18181ème jour

Dorian Gray

Le vol Orly City qui est devenu mon moyen préféré d’aller à Londres. Le DLR puis le métro jusqu’à Earls Court qui était notre quartier général, mes filles et moi, en août dernier. Je dépose mes bagages au K+K tout proche, puis je me promène en ville par un beau soleil. En début d’après-midi, je vais voir la nouvelle adaptation du Portrait de Dorian Gray avec le très beau Ben Barnes.

18180ème jour

Ma bonne fée

Je rencontre ma bonne fée. Le contact passe bien entre nous, je sens qu’elle m’apprécie et qu’elle me fait confiance. Et moi, je suis ému par sa bonté, son ouverture, une certaine lumière intérieure qui émane d’elle. Nous parlerons ensemble pendant deux heures et demie, de tout et de rien, et aussi bien sûr des événements qui ont bousculé sa vie et qui revienne la frapper, comme un étrange balbutiement de l’histoire. Ce contact si fluide et si facile entre nous me fait regretter plu encore que les belles histoires ne puissent durer parfois qu’une fraction d’été.

18179ème jour

La Jatte

Une journée entière de meetings. Le soir dîner avec des collègues au café de la Jatte qui était l’endroit à la mode à Paris il y a... vingt ans, plein de joie et de célébrités, et qui est devenu l’un des restaurants les plus glauques de la capitale.

18178ème jour

Debussy Schostakovich par le London Symphony Orchestra à Pleyel

Après une belle platée de cèpes préparée pour mes filles, par une après-midi ensoleillée d’automne, je retourne à Pleyel pour le deuxième concert du London Symphony Orchestra. J’ai offert à S. la place que j’avais achetée à l’origine à l’attention de G. Le deuxième balcon est très bizarrement fermé pour ce concert et nous nous installons à l’orchestre après avoir du émigrer à deux reprises, chassés par les véritables occupants des fauteuils qui nous avaient pourtant été affectés.
J’attendais avec un peu d’appréhension La Mer dont les couleurs, par le même orchestre et dans la même salle, m’avaient subjugué trente mois plus tôt. Je n’ai pas été déçu. Valery Gergiev est étonnamment très à l’aise dans ce répertoire et il sait merveilleusement en dérouler les ombres et les lumières. Mais le clou du concert était bien sûr la Huitième Symphonie, sans doute ma préférée de Schostakovich, emmenée avec de bout en bout dans une tension implacable. Pour une fois, pas de bis de Prokoviev à l’issue de ce concert. Le chef et le musicien étaient sans doute pressés d’attraper leur Eurostar pour Londres.

18177ème jour

Brahms Schostakovich par le London Symphony Orchestra à Pleyel

Une magnifique journée d’été à Paris. Le soir je laisse mes filles pour me rendre en velib à Pleyel pour le concert de rentrée du London Symphony Orchestra.
Quelques minutes avant le début du concert, Valery Gergiev, habillé d’un polo très laid à rayures et de chaussures à boucles dorées se tient à l’entrée de la salle avec six billets destinés à des amis qu’il attend.
Le concert démarre par le Deuxième Concerto pour piano de Brahms dont je me délecte toujours à relire ce que Brahms en disait, en 1881, depuis sa résidence d’été de Pörtschach, dans les Alpes autrichiennes, à son amie Elizabet von Herzogenberg : "J’ai composé un petit concerto pour piano forte avec un tout petit bout de scherzo."
Du fait de petit concerto, c’est un véritable choc de titan fait de métal en fusion. Mais Nelson Freire nous en offre une version totalement apaisée, presque ennuyeuse. On sent que Valery Gergiev aimerait ferrailler quelque peu mais rien y fait, son soliste suit son bonhomme de chemin parsemé d’imperfections techniques. A l’image de sa marraine Martha Argerich, j’ai l’impression que Nelson Freire vit désormais un peu paresseusement sur son capital de sympathie. Il nous offre en bis la très belle transcription de Wilhelm Kempff du Ballet des ombres heureuses de Gluck, pleine de poésie.
Après l’entracte, le London Symphony Orchestra plonge enfin dans le sang et les larmes que nous attendions, avec une magnifique interprétation de la Onzième Symphonie de Schostakovich. En bis de ce long concert, Valery Gergiev nous offre –encore- la Marche des trois oranges de Prokofiev.
Alors que je rentre chez moi en velib, je songe que nous sommes le 26 septembre et que cela fait trois mois que nous nous rencontrions et des larmes obscurcissent ma vision.

