16325ème jour

Flashmob #8

Le Huitième flashmob parisien, trois jours après le précédent, était un bookcrossing. Parismobs avait demandé aux participants d'apporter un livre "sans valeur particulière mais auquel ils sont néanmoins attachés". J'avais choisi Son frère de Philippe Besson, que j'avais lu récemment. Le flashmob consistait à dédicacer son livre en y inscrivant son email sur la page de garde, puis à en lire un extrait pendant quatre minutes. Le brouhaha des quatre à cinq cents participants lisant à haute voix dans la galerie du Marché Saint Honoré était assez indescriptible. Peu de passants spectateurs à cette heure malheureusement. Il fallait ensuite échanger son livre, autant de fois qu'on le souhaitait. Certains ont un peu de mal à refiler le mode d'emploi d'une imprimante Lexmark, ou la Psycho-pathologie de la vie quotidienne de Freud. Je propose mon livre à une jeune fille aux cheveux pourpres. Elle a l'air triste de me céder un exemplaire Folio visiblement lu et relu de Zazie dans le métro.
A l'intérieur une bien belle histoire d'attachement à ce petit livre :

Je me sépare avec un peu de tristesse de ce livre. Cependant c'est avec joie, bonheur ivresse et volupté que je vous l'offre. Petite histoire du présent ouvrage: pendant longtemps, il m'a été interdit de le lire. En effet, j'étais alors en CM2, et il m'arrivait de temps à autre de faire des fautes d'orthographe... or ce livre est un festival de néologismes et compagnie.
Prenant mon courage à deux mains, je descendis un jour pour aller le subtiliser dans la bibliothèque...
Voila, je l'ai maintenant lu maintes fois, en l'ouvrant tout à fait au hasard.
Bonne lecture.
Zoé.


Merci à Zoé pour cette belle histoire et pour ce cadeau.

16324ème jour

Incertitudes

Les jours passent.
Je me suis attaché à toi.
A ta présence dans mon appartement.
A ta présence dans ma vie.
A ton histoire.
A ton sourire.
Dans le même temps, j'ai aussi conscience de la fragilité de notre relation.
De ton prochain retour à Londres.
De ta jeunesse.
Du fait qu'à ton âge, il est absurde de s'engager vraiment.
J'aimerais te rendre heureux.
J'aimerais t'emmener en voyage.
J'aimerais retourner à Amsterdam avec toi.
J'aimerais te faire découvrir Istanbul, Barcelone et Bali.
J'aimerais découvrir avec toi Rio et Saint Petersbourg.
Mais j'ai besoin que tu te découvres un peu plus.
J'ai besoin de savoir ce que tu ressens.
J'ai besoin de savoir ce dont tu as envie.
J'ai besoin de savoir si au delà d'une vie aventureuse, tu es aussi prêt pour l'aventure de la vie.

16323ème jour

Coke en stock

Lors de ma première visite à Amsterdam, il y a fort longtemps, mon ami O. nous avait emmené dans un hôtel qu'il connaissait, près du Vondel Park, le Kok Hôtel dont le nom de havre pour drogués m'avait toujours fait sourire. J'y suis retourné au cours de visites ultérieures.
En recherche d'un hôtel le week end dernier, je n'arrivais pas à le retrouver. En errant dans les petites rues verdoyantes derrière le Concergebouw, je croise un passant, baisse ma vitre et lui demande, sans doute avec un mauvais accent anglais : "Hi! Do you know where is the Cock Hotel?? Il m'a regardé totalement ahuri. Puis il nous a souri et nous a dit. "No! Good luck!"

16322ème jour

Flashmob # 7

La date -juste un an après la première-, le lieu de rendez-vous, laissaient penser à un remake anniversaire. A l'heure dite, près des grilles du jardin des Tuileries, il pleut. Il y a une foule, comme d'habitude assez gentille, qui essaie d'obtenir le sésame des mains d'un jeune homme un peu trop élégant, en casquette américaine et en tongs, malgré le temps. Celà me fait bizarre de strictement reproduire un an plus tard cette action que j'avais tant aimée.
Il y a beaucoup plus de monde que l'an passé sous la pyramide. Sans doute quatre à cinq cents personnes. Le délicieux ballet de "est-ce qu'il en est? est-ce qu'il n'en est pas" se reproduit. Une star de l'art se mèle même à la foule pour participer à la fête.
A la minute près tout le monde s'affaisse. Je retrouve cette même impression de vertige, de lumière, et la fraicheur du marbre. Peut être un peu moins d'excitation que l'an passé. Quand nous sortons, il fait soleil. A. est en tout cas devenu un adepte des flashmobs.

