18424ème jour

L'instinct

Déjeuner à l’instinct, le restaurant de la Garenne-Colombe qui a tendance à devenir ma cantine du moment. Je retrouve trois anciens collègues avec qui je ne travaille plus depuis six ans et je suis heureux de constater que notre relation reste aussi forte et fidèle.

18423ème jour

Leon

Nous déjeunons chez Ly, rue de la Boétie, où nous n’étions pas allés depuis longtemps. La nourriture est toujours assez bonne mais l’endroit s’est embourgeoisé avec des prix assez élevés. Ma plus jeune fille me dit adorer la musique (chinoise, plutôt agacante) qui passe dans le restaurant. L’après midi, nous regardons pour la première fois Léon de Luc Besson où Natalie Portman est déjà si extraordinaire.

18422ème jour

Bof

Après un déjeuner avec S. Au café Pierre, nous passons voir ma fille aînée qui fait un stage de vendeuse dans une boutique de vêtements de la rue de Courcelles. Hasard amusant, leur mère passe avec son mec du moment que je ne connaissais pas. Tout le monde a l’air très gêné. Je ne le suis aucunement. Je suis même très amusé de constater combien mon successeur ressemble au Beauf de Cabu. Nous parlons de lui avec mes filles en repartant à la maison.

18421ème jour

Carte

Je passe à mon agence BNPP pour commander les nouvelles cartes dont on peut choisir le visuel. Le processus est très long mais ma nouvelle conseillère financière est sympa. La carte aussi.

18420ème jour

Stuttgart

Un aller retour à Stuttgart, pour la réunion qui n’avait pas pu avoir lieu en avril en raison du nuage de fumée. Comme d’habitude en Allemagne, nous avons droit à de gros sandwiches jambon et fromage à l’heure du déjeuner.

18419ème jour

Fantômes (suite)

P. cherche à reprendre contact avec moi. Ma froide analyse est que sa relation s’est terminée. Je vois d’ailleurs son petit ami régulièrement sur Grindr, ce qui est un bon indice de leur séparation. P. me dit qu’il sera à Milan la semaine prochaine à peu près au même moment que moi (j’ai une réunion qui tombe miraculeusement le jour du concert de Claudio Abbado à la Scala)

18418ème jour

Pula

Déjeuner à l’hôtel de Pula de spaghetti à la Bottarga.
Promenade sur la plage de chia en fin d’après-midi.
Dîner à Pula chez Gian-Carlo, une pizzeria à la décoration hallucinante, où je prends de la bottarga comme antipasto (sans spaghetti).

18417ème jour

Cagliari

Déjeuner au Hype sur une petite terrasse de la ville haute de Cagliari. Puis je dépose mes filles à l’aéroport; elles prennent l’avion seules pour la première fois et ne sont pas peu fières. Je leur laisse de quoi prendre une dizaine de bus entre Beauvais et Paris.
Puis mes collègues arrivent peu à peu de toute l’Europe pour la partie professionnelle de ce séjour. Nous nous faisons jeter une nouvelle fois au Phare du Capo Spartivento tenu par les sardes les plus désagréables de Sardaigne. Nous nous rabattons sur le Dal Corsaro un très bon restaurant de Cagliari où les pâtes à la Bottarga etaient encore une fois merveilleuses.

18416ème jour

Al tonno di corsa

Le matin, nous partons vers le nord ouest pour explorer les dunes de Piscinas qui s’élèvent à plus de cinquante mètres au dessus de la mer. Las ! un peu au nord d'Iglesias, près du temple d'Antas, la route est barrée pour travaux, semble-t-il à cause d’éboulements. Déçus, nous changeons notre programme et redescendons vers le sud, jusqu’au port de Portoscuso où nous trouvons un ferry pour la petite île de San Pietro. Nous passons l’après midi à visiter la petite ville de Carloforte et à choisir notre restaurant du soir. Je me bats avec mon appareil photo dont l’objectif a été bloqué par des grains de sable de la plage de Chia. En le forçant un peu, il remarche et nous prenons une amusante série de photos jumelles, d’abord devant le sémaphore rouge de l’entrée du port, puis devant son frère rouge distant de deux cents mètres à vol d’oiseau, mais de trois ou quatre kilomètres en faisant tout le tour du port.
Le soir nous faisons notre choix final pour le restaurant Al tonno di Corsa qui a l’avantage décisif d’ouvrir plus tôt (le dernier ferry est à 21h10). Bien nous en prend. Les pasta alla bottarga sont les meilleures du monde et en entrée, je déguste pour la première fois de ma vie du cœur de thon (le vrai cœur, celui qui bat).