18176ème jour

Stockholm Paris

Il fait très beau temps à Stockholm, mais si le ciel est bleu, la température est fraiche. Il est perceptible que la ville va bientôt basculer dans les jours gris, courts et pluvieux. Après ma réunion client, je passe au NK où je déniche un enregistrement récent de la Neuvième Symphonie de Mahler par l’orchestre Philharmonique de Stockholm. Arlanda Express. Le vol de 19h25 retardé en raison de "l’arrivée tardive de l’appareil". On rattrape une partie du retard pour atterrir à Roissy vers 22h00. Alors que je conduis sur l’autoroute du nord en direction de Paris, je songe à un retour précédent de Stockholm, exactement un mois plus tôt, lorsque le cœur léger, je te rejoignais pour te remettre cette lettre dans laquelle j’avais mis tout mon cœur.

18175ème jour

Paris Stockholm

Journée de travail au bureau jusqu’à 18h00. Je prends ma voiture pour Roissy. Trafic fluide. Décollage à 20h05 pour Stockholm. Arlanda. Arlanda Express. Pour une fois je ne suis pas au Nordic Light, absolument hors de prix ce jour là, mais en face, à l’hôtel Adlon, bien médiocre par rapport à son homonyme berlinois, avec lequel il n'a de toute évidence rien à voir. Il fait frais à Stockholm, l’automne montre le bout de son nez.

18174ème jour

Je n'ai jamais eu de chance avec les photos

G. et moi avons donc été en contact pendant un peu plus de deux mois et au cours de nos différentes rencontres, il ne sera arrivé qu'une seule fois que nous nous prenions ensemble en photo. C'était à Vezelay, derrière la basilique. Nous étions sur un banc de pierre et G. avait levé le bras, son iPhone en main pour prendre la photo. On avait du la refaire une fois et la seconde prise était la bonne. Il était en avant plan, ses deux grands yeux bien ouverts et moi, derrière et souriant. Lorsque nous nous sommes revus le lendemain, je lui ai demandé la photo, mais nous n'avons pas réussi à synchroniser nos iPhones sur bluetooth. Lors de nos pénibles discussions de ces derniers jours, je lui ai demandé de me l'envoyer par email, et il m'a avoué qu'il avait du la supprimer avant la méthodique fouille du téléphone par son lamentable bourreau.
J'ai été vraiment triste de savoir que cette photo ne serait plus qu'un souvenir, exactement comme celles-ci, et j'ai décidé qu'il convenait véritablement de tourner la page.

18173ème jour

Comme d'habitude

Comme d'habitude en sortant d'un déjeuner professionnel, je suis à la bourre pour ma réunion de quatorze heures. Comme d'habitude en conduisant, je téléphone sans utiliser le kit mains libres qui est pourtant enroulé autour du levier de vitesses. Comme d'habitude dans Paris, il y a beaucoup de voitures de police et en particulier une, alors que je contourne l'arc de triomphe. Comme il était facile de le prévoir, ils me font arrêter en haut de l'avenue de la Grande Armée. Comme d'habitude, je n'ai pas mes papiers. Comme d'habitude, celà prend des heures avant qu'ils ne réussissent à remplir les trois contraventions. Comme d'habitude je repars très énervé. Comme prévu, je serai très en retard à ma réunion.

