours, un groupe entraîné par un mec obèse qui chante des mélodies un peu country et assez rasantes. Il faut ensuite attendre la concert de Damien Rice. Il me semble qu'on a bien attendu trente minutes, comme des allumettes dans leur boîte. De temps à autres, certains gueulaient, ou applaudissaient dans l'espoir que le concert commence enfin, mais sans succès jusqu'à dix heures.

J'ai été très partagé par ce concert. D'un côté, j'ai été ravi d'entendre en live des chansons que j'adore comme 9 crimes, The animals were gone, Accidental babies ou bien sûr The blower's daughter. Mais le reste du temps, le son de qualité médiocre, l'odeur de cigarette, le volume sonore tellement élevé que la moitié des spectateurs se bouchaient les oreilles m'ont plutôt gâché la soirée. Il en résulte que Damien Rice a une présence physique sur scène assez faible et que ses disques sont sans doute ce qu'il fait de mieux.

Une mention toute spéciale cependant à Vyvienne Long, la violoncelliste de Damien Rice, si présente dans les disques de ce dernier, et qui nous a offert à l'entracte une chanson de sa composition, pleine d'humour, et accompagnée seulement en pizzicati.
Damien Rice sera la 4 juillet prochain à l'Olympia.

17247ème jour

Un concert à Cologne

J'avais un bon souvenir d'un concert à la Philharmonie de Cologne il y a trois ans, et j'avais pensé qu'il serait amusant de nous y rendre pour un concert juste avant celui de Damien Rice. Hélas, j'avais oublié que le Tonkünstler-Orchester Niederösterreich n'était qu'un sympathique orchestre de province autrichien. En première partie, le Foxtrot pour orchestre extait des Chairman Dances n'avait guère d'intérêt, comme la plupart des oeuvres de John Adams, sauf un final amusant. Suivait le Cinquième Concerto de Beethoven, correctement interprété par Antti Siirala Klavier, mais accompagné par un orchestre très en dessous de ce que l'on peut espérer. Comme la dernière fois, nous sommes descendus occuper des places au premier rang de la Philharmonie pour profiter des élégants mouvements de baguette de Kristjan Järvi, qui dirigeait un honorable Concerto pour orchestre de Béla Bartók.
La Philharmonie de Cologne est une très bonne salle où on peut aller entendre les Wiener Philharmoniker pour une somme très modeste. Encore faut-il choisir convenablement son programme.

17246ème jour

Maastricht-Aachen-Köln

A l'origine, j'avais prévu d'aller à Cologne pour la tournée de Damien Rice dont j'avais raté l'étape parisienne. Et puis je n'avais pas trop envie d'y aller seul. Il s'appelle Salvador, mais au Mexique tout le monde l'appelle Chava. Il est plutôt gentil mais je sais que le contact ne pourra pas durer au delà des vingt quatre heures de ce week-end. Il est heureux car en deux jours il va ajouter trois pays inconnus à son palmarès : la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne.
J'ai l'impression d'avoir fait découvrir la Grand Place à des dizaines de personnes, la dernière fois était d'ailleurs il y a moins d'un an. Maastricht et ses magasins qui ferment à 18h00 le samedi, Aachen où la basilique élève sa masse sombre dans la nuit.
On dîne ensemble dans la vieille ville. Il me raconte sa vie, son père qui a disparu quand il avait six ans, puis qui est revenu, sa découverte par hasard du fait que son père ait une autre famille dans la même ville avec deux enfants qui sont ses demi-frères. Secrets de famille alors qu'on se connait si peu.
Cologne, la ville la nuit, la vue depuis le Severinsbrücke.
L'hôtel.
La nuit.
Toujours les mêmes erreurs...

17245ème jour

J'ai oublié de vous dire...

...que j'ai changé quelque peu les règles du jeu et qu'au lieu d'un mensonge et neuf vérités, je vous ai proposé une vérité et neuf mensonges...

17244ème jour

Mars attacks

De retour à la maison. Je dépose ma valise dans l'entrée. A trente six heures du prochain départ, à quoi bon la vider. J'allume le téléviseur car le journal de 20 heures va commencer. Tous les visages sont verts comme celui de Fantomas. Vert le PPDA à Boulogne, vert le Chirac à Bruxelles... Vu son grand âge, quatorze ans, le téléviseur a fini sa carrière. La tentation de vivre sans son successeur me reprend.