18415ème jour

Sardinia

Le matin, je récupère à l’aéroport de Cagliari une infâme Opel Astra break, sale et cabossée, qui m’accompagnera pendant ces cinq jours. Nous déjeunons à Cagliari de délicieux spaghetti à la bottarga et partons vers Capoterra où se tient notre hôtel. Nous passons l’après-midi sur la magnifique plage de Chia puis allons jusqu’au phare du Capo Spartivento qui, restauré, est devenu un hôtel de luxe avec cinq chambres exclusives où l’on ne daignera même pas nous servir un verre. Nous longeons la très belle côte sud de la Sardaigne jusqu’à Casaletta, sur l’île de San Antiocco maintenant reliée à la Sardaigne par un pont routier.
Après un très bon dîner à Casaletta (encore des pâtes à la bottarga) nous rentrons à Cagliari par la route nord. A un moment nous nous arrêtons et éteignons les phares, afin d'admirer le ciel étoilé, un peu gâché par une lune trop lumineuse.

18414ème jour

Fantômes

Journée passée à réveiller des fantômes. En fin de matinée mon ami R. passe au parking de mon bureau où la Lada somnole depuis cinq ans sous une épaisse couche de poussière. Nous connectons des câbles de la batterie de la Lada vers celle de la voiture de R. et au premier tour de clef, celle-ci redémarre. Je vide le coffre et les vide-poches, retrouve des souvenirs anciens, une jolie série de photos d’identité de P., mes fausses lunettes Clubmaster achetées à Bali, que je peux enfin comparer à leur original tout neuf. Je lave la Lada, refais un plein et la conduis sans doute pour la dernière fois de ma vie. A chaque redémarrage, il faut rebrancher les câbles car la batterie est sans doute morte après plusieurs années d’inactivité.
Dans l’après-midi, je joins la société de leasing à laquelle j’ai acheté la Lada en fin de contrat car je n’ai jamais fait le changement de carte grise. J’appelle un premier numéro en région parisienne. On me renvoie sur un numéro dans le sud ouest, puis de nouveau au numéro parisien où il faut que je joigne une certaine Madame Meseljevic. Or cette dame est connue du standard par son nom, mais pas par son numéro de ligne. Je rappelle le numéro du Sud Ouest pour obtenir le numéro de ligne direct de cette dame fantôme. Le numéro sonne dans le vide. Je rappelle le standard de ¨Paris où ce numéro n’existe pas. Je rappelle le sud ouest où un autre Monsieur très charmant veut bien s’occuper de moi et après de longues recherches, me demande d’appeler Rennes. J’appelle Rennes. La file du standard ne comprend pas vraiment ma demande et discute à haute voix avec une autre qui visiblement n’a pas envie de me prendre au téléphone. J’insiste. Elle accepte pour finir et après de longues explications, accepte de me préparer le certificat de cession qui me permet de renouveler le contrat de la Lada, à condition que je lui envoie un chèque de cinquante neuf euros et quatre vingt centimes.
Le soir, je pars avec mes filles en direction de l’aéroport de Beauvais. La circulation en ce vendredi soir est absolument infâme. Nous arrivons à l’aéroport trente minutes avant le décollage, nous courrons et arrivons miraculeusement à prendre notre vol pour Cagliari où nous arrivons dans une belle chaleur, un peu avant minuit.

18413ème jour

Non! Non! Non!

Je rentre de ma prison en ramenant un canadien et un américain. On entend par hasard à la radio Non ! Non ! Non ! de Camelia Jordana. La chanson leur plait et ils chantent avec elle à tue tête dans la voiture le Non ! Non ! Non !

18412ème jour

104

Le matin, je confonds minablement la N104 et l’A104, ce qui rallonge de trente bonne minutes le temps passé à rejoindre un château des alentours de Roissy où je serai emprisonné pour les deux jours à venir. Sur Grindr le soir, je capte bizarrement Simon qui rentre de voyage et qui quitte l'aéroport de Roissy en taxi.

