18789ème jour

La Deuxième Symphonie par le SFS et MTT à Pleyel

Il était amusant ce matin de prendre mon café avec Antoine au café de l’Europe et il était tout aussi amusant qu’il vienne me chercher au bureau ce soir pour retourner à Pleyel ensemble. Je me suis un peu senti l’âme de Paris Broadway puisqu’il s’agissait de mon septième concert en sept jours.
Et d'ailleurs Paris Broadway était là. Avant le concert, je lui ai brièvement présenté Antoine.
Ce soir Michael Tilson Thomas dirigeait la Deuxième Symphonie de Mahler et il m'a semblé plus impliqué que la veille, mais je reste surpris par la routine Schlamperei qui a pris l’orchestre par rapport à mes dernières expériences mahlériennes avec lui. Peut-être est-ce la fatigue d’une fin de tournée, mais cette Deuxième ne restera pas dans mon souvenir, ni par l’orchestre, ni par les chœurs de Radio France, pourtant un peu plus impliqués que lors du concert Gergiev de décembre dernier. Seule Laura Claycomb sera particulièrement émouvante dans le magnifique passage où sa voix chante à l’unisson du chœur pour s’élever ensuite et chanter le thème de la résurrection.
Après le concert, Antoine et moi dînons chez Finzi avant de rentrer chez moi. Au beau milieu du dîner, il m’envoie un SMS me proposant d’aller le sucer dans les toilettes.

18788ème jour

Mendelssohn et Beethoven par le SFS et MTT à Pleyel

La nuit a vraiment été courte puisque nous avons pris le vol de 6h15 pour Paris. A l’aéroport, j’ai acheté à Antoine un petit porte-clefs ours pour son bagage. C’était notre premier vol ensemble et c’était amusant. Antoine a fait un petit film avec une application de l’iPhone qui donne aux images un air des années vingt. J’ai déposé Antoine en bas de chez lui et je suis allé au bureau.
A: Tu me manques
A: Tu me manques vraiment
V: Je t’adore
A: Moi aussi je t’adore
V: J ai envie de te faire plein de bizoos
A: Moi juste etre avec toi me rend heureux

Le soir, un ami d’Alban Berg proposait une place pour le premier concert du San Francisco Symphony à Pleyel et je m’y suis rendu malgré la fatigue. Je ne me rappelle guère de la première partie tant Synchrony l'œuvre d’Henry Cowell m’a semblé ennuyeuse et tant j’ai somnolé dans le Concerto pour violon de Mendelssohn. Après un bis (Bach) et une coupe de champagne, j’étais plus en forme pour la Cinquième Symphonie de Beethoven qui m’a semblé terriblement routinière.
Antoine a passé la nuit chez moi.

18787ème jour

Tannhäuser au Semper Oper

Nous nous sommes levés de bonne heure et nous avons pris la route de Potsdam pour un petit déjeuner et une rapide visite du château de Sans souci. Je me suis bien sûr souvenu de ma première visite ici en 1990, alors qu’un touriste américain hilare s’était fait prendre en photographie au milieu d’un groupe de soldats soviétiques. Nous avons repris la route de Dresde et à 17h00, nous avons rejoint HL et ses amis pour une épouvantable représentation de Tannhaüser. Alors que je gardais un excellent souvenir du Macbeth et du Trouvère que j’avais entendus au Semper Oper, ce soir, tout était minable : les décors affreux, la mise en scène sans intérêt, et surtout les chanteurs, indignes de l’un des plus grands opéras d’Allemagne. Après le deuxième acte, HL et moi sommes sortis pour aller prendre un verre en face de l’opéra. J’aurai donc échappé à la Prière à l’étoile mais j’aurais profité d’une belle discussion avec HL, sur un ton particulièrement personnel.
Tard le soir je suis reparti en voiture avec Antoine en direction de Berlin, pour une courte nuit près de Tegel.

