16566ème jour

Les jardins d'Agdal

Noux nous levons à nouveau aux aurores ce matin. Nous avonx rendez-vous à 7h30 devant le consulat de France avec HL. A l'heure dite, il est là, dans une petite 206 marocaine, son gros chien attendant sagement dans le coffre. Nous partons le long des remparts en direction de son lieu de promenade quotidien : les jardins d'Agdal. Ces jardins immenses, créés au douzième siècle, étaient un peu tombés à l'abandon, lorsque le Roi a décidé de leur rendre leur splendeur d'antan. Une grande partie est maintenant fermée au public, mais HL a le droit d'y promener son chien, comme il l'a toujours fait depuis trente ans. Nous marchons vite, comme à l'habitude, en parlant de notre compositeur, de la Deuxième de Berlin fin mars, et de celle à venir à Vienne, dans un mois, où nous nous retrouverons, toujours avec le même plaisir.
Ce qui me fascine, chez lui, au delà d'avoir dédié sa vie à un compositeur, comme d'autres entrent en religion, c'est sa rigueur mathématique et sa passion absolue. Et aussi son détachement à parler de sa propre disparition, comme d'un événement paisible et planifié.

16565ème jour

Marrakech la sublime

J'avais passé une semaine à Marrakech il y a neuf ans et je rêvais de faire decouvrir la magie de cette ville a mes filles. Nous nous sommes levés à l'aube ce matin pour parcourir les deux cents kilomètres de mauvaise route qui séparent Marrakech de Ouarzazate dans la fraicheur du matin. A peine arrivés, nous avons marché dans la ville : la Koutoubia, Jemaa El Fna et bien sûr les souks que nous avons parcourus en tout sens pendant des heures. Nous sommes rentrés à l'hôtel pour profiter de la piscine, puis je leur ai fait la surprise de la journée. Nous partons dans un grand taxi qui nous emmène dans les artères bruyantes et animées. Il nous dépose sur une place du souk El Fassi, pleine de monde en ce début de nuit. Rachid est là. Il nous attend avec sa lanterne, son fès et sa grande cape verte. Nous le suivons. Il prend par la main l'une de mes filles, à la fois inquiète et intimidée. Nous parcourons des rues pleines de marchands ambulants et de vendeurs de fruits et légumes. Tout d'un coup nous entrons dans un Riad. Un décor de rêve : les milles et une nuits transcrites dans un décor très moderne. Un mille feuille d'avocat à la chair d'araignée. Une pastilla de pigeon. Un thé à la menthe. Nous repartons dans un petit taxi, en fraude, puisque ceux-ci n'acceptent que trois client maximum. Ma dernière fille, ravie, doit se cacher dès que nous passons à proximité de la police. Marrakech la sublime brille encore de mille feux alors que le petit taxi la parcourt à toute vitesse.

16564ème jour

Le jeu des vacances

Un nouveau jeu original au cours de ces vacances. Il consiste à essayer de trouver tout seul une note. Notre choix s'est dévolu sur le mi bémol majeur. Sans doute pour le seul plaisir de véfifier si on l'a juste en écoutant le premier accord du Concerto l'Empereur sur le tamagochi. C'est ma plus jeune fille qui réussit le mieux pour l'instant. Lorsque je lui demande le fameux mi bémol, elle prend un air inspiré, puis en faisant un geste bizarre, digne d'un chef d'orchestre, elle pousse une note qui est souvent la bonne. Quant à moi je ne suis jamais loin, mais je tape parfois dans le ré ou dans le mi. J'ai très envie d'insister pour voir où cela me mène.

16563ème jour

Zagora

Une petite Clio marocaine qui a un coffre, comme ses consoeurs espagnoles, la route ennuyeuse de Ouarzazate à Agdz, puis celle somptueuse le long de la vallée du Dra. Zagora, dont la seule attraction touristique, le fameux panneau des 52 jours de chameau pour Tombouctou, a été détruite et remplacée par une abominable copie. Les heures chaudes du jour dans la piscine de l'hôtel. La route de Mhamid. La grande dune de Tamegroute. Une ascension rapide pour se prendre un instant pour Lawrence d'Arabie. Une longue et pénible négociation pour le prix d'une balade en chameau. Une heure de promenade dans le sable. Mon chameau qui mord les fesses de son voisin de devant. Une saine fatigue. Le bonheur de retrouver la fraicheur de la piscine.

