16751ème jour

Clermont

Quand je me deplace à Clermont en voiture avec ma mère, elle me guide systématiquement. "A droite! A gauche!", me dit-elle autoritaire. Il arrive que ses recommandations soient utiles, lorsque le plan de circulation a vraiment changé ou que nous traversons une banlieue peu familière. Mais le plus souvent, je me déplacerais dans cette ville les yeux fermés. A défaut de l'aimer, on n'oublie pas la ville de son enfance.

16750ème jour

Cannes blanches

Il y a fort longtemps, mon ami E. s'était lié d'amitié ave un couple d'aveugles et les voyait régulièrement. Un soir nous étions allés tous les quatre écouter une Septième de Mahler par l'Orchestre National dirigé par Maazel au Théâtre des Champs Elysées. A la sortie du concert, nous traversons l'avenue Montaigne pour aller dîner quelque part. Nous sommes là tous les quatre, eux au centre avec leur deux cannes blanches pointées en avant, E. et moi de part et d'autre les tenant par le bras. Tout d'un coup un passant m'empoigne le bras et me dit d'un ton très autoritaire : "Je peux vous aider?"

16749ème jour

En Bourgogne II

Un bref passage sur le marché de Beaune ce matin avec mes clients sud-africains. Ils ne connaissent de la France que Paris et c'est un choc pour eux de découvrir ce petit marché à l'atmosphère si française. Les rayons d'un soleil encore estival éclairent les façades sublimes des petites maisons bourguignonnes aux toitures irrégulières. Ils achètent du nougat et des petits bocaux de moutarde. Je retourne le paquet de moutarde et je fais semblant de lire made in China. Après un bref moment d'étonnement, ils rient. Ils semblent tellement heureux d'être là. Ils me disent qu'ils ont hâte de me faire découvrir leur pays.

16748ème jour

En Bourgogne I

Diner ce soir dans un château de Bourgogne avec des clients de diverses nationalités. Au cours du repas, le serveur termine une bouteille de vin dans le verre d'un convive. "Je vais me marier dans l'année!" dit ce dernier tout joyeux. "Mais vous êtes déjà marié" lui disons-nous tous, désignant la jeune femme qui l'accompagne et qui est assise à ses côtés. Et lui, tout gêné, nous répond en parlant tout doucement : Chut! Elle n'est pas au courant!

16747ème jour

Des nouvelles de noos

Ma page sérieuse, celle sur Mahler, est malheureusement hébergée par noos. Or les pages personnelles sont en plantage généralisé depuis trois jours. Tentant sans succès de glaner quelques informations sur les pages d'information de www.noos.fr, j'ai vu qu'il était possible de faire un chat avec un conseiller noos. J'ai donc saisi l'aubaine et je vous retranscris avec bonheur le contenu savoureux de notre conversation:
gVgVssE s'est connecté(e)
Carole s'est connecté(e)
gVgVssE : bonjour
Carole : Bonjour Monsieur gVgVssE, bienvenue sur le service d'assistance en ligne de Noos !
Carole : Je vous écoute.
gVgVssE : les pages perso noos ne marchent plus depuis 3 jours...
Carole : Je vous informe qu'un incident technique sur notre serveur affecte l'accès à votre page perso.
Carole : Nos techniciens travaillent en ce moment à la résolution de ce souci.
Carole : Veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée.
Carole : Avez-vous une autre question, Monsieur gVgVssE ?
gVgVssE : j'ai entendu dire que vous n'arriviez pas a les reloader
gVgVssE : qu elles etaient perdues en quelque sorte
Carole : Je vous informe que vos adresses mail sont justement indisponibles.
gVgVssE : pardon?
Carole : Les pages persos, veuillez m'excuser.
gVgVssE : oui je sais
gVgVssE : mais ca va durer combien de temps?
Carole : Je ne dispose malheureusement pas de date de rétablissement.
Carole : Je vous assure que le souci sera reglé dans les plus brefs délais.
gVgVssE : hmm
gVgVssE : j ai une autre question
Carole : Je peux vous assurer que nos techniciens ont identifié le dysfonctionnement et s?efforcent de rétablir un service optimal dans les meilleurs délais.
Carole : Je vous écoute.
gVgVssE : (c'est assez comique les reponses toutes faites mais bon...)
gVgVssE : ma question est :
gVgVssE : apres la resiliation d'un compte noosnet, est ce que vous supprimez aussitot toutes les pages web et les adresses email
gVgVssE : ou non?
Carole : Je vous informe que la suppression des pages persos et des adresses mail sera effectuée dans un délai d'environ 2 mois après la résiliation.
gVgVssE : d accord
gVgVssE : merci
gVgVssE : bonne soirée
Carole : Merci de votre confiance.
gVgVssE : euuh
gVgVssE : j ai pas confiance justement!!
Carole : Je vais maintenant clore notre session de chat.
gVgVssE : je suis passé sur free
Carole : Vous allez recevoir par e-mail l'intégralité de notre conversation. Je vous remercie de nous avoir contactés.
Carole : Je reste à votre entière disposition pour tout autre conseil.
gVgVssE : lol
Carole : A très bientôt sur le service d'assistance en ligne de Noos, Monsieur gVgVssE !
gVgVssE : mouahahaha
Carole a quitté le chat