18786ème jour

La Troisième Symphonie de Bruckner par Stanisław Skrowaczewski et les Berliner Philharmoniker

Pour rien au monde je n’aurais été en retard pour accueillir Antoine à 10h50 à l’aéroport de Tegel pour notre premier week-end ensemble. Son vol était à l’heure et il est arrivé tout sourire aux arrivées. Nous sommes partis aussitôt en voiture vers le centre et, après une brève halte à la Siegessaüle qui brillait dans le ciel bleu, je lui ai montré tous les endroits que j’aime à Berlin : Les Hackeshe Höfe, les graffitis du Tacheles où je l’ai pris en photo, le café Einstein où nous avons pris une énorme Wienerschnitzel (ne prendre que la klein désormais), l’église souvenir Kaiser Wilhelm, l’église moderne où l’on répétait une cantate de Bach, les Friedrich de la Alte Nationalgalerie.
Le soir, j’ai fait à Antoine la surprise d’un concert à la Philharmonie. L’orchestre était dirigé ce soir par Stanislas Skrowaczewski  que je connaissais pour son enregistrement d’un concerto de Chopin de 1961 (!) avec Artur Rubinstein en et que je croyais mort depuis des années. Le programme de ce soir commence par une œuvre étrange de Karl Amadeus Hartmann, des chants en allemand pour baryton et orchestre d’après des textes du Sodome et Gomorrhe de Jean Giraudoux. Matthias Goerne se sort remarquablement de cette pièce dense et ardue. Comme j’ai repéré des places libres derrière l’orchestre, Antoine et moi bougeons à l’entracte pour se placer juste derrière le timbalier pour la Troisième de Bruckner et cette deuxième partie n'a cessé de m’étonner. Malgré ses 87 ans, Stanisław Skrowaczewski tient l’orchestre d’une poigne de fer et malgré tous les défauts que je trouve à l’œuvre de Bruckner (ses constructions par blocs, ses répétitions à l’identique) je resterai scotché à ce que j’entends du début à la fin de l’oeuvre.
Après un dîner au Lütter & Wegner de Gendarmenmarkt, nous rentrons au NH de la Leipziger Straße et nous passons notre première nuit ensemble.

18785ème jour

Saint-Saens et Schostakovich au Konzerthaus de Berlin

Dans la matinée, j’ai emmené HL regarder les deux maisons de Mahler à Leipzig, celle de Gottsched Straße, un grand immeuble jaune qui devait être flambant neuf en 1887, et la maison assez jolie de la Gustav Adolf Straße où Mahler a habité plus longtemps et qui a sans doute abrité ses amours avec Madame von Weber. Nous nous sommes également rendus dans le Rosental, jardin tout proche où Mahler aimait se promener. Après déjeuner, j’ai laissé le groupe de HL pour aller revoir brièvement le Beethoven de Max Klinger au musée avant de prendre la route de Berlin où je suis arrivé en début d’après-midi.
Comme j’ai trouvé une place de dernière minute au Konzerthaus, j’ai assisté au concert du Berliner Sinfonie Orchester qui s’appelle maintenant le Konzerthausorchester, sous la direction d’Eiji Oué. Le concert démarrait par Requiem, une pièce pour cordes seules de Toru Takemitsu, dans laquelle j’ai eu un peu de mal à entrer. Suivait le très beau et très rarement joué Premier Concerto pour violoncelle et orchestre de Camille Saint-Saëns joué par Daniel Müller-Schott, que j’entendais pour la première fois en concert et dont le son très intime de l’instrument m’a un peu déçu comparé aux nombreux disques entendus de lui. Le concert s’achevait par la Cinquième Symphonie de Schostakovich fort bien dirigée par Eiji Oue, qui a hélas tendance à compenser sa très petite taille par une gestuelle et des mimiques frisant souvent le rificule.
Après une Flammenküche et un verre de vin blanc à la Gaffenhaus, j’ai rejoint mon hôtel de la Frankfurter Allee.

18784ème jour

La Huitième de Riccardo Chailly au Gewandhaus de Leipzig

En fin de matinée, je rejoins HL et son groupe d’amis à leur hôtel et nous nous promenons en ville avec bien sûr un petit pèlerinage à la Thomas Kirche dont, hélas, il subsiste peu d’éléments originaux. Après déjeuner nous partons Gottsched straße, à la recherche de la première maison de Mahler à Leipzig, sans parvenir à la trouver, aucune plaque ne l’indiquant.
Le soir, c’est la Huitième, dirigée par Riccardo Chailly pour la première de trois soirées successives. Chailly a la réputation d’avoir dirigé la Huitième plus que toute autre symphonie de Mahler et plus que tout autre chef d’orchestre. Le résultat s’en ressent et c’est un concert extraordinaire auquel nous assistons ce soir, avec des masses vocales et chorales engagées pour donner le meilleur d’elles mêmes. Tout est remarquable dans l’interprétation de ce soir, l’orchestre galvanisé pour suivre la moindre indication de son chef, les chœurs pour une fois assez fournis, et les solistes tous remarquables. Je retrouve avec un immense plaisir Gerhild Romberger, entendue en décembre dans la Troisième d’Eliahu Inbal.
Après le concert, notre petit groupe va dans le restaurant voisin du Gewandhaus pour célébrer l’anniversaire d’HL. Riccardo Chailly nous rejoint après son interview à la MDR pour féliciter HL et lui offrir un cadeau d’anniversaire. Alors que je lui demande si le concert a vraiment été donné pour l’anniversaire d’HL, il éclate de rire.