16562ème jour

Néant II

Toujours la glande totale au bord de la piscine. Toujours les petits pancakes au miel au petit déjeuner, les oranges à la cannelle et la semoule au raisin au dîner. Et toujours 36°C. Demain on attaque le désert en 4*4.

16561ème jour

Néant

Un hôtel tout simple, bati un peu a la façon des kasbah marocaines. 36°C au soleil à midi. Une grande piscine pas trop peuplée où je peux barboter tranquillement avec mes filles. Un petit cybercafé où l'on peut aller a pied de l'hôtel et où l'on entend de la musique arabe à fond la caisse. Ne rien faire pendant les deux jours qui viennent. C'est exactement ce qu'il me fallait.

16560ème jour

Ouarzazate et mourir

Retenez votre souffle, je vais parler football. Tout le monde a l'air très surpris de la clémence de la commission de discipline enver Fabien Barthez. En fait, toute cette affaire est montée. Barthez a fait évidemment exprès de cracher sur l'arbitre. Parce qu'il voulait être suspendu. Parce qu'il fallait qu'il aille donner cette série de concerts. Trois mois pile. Tout ça sous un faux nom, avec juste des lunettes de camouflage...
Le monde est aveugle.
A part ça, à peine rentré d'Istanbul, je requitte le crachin parisien, accompagné de jolies demoiselles, pour aller .

16559ème jour

Nature boy

Comme il me restait une heure cet après-midi avant de rejoindre l'aéroport, j'ai choisi de marcher dans la grande artère piétonne entre Taksim et Tünel. Il faisait beau, l'atmosphère était légère. Un peu après les ambassades, juste avant d'arriver à Tünel, c'est le quartier des instruments de musique. Alors que je passais devant un magasin d'instruments à vent, j'entends une chanson que je connais. Je reconnais immédiatement la voix de Nat King Cole, mais pas la chanson qui se met à me trotter dans la tête alors que je continue à avancer. Quelques mètres plus loin, je fais demi-tour, hanté à l'idée que je puisse chercher cette chanson pendant des années. Je rentre dans le magasin je prends le disque Nat King Cole posé sur le comptoir et je comprends soudain.
Il s'agit de Nature boy, la chanson que j'avais découvert sous la voix de Lisa Ekdahl il y a quelques années. Elle m'avait toujours donné une impression de déjà entendu, mais j'ignorais totalement que la version -sans doute originale- était de Nat King Cole.
Je me suis aussitôt rappelé qu'il y a quelques semaines, alors que nous roulions vers Berlin, j'avais écouté ce disque avec Alban Berg. Et il avait aussitôt reconu le mouvement lent du beau quintette avec piano de Dvorak. Et j'avais été incapable de faire le lien. Il y a des jours où je me demande si je ne suis pas sourd...
En faisant quelques recherches sur cette chanson, j'ai découvert qu'il y avait même un site étrange des fans de cette chanson dans la version de David Bowie pour film Moulin Rouge. Small world.

16558ème jour

Mes amis les taksis V

Le chauffeur de taksi de cet après midi avait de grands yeux bleus surmontés de sourcils très épais et surtout des cheveux longs qui paraissaient sortir de la douche. Pendant tout le voyage je n'ai pu retirer mon regard de sa nuque. Quant à lui, il cherchait désespérement une station de radio qui me satisfasse. A un moment, il m'a proposé une cigarette. Par habitude, je lui ai répondu que je ne fumais pas. Je l'ai aussitot regretté.