18172ème jour

Une fin pathétique

Hier soir, je lui envoie deux fichiers audio contenant quelques chapitres du Garçon d'Italie. Ce soir, il me parle sur msn Messenger, m'indique que le fait de lui envoyer ces textes est "inapproprié". Une discussion pénible s'instaure, il est désagréable, je suis cynique. Il me supprime puérilement de ses contacts Facebook, puis sur Messenger. C'en est bel et bien fini.

18171ème jour

Le concert du Chicago Symphony Orchestra et de Bernard Haitink à Pleyel

C'est à l'horaire inhabituel de 16h00 que le Chicago Symphony Orchestra entamait ses deux concerts parisiens. Au programme, la Symphonie Jupiter de Mozart et la Première Symphonie de Brahms. La symphonie de Mozart est parfaitement interprétée, dans une optique très classique. Mathieu Dufour, seul membre français de l'orchestre, excelle dans les parties de flûte. Un seul reproche, les cordes, un peu acides et sans doute trop fournies par rapport aux vents. L'orchestre de Chicago et son chef sont naturellement plus dans leur élément dans la symphonie de Brahms, éclatante de justesse et de beauté. La salle fait un triomphe à l'orchestre et surtout à son chef qui vient de fêter ses 80 ans et dont la forme physique semble incertaine. Il a visiblement une réelle souffrance à se mouvoir et diriger tout le programme debout, sans utiliser le tabouret qui était pourtant installé sur l'estrade, lui demande visiblement du courage. Je retrouverai Bernard Haitink pour deux concerts Mahler Schubert au Barbican en octobre.

18170ème jour

Un témoin de son temps

A quatorze heures, je vais récupérer HLG chez lui pour l'emmener à l'Auditorium du Louvre où il doit présenter les premiers films du cycle Fortune de Mahler qui commence ce jour. J'assiste aux essais micro, aux tests des films et la salle s'emplit peu à peu. Le premier film, que j'avais déjà vu en 1985, lors de la grande exposition Mahler du Musée d'Art Moderne, est une interview d'Alma Mahler par sa fille Anna. Alma, très âgée, évoque dans un allemand au très fort accent viennois le souvenir de ses différents maris, ainsi que celui de Schönberg, en paradant devant leur buste de bronze. Elle se met aussi au piano pour jouer quelques mesures de l'un de ses Lieder.
Le second film est une émission de Bernard Gavoty diffusée par TF1 en 1978 "Les mystères de la Musique". Le générique affiche à plusieurs reprises le si français Gustav MALHER (sic). L'émission alterne des commentaires de Bernard Gavoty sur fond de paysages viennois, une interview d'HLG, et surtout, une très belle interview d'Anna Mahler par HLG au sujet des souvenirs qu'elle garde de son père. L'oeil est vif et énergique et si le souvenir qu'elle a de son père est plein d'une tendre admiration, on sent que la relation qu'elle avait avec sa mère était pleine de contradictions, un mélange d'amour haine, mais quelle étrange mère devait être Alma.
Cette première étape du cycle s'achève par le dernier mouvement de la Neuvième Symphonie, dans la version facilement trouvable en DVD où Claudio Abbado dirige à Rome les Gustav Mahler Jugend.

18169ème jour

Dégat des eaux

Hier soir, en rentrant chez moi, je récupère le second iPhone de remplacement. En me le remettant, la concierge m'indique qu'il y a eu quelques dégats des eaux dans l'immeuble. J'ouvre la porte avec appréhension et je découvre qu'un liquide noir et visqueux a débordé de l'évier de la cuisine pour envahir les quatre tiroirs d'un petit meuble et le carrelage avant de finir sur un bon mètre carré de parquet dans l'entrée. Je passe trois heures à nettoyer cette boue noire particulièrement tenace et à ma grande surprise, j'arrive assez bien à ramener le parquet à sa couleur d'origine en le frottant énergiquement avec du bang.
Mais ce matin, j'avais la main droite encore très noire malgré tout le dissolvant utilisé à l'éclaircir. J'ai travaillé toute la journée avec cette main noire.