18783ème jour

La Quatrième de Daniel Harding au Gewandhaus de Leipzig

J’ai pris un vol très matinal pour Berlin Schönefeld, j’ai loué une voiture et j’ai pris la route de Leipzig où je suis arrivé en milieu de matinée. Je me suis promené dans le centre ville, entièrement pavoisé de bannières jaunes du Festival et de grands M jaunes eux aussi. J’ai acheté le PINs du festival et le très beau livre gris bilingue consacré aux années de Mahler à Leipzig.
Le soir, je me suis rendu pour la première fois à un concert au Gewandhaus, ce grand cube de béton construit par l’Allemagne de l’est et dont l’aménagement intérieur présente de grandes ressemblances avec la Philharmonie de Berlin. Ce soir c’est l’orchestre de chambre Gustav Mahler qui officie avec à sa tête Daniel Harding. Le concert commence par l’une des rares pièces médiocres de Mahler, le Blumine, éphémère deuxième mouvement de la Première Symphonie que Mahler supprima assez vite. En le dirigeant très lentement, Harding parvient presque à en faire une pièce intéressante. Suivent quelques Wunderhorn Lieder, superbement chantés par la nouvelle égérie de Deutsche Grammophon Mojca Erdmann.
Le concert s’achève par la Quatrième Symphonie dans une version très proche de l’enregistrement de Harding : grande clarté, accentuation de nombreux détails de l’orchestration.
Après le concert, je passe à l’hôtel Steigenberger où Harding et sa soliste donnent une interview à la MDR.

18782ème jour

Antoine VI

Dîner chez Barlotti avec Antoine. Il est étonnant, maniant souvent l’ironie à mon égard. Il m’appelle parfois papa devant les serveurs, pensant m’énerver, mais cela m’amuse beaucoup. Il m’impressionne beaucoup en me montrant comme il parvient aisément à pleurer sur commande.
Après dîner, on passe chez moi et on s’embrasse longtemps sur mon canapé. Vers une heure du matin, il me signale que je n’ai plus que trois heures pour dormir et il rentre chez lui.

18781ème jour

Lilly de Neuilly

En fin de matinée, je propose à Antoine de me rejoindre le week-end suivant à Berlin et Dresde. Il accepte.
Le soir, dîner avec l’homme aux lunettes Cartier. On parle beaucoup de Strauss-Kahn. Il prétend que ce dernier aurait du prétendre qu’il avait demandé une prostituée habillée en soubrette et qu’il y avait eu confusion(!). Il me raconte aussi que dans les enregistrements cabine des boites noires, les dernières paroles ne sont en général pas rendues publiques. Il s’agit le plus souvent d’un message personnel d’adieu des pilotes à leur famille.

18780ème jour

Antoine V

Quelques heures à peine après l’avoir quitté, je retrouve Antoine en bas de chez lui. Nous prenons un café à une terrasse de la rue Soufflot et nous partons au Musée d’Orsay pour visiter l’exposition Mahler. C’est une petite exposition, bien faite mais où il n’y a rien de bien nouveau. On peut y revoir la fameuse interview d’Alma réalisée par sa fille Anna dans l'appartement new yorkais de sa mère. On y voit aussi un curieux éventail en ivoire ayant sans doute appartenu à une mélomane viennoise de la fin du XIXème siècle et dont les pales ont été signées par des célébrités musicales dont Brahms et Mahler. J’y découvre également que pendant les répétitions de la Huitième Symphonie a Munich en 1910, Mahler logeait au Vier Jahrenzeiten, hôtel que je verrai désormais d’un autre œil.
En fin de matinée, je dépose Antoine à Meudon et je rejoins mes filles pour déjeuner. Je vais au cinéma avec l’une d’entre elles pour voir le décevant Midnight in Paris où la prestation d’Antoine a été coupée.
Le soir après le Marie-Antoinette de Sofia Coppola en bluray, je retrouve de nouveau Antoine en bas de chez moi et nous allons boire un verre au marché Saint Honoré.