16746ème jour

Magie

Je suis rentré chez lui, je n'arrivais à enlever les chaussures qu'avec difficulté. On a bavardé une demi heure. Moi assis en caleçon sur son lit. Lui concentré derrière moi, ses deux pouces appuyant sur le bas de mon dos. Il a même reçu un appel sur son mobile, sans cesser de s'occuper de moi. Je transpirais pas mal, de grosses gouttes qui coulaient le long de mes bras.
Il m'a dit "c'est bon!". Et c'était bon. J'ai remis mes chaussures normalement, sans avoir besoin du chausse pieds d'un mètre de long qui trône sur son bureau. En sortant de chez lui, j'avais l'impression de retrouver mon âge normal d'un coup de baguette magique.

16745ème jour

Allo?

- Oui?
- Ici la police de Neuilly. C'est à vous la lada qui est garée boulevard Bineau?
- Euh... Oui...
- Faudrait que vous la bougiez de là. Ca fait au moins huit jours qu'elle est garée la. Le réglement de la ville interdit le parking plus de 48 heures. En plus elle est mal garée...
- Ah bon? elle est mal garée?
- Oui elle devrait être un mètre plus en arrière.
- Et sinon vous ne voulez pas l'acheter?
- ...
- Euuh très bien, je la déplacerai aujourd'hui...

16744ème jour

Lloyd Newson au Théâtre de la Ville

Il y a quelques semaines, Manu m'avait invité à ce spectacle. J'y allais sans trop savoir à qui m'attendre, étant peu familier des spectacles de danse. Quelle erreur! C'est un moment exceptionnel que nous proposent les dix danseurs de la Compagnie DV8 Physical. Un ovni étrange à mi chemin de la danse, du théâtre, du spectacle de magie, du cinéma et du café-théâtre. Mais surtout c'est un spectacle à la fois drôle et intelligent, qui fait réfléchir en éblouissant l'oeil.
Just for Show est complet à Paris mais j'aimerais beaucoup le revoir. C'est possible début novembre à Lyon, puis à Londres.

16743ème jour

Le pain grillé du café Beaubourg

Comme d'habitude, je commande un steak tartare. Cru. Car à la carte, on peut aussi le demander aller-retour, ce qui signifie à peine grillé. Je demande en accompagnement des pommes Darphin. Parce que j'aime bien les pommes Darphin. Tout simplement. Et puis vient le moment délicat. Je demande, toujours très gentiment, "s'il serait possible que l'on me serve les tranches de Poilâne vraiment bien grillées, parce que je les aime vraiment bien grillées et que d'habitude on me les sert tièdes et molles et que les tranches de Poilâne tièdes et molles, je n'aime pas ça."
Le serveur me regarde toujours bizarrement dans ces cas là, surtout si c'est un nouveau serveur, mais il me répond invariablement : "Mais bien sûr Monsieur, il n'y a pas de problème."
Un peu plus tard, le serveur m'apportera le steak tartare, la petite salade, les pommes Darphin et puis bien sûr les tranches de pain Poilâne. Tièdes et molles. Comme d'habitude.
Je ne dirai rien, car j'ai toujours peur que le serveur ne crache dessus avant de me les resservir bien grillées, le crachat évaporé dans le grille-pain. Je les mangerai en maugréant en disant que c'est bien la dernière fois que je viens au café Beaubourg.
Et puis je reviendrai.