18168ème jour

Delhi Paris

Le vol AF 225 décolle de Delhi un peu avant une heure du matin, avec un très léger retard. J’ai indiqué à l’hôtesse que ne souhaitais ni dîner ni petit-déjeuner. Le temps d'un film, je m’allonge et m’endors comme une masse. Je me réveille un peu avant cinq heures, heure de Paris, soit quatre heures plus tard environ, alors que les préparatifs pour l’atterrissage sont en cours. Arrivée de rêve presque trop belle pour être vraie : nous atterrissons juste à l'heure, vers six heures; nous ne roulons que deux ou trois minutes avant de parvenir à notre point de stationnement ; la passerelle est mise en place presque immédiatement ; c’est le bazar à l’immigration (même à Delhi, les files d’attente de l’immigration sont mieux organisées qu’à Charles de Gaulle), mais je repère une file vide qui me permet de passer rapidement ; j'attends hélas vingt bonnes minutes à la livraison des bagages, le temps que mes valises n’apparaissent ; il y a des taxis qui attendent devant le terminal 2C ; la circulation est fluide ; je suis chez moi vers 7h30.
Je serai largement à l’heure à ma réunion de neuf heures
C’est fini.

18167ème jour

Noida

Ce matin nous repartons mais cette fois ci en direction de Noida, une autre banlieue industrielle de Delhi. La route est fascinante, partant des quartiers huppés du centre pour assez vite se transformer en un magma de véhicules de toutes sortes qui ne roulent pas très vite, mais se frolent en tous sens. La végétation est belle, elle me fait un peu penser à Bali, mais elle est massacrée par une lêpre urbaine dont on devine qu'elle l'envahit un peu plus chaque jour. On pourrait penser que Noida est un joli nom indien, mais c'est juste l'abbréviation de New Okhla Industrial Development Area, une freezone industrielle. On arrive dans nos locaux, il y a beaucoup de gardes en tenue militaire grise, l'un d'entre eux a un long fusil dans le dos. Dans plusieurs salles du bâtiment, des croix gammées sont tracées sur les murs. Elles sont en Inde un signe de bonheur et de prospérité.
Dans l'après-midi, nous partons visiter un entreprise familiale voisine qui est notre sous traitant. Nous sommes reçus par le fils du propriétaire un jeune homme de 25 ans, impressionnant d'intelligence, d'éducation et de professionalisme. La visite des ateliers me trouble, certains ouvriers, un peu jeunes à mon goût, travaillant à même le sol.
Le soir, nous repartons vers l'hôtel. La route de retour est encore plus étonnante. Mon collègue et moi nous amusons à compter les passagers des tricycles taxis, certains en comptant une quinzaine, ce qui n'empêche pas leurs chauffeurs de foncer entre les poids lourds.
Je prends une douche très chaude à l'hôtel, puis je repars en direction de l'aéroport, toujours dans un trafic incroyable malgré l'heure tardive. A l'aéroport, j'envoie quelques cartes et, à l'attention de G., le petit collier tibétain glissé dans une jolie enveloppe de l'Imperial Hotel.

18166ème jour

Une journée de travail en Inde

L'avantage de n'avoir ni déjeuné ni dîné la veille est que je démarre la journée plein d'appétit à sept heures (3h30 en France). A 7h45, une voiture vient nous chercher pour nous emmener à Gurgaon, une petite agglomération de bâtiments de bureaux dans la banlieue de Delhi. La réunion commence quand on arrive, l'ambiance est détendue et comme à Dubai, il y a beaucoup de monde autour de la table. Le soir on fait la route inverse, je dîne avec un collègue au restaurant italien de l'hôtel, nettement bon que l'indien et je vais dormir.