18779ème jour

Antoine IV

Déjeuner avec mes filles et Gaëtan au café Pierre qui est maintenant devenu le MOM, un endroit branché et plutôt agréable. Ma fille aînée frime avec son iPhone blanc tout neuf. Elle me raconte même qu’elle s’est fait arrêter dans la rue par des passants qui voulaient le regarder.
L’après-midi, je vais avec ma fille aînée voir Tree of Life film que je trouve prétentieux et incompréhensible, mais également touchant et admirablement filmé. Par moments, le public rit, tellement il se sent désorienté.
Le soir, je prends un verre avec Raphaël au café Beaubourg, puis je retrouve Antoine gare Saint Lazare pour dîner ensemble. Nous allons à la Vinoteca, juste à côté de chez Raphaël, avec qui j’étais d’ailleurs dans ce même restaurant quelques jours auparavant. D’ailleurs, la serveuse un rien vicieuse nous donne la même table. Les spaghetti au homard sont toujours aussi savoureux et Antoine, fine mouche, devine que je suis venu ici avec quelqu’un d’autre. Il n’y a pas de rivalité entre Raphaël et Antoine, juste deux rencontres qui se produisent au même moment. Antoine est intelligent, subtil et cultivé. Je sens que je m’attache à lui et pour une fois, il se pourrait que cet attachement soit réciproque.
Après dîner, nous passons prendre un verre chez moi, et tard dans la nuit je le dépose en bas de chez lui, près du Panthéon. Nous ne quittons pas longtemps car nous avons rendez vous pour le lendemain matin afin de visiter ensemble l’exposition Mahler du Musée d’Orsay que je n’ai pas encore vue.

18778ème jour

Antoine III

Vol de huit heures pour Amsterdam mais cette fois ci, je vais directement chez un client pour une réunion de crise assez pénible au cours de laquelle une porte sera claquée volontairement par mon interlocuteur. En fin d’après midi je rentre sur Paris et j’arrive à temps pour retrouver au théâtre Marigny Antoine qui m’invite au spectacle de James Thierrée. J’avais vu un reportage sur ce petit fils de Charlie Chaplin qui a su créer un univers de rêve, de magie et de poésie qui n’est pas sans rappeler celui de son grand-père. On est souvent étonné dans ce très beau spectacle et à mes côtés, Antoine avait l’air heureux de me voir extasié.
Nous avons dîné au café Beaubourg et, imprudence ou transparence, j’ai emmené Antoine à l’Anthracite où bien sûr officiait P., mais aussi où Raphaël fêtait son anniversaire. Ce mélange de mon passé désormais lointain, de mon passé juste écoulé et de ce qui pourrait être mon futur était étrange. Nous ne sommes pas restés très longtemps. Tard dans la nuit j’ai déposé Antoine en bas de chez lui, après que nous nous soyons longuement embrassés dans la voiture.

18777ème jour

Des nouvelles de la bonne fée

Le soir, longue discussion téléphonique avec ma bonne fée. Les nouvelles qu’elle me donne de G. sont tout simplement hallucinantes, puisqu’elle reçoit des demandes d’argent de son nouveau mec, un américain qui a l’air de courir après les financements. Je ne peux que me réjouir d’avoir réussi à tourner la page.

18776ème jour

Il y a cent ans

Je prends le vol de huit heures pour Amsterdam et je passe la journée à travailler à mon hôtel. Le soir a lieu au Concertgebouw le concert anniversaire des cent ans de la mort de Mahler avec Totenfeier et le Chant de la terre sous la direction de Fabio Luisi. Totenfeier est pris à un train d’enfer par le chef et le mouvement résiste mal à ce traitement. L’orchestre semble un peu désorienté et le résultat est très loin des deux très belles Deuxième Symphonies que j’ai entendues sous la direction de Mariss Jansons à Amsterdam et Paris. Le Chant de la terre est de bien meilleur niveau. Robert Dean Smith se sort plutôt bien de ses parties inchantables et Anna Larsson compense sa voix un peu vieillissante par un admirable métier. Mon esprit part souvent pour Berlin où j’imagine le merveilleux Chant de la terre de Claudio Abbado avec Jonas Kaufmann. Et pourtant, je suis heureux d’être dans cette salle merveilleuse où Mahler a dirigé à dix reprises.

Il y a cent ans, le 18 mai 1911, à onze heures cinq du soir, Mahler rendait son dernier soupir.