17243ème jour

C'est beau Bucarest la nuit

Je hèle un taxi jaune dans la nuit, une vieille Dacia complètement défoncée. Il y a une forte odeur de tabac. J'entrouve la fenêtre qui laisse passer un air très frais. Le taxi avance dans les grandes avenues de l'ère Ceaucescu en direction du parlement. Sur la gauche j'aperçois l'immense bâtiment qui était en construction, presque achevé pendant la révolution de 1989, et qui est resté en l'état depuis, tant ses structures et ses volumes sont peu adaptés à la Roumanie d'aujourd'hui. Le taxi me dépose sur la Piata Romana, une grande place ronde plutôt animée le soir et au trafic intense. Comme toujours, j'ai une petite appréhension à rencontrer un inconnu à Bucarest qui peut être une ville dangereuse. J'appelle Lazar, il a une voix joyeuse au téléphone, je lui dis que je suis devant la boutique Vodaphone, il me répond qu'il sera là dans une minute. Et il arrive, en effet, aussi beau que sur la photo qu'il m'a envoyée, alors qu'il défilait pour Dolce & Gabanna l'an passé. Il a hélas coupé ses longs cheveux qui lui donnaient tant d'allure. Il m'emmène à deux pas de là, au Crem Caffe, un restaurant installé dans une vieille villa du XIXème, avec des boiseries et du papier peint vert pâle. On commande des pâtes et une grande bouteille de rouge roumain des terrasses du Danube. Il parle un français amusant, plein de couleurs et d'erreurs, repasse parfois à l'anglais, il me raconte son enfance à Oradea, près de la Hongrie, sa vie à Milan depuis la séparation de ses parents, les photos et les défilés, ses cours de danse à l'opéra de Bucarest, sa visite à Paris de l'année passée, son boy friend français qui fait du design à Milan. On repart un peu enivrés, on traverse la Piata Romana, on prend un taxi ensemble. Je le dépose en bas de chez lui, près de la Piata Victoriei. On s'embrasse. Je donne à mon taxi l'adresse de mon hôtel.

17242ème jour

Topo

Comme à l'habitude je stresse à l'idée de parler devant cent personnes, cette fois-ci des banquiers roumains. Je déteste parler derrière un pupitre, préférant être libre de mes mouvements et de mes gestes. Je commence par me moquer de mon accent français, d'autant plus que je passe juste derrière un britannique aux allures de sénateur. Dès que je démarre, je n'ai plus peur. Je me souviens de mon premier oral en anglais, voilà bien longtemps. Je réponds à une question. Next!

17241ème jour

Un mensonge?

Pour faire suite à la demande de Jules.
1. J'ai eu une relation sexuelle dans une loge du Palais Garnier, pendant une représentation d'opéra, après avoir fermé le rideau de velours rouge permettant de s'isoler.
2. J'ai tourné un bref passage dans Pauline à la plage d'Eric Rohmer, apparition muette qui a été coupée au montage.
3. Je me suis fait violenter par un enseignant alors que j'avais l'âge de treize ans.
4. Je possède un autographe d'Herbert von Karajan, obtenu après son concert au Théâtre du Chatelet (Tchaikovski-Schönberg) en 1981, grâce au fait qu'Eliette von Karajan a pour nom de jeune fille mon propre nom de famille.
5. A l'âge de dix neuf ans, j'ai accepté d'avoir une relation sexuelle en présence d'un vieillard qui nous avait payé 1.000 francs français chacun pour assister au spectacle.
6. Suite à un pari, à vingt ans environ, j'ai bu entièrement une bouteille de whisky (75cl) que j'ai aussitôt revomie.
7. J'ai fait une fois l'amour avec la participation d'un animal.
8. J'ai eu 19 sur 20 à l'épreuve de philosophie au baccalaureat.
9. Suite à des pertes ou à des vols, j'ai déjà fait refaire quatre fois mon permis de conduire.
10. Il y a fort longtemps, au milieu d'une nuit d'été, j'ai joué brièvement à saute-mouton, entièrement nu sous la tour Eiffel.
Et je ne fais pas suivre, je ne déteste suffisamment personne pour celà...