16742ème jour

Mémoires olfactives

L'odeur des roses dans le jardin de ma grand-mère au début de l'été, celle fétide du chou fleur bouilli qui s'échappait du réfectoire de l'école en fin de matinée, l'odeur de la cire dans le salon de mon autre grand mère, celle de la lessive Bonux quand j'ouvrais fébrilement le paquet pour en ôter le précieux cadeau avant mon frère, la senteur des blés fraîchement coupés à la fin du mois d'août, celle si particulière de la pluie dans les bois, l'odeur, mélange de chocolat et de sucre glace, de la Reine de Saba qui se mêlait à celle des bougies juste éteintes, les soirs d'anniversaire, l'odeur du bétail dans l'étable lorsque j'admirais les mains des fermiers traire le lait, l'odeur des cheveux de ma fille quand je lui sniffais le crâne lorsqu'elle était bébé...
Les odeurs du passé ont la nostalgie des bonheurs fânés.

16741ème jour

Paris

L'escalier très sombre aux marches métalliques noires qui mène au restaurant sur le toît de notre immeuble à Istanbul. Une marche ratée en redescendant. Rien de particulier sur le moment. Quelques raideurs dans les escaliers de mon client l'après-midi. Un vrai mal de dos le soir et pendant la nuit. Un dos d'âne superbe sur la route de l'aéroport qui se répercute dans ma colonne vertébrale. La difficulté à porter ma valise dans l'aéroport. Une journée de travail à Paris que j'ai hâte de voir se terminer. Eh voilà. C'est mon deuxième lumbago.

16740ème jour

Istanbul

Journée froide et ensoleillée à Istanbul. Deux rendez vous importants chez des clients avec mon boss. Mon imbroglio turc va peut être se débloquer. Il y a en tout cas une lueur au bout du tunnel.
Le soir, après avoir déposé mon boss à l'aéroport on fait le plein dans une station. J'aperçois le panneau "Tuvalet" et je pars vider ma vessie. Les WC sont turcs. C'est la première fois que j'en vois en Turquie.
Le soir je vais dîner au Flamm. Sur la route, j'achete le nouveau Depeche Mode et un disque inavouable sur Istikial Caddesi

16739ème jour

Gheorge

On avait rendez-vous devant l'Intercontinental. Il avait un blouson Diesel et un tee shirt noir traversé d'une grande croix en paillettes dorées. Il m'a de suite entraîné dans une galerie souterraine. J'étais un peu inquiet, me disant que je risquais de me faire detrousser par une bande de sniffeurs de colle, mais tout s'est bien passé. Il y avait même un Mac Donald dans la galerie, c'est dire son haut degré de civilisation. On est allés boire un verre dans un bistro Julius Meinl. Lui un café au caramel, moi un bière. Puis on s'est baladés longtemps dans les rues froides de Bucarest, avant de prendre un taxi ensemble.

16738ème jour

Une journée chez le comte Dracula

On a décollé vers neuf heures dans un ATR42 de la TAROM. Direction le Nord Ouest et la Transilvanie. Les deux hôtesses à lunettes, boulottes et peu souriantes me font de nouveau penser à la Securitate de Ceaucescu. Une heure plus tard, on atterrit sur l'aéroport de Cluj. Cluj est une ville improbable, une sorte de truc bizarre qui doit être à la Roumanie ce que Maubeuge est à la France.
On a filé chez notre client où nous avons été reçus par deux jeunes femmes charmantes qui avaient l'air ravies d'avoir des visiteurs. Vers treize heures, on les emmène déjeuner dans un restaurant bizarrement italo-suisse, le Lugano, où on ne mange pas si mal que ça, avec un petit vin local, de bons antipasti et du boeuf accompagné de légumes al-dente. J'ai sagement évité le poulet.
L'après midi est terrible car on n'a vraiment rien à faire. Il n'y a de vols que le matin et le soir et il faut donc tuer le temps (je déteste cette expression) comme on peut. J'ai complètement oublié de prendre mon bouquin, le Code de Perelà, et je le regrette amèrement. On fait semblant de travailler sans connexion internet, je vais faire un petit tour dans le grand magasin local où j'ai compté une dizaine de disques classiques genre "Pastorale dirigée par Wolfgang Petroshoff à la tête de l'orchestre de Timisoara" (même pas un Mahler), j'ai contemplé la rivière locale, la Somesul Mic, que les autorités locales ont eu la judicieuse idée d'utiliser tout au long de son cours pour faire passer les lignes hautes tension.
J'ai oublié de vous signaler qu'il faisait 5°C dans le bled. Vous pouvez le vérifier en temps réel ici. J'ai vraiment peur de gagner ce projet. Il faudrait que je revienne...