18411ème jour

Brice le retour III

Je retrouve Brice devant la place Saint Michel.
On dîne à la Fontaine de Mars là où le couple présidentiel américain avait dîné l’an passé. Le serveur m’indique que le restaurant a reçu l’information deux heures avant et que la famille Obama bénéficiait d’un salon privé à l’étage.
On passe chez moi.
Vodka-pamplemousse-poppers-joint.
Presque un vieux couple.
Déjà.
Pourtant je sens que cela ne va pas durer.

18410ème jour

I dont want to set the world on fire

Le voyage de retour a été court et calme. J’étais upgradé en classe affaires et l’avion, au contraire du voyage aller, est passé très au sud de la route normale, évitant les îles britanniques où, parait-il, le nuage de cendres sévissait de nouveau. Pendant le vol j’ai vu Lagerfeld Confidentiel, le film de Rodolphe Marconi consacré à cet étrange personnage. Scènes très amusantes où le voit en voiture de luxe, tapoter d’impatience avec ses doigts arborants les énormes bagues métalliques qu’il affectionne. Plaisir réel de réentendre pour la première fois sans doute depuis vingt cinq ans I don’t want to set the world on fire qui avait marqué un été des années 80.
Dans l’après midi, j’ai tendance à somnoler au bureau et je m’endors très tôt.

18409ème jour

J'irai entendre Claudio Abbado à la Scala

Le matin dans mon lit, je pense à ce concert Abbado de juin à la Scala pour lequel je n’ai pas réussi à avoir de place et je commets la bêtise de taper dans Google : tickets abbado scala 2010. Bien évidemment, j’ai trouvé des offres hors de prix chez des vendeurs internet véreux et bien évidemment j’ai craqué. Je retrouverai le Maestro le 4 juin.
J’ai pris mon petit déjeuner dans un Starbucks de Beverly Hills devant laquelle se trouvait un bulldog assis dans une poussette pour enfant. J’ai déjeuné à Santa Monica dans le restaurant qui fait l’angle de Santa Monica Boulevard et de la Troisième Rue, j’ai rendu la Mustang à l’aéroport après avoir fait le plein et j’ai pris mon vol pour Paris.

18408ème jour

San Diego et un zeste de Mexique

J’ai pris la route tôt le matin pour le sud. Je suis sorti à Del Mar, station célèbre grâce aux Beach Boys et à sa musique lounge. J’ai longé la mer jusqu’à San Diego dont le centre historique mérite vraiment une visite. Il faisait beau, j’ai dégusté un beau plateau de fruits de mers à une terrasse ensoleillée. J’ai pris le grand pont qui enjambe la baie de San Diego, j ai parcouru la digue de Silver Strand Beach, le Pacifique était beau avec ses grandes vagues. Je me suis arrêté devant l'étrange centre commercial de Las Americas où de nombreuses grandes marques vendent à prix très bas et dont le parking a pour limite le grand mur qui sépare le Mexique des Etats-Unis. La tentation était trop forte. Sans trop savoir si je ne prenais pas un risque j’ai pris la route « MEXICO ONLY » et je suis arrivé au poste frontière, sorte d’immense station de péage d’autoroute que j’ai franchi à ma grande surprise, sans même me faire arrêter. J’ai juste vu un flash crépiter. J’ai vu aussi qu’il y avait des kilomètres de voitures qui faisaient la queue en sens inverse pour rentrer aux Etats Unis et j’ai compris que j’avais peut-être fait une bêtise.
Passer de San Diego à Tijuana, c’est passer d’un coup de l’anglais à l’espagnol, mais aussi de l’opulence à la misère. J’ai aussi réalisé que je n’avais pas d’essence ni de pesos. J’ai garé la Mustang rouge et un peu voyante devant une agence Banamex (c’est la filiale de Citibank au Mexique et j’ai retiré 700 pesos. Il n’en fallait en fait que 550 pour faire le plein. J’ai roulé un peu dans Tijuana sans n’y voir rien de bien beau, à part bien sûr une atmosphère particulière.
Je suis allé faire la queue pour repasser aux Etats-Unis. Autour des voitures presque toutes américaines, des marchands ambulants vendaient de tout, de l’alcool, des drapeaux, des churros, des crucifix, tout un caravansérail touristique. J’ai du faire une heure de queue avant d’arriver au poste frontière. Il faut vraiment montrer patte blanche pour entrer, mais la douanière était charmante. Elle était un peu étonnée de voir un français qui de plus prétendait n’être resté que deux heures au Mexique. Elle m’a demandé si j’avais aimé. « To be honest, not really » et soit ma réponse, soit mon accent, cela l’a fait sourire.
J’ai roulé deux heures vers le nord et j’ai retrouvé mon hôtel de Westwood pour ma dernière nuit en Californie.