18775ème jour

Business as usual II

Journée ennuyeuse qui ressemble à la précédente comme deux gouttes d’eau.

18774ème jour

Business as usual I

Réunion dans Paris avec un client hollandais pour gérer une situation de crise qui va être terriblement chronophage dans les jours à venir.

18773ème jour

La Cinquième de Lorin Maazel au TCE

Au petit matin, dans le lit de ma chambre d’hôtel à Berlin, je découvre les déboires de Dominique Strauss Kahn au Sofitel de New York devant lequel je suis passé le 23 avril dernier.
Je rentre cette fois ci par easyJet et donc je pars de Schönefeld, l’affreux aéroport low cost de Berlin. J’arrive donc à Orly alors que ma voiture se trouve à Roissy, je suis coutumier du fait. Je me tape donc le bus Air France de Orly à Roissy.
A seize heures, je me rends au théâtre des Champs Elysées pour une horrible Cinquième de Mahler par l’orchestre Philarmonia dirigé par Lorin Maazel. Je ne m’étendrai pas sur cette interprétation lente, boursouflée et horriblement vulgaire. On dirait que Maazel veut faire un sort à chaque note, que chaque détail soit mis en valeur de façon extraordinaire. L’adagietto est affreusement sentimental.
A côté de moi, un couple d’octogénaires est venu pour celui qu’ils appellent le Maestro. Papi est habillé très Seizième et tient ses deux mains appuyées sur le pommeau de sa canne. Il ne peut pas s’empêcher de faire des remarques à haute voix à Mamie, du genre "c’est magnifique!  ou  "ce passage est merveilleux". Après le Scherzo, n’en pouvant plus, je lui demande sèchement de fermer sa gueule. Je ne l’entendrai plus.
Je m’éclipse dès le début des applaudissements et je retrouve Antoine sur les Champs Elysées. Nous marchons jusqu’à chez moi, en faisant un stop dans une brasserie de Saint Augustin.

18772ème jour

Berlin Abbado Pollini

Le matin, je pars pour Berlin en utilisant le retour d’un vol précédent. Comme à l’habitude, je passe chez Düssman et je prends un Apfelstrudel au café Einstein d’Unter den Linden. Le soir, je retrouve Martin devant la Philharmonie. Il a deux très mauvaises places mais peu importe, je suis si content d’assister à ce concert. Nous sommes installés au plus haut niveau de la Philharmonie et il faut rester debout pour voir Abbado diriger deux airs de Mozart avec la très belle Anna Prohaska puis des extraits de Lulu. A l’entracte, nous descendons nous installer à deux places inoccupées du Bloc A. Il y a un changement de programme et Maurizio Pollini joue, non pas le Totentanz de Liszt, mais le 17ème Concerto pour piano de Mozart. Les deux complices, qui font de la musique de puis plus de quarante ans, nous donneront une version très soporifique de ce qui n’est pas l’un des meilleurs concertos pour piano de Mozart. Il n’y a pas vraiment d’interprétation, nulle fantaisie et aucune vision dans cette musique là et j’en sors très déçu. Claudio Abbado nous offrira pour terminer l’Adagio de la Dixième qu’il dirigera encore pour le concert anniversaire de la semaine prochaine et également à Lucerne cet été. L’interprétation est évidemment belle, magnifiquement jouée par les Philharmoniker, mais je ne retrouve pas les hauteurs exceptionnelles de la Neuvième de l’an passé.
Après le concert, je dîne avec Martin au Lutter & Wegner de la Potsdamer Platz, nous parlons longuement de musique et nous marchons ensemble jusqu’à la Fiedrich Straße où j’ai mon hôtel.

18771ème jour

Autopsie d'un génie

En début d’après-midi, alors que je m’apprête à quitter Zurich, Martin me confirme qu’il a eu des places pour le concert Abbado du lendemain à Berlin.
Arrivé à Paris en fin d’après-midi, je passe chercher Raphaël chez lui et nous nous rendons rue Velasquez pour l’avant première du film Autopsie d’un génie, qui sera diffusé sur arte le 18 mai. J’avais assisté à plusieurs séquences de tournage à Jilhava et à Kaliste l’an passé et c’est donc avec beaucoup de plaisir que je retrouve l’équipe du film. Dans la salle, Pierre Bouteiller, Jean Daniel et bien sûr HL, très ému. Le film est une réussite et parvient en quatre vingt dix minutes à donner une description quasi intime de Mahler. Il peut donc plaire tout autant au néophyte complet qu’aux connaisseurs de Mahler. Les images de Vienne et des Dolomites sont particulièrement belles.
Après le film, Raphaël et moi filons sans assister aux mondanités et nous allons dîner au Louis 2. On passe chez moi prendre une bouteille de champagne avec l’intention de la boire chez Raphaël mais finalement on se contentera de papoter chez lui jusque tard dans la nuit.