16737ème jour

Tournée aviaire

Ce dimanche, après ma réunion client, objet de ce séjour, nous sommes retournés, mes collegues et moi, au petit restaurant malaisen de la plage. Il est temps que je rentre, je finirais par m'y habituer...
Mon nouveau collègue de Dubai, style jeunesse dorée d'origine indienne, m'a ramené à mon hôtel dans sa 407 16 soupapes blanche flambant neuve. Il m'a mis le dernier disque des White stripes et a paru très surpris que je sache le chantonner. Au crépuscule, en traversant le quartier de Satwa qui a ses allures de Cinquième Avenue avec les haies de gratte-ciels qui le bordent, on écoutait Forever for her et c'était bien...
Le vol de nuit pour Istanbul était fatigant. Je suis au lounge de l'aéroport Ataturk, en partance pour Bucarest. Cette semaine, je fais la tournée des pays atteints par la grippe aviaire...

16736ème jour

Un week end à Dubai

Je dors quelques heures, puis je vais prendre mon petit déjeuner à l'hôtel. Comme nous sommes en plein Ramadan, un rideau camoufle soigneusement la salle de restaurant pendant les heures diurnes.
Je prends un taxi pour aller dans le centre. La réputation de Dubai comme un immense chantier n'est pas usurpée : il y a actuellement plus de 80 tours en construction, dont la future plus haute tour du monde, dont cinq étages sortent déjà du sol. Je me balade quelques heures dans le centre, le long du Dubai Creek où des milliers de paquets sont prêts a être débarques du monde entier. Il y a dans la ville des shopping centers par milliers dont le BurJuman est sans doute le plus beau, les plus grandes marques ayant toutes décidé d'être là.
Je pars ensuite au Jumeirah Beach, l'un des plus beaux hotels de la ville, qui fait face au fameux Burj el Arab. Alors que l'endroit est parait-il très privé, on ne me demande rien, on m'emmène dans une voiture de golf au restaurant de la plage qui sert de succulentes spécialites malaisiennes, puis je demande au bluff au garcon de plage de m'installer un transat sur le sable blanc, ce qu'il fait fort gentiment, à une dizaine de mètres de l'eau à trente degrés. je reste là quelques heures à rêvasser en contemplant le Burj el Arab dont il est inpossible de soupçonner qu'il a la même hauteur que la tour Eiffel.
Retour a l'hôtel pour la nuit car ici le dimanche on travaille...

16735ème jour

Une arrivée matinale

Je prends mon vol habituel pour Istanbul, celui de 17h35, mais pour une fois cette destination n'est qu'un stop. J'ai une heure à l'aéroport Ataturk pour changer de satellite et embarquer dans un nouvel avion Turkish Airlines. Mon enregistrement a été fait à l'avance à Orly, je suis au fauteuil 17F, mais bizarrement la place est déjà occupée par un turc souriant qui a lui aussi 17F inscrit sur son coupon d'embarquement. Après une longue attente où je me fais chasser de place en place, l'avion étant presque plein, je me fais finalement upgrader en business.
Nous décollons à 23 heures locales, nous survolons le centre d'Istanbul, j'aperçois la mer de Marmara, la Tour de Galata, la Corne d'Or, le premier pont sur le Bosphore, puis nous filons vers l'Est, en évitant soigneusement de survoler l'Irak.
Quelques heures plus tard, c'est la descente au dessus d'une mer noire. Face à nous une ville immense, hérissée de tours et éclairée comme un sapin de Noël orangé. L'aéroport est d'une taille presque démesurée, d'une propreté suisse. A la sortie, deux brumisateurs tentent vainement de rafraîchir l'air ambiant. La navette du Novotel m'emmène en dix minutes à l'hôtel. A 5h30, j'entre dans ma chambre et je m'endors.