16321ème jour

J'ai un nouveau lecteur

Depuis l'ouverture de ces pages, je me suis souvent demandé l'attitude à adopter dans l'hypothèse où j'entrerais dans une relation plus importante à mes yeux. J'ai de fait rapidement pris la décision hier. J'ai informé A. du principe de ce journal, et de sa publication. Je me suis également proposé d'en interrompre le fil, s'il devait entraîner le moindre impact négatif sur notre amitié. A. a été bien sûr surpris de l'existence de ces pages et à tenu à en connaitre immédiatement la teneur. Je lui ai fait lire quelques posts variés, représentatifs de ces deux dernières années, puis je l'ai laissé prendre connaissance de mon récit de cette dernière semaine. J'étais un peu inquiet, tant je comprends que cet exhibitionnisme puisse choquer, voire décevoir. Je l'ai senti à la fois amusé et ému de relire ce que nous avions partagé ensemble. Et il a accepté que je poursuive.

16320ème jour

Obsession

Hier midi, j'étais suffisamment désespéré pour passer au hasard en bas de chez lui dans l'espoir illusoire de le croiser. Hier soir, j'avais du mal à penser à autre chose qu'à lui. Dans la nuit, je n'arrivais pas à dormir et je me suis touché en me rappelant certains instants de ce week end. Au moment de jouir, j'ai sanglotté de me sentir aussi nul, aussi sale, aussi seul, aussi démuni, aussi fragile.
Ce matin, j'ai préparé un courrier rédigé à l'adresse notée la veille. Il était bref:
Rappelle moi s'il te plait.
Je n'ai pas tes coordonnées.
V.
06.16.61.xx.xx

Je suis parti poster ma lettre sans grandes illusions. Je n'ai pas eu le temps de la glisser dans une boite au lettre avant mon déjeuner à la Grande Armée. Et c'est là, au moment du café, qu'il a choisi de me rappeler. A-t-il juste égaré mon numéro comme il le prétend? A-t-il voulu se faire désirer, ce en quoi il a pleinement réussi?
Je ne sais.
Je sais seulement que j'ai déjà hâte d'être ce soir.

16319ème jour

Absence

Pas de nouvelle depuis vingt sept heures. Il ne me reste que ton briquet jaune que tu as oublié sur le canapé. Tes mégots que je n'ose ôter du cendrier. Ma chemise noire que tu as emplie de ton parfum. Huit photographies que je contemple souvent. Et mes larmes amères pour me souvenir du sel de tes lèvres.

16318ème jour

La musique des vacances

En Italie, j'ai bien sûr acheté la compilation Festivalbar 2004, un assez bon cru. Les tubes du voyage ont été Anastacia Left outside alone, Max Pezzali/883 Lo strano percorso, Mousse T. Is it'cos I'm cool?, Eamon Fuck it, J-Five Modern times, Pino Daniele Pigro, The Coors Summer sunshine, Articolo 31 Senza Dubbio, Maroon 5 This love, Patrice Sunshine, Tiziano Ferro Ti voglio bene, Lionel Richie Just for you, Blue A chi mi dice, Francesco Renga Ci sarai, Janet Jackson All nite, Max Gazze Annina, Simone Il mondo che non c'è.
Je vais m'en faire une compil de compil à écouter cet hiver pour me souvenir du soleil d'Italie.
Et puis il y a ta chanson Ti porto in Africa de Mango que j'écoute en boucle depuis que tu es parti.

16317ème jour

Sensations

Lorsque tu es sorti de la douche ce matin, les gouttes d'eau tombaient sur ton tee shirt. Tu avais l'air de te sentir chez toi. Il y avait Broken statue de Perry Blake sur la platine CD. Et la scène m'a parue étonnamment familière.