18165ème jour

Dans le métro de Delhi

Initialement, le programme de cette journée était de rendre au Taj Mahal. G. n'étant pas venu, je n'ai pas eu envie d'effectuer les quatre heures de route, puis cette visite si spéciale tout seul.
Après deux heures passées au bord de la piscine, confiant dans ma meilleure maîtrise de la ville, je me suis enhardi à prendre le métro, très récent. Il y a foule pour obtenir un ticket et pour une poignée de roupies j’ai eu un très beau jeton bleu qui fonctionne sans contact avec la barrière. Dès que je suis dans le métro, je ne vois plus un seul visage occidental. A ma grande surprise les passagers font une queue très ordonnée en deux files indiennes (sic) de part et d’autre de chaque porte du train. Ce zèle est apparemment entretenu par des gardes-chiourme qui empêchent tout désordre. A l’arrivée, c’est l’inverse et les passagers sortent des rames dans un bordel et une cohue indescriptibles.
J’arrive dans un quartier très populaire et là aussi les visages pâles sont plus que rares. La foule se presse en tout sens, il y a beaucoup de mendiants et je préfère ne pas trop regarder la misère qui m’entoure et les personnes allongées sur le sol qui tendent un moignon ou une infirmité dans l’indifférence générale.
Je me rends au Kinari Bazaar tout proche, un labyrinthe de petite rues très étroites aux boutiques variées, regroupées par genre. Il y a une cohue incroyable dans les rues étroites, un magma de piétons, de pousse-pousse et de motos qui passent à toute allure et en klaxonnant, frôlant les piétons. Au contraire des souks arabes où il fait bon vivre, les gens sont peu souriants, ils semblent affairés dans leur travail, dans leur volonté de vivre, ou plutôt de survivre.
Je prends l’un des tricycles à moteur pour rentrer à Connaught Place, j’achète un bracelet tibétain à l’attention de G. et je rentre à l’hôtel. Je n’ai rien mangé depuis le petit déjeuner mais je n’ai pas faim.

18164ème jour

Premiers pas dans Delhi

J’ai choisi de commencer à découvrir la ville en marchant un peu. L’hôtel se trouve près de Connaught Place, une grande place entourée de deux anneaux circulaires qui étaient destinés à devenir le centre du commerce de Delhi. Aujourd’hui l’endroit est un peu tombé en décadence mais cela reste typiquement indien, même en ce dimanche où l’activité est un peu réduite. A un moment, un cireur ambulant veut absolument s’occuper de mes chaussures Paul Smith achetées à Bandol. Je refuse mais il me fait remarquer l’énorme fiente de pigeon au milieu de mon pied gauche. Un incident similaire s’était produit à Istanbul voilà quelques années et j’aurai toujours un doute sur l’aspect naturel de cette chute scato-aviaire.
Je rentre à l’hôtel, nettoie moi-même la fiente avec une douchette de toilettes pour musulman, et je vais me reposer deux heures à la piscine.
L’après midi, j’ai marché jusqu’à Gate of India, l’arc de triomphe local en hommage aux victimes indiennes de la première guerre mondiale. Puis je marche le long de Rajpath où les joueurs de cricket sont nombreux à s’entraîner.
Une Ambassador s’arrête. Son chauffeur, qui arbore un turban bleu ciel et une magnifique barbe blanche me propose de me promener pendant une heure pour vingt roupies. Ca ne se refuse pas. Bien sûr en plus de me montrer Jama Masjid, la plus grande mosquée d'Inde, le Red Fort et un beau temple hindou, il y aura trois pauses dans des boutiques à touristes, mais le type est tellement gentil, son taxi tellement plein du charme désuet de l’Inde d’autrefois (même s’il fonctionne au GPL) que je ne lui en veux pas.
Le soir il me dépose à l’Impérial où je fais un délicieux dîner indien arrosé de deux verres de vin rouge indien, première exception notable à mon régime depuis... la Bombay Brasserie.