16557ème jour

Istanbul

Nouveau voyage à Istanbul. Les stewards et les hotesses Air France portent leur nouvelle tenue signée Christian Lacroix. Le vol est bizarrement rempli de Japonais. A part ça, la routine. Impossible de ressentir un peu de l'excitation qui était la mienne lorsque j'avais survolé pour la première fois la mer de Marmara.

16556ème jour

Habemus Papam

Un Karma rouge de chez Doluca qualifié de 14,5 degrés d'alcool. Un voyage plein de rires en new lada. Le café Beaubourg. Tartare de boeuf ou saumon à l'unilatérale. Un Ruban bleu d'Arsac un peu jeune. Des fou-rires et des complicités.
Je me sens bien quand je suis avec vous deux.

16555ème jour

Tatjana

Récital Tatjana Vassilieva ce soir à Gaveau. Il s'agit du deuxième concert des oeuvres pour violoncelle et piano de Beethoven avec Paul Badura Skoda. Au programme, une sonate de jeunesse de l'opus 5, une sonate de la maturité de l'opus 102 et deux séries de variations, les Judas Macchabée et celles sur l'un des tubes de la flûte enchantée, ein Mädchen oder Weibchen.
Sentiment partagé tout au long du concert. Le bonheur d'entendre un violoncelle splendide, à la fois tendre, léger, sensuel, raffiné et d'une technique parfaite. Et la frustration permanente d'un piano brouillon, bourré de fausses notes, d'une volonté d'aller vite pour gommer toutes les imperfections. Ces deux là ne sont décidément pas faits pour aller ensemble. Ou plus simplement Badura Skoda devrait songer à la retraite. La sonate opus 5 est sans doute la plus délicate à supporter tant le rôle du piano y est important. Mais même dans le finale de l'opus 102, on en vient à se demander quelle part du démantèlement mélodique est du à Beethoven, et quelle part est liée aux doigts du pianiste.
Curieusement ce sont les deux bis qui procurent le meilleur frisson. Dans Habanera de Ravel, puis dans Après un rêve de Fauré, Badura-Skoda, dans un répertoire où on ne l'attend pas, se montre le parfait accompagnateur de Tatjana magnifiquement inspirée.
Le plus simple est sans doute d'aller la réentendre, sans pianiste, le 28 novembre, toujours à Gaveau. Elle y interpretera notamment la sonate de Kodaly.

16554ème jour

Additions

Lorsque j'étais enfant, ma soeur aînée était partie passer un mois en Angleterre, chez des amis proches de mes parents. A son retour, mon père avait proposé de participer financièrement aux dépenses occasionnées par ce séjour. Les amis en question avaient accepté par courrier et suggéré un montant.
Mes parents en avaient été choqués, mais avaient payé la somme demandée.
Lorsque j'étais adolescent, mon frère avait utilisé quelques mois un vieux Solex appartenant à mes grands parents, avant de se le faire voler. Mon grand-père avait élaboré une facture sophistiquée, dont j'ai oublié le montant mais celui-ci, comprenant des centimes, n'avait pas été arrondi.
Mes parents en avaient été choqués, mais avaient payé la somme demandée.
Peu de temps avant mon divorce, mes filles ont passé quinze jours de vacances d'été chez ma mère. Au moment de les retrouver, ma mère m'a fait comprendre que leur accueil impliquait de nombreuses dépenses et qu'elle souhaiterait que j'y participe.
J'ai songé un instant demander l'établissement d'une facture. J'ai préféré me taire et laisser discrètement un chèque dans un coin de la table de la cuisine.

16553ème jour

Essuyer les plâtres

- Papa, tu promets de ne le dire à personne?
- Oui bien sûr.
- Il m'est arrivé un truc.
- Ah oui? Quoi?
- Ben tu sais, sous mon plâtre, ça me gratte beaucoup.
- Oui, je sais, ça fait la même chose à tout le monde.
- Alors je me suis grattée en utilisant un stylo bille. Et j'ai perdu le capuchon du stylo dans le plâtre...