16734ème jour

Un nouveau concours

Ce soir, je partirai de nouveau pour un pays encore inconnu. Celui de mes lecteurs qui le découvrira en premier gagnera une Cinquième Symphonie de Mahler par un orchestre praguois.

16733ème jour

Proverbe de Blogeur

C'est en écrivant qu'on devient écrevisse.
Hans Arp

16732ème jour

Où je retrouve quelques vieux amis

Il y avait celui-ci, que j'ai longuement admiré pendant des heures à Munich. Celui-ci, que j'avais rencontré par hasard lors d'un séjour à Venise en 2000. Ce portrait de Moa, qui a longtemps orné mon bureau et que j'avais admiré lors de l'imposante retrospective Schiele à Düsseldorf en 1996, au milieu de ses autoportraits grincants. Et ce portrait d'Alma et Oscar, qui me rappelle toujours les orgies que Kokoschka organisa par al suite à Berlin où lui et ses amis décapitaient et violentaient un pantin censé représenter Alma.
Oui, ils sont tous au Grand Palais jusqu'au 23 janvier. Il faut vous y précipiter.

16731ème jour

Parismobs #12

Comme assez souvent, le manque de spectateurs de ce flashmob lui donnait un air légèrement triste et inachevé. Il restait un peu destiné aux seuls membres du personnel de sécurité du Centre Pompidou qui de fait, semblaient assez perturbés. Mais seuls les flashmobers des premiers rangs ont pu en profiter.
L'idée de faire un flashmob, mouvement néo dadaïste s'il en est, en forme de manifestation anti-dada était une idée intéressante. On peut en effet légitimement se demander qui était le plus dada, entre les personnalités de l'art invitées à parader au vernissage ô combien institutionnel dada, ou un groupe de flashmobers pseudo-manifestant contre dada.
Mais lorsqu'on lit les impressions plus que mitigées des participants eux-mêmes, on se demande si le second degré existe encore, si dada n'est pas définitivement mort, contrairement (conformément) à ce qu'affirmait le manifeste Dada de Tristan Tzara (1918): "Dada doute de tout. Dada est tatou. Tout est Dada. Les vrais dadas sont contre Dada.".
Il est aussi intéressant d'observer que de nombreux flashmobers ont, à tort ou à raison, refusé de faire l'action qu'ils jugeaient trop militante. En tout cas, ils font taire à tout jamais ceux qui se contentent de bêler à n'en plus finir "flashmob = panurgisme", sans même tenter d'ouvrir leurs neurones au delà du premier degré. C'est encore dada qui avait raison lorsqu'il écrivait sur ce panneau, précisément visible dans l'expo dada: "Ecrire c'est bien, se taire c'est mieux!"

16730ème jour

Nuance

Quand papa me parle de maman, il dit "maman".
Quand maman me parle de papa, elle dit "ton père".

16729ème jour

Un mail

J'ai reçu ce matin ce mail de Parismobs :
Cher Flashmober,
Soyez très attentif à votre boîte mail mardi 11 octobre à partir de midi.
De nouvelles instructions s'y trouveront.
ParisMobs

C'est plutôt une bonne nouvelle de remettre ça, mais ce qui est étrange c'est le sujet du mail : Flashmob à Paris ce soir.
Mais j'ai regardé l'heure du mail, 2h56, et je me suis dit qu'ils avaient du un peu fumer la moquette, chez Parismobs.