18770ème jour

Amsterdam Paris Zürich

8:00 Amsterdam Paris
Dans la journée, je conviens de passer la soirée du lendemain avec Raphaël.
Juste avant mon vol pour Zurich, j’appelle Martin, le flûtiste de Berlin, pour lui demander s’il pourrait m’obtenir une place pour le concert Abbado de samedi.
18:35 Paris Zurich
Dîner à Zurich

Il y a cent ans, le 12 mai 1911, le train de Mahler arrive à Vienne. Mahler est transféré au Sanatorium Loew.

18769ème jour

La Neuvième de Bernard Haitink au Concertgebouw

Le second vol du matin entre Paris et Amsterdam où il fait une vraie journée printanière. Dans l’après-midi, je vais dormir une heure au soleil au Vondel Park et, une fois n’est pas coutume, je dîne avant le concert, au Keyzer, juste à côté du Concertgebouw. Le cycle Mahler d’Amsterdam tire à sa fin avec la Neuvième, dirigée par Bernard Haitink qui retrouve toujours avec beaucoup d’émotion l’orchestre qu’il a dirigé pendant trente quatre annnées. J’ai une place vraiment épouvantable, dans le petit carré d’une dizaine de fauteuils sur le côté de l’orgue. Mais alors que le concert est complet depuis des mois, il y a quelques places libres sur le Podium et dès que la lumière s’éteint, je me précipite sur l’une d’entre elles. Je me retrouve juste derrière les cors, et bien sûr, face au chef. Le premier mouvement me déçoit un peu, l’orchestre semble avoir du mal à rentrer dans l’œuvre et les cors, tellement sollicités dans ce mouvement sont nettement moins infaillibles que ceux de Berlin ou Lucerne. De plus, étant placé là où je suis, la moindre défaillance est amplifiée au centuple. Le deuxième mouvement est très réussi, Haitink sachant parfaitement doser le rustique du Ländler et l’élégance viennoise. Le Rondo Burlesque, très réussi lui aussi, est pris extrêmement rapidement. De ma place, le son est bien sûr déformé, le son des cors étant très amplifié, et les timbales me faisant presque retourner de surprise. En revanche je peux apprécier la qualité exceptionnelle des bassons dont la partie n’est pas toujours facilement discernable. Le dernier mouvement est sans doute le plus réussi et, comme Abbado, Bernard Haitink garde la main levée à la fin de l’œuvre, afin d’imposer quelques instants de silence, avant les hourrahs de la salle levée.
Comme Pierre Boulez, Bernard Haitink, qui a bénéficié d’un tabouret de velours rouge pour se reposer entre les mouvements, ne prend pas le grand escalier pour saluer. Il semble visiblement impatient que le public cesse enfin ses acclamations pour partir se reposer. Le même programme est joué quatre fois cette semaine.

Il y a cent ans, le 11 mai 1911, Mahler quitte Paris en train pour Vienne.

18768ème jour

Raphael II

Dans l’après-midi, je rentre d’Istanbul et je retrouve aussitôt Raphaël en bas de chez lui. Nous allons dîner à deux pas de là, chez Dominique Bouchet, un restaurant que je voulais essayer depuis très longtemps. L’endroit est calme, élégant est la cuisine est absolument merveilleuse. Comme lors de notre première rencontre, nous avons des tas de choses à nous dire et à partager. Le moment de la découverte entre deux êtres est souvent le plus merveilleux.
Tout en sachant en le faisant que je ne devrais pas, je lui propose de m’accompagner aux Etats-Unis début juin et il ne dit pas non. Je m’efforce de ne surtout pas insister. Je découvre aussi qu’il ne s’appelle pas Raphaël, son vrai prénom est beaucoup plus banal et c’est pourquoi il restera ici Raphaël. Comme je m’y étais engagé, je le dépose à dix heures pétantes près de la Bastille où le concert des tontonmaniaques bat son plein.