16552ème jour

Une longue journée

Lever à 5h30. 4h30 heure de Paris. Douche. Valise. Taxi. Ataturk. Douane. Salle d'embarquement. Airbus. Orly-Sud. Douane. Attente de mon sac. Taxi. Peugeot Levallois. New lada. Nanterre. Déjeuner. Boulot. New Lada. Maison. Douche. New lada. Dîner d'anniversaire. Je dépose une vieille dermato chez elle. Maison. Dodo. 2h30. Il y a 22 heures que je m'agite.

16551ème jour

Grinzing

Un SMS d'Alban Berg, cet après-midi, depuis Vienne. Il s'apprêtait à faire un petit pélerinage à Grinzing, sur la tombe de Mahler. En le recevant depuis mon bureau d'Istanbul, j'ai eu un moment de nostalgie pour cette soirée d'été où je m'étais rendu pour la première fois devant cette grande pierre où figure seulement son prénom et son nom.
Ceux qui m'aimaient savent qui j'étais. Les autres n'ont pas besoin de le savoir.
A quelques pas, la tombe d'Alma et celle de Marion. L'impression de visiter la dernière demeure d'amis qui m'ont été proches.
J'aurais tant voulu être avec toi aujourd'hui.

16550ème jour

Monsieur Sambaba et Madame Islamic

Ma collègue ne passe que vingt quatre heures à Istanbul. Aussi, en sortant de chez notre client, ce soir, je l'ai entraînée pour une promenade dans la vieille ville. Nous avons fait mon parcours préféré aux rayons du soleil déclinant : Le pont de Galata, le bazar égyptien, le grand bazar, l'université et le grand boulevard qui mène à Sultanhammet. Arrivés près de Sainte-Sophie, il commence à pleuvoir et je hèle un taksi.
Le chauffeur s'avère rapidement être un rigolo. Mal rasé, gouailleur, la casquette de travers et la machoire édentée, il s'appelle Ali Sambaba, nous raconte sa vie dans un anglais pittoresque. Nous avons droit à un peu de français, à la description de sa famille et à tout un véritable répertoire. Les conductrices voilées à l'entour sont qualifiées de Miss Islamic, les élégantes en Mini, de Miss Sexy. Un collègue m'appelle pour savoir comment on dit crapaud en turc. Je lui passe Monsieur Sambaba qui se fait un plaisir de le renseigner. Bref tout va bien, ma collègue pleure de rire et nous approchons de l'hôtel.
C'est alors que je remarque que le compteur du taksi de Monsieur Sambaba a l'air de joyeusement déconner. Je lui demande le prix de la course.
Forty millions! me répond-il joyeusement
On est alors entrés dans une discussion de plus en plus hargneuse. Le gentil Monsieur Sambaba m'a même fait le coût du billet de 20 livres subtilisé et remplacé par un billet de 0,25.
J'ai tant hurlé, négocié, trépigné, menacé de la police, que Monsieur Sambada, râgeur, a du se contenter de mon billet de 20. Il m'a même fait une fiche.
Ma petite collègue était toute pâle en quittant le taksi jaune de Monsieur Sambaba.

16549ème jour

Sexy

En fin d'après-midi, je reprends le vol d'Istanbul avec une jeune collègue pour qui il s'agit de la première visite en Turquie. Il y a peu de monde dans l'avion et nous n'avons personne entre nous. Avant de m'assoir, je sors de ma serviette quelques journaux et mon I-pod, et je pense soudain lui faire plaisir en lui donnant le numéro d'avril de TimeOut Istanbul, acheté la semaine dernière. Au moment où je le lui tends, je me souviens très subitement que la couverture, sur un fond rouge assez voyant, représente une fille en petite culotte avec écrit en grosses lettres blanches : SEXY CITY - Take a walk on the wild side of Istanbul. Elle m'a regardé très bizarrement.

16548ème jour

Farniente

Depuis quatorze mois, nouveau travail oblige, je n'ai pris que deux semaines de vacances. Aujourd'hui j'ai réservé quelques nuits dans un endroit où il fait très chaud et où je n'aurai d'autre programme que de ne rien faire pendant sept jours.
J'ai hâte.