16728ème jour

Sauvegarde II

En changeant de téléphone, je vais perdre tous les SMS que j'ai conservés depuis deux ans, certains ayant une forte signification pour moi. Alors , comme je l'avais fait en rentrant de New York, je sauvegarde ici ces précieux messages, en omettant l'identité de l'expéditeur.
- C'est gentil! Portez vous bien biz (08/08/04 12:22)
- tuto posto (15/08/04 01:18)
- Bisous du Tenorio..... J'ai hâte de revenir avec toi. (03/09/04 21:58)
- Je te connais suffisament bien pour savoir que t enerve. (08/10/04 13:26)
- Je trouve ca tres dur de prendre cette decision sans quon est pus en parler.Jai quand meme essayer de te joindre aujourd'hui.(10/10/04 23:53)
- Je suis sur le point de partir du bureau. je vais voir mon doc car j'ai une migraine atroce. je ne sais pas si je serai dispo ce soir (jesse metcalfe 22/10/04 16:49)
- Moi aussi j'aime mon papa chéri je te fais des gros bisous. Eske tu viens à clermon? (26/10/04 18:37)
- Oh sweety! I want to be yours :) ill msg u 2morrow. Kisses goodnite (14/12/04 22:35)
- Bon anniversaire la la lala la la gros bisous j'espère te voir bientôt pour t'en faire un vrai de gros bisous! je t'embrasse!! youkiiii! (21/12/04 17:10)
- Bon Anniversaire cher Tomodachi (mot turc et japonais qui signifie Ami) (21/12/04 23:09)
- merry christmas. Enjoy it. Gor u in my thoughts yet. I ve got a job. Hugs. (24/12/04 21:49)
- je t'ai envoyé un mail. je ne suis pas parti. je suis en pleine dépression (29/01/05 18:25)
- bonne nuit, que le bosphore veille sur toi ! bisous (03/02/05 01:26)
- salut Isnogood ;) on peut se voir demain ? (03/02/05 23:36)
- déjà réveillé ? la campagne est recouverte de givre, le spectacle est magnifique. j'ai des passages du finale de la Xème de Mahler dans la tête.. c'est donc une belle journée qui s'annonce... ;) (05/02/05 09:07)
- nous on passe une soirée triste sans toi (21/02/05 00:19)
- tout va bien chez les turcs? nous on s'amuse bien chez les germains... gros bisous de moi et s-y (22/02/05 23:44)
- c'était un fabuleux week-end. merci. je t'adore (28/03/05 19:20)
- et voilà... je quitte berlin, avec de merveilleux souvenirs, plongé dans un garcçon d'italie. oui, décidément la vie peut être très belle... (29/03/05 18:02)
- le temps que s-y se réveille les places du 27 ont été vendues. mais il en reste pour le 28... tu en veux? (24/04/05 12:21)
- et ben entre temps les places ont déjà été vendues... (24/04/05 12:26)
mi bémol majeur ! puissance et majesté ;) j'ai envoyé un mail à z pour savoir si on pourrait le rencontrer (26/04/05 01:31)-
- Moi aussi j'ai beaucoup apprécié ta compagnie et j'attends ton dîner avec impatience... Bisous également et bon séjour en corée ! Ps : très sympa le dadaisme :) (22/06/05 21:05)
- si je meurs dans l'avion, je te donne mon violoncelle. mais t'auras intérêt à travailler ! (20/07/05 08:44)
- je suis rentré à barcelone ! (21/07/05 17:03)
- j'adore, g envie de traveRser l ecran (30/09/05 10:56)
- Tu es un amour. Vraiment. Merci. Pas de fête finalement. Sinon je t'aurais dit. Plein de bises mon vince! A bientot. (01/10/05 09:28)
- brandis une boîte de maïs, je te reconnaitrai! (04/10/05 18:39)

16727ème jour

Mon septième téléphone

Voilà plus de dix ans que je vis avec un mobile. On ne dira jamais assez comme cette petite boîte a changé notre vie en bien (plus la peine de balancer des cailloux dans la fenêtre de la personne visitée quand on a oublié le code) comme en mal (on se sent mal quand on l'a oublié, corvéable à merci le week end et pendant les vacances par le bureau).
Mon premier téléphone était un Pioneer acheté à la Fnac. Je le trouvais tout petit mais il me semblerait sûrement énorme aujourd'hui. J'ai changé ensuite par un Ericsson, le GH388, celui que tout le monde avait. J'ai eu enseuite une longue période Nokia avec un 6110 que je trouvais génial, mais qui est maintenant totalement dépassé. Et deux petits, un 8310 et un 8410, la taille étant mon critère de choix à cette époque.
Depuis presque deux ans, j'utilise un SPV sous windows mobile. Je suis vraiment ravi de pouvoir faire du MSN Messenger en poussant mon chariot à bagages ou dans un taxi istanbouliote, mais il est vraiment gros. ALors j'ai craqué pour le nouveau modèle, que je devrais recevoir lundi, si tout va bien.

16726ème jour

Milan

Retour à Milan ce matin. Temps crachin. Réunion de travail chez mon client. Comme je suis le seul français, je propose de tenir la réunion en italien et j'interviens moi même en anglais. La réunion est ainsi plus conviviale et plus courte. Le soir je vais prendre un verre de Chianti et una insalata caprese à l' hôtel Bulgari, nouvel endroit à la mode de Milan. Je découvre qu'ils vont ouvrir à la mi 2006 une annexe à Bali. Small world.