17240ème jour

La Symphonie Résurrection de la Philharmonie de Berlin à Pleyel

J'avais déjà entendu la Philharmonie de Berlin jouer cette symphonie à Londres en 1996 sous la direction de Claudio Abbado. J'avais déjà entendu Simon Rattle diriger cette symphonie à Berlin en 1999, à la tête de la Philharmonie de Vienne. C'était donc une sorte de triangle qui se refermait pour moi hier avec ce concert dont j'attendais tant. Je n'étais pas le seul et ils étaient nombreux, ceux qui, dès l'angle de l'avenue Hoche, tentaient leur chance avec leurs petits panneaux cherche une place. Le silence de l'assistance était d'ailleurs impressionnant, à part l'imbécile qui a laissé sonner son Nokia (pas en sonnerie moustique) lors de l'un des passages les plus doux du premier mouvement.
Par rapport à mon souvenir de 1999, la conception de Rattle de la Deuxième Symphonie n'a guère changé. La mise en valeur des magnifiques détails de l'orchestration, des contrastes très forts, une lenteur majestueuse et recueillie. Quelques couacs, ça et là, rappellent que Berlin n'est plus la magnifique machine infaillible de l'ère Karajan, mais quel son, quelle intensité, quel engagement, quel bonheur à entendre l'un des meilleurs orchestres au monde, sinon le meilleur. Je ne sais si la Deuxième Symphonie est ma préférée, mais elle est décidément celle qui m'émeut le plus et, j'en avais beau être à ma douzième Deuxième, je n'ai pas pu retenir mes larmes dans le choeur final. Comment faites vous, si vous y parvenez?
On pourrait dédier un article à la mise en place de la Deuxième. Comme souvent, j'ai regretté que le choeur ne commence pas à chanter assis, comme hélas peu de chefs le pratiquent. L'effet est saisissant, et les faire se lever par surprise plus tard lorsqu'enfin, ils chantent à pleine voix, est irrésistible. En revanche, Rattle a eu la bonne idée de séparer les fanfares de coulisse en deux (cors et timbale à l'arrière de la salle, trompettes sous la scène) et l'effet était particulièrement réussi. Ma prochaine Deuxième sera à Berlin, dans moins d'un mois.
Je signale aux oiseaux voyageurs qu'il y a deux autres belles Deuxième en vue. Celle du LSO-MTT à Londres le week end prochain, et celle d'Ozawa-Vienne le 17 mai au Staatsoper. Et je signale à tous les autres que les Berliner Philharmoniker reviendront à Pleyel le 25 janvier 2008, sous la direction de Seiji Ozawa, pour le Concerto pour violon de Beethoven par Anne-Sophie Mutter et la Symphonie Pathétique de Tchaikowski, dans un concert hommage à Herbert von karajan dont on fêtera en 2008 le centième anniversaire de la naissance.

17239ème jour

Hungarian Rock

Hungarian Rock est probablement la première oeuvre de musique contemporaine que je sois parvenu à aimer alors qu'adolescent, j'avais entendu le disque Erato Le nouveau clacevin qu'Elisabeth Chojnacka avait dédié au clavecin contemporain. Lorsque j'ai stupidement dilapidé ma collection de disques vinyles, je n'ai plus entendu Hungarian Rock, jusqu'au jour où Elisabeth Chojnacka l'a de nouveau enregistré pour Sony, dans le cadre d'une intégrale Ligeti. J'étais donc particulièrement heureux, tout à l'heure, au deuxième rang de la salle Oliver Messiaen de Radio-France, après une oeuvre insipide de Thomas Adès, de voir arriver la grande dame du clavecin contemporain. Dans un ensemble noir assez spécial, la tigasse rousse plus imposante que jamais, elle s'est installée devant son instrument et nous a offert une version époustouflante de l'oeuvre. Le clavecin était hélas amplifié sur haut parleur, mais elle était bien là devant nous, se jouant des difficultés rythmiques de cette page mémorable. Nous avons ensuite eu droit à Continuum, l'autre pièce phare de Ligeti pour Clavecin, puis au plutôt plaisant concerto pour clavecin et cymbalum de Graciane Finzi, qui est venue saluer couragement sous les huées des ayatollahs du contemporain.

17238ème jour

Boum!

Je cherchais une place. Je passais juste devant chez moi. Je dépassais un taxi qui était garé sur la gauche dans ma rue. Le passager du taxi a ouvert la porte arrière gauche. Il y a eu un bruit sec. Le rétroviseur a été arraché. Et puis une marque blanche sur toute la portière et l'aile arrière.
Restons calme
Ne nous énervons pas

disent depuis toujours les couvertures bleues des constats amiables.

17237ème jour

Le cri du moustique

Il y a quelques mois, j'avais lu dans un article que la sonnerie de téléphone qui faisait fureur dans les écoles était la sonnerie dite mosquito qui n'est qu'un son dans une fréquence très aigüe que les enfants et adolescents entendent facilement, mais que les adultes, et donc les enseignants, ne peuvent plus discerner. J'en ai trouvé plusieurs exemplaires ici, avec divers étalonnages. Celà marche terriblement bien. Mes filles se bouchent les oreilles à 18 Khz, alors que je n'entends rien. J'ai même fait un essai entre deux oeuvres d'un concert du festival Présences. Pas un de nos voisins n'a bronché, alors que mes filles m'ont jeté un regard sévère pour tenter de telles expériences. Ce qui prouve que le public de Présences n'est pas très jeune...
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