18407ème jour

Los Angeles

Je n’ai pas fait grand-chose, je me suis juste baladé dans les endroits que j’aime. J’ai retrouvé avec plaisir Amoeba Music l’immense caravansérail de disques d’occasion de Sunset Boulevard où j’ai déniché quelques disques agréables pour la route. J’ai déjeuné tardivement à Santa Monica avant de passer évidemment chez Abercrombie. Je me suis amusé avec les iPad de l’Apple Store et j’ai lu un moment sur la plage devant le Pacifique.
Le soir, j’ai visité le très agréable centre commercial de Farmers Market où j’ai refait une nouvelle razzia chez Abercrombie.
Dîner de deux crab cakes.

18406ème jour

Phoenix Los Angeles

J’ai pu assister au concert d’hier uniquement parce que mon agence de voyage s’était trompée de date pour mon vol vers Los Angeles. Mon intention originale était de partir pour la Californie hier, dès mon séminaire fini. J’ai profité de celle belle journée de l’Ascension pour voir (de l’extérieur seulement) l’étrange First Christian Church sur la Septième Avenue, elle aussi conçue par Frank Lloyd Wright qui a passé plusieurs années de sa vie à Phoenix. A midi, j’ai déjeuné de nouveau à l’Arizona Biltmore, puis j’ai déposé mes collègues dans un grand centre commercial.
Le soir, j’ai pris mon vol United pour Los Angeles dans un tout petit Canadair qui a survolé des zones entièrement désertiques, où il ne doit pas faire bon se perdre en été. Vers 19h00 j’ai atterri à LAX, j’ai pris la navette pour l’Agence Avis qui m’a confié les clefs d’une belle Mustang décapotable rouge sombre. J’ai vite retrouvé mes repères en prenant l’A5 vers le nord, puis en sortant à Westwood pour déposer mes affaires à l’hôtel. J’ai repris la Mustang et j’ai roulé en décapoté dans WeHo, sur Hollywood et Sunset Boulevard. J’étais merveilleusement heureux, comme un gamin qui a reçu un cadeau de Noël. J’aurais juste aimé que tu sois là, à mes côtés, à regarder le ciel de tes grands yeux ouverts. Mais je préfère ne pas penser à cela, car je vais pleurer, et cela ne se fait pas de pleurer quand on est heureux.

18405ème jour

Le concert du Los Angeles Philharmonic à Phoenix

Vers 17h00, j’ai fini ma journée et je vais à l’aéroport chercher ma voiture de location, une jolie Chrysler Sebring cabriolet gris métal. Je dépose ma valise dans un autre hôtel plus central et je pars vers le nord chercher Bryan. Il habite dans une zone résidentielle typiquement américaine où toutes les maisons sans étage se ressemblent. Il monte dans la voiture et on repart vers le sud en empruntant la voie de gauche, celle des Pool Cars, réservée aux véhicules transportant plus de deux personnes.
Nous nous garons vers 19h00 dans le parking qui fait face au Phoenix Symphony Hall et nous avons juste le temps d’échanger mon billet et d’en acheter un pour Bryan de façon à ce que nous soyons côte à côte. Vous ne me croirez sans doute jamais mais c’est absolument le hasard qui faisait que ce soir là, à Phoenix, le Los Angeles Philharmonic était en visite, pour une soirée au même programme que le concert inaugural de la première saison Dudamel : City Noir de John Adams et la Première Symphonie de Mahler. Ce concert a d’ailleurs déjà été publié en DVD par la Deutsche Grammophon. Je ne dirai rien de l’œuvre de John Adams, juste que je m’y suis copieusement ennuyé. La Première de Mahler était un peu décevante, pleine d’énergie, bien sûr, avec un très beau Ländler au second mouvement. Le reste était un peu banal et j’ai surtout trouvé que l’orchestre (qui ne m’a jamais impressionné qu’au disque) avait un peu de mal à jouer à l’unisson (il est vrai dans une salle des années 70 à l’acoustique un peu floue).
Pendant tout le concert, la jambe de Bryan était collée à la mienne, ce qui m’empêchait de me concentrer et me laisser penser que la soirée allait bien finir. Je n’ai pas été déçu. Après un dîner médiocre dans une brasserie près du Symphony Hall, nous sommes revenus à mon hôtel pour y faire des choses que je n’avais pas faites avec un garçon depuis bien longtemps.
Après une douche en commun je m’étais installé au lit prêt à dormir mais Bryan m’a annoncé qu’il devait rentrer chez lui. Je me suis donc tapé une heure de route aller retour, en décapoté dans la nuit chaude de l’Arizona.