16315ème jour

A.

samedi 0h05
- "Tu as l'air très demandé."
- "Oui mais c'est fatigant, pas grand monde d'intéressant"
- "On envoie tout péter et on va boire un verre tous les deux?"
- "Pourquoi pas... Mais j'habite Versailles..."
- "Et alors? je viens te chercher en voiture."
- "OK! devant les grilles du château. Il te faut combien de temps pour arriver?"
- " Trente minutes environ. 0h45 devant les grilles du château?"
- Ca marche... A plus!"

samedi 0h45
La route a été facile. Un petit bout de périphérique, le pont de Saint Cloud, l'autoroute de l'ouest, deuxième sortie, le grand rond-point. Le château. Je rentre sur le parking. Il pleuviote, il fait 15 degrés de moins qu'à Rome la veille. Je porte encore mes sandales de Palerme, incongrues sur les pavés trempés. Je me dis que ça sent le lapin, qu'il ne viendra pas.
- C'est toi Vincent?
- Oui bonjour, tiens tu es en tongs, toi... on y va?

Samedi 1h00
Nous apercevons la tour Eiffel qui clignote depuis le pont de Saint-Cloud.
samedi 1h15
On se fait jeter au café de Paris.
"Il faut être accompagné!", nous dit le black patibulaire.
samedi 2h00
On trouve un bar dans le Marais. Pas grand monde, on peut parler calmement. Je peux observer son visage tranquillement. Il est encore plus beau que sur la photo internet, un visage fin en lame de couteau, un très beau nez qui a sa personnalité, un sourire éclatant et des yeux rieurs.
L'heure passe vite, le bar ferme. Nous passons au Raid, endroit que je n'aime pas trop. Des visages connus m'interpellent. Etrange hasard. Michaël, Franck et brenig qui fêtaient avec M@nu sont départ pour Toronto. Le contact a l'air de bien passer entre tout le monde. On part au Queen. Je ne me souviens pas de grand chose. Juste de l'avoir regardé alors qu'il dansait et de Michaël qui sautait comme une puce.
samedi 5h30
Je dépose tout le monde près du vélo de Michaël, je rentre chez moi avec A. On fume un peu. Il est expert pour fabriquer des joints élégants. Il aime ça visiblement. Il me dit qu'il est totalement défoncé, il m'embrasse goulument. Il me dit qu'il veut aller dans mon lit. On se déshabille vite. On a hâte. Son corps est chaud et très doux. Je me dis que ca n'est pas possible, ce qui arrive, que je rêve ou bien que j'ai vraiment trop de chance. Visiblement il adore le sexe. On s'endort aussitôt, et on remet ça plus tard dans la nuit.
samedi 11h00
Je le regarde dormir. Je pourrais rester là à le regarder pendant des heures, médusé par la sérénité de son beau visage. J'ai très envie de lui proposer de partir. Je n'ose pas. Peur qu'il me prenne pour un fou.
samedi 12h00
Il se réveille lentement. Il me sourit. Je lui dis bonjour.
- "Ca te dit qu'on parte à Amsterdam?"
- "Quand? Maintenant?"
- "Oui, Maintenant."
- "D'accord, mais il faut que je repasse à Versailles prendre des affaires."

On prend une douche ensemble. Il jouit.
samedi 15h00
Porte de la Chapelle. L'autoroute du Nord
samedi 19h00
Amsterdam le Ring, les canaux. Il découvre la ville. Il a l'air heureux. Moi, je le suis. Je l'emmène au Bulldog. On a de bonnes crises de fou rire. On a du mal à trouver un hôtel dans le centre. On se rabat sur l'aéroport, dans le Sofitel tout neuf. Regulierstraat, un petit resto italien sur Utrechtstraat.
dimanche 0h00
Il y a vingt quatre heures, on ne se connaissait pas. Soho Exit. Soirée moyenne niveau boîtes. The iT est fermé pour trois mois, le Backdoor définitivement.
dimanche 6h30
On arrive a l'hôtel. On refait l'amour. Manu est dans l'aéroport de Schipol juste à côté.
dimanche 14h00
On retourne au centre ville. Je veux lui faire découvrir le café De Jaaren. On est en terrasse au bord du canal. Il fait soleil. Il a l'air heureux. Je le suis. Un autre pétard dans un petit café bizarre à la décoration franc maçon, près de Rembrandtsplein. On fait les boutiques largement ouvertes en ce dimanche. On se balade devant le Concertgebouw, sur l'esplanade des Musées.
dimanche 18h00
On reste longtemps à April, sur le bar circulaire tournant. Il a l'air triste de songer au retour.
dimanche 20h00
Un dernier café avant de partir
dimanche 20h30
Ring A10 direction Utrecht. Je merde comme d'habitude a Anvers. Il dort deux heures en voiture alors que je conduis. Au poste frontière, les douaniers arrêtent longuement la voiture nous précédant, puis nous laissent passer.
lundi 1h00
Nous apercevons la tour Eiffel qui clignote depuis le périphérique nord.
- "Il y a 48 heures on ne se connaissait pas".
- "J'ai l'impression de te connaitre depuis des années".