16547ème jour

Mysterious skin

Comme j'avais beaucoup aimé Nowhere de Gregg Araki, chronique vénéneuse et flamboyante de l'adolescence paumée de Los Angeles, je me devais d'aller voir son nouvel opus Mysterious skin. Même si l'on y retrouve bien les fantasmes d'Araki, ce film est totalement différent des précédents, beaucoup plus noir, mais surtout beaucoup plus réaliste. J'ai quitté la salle très perturbé, un peu dans le même état qu'à la sortie de Ken Park de Larry Clark, où à celle de Long Island Expressway.
Juste avant d'entrer dans le cinéma, quelqu'un m'a hélé par mon prénom. C'était D. Et alors que j'observais son beau regard, le souvenir d'une étrange soirée m'a submergé, comme le vieux parfum d'une fleur alors qu'on réouvre par hasard un libre oublié.

16546ème jour

Un répertoire étendu

Grace à la bienveillance de mon prof bénévole, j'ai de nouveau massacré sur son violoncelle mon répertoire en devenir. Eh bien figurez-vous qu'il m'est plus difficile (de tenter) de jouer Au clair de la lune que Frère Jacques. Mais le plus accessible pour moi reste la transcription en mineur de ce même Frère Jacques qui, je crois, a été utilisée par un illustre compositeur. Il y a un côté vraiment absurde à jouer faux, mais avec un sérieux imperturbable ce genre de mélodie. J'ai d'ailleurs eu une crise de fou-rire quand, relevant la tête, je me suis dit "Bon je joue quoi maintenant...?"
Merci Msieur Berg.

16545ème jour

Papolâtrie

Difficile d'échapper aux informations en provenance du Vatican. Lors de l'année des trois papes, en 1978, la période avait duré plus longtemps encore mais l'impact médiatique avait été nettement moindre. Je me sens très amusé par le courroux de ceux que celà agace franchement, qui, par exemple, se choquent parce qu'une journaliste utilise le terme de Saint Père pour le Pape. Les intolérances qui s'affrontent sont toujours passionnantes à observer.
Quant à moi, je picore dans toute cette information et je retiens en particulier cette belle formule reprise du testament de Paul VI : Je clos les yeux sur cette terre douloureuse, dramatique et magnifique.
En quelques mots, tout est dit.

16544ème jour

Chez le coiffeur à Istanbul

Je vous avais raconté, il y a quelques mois, que je n'avais plus de coiffeur. Par un mélange de paresse et d'amusement, je suis allé les trois dernières fois chez un coiffeur d'Istanbul. La différence principale par rapport à ses collègues parisiens tient dans le côté viril de l'opération. On m'applique autour du cou un ruban en papier crépon blanc qui manque à chaque fois de m'étouffer. Et alors qu'en France, on me fait doucement comprendre qu'il conviendrait que je modifie la position de ma tête, à Istanbul, le coiffeur me la déplace brusquement et sans ménagement. Autre différence, le shampoing a lieu après la coupe mais surtout il y a une chasse aux poils de tout genre, sans doute liée au système pileux assez développé des turcs. Je n'échappe jamais à une inspection générale des oreilles, du cou et des sourcils, pour voir s'il n'y a pas ici où là un poil disgracieux à supprimer.
Je me rends en fait au salon de coiffure d'un grand hôtel international, et je le regrette. J'aimerais bien ressentir l'atmosphère d'un salon vraiment turc. Un peu branché quand même, mais vraiment turc.

16543ème jour

Sultanhammet

Retour à Istanbul ce soir. Je change une nouvelle fois d'hôtel. J'ai opté cette fois ci pour une maison traditionnelle en bois comme il y en a tant près du Bosphore. Cela me fait bizarre de passer d'une usine de luxe à un tout petit hôtel de 18 chambres. Demain matin, entre le petit déjeuner et mon rendez-vous client, je pourrai aller faire un tour à pied à la Mosquée bleue et à Sainte-Sophie, et passer peut-être au café Pierre Loti où je rêve d'aller depuis longtemps.