18767ème jour

Istanbul Vogue

Je me soigne mais je suis totalement aphone. Mon client turc à l’air de compatir et le round de négociations se passe bien. Nous dînons au Vogue, en haut du Besiktas Plaza où je n’avais pas remis les pieds depuis deux ans et où la vue sur le Bosphore est toujours aussi éblouissante. J’apprends au cours du dîner qu’un canal parallèle au Bosphore va être créé entre la mer noire et la mer de Marmara, afin de réduire le trafic maritime du Bosphore. Fascinant pays.

18766ème jour

La viande qui pique

Déjeuner toujours avec mes filles au complet et E et S dont c’est la veille du vingtième anniversaire de mariage. Le repas a lieu au Relais de l’Entrecôte de la rue Marbeuf où j’avais emmené mes filles, très petites. Elles avaient unanimement détesté la sauce de la viande et qualifié pour toujours l’endroit de "La viande qui pique" Un sondage en fin de déjeuner à permis d’arriver à la conclusion que la viande qui pique ne pique pas...
Depuis le matin, je suis malade, une laryngite sévère qui peut se transformer facilement en angine. Comme je repars le lendemain matin et que j’ai trois déplacements dans la semaine, je prends mes précautions et j’appelle SOS médecins pour un traitement de cheval, voire d’éléphant. J’annule aussi avec regret le dîner que j’avais prévu avec Antoine.

18765ème jour

Un message pour moi et de l’eau pour les éléphants

Réveillé au matin par un SMS:
Merci Vincent pour cette soirée qui fut parfaite. Dis-moi si tu es disponible la semaine prochaine. Je t’inviterai chez moi à boire un bon verre de vin avec plaisir ! Je t’embrasse. Raphaël.
A midi mes filles et moi reprenons notre coutume du Carpaccio Parmigiano au Café di Roma, avec sa Foccacina partagée entre nous. L’après midi, avec ma fille aînée, je vois De l’eau pour les éléphants, gentil mélo qui se laisse regarder avec Robert Pattinson qui est "tellement beau!"

18764ème jour

Trois ou quatre consonnes et trois voyelles.

J’arrive à 18h30 pétantes devant chez Raphaël qui habite de fait à dix minutes à pied de chez moi. Erreur de communication, il pensait que nous avions rendez vous à 19:00 et il est en train de siroter du rosé sur le toit du Printemps. Je suggère de venir le chercher là bas. Finalement il me propose de monter le rejoindre pour boire un verre avec ses amis. C’est un peu gênant de faire connaissance dans la vraie vie devant des amis mais je le prends pour une marque de confiance. Arrivé sur la terrasse ensoleillée du Printemps, je l’aperçois, attablé avec deux amis. Il se lève pour m’accueillir. Il est beaucoup plus beau que sur les photos. D’intenses yeux bleus derrière des cils immenses, une barbe de deux jours très étudiée, une nuque parfaite (je suis toujours très sensible aux nuques), un jean Armani savamment troué, des chaussures improbables qui s’avèreront être des Vuitton, ce garçon est un dandy au sourire ravageur.
Ses amis sont vraiment très gentils et ne montrent en tout cas aucune surprise à assister à notre rencontre.
Nous passons chez Raphaël qui souhaite troquer son tee shirt au décolleté vertigineux contre une vraie chemise et nous partons au Théâtre des Champs Elysées. Bel endroit pour une première soirée ensemble. Alors que nous nous installons à l’avant dernier rang de l’orchestre, notre voisine de derrière me demande de lui lire le programme car elle ne voit rien malgré ses grosses lunettes. Il s’avèrera qu’elle est également sourde puisqu’elle exhibera pendant tout le concert un gros appareil auditif très bruyant.
Le concert en lui-même est bien sans plus. L’orchestre de Dresde (à ne pas confondre avec la merveilleuse Staatskapelle du Semper Oper) joue une première partie Ravel (Alborada del graciozo, Concerto en sol) assez moyennement. Bizarrement, l’orchestre nous gratifie d’un nombre incalculable de pains et de couacs mais joue toujours parfaitement ensemble, tenu d’une main de fer par Frühbeck de Burgos (tiens un autre Rafael dans la salle, mais trois consonnes et trois voyelles). Fazil Say, que je retrouve après deux concerts Mozart, n’est pas vraiment Ravélien, un rien maniéré, cherchant de l’originalité là où il faudrait de la simplicité. Son maniérisme est bien sûr accentué par ses tics de comportement qui énervent visiblement mon voisin de droite à la barbe blanche. Mon voisin de gauche, dont j’admire de temps à autre le profil, à l’air ravi. En bis, Fazil Say nous offre un Debussy et sa très belle improvisation sur Summertime.
Entracte champagne avec Paris Broadway et son compagnon de concert tout de G-Star vêtu. Je me sens très fier d’être avec Raphaël même si une telle fierté me fait un peu honte.
En deuxième partie, la Première Symphonie de Mahler est un peu malmenée. Premier mouvement manquant totalement de poésie, Frühbeck de Burgos ne laisse pas le Naturlaut s’installer. Deuxième mouvement d’une raideur terrible qui ferait presque oublier qu’un Ländler est une danse. Tout s’arrange dans le troisième mouvement, ironique à souhait et dans le quatrième, aux magnifiques couleurs et j’ai un véritable bonheur à voir les huit cornistes se lever dans les dernières mesures. Un très beau bis (sans doute le meilleur moment du concert) avec l’Intermezzo de Goyescas de Granados et un bout de Zarzuela sans grand intérêt.
A l’origine, Raphaël devait partir juste après le concert pour se rendre à un anniversaire mais il a tout annulé pour rester avec moi et je dois reconnaître que rien ne pouvait me faire plus plaisir. J’ai donc passé deux heures merveilleuses à la Sardegna avec entre lui et moi deux timbala de melanzana, des spaghetti Vongole, deux sabayons aériens et surtout le merveilleux spectacle de ses deux grands yeux bleus.