lundi 1h30
Versailles. Il reprend des affaires chez lui. J'essaye en vain de dormir un peu dans la voiture
lundi 2h00
Depuis la rue de Passy, nous apercevons la tour Eiffel qui clignote une dernière fois pour la nuit. C'est celle que je préfère, quand les spots clignotent sans l'éclairage général.
lundi 3h00
Repas insipide au Pied de Cochon. Notre voisin ressemble au Ministre de la Culture.
lundi 4h30
Retour au Queen. Pour moi un coca. Pour lui un gin tonic. Une fille assez jolie nous aborde :
- "Vous êtes Homos?"
- "A votre avis?"

On danse un peu.
lundi 5h30
On rentre. Il refait un pétard. On jouit presque ensemble en se regardant dans les yeux.
lundi 12h00
Il faut que j'aille au travail.
lundi 13h30
Je le dépose au RER champ de Mars. Je le regarde s'éloigner. Je suis à la fois inondé de bonheur et anxieux. Je ne méritais pas ces trois jours. J'ai hâte de le revoir. Il me manque déjà.
Il va rentrer à Londres dans dix jours.
Ne pas s'attacher.
Ne pas s'attacher.
Ne pas s'attacher.
Ne pas s'attacher.

16314ème jour

Un garçon d'Italie

J'avais lu Son frère, roman de Philippe Besson et je l'avais adoré. Je me suis depuis procuré En l'absence des hommes, son premier roman. J'y ai retrouvé le même style séduisant. Des mots précis et des phrases qui sonnent bien, que l'on aurait presque envie de lire à haute voix.
Son livre de l'année dernière, Un garçon d'Italie, m'a bouleversé. Je l'ai lu deux fois de suite, ce que je n'ai jamais fait dans mon souvenir pour aucun livre. Il s'agit d'un récit à trois personnages, chaque chapitre étant rédigé à tour de rôle par l'un des protagonistes. J'ai retrouvé dans ce roman tellement de sensations, de souvenirs, d'abandons qui me sont personnels. Et puis il y a cette scène où Leo et Luca se rencontrent pour la première fois. Leo va prendre une douche et lorsqu'il ressort avec des cheveux qui gouttent sur son tee shirt, Luca pense que la situation est naturelle, qu'elle est familière. Il s'endort sur les genoux de Leo au son de Broken Statue de Perry Blake. Lorsque Luca se réveille, il voit que Leo a fumé plusieurs cigarettes en bougeant le moins possible pour ne pas le réveiller. Ils se regardent. Et ils s'embrassent.