16725ème jour

Ma montre verte

Au mois d'août à Klagenfurt, j'ai acheté une montre fantaisie assez originale, plutôt grosse, avec un cadran très bombé, un fond vert bouteille et de gros chiffres argentés. Elle est un peu voyante mais elle me change de ma montre habituelle.
Je l'ai bien sûr mise au bureau à mon retour de vacances et lors de mon premier tête à tête avec mon boss, je voyais bien qu'il la regardait intensément et, connaissant ses goûts conservateurs, je me doutais bien qu'elle n'entrait pas dans ses critères de beauté.
Il me demande prudemment : "Tiens, tu as une nouvelle montre?"
Moi, franchement misérable : "Oui c'est une fantaisie. Ce sont mes filles qui me l'ont offerte."
Lui, compatissant: "Ouh là là. Et tu la portes! C'est vraiment adorable."

16724ème jour

Pour une fois, un questionnaire

C'est Alice qui m'a demandé de répondre à ce questionnaire. Je déteste les questionnaires. Ils sont souvent l'apanage du blogger en panne d'inspiration (comme c'est facile, un sujet imposé) et les questions me paraissent souvent de peu d'intérêt, surtout si on y répond, comme le plus souvent, par des pirouettes humouristiques.
Mais je l'ai promis à Alice. Voici donc un questionnaire, pour la première et avant-dernière fois dans ces pages (je ferai sûrement une fois le questionnaire de Proust, qui a ceci de plus que précisément, il est de Proust).
Five things I plan to do before you die / Cinq choses que je veux faire avant de mourir.
- Visiter l’Indochine,
- Faire l’amour à trois (et plus si affinités),
- Entendre un concert dans la salle du Boston Symphony Orchestra et dans la salle du Chicago Symphony Orchestra,
- Traverser l’Atlantique à la voile,
- Découvrir ce qu’il y a après la mort.

Five things I can do / Cinq choses que je fais bien.
- Rester calme face à un client qui hurle,
- Faire découvrir la musique dite classique à ceux qui pensent ne pas l’aimer,
- Trouver un bon restaurant dans une ville inconnue,
- Faire visiter une ville à quelqu’un qui ne la connaît pas,
- Etre fidèle en amitié.

Five things I can’t do / Cinq choses que je ne peux/sais pas faire.
- Rester calme derrière un(e) automobiliste qui conduit comme une bite,
- Faire du sport,
- Détester une personne que j’ai aimée,
- Affirmer que j’aime Céline Dion, Mylène Farmer ou Dalida,
- Avoir la télé allumée en bruit de fond.

Five things that attract me to the opposite sex / Cinq choses qui m’attirent dans le sexe opposé(Il est à noter que le mot opposé me semble une précision superflue).
- L’intelligence,
- La jeunesse,
- La forme du visage,
- La prestance,
- La façon de s’exprimer.

Five things I say most often / Cinq choses que je dis souvent.
- Putain ! ça fait chier !
- Mais qu’est ce que je fous là ?
- Eh meeeeeeeerde !
- Eh zut ! faut y aller !
- Je vais être en retard !

Five celebrity crushes / Cinq béguins pour des célébrités.
- Josh Hartnett,
- Grace Kelly,
- Travis Fimmel,
- Andie Mac Dowell,
- Ethan Hawke.

Five people I want to do this next / Cinq personnes dont j’aimerais qu'elles répondent aussi à ce questionnaire.
- Alexandre le Grand,
- Wolfgang Amadeus Mozart,
- Gustav Mahler,
- Herbert von Karajan,
- Charles Trenet,
et tous ceux de mes lecteurs qui auront envie de s'y coller dans les commentaires.