18763ème jour

Jérémie V

En fin de matinée, je file à Roissy pour ressentir le bonheur de retrouver ma fille aînée qui rentre enfin du Mexique après une si longue absence.
En fin d’après midi, rencontre annuelle avec mon ophtalmo, toujours aussi rigolote. L’année dernière elle avait critiqué mes lunettes de vues, beaucoup trop galbées à son goût. Cette année elle trouve que mes lunettes de soleil ne le sont pas assez. Alors que je la félicite de passer un concerto de Mozart à ses patients, elle ne dit mot et je réalise soudain qu’il s’agit de l’un des deux concertos pour violon de Bach.
Tard le soir, encore des retrouvailles, mais avec Jérémie qui passe me voir.
On boit.
On fume.
On écoute Antony & the Johnsons et James Blake.
A sa demande, j’imite de nouveau Karl Lagerfeld.
Il rit.
Je ris.
J’apprends qu’il connaît Niels Schneider.
J’apprends que Louis Garrel a abandonné volontairement le rôle titre du nouveau film de Xavier Dolan, non pas pour la raison officiellement invoquée (une maladie) mais parce que Dolan le draguait un peu trop ouvertement.
Il repart.

18762ème jour

Antoine II

Longue journée de réunion à Madrid.
Le soir, je récupère Antoine à Saint Lazare pour un dîner chez Karl et Erick. Je ne l’avais pas vu depuis un an alors qu'il m’avait tant déçu par son indifférence après une première rencontre. C’est lui qui a souhaité que l’on se revoie et je suis assez content d’avoir de ses nouvelles. Il se débrouille toujours bien dans son métier de théâtre et de cinéma. La scène où il traitait Marion Cotillard de connasse dans le film de Woody Allen a été coupée, mais il a de nombreux projets. Pour des raisons alimentaires, il fait actuellement des photos pour Abercrombie. Avant de le déposer chez lui, il me montre une très belle rue voisine où habite, entre autres, Juliette Binoche.

18761ème jour

Madrid

Excellent déjeuner avec une merveilleuse Paella à la Casa Nemesio sur la Castillana.

18760ème jour

OBL

A mon réveil, j’apprends la mort de Ben Laden et j’assiste au discours très digne d’Obama qui annonce l’événement à ses concitoyens. Dans la journée, comme c’était prévisible, le clan ridicule des théoriciens du complot donne de la voix.
J’apprends par ailleurs que Ben Laden mesure 1m92 et que pour vérifier qu’il s’agit bien de lui, un Marine d’1m82 s’est couché à côté de lui pour vérifier s’il manque bien dix centimètres. Réaction d’Obama qui suit la scène en direct : "On vient de détruire un hélicoptère de soixante millions de dollars et on n’a pas les moyens de se payer un mètre ?"

18759ème jour

Source Code

Vu avec l’une de mes filles Source Code, le nouveau fil du fils de David Bowie qui, comme Moon s'apparente plutôt en genre de la science fiction avec Jake Gyllenhaal .Le scénario est bien ficelé et le résultat est plaisant à voir.
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