16313ème jour

Mes voyages a Rome

La première fois, j'avais quinze ans. C'était un voyage organisé par l'école. Ma mère, qui n'était jamais allée de sa vie plus au sud que Vérone, avait estimé qu'il était impossible d'aller à Rome en mai sans un chapeau et j'avais arboré une casquette américaine bleue avec le drapeau étoilé sur le côté. En ces temps reculés, mes camarades de classe trouvaient ça bizarre. Je me souviens de mon excitation à regarder la Méditerranée depuis le train au petit matin, je me souviens d'avoir été fasciné par la Trinité des Monts la nuit, je me souviens d'avoir dormi douze heures tant j'étais excité et fatigué au retour.
La seconde fois était un vrai bonheur: c'était mon premier vrai voyage dans ma première voiture, une petite Renault 5 dorée. C'était aussi mon premier voyage en amoureux avec V. Je me souviens qu'elle me suçait alors que je conduisais sur l'autoroute du Sud et que quelques chauffeurs routiers s'en apercevaient et nous faisaient des appels de phare. C'est au cours de ce voyage que j'ai découvert Portofino, Lucca, Sienne, Chianciano Terme, les asperges vertes, Florence, les spaghetti alle vongole, le tartuffo, et que je suis devenu amoureux à jamais de l'Italie. A Rome, nous habitions dans un petit hôtel en réfection, près du Colisée et tous les jours, il y avait des changements dans notre chambre. Je me souviens aussi que c'est la seule fois où l'on pouvait conduire librement partout dans le centre historique. J'adorais foncer au hasard dans les petites rues pavées, le long des palais sombres jusqu'à en perdre le sens de l'orientation.
Le troisième voyage était un combiné Rome, côte amalfitaine, Naples. Je revenais d'une convention de mon boulot de Sardaigne et j'avais attrapé un vol Cagliari Rome d'al Italia à l'issue d'une histoire à mourir de rire qu'il faudra que je raconte un jour ici.
Le quatrième séjour avait un but particulier : j'étais le témoin de mes amis E & S qui se mariaient à la Trinité des Monts. Je me souviens de la belle promenade de l'Aventin jusqu'au Pincio, je me souviens de la longue discussion que j'avais eue avec le père de S. près du Circo Massimo, je me souviens des invités du Mariage qui avaient chanté ensemble le premier air de Leporello à l'Osteria del Orso, je me souviens du Requiem de Mozart à Sant Ignazio, je me souviens d'avoir filé à Venise après le mariage pour faire découvrir cette ville à V.
Au cours du cinquième voyage à Rome nous avions rejoint Gaëtan qui logeait dans un grand centre derrière le Vatican. Je me souviens de notre balade sur la via Appia et d'avoir découvert la magnifique petite église San Clemente.
Le sixième séjour me rappellera toute ma vie deux petits impermeables roses et le fait d'avoir cherché, tard dans la nuit les paroles d'En sortant de l'Ecole, et une partie de tennis surréaliste sur le court municipal de Ravello.
Le septième voyage est plus flou dans mon esprit. Il était destiné à faire plaisir à D. pour qu'elle découvre la ville. Je me souviens surtout de notre rendez-vous foireux à Santa Maria Maggiore et de l'avoir retrouvée endormie dans le hall de notre hôtel. Je me souviens des obsèques de Diana à la télévision et de la mort de Solti.
Le huitième séjour était avec P. J'ai aimé lui faire découvrir cette ville où je sais qu'il ne pourra jamais plus séjourner sans songer à nous.
Le neuvième séjour vient de s'achever.

16312ème jour

L'autoroute des mers

Plutôt que de reprendre le ferry de Messine à Reggio di Calabria, j'ai choisi de prolonger la promenade jusqu'à Salerne. Pour à peine plus cher que deux chambres d'hôtel, nous avons eu une cabine toute neuve, un toilette chimique qui faisait des prouts terribles et même une douche. La difficulté principale consistait à trouver l'entrée du Molo Nurimbergo dans le port de Messine à Minuit. Mais ceci fait, c'était le vrai bonheur. Y compris celui de découvrir la côte amalfitaine qui se profile à l'horizon dans la lumière du petit matin.