16723ème jour

Keith Jarrett à la Scala

A Bucarest la semaine dernière, j'ai acheté dans une librairie le récital à la Scala de Keith Jarrett. Il y avait longtemps que je souhaitais l'entendre, sans doute depuis que j'avais entendu le fameux Köln Recital de 1975. J'ai écouté ce disque non stop pendant toutes mes soirées à Istanbul et je suis tombé amoureux de l'ambiance de cette heure de piano improvisée. Il est incroyable que Keith Jarrett parvienne à captiver l'attention sur une telle durée. Le genre est inclassable, à mi chemin entre le jazz, le classique, la musique contemporaine et la variété, mais sans concession aucune à la facilité. Le texte d'accompagnement du CD m'a semblé interessant. Je vous en rapporte ici la traduction:
Concert Solo
La Scala
13 Février 1995
Après le concert à la Scala, un petit homme d’une soixantaine d’années arriva dans les loges avec quelques partitions orchestrales sous le bras, accompagné par un jeune (un petit-fils ? un petit-neveu ?). Je pensai d’abord que le jeune homme était un fan et qu’il avait emmené l’autre (manifestement un musicien) à mon concert ; les concerts de piano totalement improvisés sont plutôt rares.
Cependant, il s’avéra que le vieux Monsieur avait été l’assistant des chefs d’orchestre pour toutes les productions de la Scala ces 25 dernières années et que par conséquent, il avait entendu toute la musique émise dans cette salle, pendant toutes ces années. Il ne parlait pas anglais (le jeune homme traduisait).
Avec parfois des larmes dans les yeux, et en montrant son cœur pour essayer d’exprimer que ses sentiments étaient plus forts que les mots, il me dit qu’il avait tous mes albums et qu’il avait été pendant des années un grand amateur de ma musique, mais que rien n’avait pu le préparer à sa présence à ce concert solo à la Scala. Il dit qu’il s’agissait de l’expérience musicale la plus émouvante qu’il n’avait jamais eue (à nouveau en mettant sa main à son cœur et avec des larmes dans les yeux), même en tenant compte du fait qu’il avait entendu un nombre incroyable de concerts à la Scala et qu’il avait tous mes enregistrements.
Ma femme et moi, nous nous regardâmes, ne sachant pas trop quoi dire ou quoi faire. Je le remerciai, mais il n’y avait pas de façon adéquate pour le remercier de renforcer la conscience fragile (et parfois distante) que la musique se situe dans l’art de l’interpréter. Le cœur est où la musique est.
Keith Jarrett

16722ème jour

James Dean, hey?

Je vous avais raconté il y a quelques mois que, suite au départ de mon coiffeur parisien pour Toronto, je me rendais désormais chez un coiffeur istanbouliote. Vendredi soir, alors que j'avais un peu de temps en début de soirée, j'en ai testé un nouveau, proche de mon hôtel. J'ai pu observer les mêmes tendances que chez le précédent : shampoing après la coupe, manipulations violentes de ma pauvre tête, thé ou café turc offert, et chasse méticuleuse aux poils de toutes sortes. Toutefois, chez le nouveau coiffeur, deux particularités m'ont surpris : d'une part le shampoing : étant assis face au lavabo, il m'a demandé de plonger la tête en avant, un peu comme dans certains films où l'on torture un prisonnier en lui enfonçant la tête dans les WC (non turcs). D'autre part le massage après le shampoing : après m'avoir séché les cheveux en me frottant la tête avec une force suffisante pour décapiter Holopherne, il a entrepris de me masser; le cuir chevelu d'abord, manquant ainsi de m'arracher la moitié des cheveux, puis les épaules, dans un mouvement plus violent que sensuel. Et je ne dois pas me plaindre. Mon voisin de gauche a eu droit à un massage complet du dos, dans la position du shampoing ci dessus décrite et administré avec un instrument de torture bizarre.
A la fin de la coupe, mon coiffeur a apporté le miroir destiné à admirer son oeuvre et très fier, il m'a dit "James Dean, hey?"

16721ème jour

Interlude

Le radio démarre subitement en plein milieu de la nuit avec une chanson populaire turque. Mon avion de retour sur Paris est prévu à 7h50. Je suis surpris de me sentir aussi engourdi. Je laisse la chanson brailler sur le haut parleur pour ne pas me rendormir, puis je vais dans la salle de bains. Je prends une douche bien chaude pour affronter cette longue journée. Je sors de la douche. J'aperçois ma montre verte. Elle indique 3h18. Je me rappelle alors que c'est mon téléphone qui devait normalement me réveiller et que le radio réveil ne s'est donc mis en route que de par lui même. Je retourne me coucher. Je me rendors aussitôt.
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