18404ème jour

Phoenix II

L’après-midi, longue réunion chez notre client. De notre côté de la table, nous sommes six à porter une cravate (sauf une jeune femme). De leur côté, ils sont six à ne pas en porter (même les femmes). Le soir, dîner dans un merveilleux restaurant mexicain, très arrosé de Margarita.

18403ème jour

Phoenix I

Comme je suis en liste d’attente, j’arrive deux heures à l’avance à l’aéroport que je connais maintenant come ma poche mais la conne de l’embarquement se sent outragée que je lui demande le moindre renseignement. « I’m working on it! » me dit-elle sèchement. J’aurai pour finir une place à bord et ce vol Paris Phoenix sera le premier de ma vie où je serai en connexion Internet. Dans quelques années, on aura du mal à imaginer que ce service n’était pas disponible tellement c’est merveilleux de travailler comme à son bureau, mais aussi d’être sur msn messenger ou facebook à dix mille mètres d’altitude. Par amusement, je connecte mon Iphone sur Grindr et je me rends compte que les autres connectés sont tous d’Atlanta, où se trouve sans doute la connexion principale.
Il y a trois heures de différence entre Atlanta qui est sur le même méridien que New York, et Phoenix, qui est sur celui de Los Angeles. C’est donc à onze heures que j’ai atterri, parfaitement à l’heure pour ma réunion de midi.
Il n’y a pas grand-chose à dire de Phoenix. C’est une ville rectiligne parcourue d’autoroutes qui se ressemblent toutes. Le paysage est très sec et la ville est entourée de montagnes désertiques. Partout de grands cactus qui sont en fleur en cette période de l’année. La température est encore douce et comme il fait extrêmement sec, la ville jouit d’un climat très agréable qui a attiré de nombreux retraités. Phoenix est par la taille, la cinquième ville des Etats-Unis et de nombreuses sociétés ont décidé d’y installer leur siège social.
Le soir, je dîne avec un client au restaurant de l’Arizona Biltmore, un très bel hôtel dont l’architecte n’était autre que Frank Lloyd Wright.

18402ème jour

« De l’importance d’être honest » ou « Je n’irai pas a Salt Lake City »