16311ème jour

Je hais Milazzo

J'avais prévu d'achever ce voyage en Sicile par une journée sur les îles Eolinennes. Il y a des années que les îles volcans me font rêver, sans doute depuis que j'ai vu au cinéma Stromboli ou le Journal intime de Nanni Moretti. Nous arrivons donc à Milazzo qui est le point de départ pour les excursions dans les îles. Venant de Palerme, il était onze heures environ et sans doute déjà un peu tard. Mais cela me paraissait suffisant pour aller sur la plus proche, Vulcano, escalader le cratère et passer une heure sur le sable noir de la plage.
Il y a cinq bureaux de vente de billets sur le port de Milazzo. Dans l'un c'était complet. Dans l'autre, il y avait un aller mais pas de retour (tu parles) dans l'autre un aller à 14 heures et retour à 16 heures... Le point commun de tous les guichetiers était de ne parler qu'italien, de n'en avoir vraiment rien à foutre des clients et de ne jamais me regarder en face lorsqu'ils me parlaient. J'ai traité le dernier de cretino, en donnant un coup de point rageur sur la vitre censée le protéger et nous sommes repartis à la voiture. J'ai improvisé une journée à Taormina pour finir notre périple sicilien.
En revanche, il n'y avait plus d'essence dans la voiture. Il y a également cinq stations d'essence à Milazzo. Trois étaient fermées. Je me rend à la quatrième. Je tente de me servir, mais la pompe Sin Plombo refuse obstinément de fonctionner. Je vais à la boutique où trône un type peu aimable qui n'en a rien à foutre de mes problèmes, sans doute par solidarité avec ses collègues vendeurs de promenades aquatiques. De plus en plus enervé, je claque la porte et file vers la cinquième station qui arbore un joli panneau 24 ore. Il y a un automate avaleur de billets et un mode d'emploi. Etape 1 enfiler le billet. Après trois essais infructueux, la machine accepte mon billet de vingt euros. Etape 2 choisir la pompe. Je prends la 2, elle est devant la voiture. Etape 3 se servir, rien. Rien du tout. Je raccroche, je retourne a l'automate qui m'imprime un joli reçu de vingt euros d'essence non délivrée dont je suppose que je pourrais me le faire rembourser si d'aventure je remettais les pieds à Milazzo à une heure d'ouverture décente.
C'est là que j'ai commis ma plus grosse erreur. Il faut dire que j'avais vraiment besoin d'essence. Il faut rappeler que c'était la dernière station du bled, je le savais pour y avoir tourné dans tous les sens en vain. Je n'avais plus qu'un billet de cinquante euros. Toute personne normalement constituée n'aurait pas tenté le diable. Moi si. J'enfile le machin. Je rechoisis la pompe 2. J'essaye de me resservir. Evidemment rien. Et là j'ai vraiment été très très très enervé. J'ai tapé très fort avec le pistolet sur la pompe a essence, si fort que le tuyau en caoutchouc s'est séparé du pistolet puis est tombé au sol en renversant de l'essence (que j'aurais bien aimé récupérer). J'ai allumé un briquet et je l'ai jeté dans la mare d'essence. Non, ça, bien sûr je ne l'ai pas fait mais j'y ai songé je vous le promets. Je retourne à l'automate qui, grincheux, n'a même pas daigné cette fois ci me donner l'inutile reçu. De rage, je donne quelques coups de poings sur l'automate (deux doigts ont saigné légèrement) puis des coups de pieds (j'ai probablement abimé mes jolies sandales achetées en solde la veille à Palerme).
Un client est arrivé, je lui est narré le dysfonctionnement de l'automate, il a vu le tuyau à terre, l'essence répandue et m'a regardé avec un drôle d'air.
Je suis retourné à la quatrième station. J'ai enfin compris qu'elle aussi était une station à automate. Je suis retourné à Milazzo retirer de l'argent. Et j'ai enfin pu mettre vingt euros dans ce putain de réservoir vide.
Et j'ai quitté Milazzo, en me jurant de ne jamais y remettre les pieds. Il faudra que je trouve un autre port d'attache pour réaliser mon rêve de voir Stromboli, Vulcano et Lipari.

16309ème jour

Trapani

A la pointe ouest de la Sicile, il y a un petit village perché en haut d'une montagne qui domine la mer, à 750 mètres d'altitude. Le village en lui même m'a un peu déçu, en raison de sa transformation en une sorte de Saint Paul de Vence touristique. En revanche la vue que l'on a depuis la route qui mène d'Erice à l'extrémité ouest de la Sicile est très étonnante. On voit la ville de Trapani qui occupe en fait totalement la longue pointe qui s'avance dans la mer. Trapani ressemble d'en haut à une longue avenue rectiligne entourée de part et d'autres de quelques rues bordant la mer. La longue avenue rectiligne s'appelle la Via Cristofo Colombo. Elle aboutit à une jetée qui se termine par la tour de Ligny. Et là, juste devant la tour et le soleil qui se couche, il faut faire demi tour. C'est le bout du monde.

16308ème jour

Palerme

J'ai toujours aimé les métropoles au bord de l'eau. La présence d'un port transforme l'atmosphère d'une grande ville, brasse les populations et augmente le charme de la cité. C'est sans doute pour ces raisons que j'ai aimé Naples, Lisbonne, New York ou Barcelone. En parcourant les rues de Palerme, ce premier soir, j'ai vraiment ressenti le charme de cette ville, son contraste entre les palais et les quartiers lépreux.
On se repère facilement à Palerme : Deux rues perpendiculaires la traversent de part en part : la Via Roma, parallèle à la mer où se trouvent de nombreuses boutiques, et la via Vittorio Emmanuele qui va du port jusqu'à la Porta Maggiore où se trouve le Palais des Normands. Et si on se trouve ailleurs, la pente imperceptible vers la mer et les deux montagnes qui entourent la baie permettent facilement de se retrouver dans ce plan au carré.
La ville est étrange : plus encore que dans le reste de la Sicile on y sent l'influence de tous ceux qui ont tenté de la dompter : les phéniciens, les grecs, les romains, les carthaginois, les normands, les arabes, les italiens et même les français... En roulant à vive allure sur les dalles brillantes des rues, en écoutant fort Tiziano Ferro dans son dernier tube, j'avais envie de rester là et de tenter d'y vivre...