18163ème jour

Paris Delhi

Air France n’a qu’un vol par jour pour Delhi et bizarrement, c’est un vol de jour qui décolle à 10h40. Je passe tout mon temps à l’aéroport au téléphone avec le support Apple pour négocier l’envoi d’un troisième téléphone et ne pas payer les 29€ d’envoi par UPS.
Le vol dure huit heures et il passe au dessus de l’Iran, de la mer Caspienne, puis de l’Afghanistan et du Pakistan. Il y a 3h30 de différence entre Paris et Delhi et nous atterrissons vers 23h00, heure locale. Je suis frappé par la chaleur humide qui nous envahit dès que nous sortons de l’avion, mais la saison de la mousson n’est pas encore terminée. Le contrôle des visas n’est pas trop long et, sur les conseils de mon guide, je tire 10.000 roupies et j’achète un taxi prépayé. A la sortie de l’aéroport, il y a une dizaine d’Ambassador, ces taxis indiens aux allures de 403 chic, aux flancs noirs et au toit jaune. La plupart ont également sur le flanc une bande verte qui indique qu’ils fonctionnent au GPL. Mon chauffeur m’emmène par un itinéraire étrange, tantôt sur des autoroutes encombrées, tantôt sur des routes cabossées. Quarante cinq minutes plus tard, il s’arrête à deux reprises pour demander son chemin, alors que je me rends dans l’hôtel le plus connu de Delhi, un véritable mythe témoin du passé colonial de l’Inde, l’Imperial. L’accueil est amusant avec l’allée de palmier centenaires, les deux grands lions de bronze et le personnel en livrée rouge, en turban et à la moustache victorienne. Paris-Broadway, je suis au regret de t’informer que le malabar de l’entrée ne m’a pas fait de pied de nez. Il semblerait qu’il réserve cet accueil aux clients en limousine. On m’accompagne à la chambre 109, toute de marbre et de blanc. Je pense à G. dont j’espérais qu’il m’accompagne pendant ces trois jours, et je m’endors à l’heure française.

18162ème jour

Problèmes de pomme II

Sans la télévision et la radio, je n’aurais guère songé à ma journée d’il y a huit ans. Mon souci de la journée était que le microphone du nouvel iPod ne marche pas. Cette fois ci j’entends, mais on ne m’entend pas, sauf avec le kit main-libres. Un collègue narquois m’a suggéré qu’avec les deux téléphones en panne, je pourrais peut-être en fabriquer un qui marche. Le soir, je suis passé chez UPS déposer l’ancien (c’est pratique ils sont boulevard Malesherbes, à deux pas de chez moi) et j’ai dit à la dame qu’elle me reverrait la semaine suivante.

18161ème jour

Problèmes de pomme I

En partant de chez moi, la concierge me remet un paquet qui traine depuis deux jours chez elle: mon iPhone de remplacement. Il est dans une petite boîte noire, Apple, en fournissant une autre, blanche, destinée à renvoyer l’ancien. Je n’ai pas le temps de m’en occuper et c’est en revenant chez moi le soir que je synchronise le petit nouveau afin qu’il redevienne utilisable. Je ne sais s’il y a un lien, mais la messagerie vocale visuelle, qui n’avait jamais fonctionné auparavant, se met aussitôt en route.

18160ème jour

Stockholm Paris

Le 09/09/09 à 9heures, nous commençons la longue négociation d’un contrat qui me conduira de nouveau à Stockholm plusieurs fois avant la fin de l’année.
Avant de reprendre l’avion pour Paris, je découvre qu’il y a un disquaire classique acceptable au NK de Hamngatan et j’y achète le gros coffret symphonique Deutsche Grammophon de Karajan, juste pour gagner cinq centimètres dans ma bibliothèque et pour bénéficier de la couverture qui représente (de mon point de vue) la plus belle photographie du Maestro.

18159ème jour

Paris Stockholm

Longue réunion de travail avec un avocat suisse-allemand qui me déclare: "Je parle lentement non pas parce que je suis suisse, mais parce que j’ai eu un accident de voiture."
Le soir, le dernier vol pour Stockholm a une heure de retard en raison du bagage à main d’un passager pour lequel l’équipage hésite longuement de savoir s’il peut l’accepter avant de finalement le placer en soute.
J’arrive avec la collègue vers minuit au Nordic Light.