16541ème jour

Minuit

Une petite rue près de l'Hôtel Raphaël. Une porte d'entrée cassée. Un chat noir qui s'appelle Méphisto. Un piano droit Yamaha sur lequel repose la partition d'un impromptu de Fauré. Une orchidée qui a eu la courtoisie de refleurir. Et à l'écran, les images torrides de l'Amant de Jean-Jacques Annaud.

16540ème jour

Sous-traitance

Je retrouve ce soir la plus jeune de mes filles qui a le bras plâtré suite à une chute de vélo le week end dernier. Constatant qu'il s'agit du bras droit, je lui demande si ça ne la dérange pas trop à l'école.
- Oh non! me répond-elle
- Mais tu fais comment pour écrire?
- Je dicte à la Maîtresse et elle écrit pour moi...

16539ème jour

Le courrier du jour

Ce matin, j'ai été réveillé par la gardienne qui glissait sous ma porte le courrier de ce samedi. Je suis allé le récupérer encore un peu endormi. L'une des trois enveloppes n'avait pas réussi à passer sous la porte. J'ai tout de suite reconnu le format d'un CD. J'ai d'abord pensé qu'il s'agissait d'un nouveau cadeau de Jules qui, adorablement, m'envoie de temps à autres un enregistrement original.
Je me trompais.
Il s'agissait en fait d'un cadeau d'une lectrice, accompagné d'une charmante missive.
Cher Monsieur,
Voici la copie d'une video devenue introuvable pour fêter les 1000 jours de votre blog. C'est un peu particulier, si cela devait vous ennuyer profondément, n'hésitez pas à le faire circuler parmi vos amis jusqu'à ce que ce film trouve un enthousiaste : il est important que les choses finissent là où elles sont aimées.
Pour le reste... j'aurais trop de chose à ajouter qui vous convaincraient définitivement d'avoir affaire à une folle. Bast, ce n'est pas grave. Je regrette seulement certains messages laissés sur votre site, n'hésitez pas à en supprimer si le coeur vous en dit.
Mes voeux vous accompagnent pour la traversée des 1000 prochains jours.
Alice

Je sais que je vais l'adorer ce Leningrad cowboys go America
Et je me dis que j'ai beaucoup de chance d'avoir de pareils lecteurs.
Chère Alice, vous n'êtes pas folle. Du moins pas plus que moi. Vous êtes juste adorable.

16538ème jour

Un inédit

On me demande parfois comment il est possible qu'il y ait une actualité du disque classique. Je dois alors répondre, qu'il y a encore des compositeurs vivants, dans un genre que l'on devrait qualifier de contemporain et non de classique, que certaines nouvelles interprétations d'oeuvres bien connues leur redonnent une nouvelle actualité, mais surtout, que l'on découvre encore des oeuvres jamais enregistrées de compositeurs de plus ou moins grande notoriété.
C'est ce qui est arrivé récemment avec la découverte incroyable d'un concerto pour violon de Mahler. Le manuscrit a été retrouvé dans l'appartement d'Amsterdam ayant été occupé par le très grand chef et ami de Mahler Willem Mengelberg. Il comporte des indications manuscrites dont cette dédicace à Alma : «gewidmet zum meiner lieben Frau Almschi».
L'enregistrement a eu lieu dans le plus grand secret a Chicago. Pierre Boulez dirige le grand violoniste russe Max Vengerov. Deutsche Grammophon annonce la sortie du CD pour aujourd'hui.
J'ai hâte de me précipiter à la fnac ce soir.

16537ème jour

Istanboules

Voyage éclair à Istanbul pour une journée de travail. Pas grand chose à dire. S'envoler à 18h55. Arriver à minuit. Travailler en wifi dans le hall de l'hôtel (un nouveau, moins cher, pour faire plaisir à mon boss). Se faire jeter du bar panoramique qui ferme à 2 heures. Se réveiller à 7 heures. Filer chez le client. Y passer la journée. Retourner à l'aéroport. S'envoler à 18h55. Arriver à 22 heures chez soi. Et tout ça pour quoi?
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