16307ème jour

Agrigente et l'échelle des turcs

Nous filons sur la cote sud, à Agrigente pour visiter les merveilleux temples ocres. Des troupeaux de touristes bravent les 40 degrés pour parcourir les deux kilometres qui séparent les deux temples principaux. Mes filles sont surtout intéressées par le fait de savoir si une jeune femme qui se promène très entourée est Britney Spears ou non. Elles tournent autour pour tenter de percer le mystère. A leur grande déception, la jeune fille parle italien.
Nous partons ensuite à quelques kilometres de là, sur une petite plage au pied d'une immense falaise de calcaire blanc. Les siècles et l'eau ont creusé de véritables marches dans la falaise et à mi hauteur, on peut même trouver toute une série de transats de calcaire plus ou moins naturels où il fait bon prendre le soleil, cinquante mètres au dessus de l'eau.
Long bain de mer dans les vagues avec une eau à trente degrés, puis une courte visite du centre ville plein de charme d'Agrigente, malheureusement lui aussi cerné par les barres d'immeubles immondes.

16304ème jour

En Sicile

L'autoroute longe la cote Nord de l'extremité de la botte. Mais cette partie de l'Italie est très montagneuse et c'est bien avant Messine que l'on aperçoit la Sicile au loin, derrière un rideau bleu. La compagnie de ferry est incroyablement bien organisée. Pas d'attente, prix modeste -36 euros- un quart d'heure a peine de traversée. Nous partons pour Nicosia, dans la montagne sicilienne: Au programe trois jours de piscine et de soleil pour réparer mon dos cassé par les 600 kilomètres d'autoroute.

16303ème jour

Sous la plante du pied

La descente le long de la botte italienne a été plus longue que prévue et les autoroutes italiennes pleines de bosses et de dos d'âne ont été brutales avec mon dos convalescent. J'avais choisi une halte dans la partie la plus au sud de la botte, juste sous la pointe du pied, à Catanzaro. J'avais tort. La ville est laide, énorme bubon boursouflé de buildings laids cachant un petit centre ville, le tout construit sur un énorme piton rocheux. La ville a même une excroissance touristique, qualifiée de Lido, à une dizaine de kilomètres du centre. Les italiens n'ont pas su se montrer plus sages que les portugais et les espagnols. Ils ont bien bétonné leur côte sud. Demain, c'est l'arrivée en Sicile.

16302ème jour

Amalfi

C'est mon amie S. qui m'avait parlé pour la première fois de la côte amalfitaine, il y a fort longtemps. C'est la quatrième fois que j'y retourne, et cette fois ci nous n'avons passé que quelques heures pour nous baigner dans l'eau chaude de la petite plage d'Amalfi, puis pour dîner dans mon restaurant préféré Da Gemma. Lorsque j'ai dit au patron que je venais chez lui pour la quatrième fois, il m'a assuré qu'il me reconnaissait, mais je ne l'ai absolument pas cru. Mes filles n'ont pas osé goûter au délicieux dessert de la côte amalfitaine : l'aubergine au chocolat.

16301ème jour

Vacances romaines III

Mon dernier voyage a Rome remonte à plus de quatre ans. J'étais avec P., heureux de lui faire découvrir la ville à lui aussi, sans doute notre voyage le plus insouciant. En étant ici de nouveau, je repense bien sur à ce à côté de quoi nous sommes passés. Je ne peux m'empécher de lui en vouloir un peu d'avoir sacrifié une amitié qui aurait du être éternelle à un amour qui ne sera que passager.
Il y a quatre ans, la ville était en plein millénaire et j'avais été un peu agacé de voir mes ocres, mes rouges sombres et ma crasse un peu délabrée, de les voir remplacés par le blanc, le jaune pâle et le rose éclatant. Le temps a passé, la patine est revenue, la ville redevient ce que j'ai connu jadis, à moins que ce ne soient mes souvenirs lointains qui disparaissent au profit de ceux plus récents...