Le matin vers sept heures, je suis réveillé par un SMS d’Air France me prévenant courtoisement que mon vol pour Atlanta qui était prévu à 10h30 ne décollera qu’à 16 heures, en raison des nuages du volcan islandais. Comme ce retard me fait rater ma correspondance à Atlanta, j’appelle aussitôt Air France pour trouver un vol alternatif. On envisage un temps une correspondance à Los Angeles, puis une autre à Salt Lake City, mais mon interlocutrice me convainc de revenir sur celle d’Atlanta, en me mettant seulement sur le dernier vol Atlanta Phoenix, qui me fait arriver vers minuit, heure locale. J’ai fait une grosse erreur, celle de l’écouter sans réfléchir.
Vers deux heures, j’arrive à Roissy. Comme à l’habitude, le retard annoncé est de plus en plus important et nous ne décollerons qu’à 18h30. Juste derrière moi, dans le salon Air France, Pierre Boulez attend lui aussi son vol très en retard pour New York. En raison du nuage de cendres volcaniques c’est une route très surprenante que prend le Boeing 747, en contournant l’Islande par le nord et en survolant le Groenland qui, au travers du hublot, donne l’impression d’une couche de neige d’une incroyable épaisseur de laquelle émergent quelques petits pitons blancs eux aussi. Un peu après, alors que nous descendons vers le Canada, nous survolons une mer d’icebergs.
Nous avons atterri à Atlanta vers 22h30. Mon vol pour Phoenix était parti depuis une heure. A contrôle des passeports, le policier m’indique que je n’ai pas rempli le formulaire ESTA, ce qui est faux, puisque je suis entré aux Etats-Unis en décembre dernier. J’ai donc droit à un régime spécial, je dois aller dans un bureau où une fille hargneuse crie après un hollandais qui a prétendu lui aussi l’avoir rempli : "You re a lyer ! How do you want us to trust you if you lye !" crie-t-elle. Au cours d’une accalmie verbale elle se met à me houspiller car je n’ai pas depose mon dossier dans le toaster (je me demande toujours j’aurais pu deviner qu’il fallait le faire). Comme je lui présente sur mon ordinateur mon formulaire ESTA de décembre, je peux ainsi témoigner de ma bonne foi et il apparaît que l’erreur vient du fait qu’en plus du numéro de passeport, j’ai ajouté un dernier numéro qui représente le numéro de livret. Comme je suis honest elle ne me fait pas la grande scène et je peux partir m’enquérir de ma chambre et de mon changement de vol. Il est bien sûr inutile de mentionner qu’il n’y a personne d’Air France pour s’occuper des nombreux passagers en mal de correspondance. Sur la base d’un mauvais conseil, je pars dans un petit train au Concourse B d’où part le vol du lendemain pour Phoenix. Au guichet Delta, une femme bien peu aimable elle aussi m’indique sèchement que le vol du lendemain est complet, qu’elle n’est pas compétente pour le voucher de ma nuit d’hôtel et que je dois revenir au Terminal Principal. Je tournerai encore un peu (j’ai même essayé le guichet Lost Luggage de Delta avant de trouver enfin le bon endroit où, bien sûr un serpentin d’une cinquantaine de passagers s’était déjà formé. J’ai attendu 45 minutes de plus, puis j’ai du trouver une navette pour l’hôtel Westin où j’ai passé une brève nuit de cinq heures.
Je pense pouvoir qualifier ce voyage du pire de ma vie.

18401ème jour

Alors que j’attends mes filles devant chez leur mère, je lis sur mon iphone le blog d’Alice et je suis hilare en y lisant un poème de René de Obaldia que je connais déjà et qui me fait une nouvelle fois mourir de rire.
CHERCHE UN HOMME QUI ARTICULE
Cherche un homme
Ayant sérieux pécule
Et qui, de plus, articule.
AR-TI-CULE
Because, j'en deviens dingue
Qu'il m'arrive d'être sourdingue.
Qui articule
Qui roucoule qui hulule
Qui vocalise
Qui, dès le matin, me dise :
- Ma chérie, reste au lit
Je vais préparer le café
Et te l'apporter
Avec des tartines grillées
Du saumon fumé
Des tranches de lard
Des œufs brouillés
Et un pot de caviar
CA-VIAR
Qui rime avec JA-GUAR — enfin presque
Si l'on veut être chevaleresque.
CA-VIAR.
Vraiment, je deviens sourdingue !
Avant d'aller au burlingue
(Il a déjà mis son manteau
Son chapeau)
Qu'il me dise
D'une voix exquise
Mais tout à fait précise :
— Je te laisse la voiture
(La marche à pied c'est bon pour ma cure)
Comme ça tu pourras faire les magasins
T'acheter ce dont tu as besoin.
CE-DONT-TU-AS-BESOIN. BESOIN
Sac en crocodile, escarpins
Des collants
Un manteau d'astrakan
Robes, sous-vêtements...
Enfin, tu vois
Tu sais mieux que moi, mon petit lutin
Ce qui convient à ton tempérament.
Je te laisse un chèque en blanc.
CHÈ-QUE EN...BLANC
Bien articuler
Pas chèque en PLAN
CHÈ-QUE-EN-BLANC.
Parfois l'oreille gauche me fourche
Et j'ai la droite qui louche
Mais si je m'applique à ouïr
Je puis entendre sans déplaisir :
— Ma chérie, c'est toi la plus belle
Si tu veux, cet été, je t'emmène aux Seychelles
SEY-CHELLES. Chelles comme la ville de Chelles
Mais avec SEY, devant. SEY-CHELLES
Ou si tu préfères
Tant qu'à faire
A Honolulu.
Lulu comme Lulu mais avec Hono devant
Bien laisser filtrer l'air entre tes dents
HO-NO-LU-LU.
Si je suis quelquefois de la feuille un peu dure
Certains mots, par nature
Bruissent avec bonheur à travers ma ramure.
En bref, un homme qui sait parler aux femmes
Belle âme
Bon pécule
Et qui articule.
AR-TI-CULE.