18158ème jour

Sur Messenger, c'est plus moderne

Il entame la discussion sur msn Messenger, mais se dit trop fatigué pour parler au téléphone.
Je me contenterai de recopier un extrait de cette conversation douce amère. Peut-être un jour aurai-je le courage de la reproduire intégralement.
V. On va laisser le dernier mot à Courteline: "Il est évidemment bien dur de ne plus être aimé quand on aime, mais cela n'est pas comparable à l'être encore quand on aime plus." Comme quoi je n'ai pas la pire place du trio infernal :)
G. Si ca peut te rassurer... Sauf que je ne t'ai jamais aimé comme toi tu m'as aimé...
Un peu plus tard, j’appelle ma bonne fée pour parler avec elle et lui indiquer que je dois aussi me protéger et que je vais donc prendre un peu de recul.

18157ème jour

Chronique

J’ai passé la journée chez moi, à écouter de la musique et à mettre en forme les notes écrites sur plus de cent journées, tapées le plus souvent rapidement sur mon ordinateur et que je m’apprête à mettre en ligne.

18156ème jour

Le poisson se promène

Comme le samedi précédent, je vais à Saint Michel revendre quelques DVD et m’acheter des Bluray. J’ai emmené mon poisson vénitien, pour lui faire prendre l’air et aussi avec l’idée de le prendre en photo dans les bras du serveur black du café Beaubourg que G. connaît.
Mais cet (ultime ?) échange me refroidit quelque peu:
V. Mon poisson s'ennuie. Il tourne en rond sur mon bureau. Je vais l'emmener se promener dans Paris. Tu crois qu'il pourrait revoir le tien?
G. J'ai bien eu ton mail. J'y répondrai quand je serai seul et concentré. Évite de m'écrire sur mon tel en attendant please.

18155ème jour

Vide

A plusieurs reprises dans la journée, je regarde ma messagerie Hotmail mais il n’y a aucune réponse de G.

18154ème jour

Une autre lettre

Ma journée se passe presque entièrement à Bruxelles où je négocie un contrat avec ma juriste facétieuse. Lors de quelques instants de pause, je commence à rédiger des passages de la lettre que je souhaite envoyer à G. La juriste, qui visiblement regarde de temps en temps mon écran me dit soudain: "Mais tu écris une lettre d’amour!".
Rentré chez moi, je la mets en forme et, après avoir hésité, je me décide à l’envoyer:

Mon Nourson,

Cette lettre sera longue. J’ai tant à te dire…
Je t’écris parce que tu me manques.
Je t’écris parce que je suis triste.
Je suis triste de la situation dans laquelle nous nous trouvons depuis quatre jours. Je suis triste de ne plus voir tes grands yeux. Je suis triste de ne plus te parler. Je suis triste de ne plus savoir ce que tu deviens, de ne plus connaître tes peines et tes joies au quotidien. Je suis triste de ne plus être auprès de toi, les jours où tu es heureux, mais aussi et surtout, les jours où tu aurais besoin d’être consolé.
Ce que nous avons vécu depuis le 26 juin est à mes yeux un trésor si merveilleux que j’ai honte de ne pas avoir su le préserver. Je garde en mémoire chacun des quarante six jours où nous nous sommes parlés, que nous ayons été ensemble ou éloignés. Je n’oublierai jamais la fulgurance de notre rencontre, cette belle confiance totale qui nous a rapprochés, cette complicité, cette douce légèreté des instants passés ensemble, ce bonheur à se découvrir peu à peu, à devenir importants l’un pour l’autre.
En deux mois, j’ai l’impression d’avoir appris à te connaître plus intimement que certains de mes plus vieux amis tant nous nous sommes dévoilés l’un à l’autre et j’aime en toi tout ce que je peux connaître. Je ne voudrais rien changer en toi, absolument rien. Je veux te connaître et être ton ami tel que tu es.
Tu m’as dit que dimanche soir, j’avais enlevé le masque.
C’est faux.
Pendant chacun de ces jours passés près de toi, je ne t’ai jamais menti, je ne t’ai jamais tenu de propos calculé, je me suis confié à toi tel que je suis et en toute franchise. C’est ce que j’aime le plus dans notre relation et c’est ce que j’aimerais ne jamais changer.
Mon seul regret concernant notre histoire tient dans les propos échangés ces tous derniers jours. Je regrette chacun des derniers messages envoyés et je te demande pardon si je t’ai blessé.
Et je sais que je t’ai blessé.
En apprenant à te connaître, j’ai compris que tu es quelqu’un de particulièrement sensible, parfois fragile, incroyablement attentionné et je suis malheureux de ne pas avoir retenu des propos inutiles que je n’aurais jamais du t’adresser et que tu ne méritais aucunement.
Cette histoire encore si jeune que nous avons entamée ensemble, je ne veux pas croire qu’elle puisse s’arrêter si vite. Je suis sûr que tu voudras lui donner une chance de s’épanouir, je suis sûr que tu voudras me donner une chance de rester ton ami.
Je pense aussi à tout ce que nous devons faire ensemble, au Garçon d’Italie et aux Mémoires d’Hadrien que j’ai tant hâte de te lire, à nos voyages au Japon, au Brésil et à Bali, aux concerts auxquels nous devons assister ensemble, à mon anniversaire pour lequel j’aimerais tant que tu sois présent, à toutes les fois où nous irons ensemble chez Isami, à tout ce que je ne connais pas sur toi et que tu me diras peut-être, et même à Carambar ou Gutenberg qu’un jour, si Dieu le veut, nous choisirons soigneusement ensemble.
Le temps que j’ai passé ces derniers jours à penser à toi m’a permis de comprendre combien tu m’es important. J’ai aussi commencé à accepter l’idée de te laisser du temps, tout ton temps. Je ne veux pas fixer d’horizon autre que celui de mieux te connaître et de profiter du bonheur que ton amitié me donne.
A peine aurai-je envoyé ce message que j’espèrerai une réponse ou un appel. Puissent ces lignes te toucher. Je les ai rédigées avec tout mon coeur. Peut-être toi aussi, alors, voudras-tu m’aider à modifier le cours du temps, à laisser une chance à notre histoire et à me donner de nouveau ta confiance.
Je t’embrasse tendrement.

V.

18153ème jour

Lebwohl

Une journée à Londres. Je déjeune avec un client près de Queensway, à deux pas de l’hôtel où je me trouvais avec mes filles trois semaines plus tôt.
Mais mon esprit est ailleurs, dans les deux messages échangés ce jour :
G. Tu as fait ton choix dimanche soir lorsque tu t'es fait tomber le masque, la balle n'a jamais été dans mon camp. Bonne route et ne me contacte plus.
V. Je respecterai ta demande même si je pense qu'il faut savoir finir une querelle où les mots dépassent souvent les pensées. Je reste disponible si tu as besoin de quoi que ce soit. V.

18152ème jour

Fin?

Je me contenterai de recopier les messages du jour. Ils parlent d’eux-mêmes.
V. Salut toi. J'espère que ton exam de ce matin s'est bien passé. Dis moi quand tu as du temps pour qu'on se parle.
G. Tiens tu es disposé à parler maintenant ?
V. Si tu le veux aussi, oui...
G. Pas vraiment à vrai dire.
V. Ok. On en reste la donc?
G. Je croyais que tu n'étais pas du genre à parler de ce genre de choses par SMS
V. Absolument. C'est pour ça que je te proposais de se voir...
G. Quand j'ai voulu te parler moi tu m'as envoyé chier. Je ne suis pas à ta disposition
V. Ok. Bien noté. La balle est dans ton camp.
V. Réflexion faite, ça n'est pas utile de se revoir. Je te souhaite de trouver ce que tu cherches. Bonne chance a toi.
Je me réveille au milieu de la nuit. Ma première insomnie depuis presque des années.
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