16300ème jour

Vacances romaines II

J'ai choisi pour elles ce que les enfants ne peuvent qu'aimer à Rome : le Colisée, les petits chats qui se laissent volontiers caresser dans les jardins de la Basilique Sainte Sabine, sur l'Aventin, le dôme percé du Panthéon, la fontaine aux Tortues pres du Campo dei Fiori, les plafonds au caissons chargés de Sainte Marie Majeure et de Santa Maria in Aracoeli, la petite obélisque surmontant un éléphant sur la Piazza della Minerva, le pied du colosse de marbre près du Panthéon, l'invraisemblable trompe l'oeil du plafond de Sant Ignazio, les bornes indiquant les tailles respectives des grandes cathédrales mondiales sur le sol de Saint Pierre de Rome... Elles ont aussi eu droit aux beignets de fleur de courgette, mais pas à la Puntarella dont ça n'est pas la saison.

Vacances romaines I

Il y a longtemps que je rêvais de ce voyage. Prendre l'avion avec mes filles, choisir un cabriolet a l'aéroport avec juste quatre places rien que pour nous, visiter Rome et foncer vers le sud, dans la chaleur, pour froler l'Afrique à la pointe de la Sicile. Le rêve se réalise et j'aime le plaisir des filles qui se battent, à tour de rôle, pour appuyer sur le bouton qui ouvre et remet en place la capote de la voiture.
A peine arrivés, nous avons parcouru la ville, cheveux au vent, et je leur ai montré les endroits célèbres, puis ceux que j'aime.
Le soir, le ciel était gris foncé mais nous avons cependant choisi de décapoter pour aller dîner. Quelques minutes plus tard des trombes d'eau s'abattent brutalement sur la voiture. La trentaine de secondes nécessaires pour être de nouveau a l'abri suffisent largement a nous tremper jusqu'aux os. Peu importe. Nous sommes heureux.

16298ème jour

Bon pour le service

Le docteur M. me regarde avec ses bons yeux de Saint Bernard. Je l'ai choisi parce que parmi tous les rhumatologues de mon arrondissement, il est le plus proche. J'ai même réussi à me rendre chez lui à pied.
Le docteur M. m'explique qu'un lumbago, ça dure huit jours si on ne le soigne pas et quinze jours si on le soigne. Il justifie son affirmation par le fait que les anti-douleurs incitent à faire des mouvements inadaptés ne concourant pas à la cicatrisation du disque lombaire. Et le Docteur M. d'expliquer son raisonnement à l'aide d'une jolie maquette où les vertèbres sont blanches, les disques jaunes, et agrémentée d'une jolie hernie rouge. Je n'aurai donc droit qu'à du Doliprane sur mon ordonnance.
Demain je pars avec mes filles pour l'Italie. J'espère être capable de profiter de Rome que je retrouve avec plaisir après trois ans d'absence, et de la Sicile, que je découvrirai enfin.

16295ème jour

Coincé

Celà avait plutôt bien commencé : une rencontre à la terrasse d'un café, deux cocas, la serveuse du café Beaubourg qui connait mes petits secrets, deux autres cocas, le soleil couchant, une marche à pied jusqu'à Notre Dame, le retour calme en lada, deux vodka pamplemousse sur le canapé, des mains qui commencent à s'égarer, une position où l'un des deux se retrouve vraiment au dessous de l'autre, une question innocente : "tu me portes dans tes bras, dis?"
C'est là que tout a dérivé. C'est en effet le genre de question à laquelle j'ai beaucoup de mal à répondre non et l'effort de soulever ce corps assez long en partant de la position assise n'aurait probablement pas reçu l'agrément de la faculté de Médecine.
La suite immédiate s'est pourtant bien déroulée : deux corps qui se découvrent, une entente assez bonne sur l'éternelle question de sentir comment faire plaisir à l'autre, une douche tendre à deux, de nouveau un peu de tendresse sur le lit.
C'est en allant chercher une couverture dans le placard que j'ai senti que j'avais un problème en bas du dos. Je me suis recouché, pensant à tort qu'il n'en serait rien le lendemain.
Le lendemain, justement, je n'ai même pas réussi à me lever. La position verticale me faisait hurler de douleur. J'ai rampé jusqu'à la salle de bains et j'ai peu à peu trouvé la position où, le dos à 45°, j'arrive pitoyablement à avancer. Elle m'a permis au moins d'aller m'instruire en tapant Lumbago sous Google.
Avec tout ceci, un voyage tant attendu à Cologne a été annulé, une soirée improvisée où je me suis retrouvé invité chez moi a été plutôt réussie. Et j'arrive péniblement depuis ce matin à me tenir debout.
Une pensée spéciale à M. H. pour sa gentillesse et ses mains expertes.
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