J’appelle Alice, je tombe sur son répondeur et je laisse le message suivant en prenant soin de bien articuler :
Ma ché-rie res-tau-lit !
Déjeuner avec mes filles au café Pierre célèbre dans tout l’univers pour son steak tartare.

18400ème jour

J'ai tué ma mère

J’ai été tellement enthousiasmé par la bande annonce des Amours Imaginaires que, ce soir, j’ai acheté au Virgin le premier film de Xavier Dolan J’ai tué ma mère, tourné alors qu’il n’avait que 17 ans. C’est un grand film, grave et drôle, pudique et exhibitionniste. Les réfractaires à l’accent québécois devront s’abstenir mais pour les autres, il s’agit d’un film à voir de toute urgence.

18399ème jour

Sebbb

J’ai proposé à un garçon de venir avec moi à Los Angeles la semaine prochaine (départ dans trois jours, il reste de la place, je sais, je suis fou). Nous déjeunons ensemble pour faire connaissance. Sur internet il s’appelait Sebbb, mais dans la vraie vie, il dit s’appeler Steve. Il se montre très désireux de venir mais moi, je ne le sens pas du tout. Je n’ose pas le lui dire en face. Je le ferai plus tard, au téléphone.
Le soir, dîner avec l’homme aux lunettes Cartier au Benkay, le très bon restaurant japonais de ce qui fut l’hôtel Nikko et qui est maintenant un Novotel. C’est exactement l’endroit qu’aurait aimé G. et je m’efforce de chasser cette idée de ma tête.

18398ème jour

Maxime Leroux

Un grindrien prend contact avec moi, persuadé que suis un acteur de séries télévisées. Je joue un peu avec sa méprise sachant très bien qu’il me confond avec l’acteur Maxime Leroux que beaucoup de gens connaissent sans savoir son nom et dont certains prétendent que je lui ressemble. Comme il devient insistant, je suis obligé de lui lâcher le nom et c’est alors qu’il m’annonce ma mort. Je découvre que mon pseudo-sosie est décédé le 21 janvier 2010.

18397ème jour

Les amours imaginaires

Je découvre la bande annonce du film de Xavier Dolan grâce à Philippe Besson qui en fait la promotion sur sa page Facebook. Il n’est pas surprenant que ce dernier soit séduit par une histoire de bisexualité mais les images sont si belles qu’elles ne peuvent qu’attirer. Je la fais aussitôt découvrir à Paris, un ami grec qui doit me visiter courant septembre, quand le film sortira en France.

18396ème jour

Armida

La grande Edition Naïve Vivaldi, qui nous a déjà offert ces dernières années de magnifiques disques Vivaldi, vient de publier Armida al Campo d’Egitto, un opéra en trois actes dont le deuxième, hélas perdu, a été reconstitué en utilisant des airs d’autres opéras. Le résultat est éblouissant et c’est probablement, avec Orlando Furioso, le meilleur opéra de Vivaldi. C’est d’ailleurs sont premier grand opéra, dont le succès a été tel en 1718 au Teatro di San Moisè de Venise, que Vivaldi l’a repris quelques mois plus tard à Mantoue alors qu’il était devenu le musicien attitré du Teatro Arciducale. C’est une suite d’airs qui pourraient tous être des tubes, l’orchestration est éblouissante et je ne cesse de l’écouter chez moi et en avion.

18395ème jour

Un dîner

Dîner en tête à tête avec ma fille aînée au café de l’Esplanade. Elle est heureuse de découvrir cet endroit. Je la dépose ensuite avenue de Wagram à la terrasse d’un café où l’attendent ses amis.

18394ème jour

Encore Brice

Je passe chercher Brice chez lui rue Quincampoix. On dîne chez Berlotti. On va chez moi. Vodka, Pamplemousse, Haschich, Feu de bois, Erikah Badu... On ne change pas une recette qui marche. Malheureusement, je dois le raccompagner chez lui vers minuit.
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