18120ème jour

L'origami

Je me réveille vers cinq heures. J’emmène à la gare Montparnasse ma plus jeune fille qui m’a accompagné tout au long de la semaine dans trois pays d’Europe centrale et je la dépose vers six heures au train de la Rochelle. A midi je retrouve G. sur les Champs Elysées. Il a toujours son énorme valise que l’on laisse dans la voiture. On va déjeuner au Louis 2 et je suis heureux de lui faire découvrir cet endroit que j’aime. Je retourne travailler et je le retrouve chez moi le soir. Il m’a apporté quelques petits cadeaux. Mais celui qui me touche le plus est un minuscule origami bleu ciel avec deux mots en japonais cachés à l’intérieur. Je continue de lui lire quelques passages du Garçon d’Italie et je le ramène à Saint Paul. Ce fut une très longue journée éclairée par deux yeux immenses qui m’ont tant manqué pendant douze jours.

18119ème jour

Sofia Bucarest Paris

Matinée passée à parcourir le centre ville de Sofia et en particulier la basilique Sainte Sophie et l’église russe. Vers midi nous reprenons prudemment la voiture afin de ne pas rater notre vol retour. La route fut assez facile, beaucoup plus fluide que la veille. J’ai même pu payer le pont frontière en Euros, ayant mis tous mes Lev dans un dernier plein bulgare. Le douanier roumain était assez agréable et nous a même souhaité la bienvenue, acte quasiment incongru en Roumanie. Nous avons déjeuné très tardivement dans un restaurant assez médiocre près de la Plata Romana et nous avons pris le dernier vol pour Paris. J’ai acheté à ma fille Ni d’Eve ni d’Adam d’Amélie Nothomb à l'aéroport. J’en ai lu moi aussi quelques pages dans l’avion et je devine que G. aimera beaucoup.
[18:13] V. J'espère que les Goldberg deviendront tes amies pour la vie. J'ai tant de bonheur à te connaitre. V.

18118ème jour

Istanbul Bucarest Sofia

Lever très matinal pour rejoindre l’aéroport Ataturk, et prendre notre vol retour vers Bucarest. Les passagers arrivent au compte goutte, le vol est presque plein et nous partons avec une heure de retard. A Bucarest, nous retrouvons la fille de Hertz qui commence à nous connaitre et reprenons notre voiture que j’ai payée pour rien pendant deux jours. Nous partons vers le sud. Le boulevard circulaire autour de Bucarest est en travaux et il est tellement chargé que je choisis la mort dans l’âme de traverser Bucarest par son centre ce qui nous prend plus d’une heure. Puis c’est la banlieue sud, fort laide et une autoroute plutôt récente qui nous mène à Giurgiu, la ville frontière au bord du Danube. Il y a un péage et la rombière blonde qui ouvre et ferme la barrière arrive à m’extorquer les quelques Lei qui me restent, en plus du prix du péage. Le pont construit au début des années cinquante est laid, il passe haut au dessus des flots beiges du fleuve.
De l’autre côté c’est le poste frontière bulgare. Le douanier parle bien français, vérifie que le véhicule est assuré en Bulgarie et nous laisse passer assez facilement.
Nous partons ensuite le long d’une longue route de trois cent kilomètres qui nous conduit à travers des plaines agricoles et fort peu d’agglomérations. La terre semble riche, l’habitat pauvre. Le terrain devient plus vallonné et cent kilomètres avant Sofia, la route se change en une autoroute récente, financée par l’Union Européenne et qui traverse une zone montagneuse avec de nombreux ponts et tunnels.
Onze heures après nous être éveillés à Istanbul, sept heures après avoir quitté l’aéroport de Bucarest, nous entrons dans Sofia et ses nombreuses affiches en cyrillique qui lui donnent l’allure d’un petit Moscou de province. Nous laissons la voiture à l’hôtel et partons arpenter la ville. Nous dînons au Krim, un ancien club russe à la savoureuse nourriture italienne, arrosée d’un merveilleux vin bulgare.
J'ai des messages de G. Sa meilleure amie est partie le matin pour le Brésil. Il n’est pas tres operationnel. Dès que je suis de retour à l'hotel, je l'appelle. Il pleure. On passe beaucoup de temps au téléphone, jusqu'à ce qu'il aille un peu mieux.

18117ème jour

Istanbul

Ma fille m’a accompagné de bonne heure ce matin. Nous avons pris le ferry de Besiktas par un temps de carte postale. Je me suis fait cirer les chaussures par un vieux cireur qui a apporté un soin méticuleux à sa tâche et m’a offert une paire de lacets en échange de mon généreux pourboire de deux livres turques. J’ai découvert nos nouveaux bureaux de la rive asiatique et ma fille a eu la lourde responsabilité de mettre à l’eau deux poissons rouges dans leur nouvel aquarium.
Après un étonnant meeting l’après midi avec une femme turque assez laide qui se prend pour une déesse et qui était entourée de sa cour aréopage, après deux heures au bord de la piscine de l’hôtel, après une agréable marche jusqu’à Nisantasi et Besiktas, nous avons dîné avec un client à la terrasse du Vogue à la vue éblouissante surtout en ce soir de Juillet. Le premier pont sur le Bosphore a nouvel éclairage qui accentue encore la magie de la vue.

18116ème jour

Bucarest Istanbul

Il y a fort longtemps que j’avais envie d’aller de Bucarest à Istanbul en voiture, sans doute depuis que j’ai fait pour la première fois en avion cette distance d’à peine 600 km, sans doute aussi depuis que j’ai admiré du le ciel la belle ligne est-ouest qui sépare la Roumanie de la Bulgarie et qu’on appelle le Danube. Ce mariage à Bucarest suivi de rendez-vous à Istanbul était donc l'occasion parfaite et j’avais réservé une voiture depuis Paris. Hier soir à l’agence Hertz d’Otopeni, je demande à tout hasard si le véhicule est bien assuré pour la Turquie, on me répond que non et qu’il est impossible de faire passer la frontière turque à un véhicule roumain. Je le prends quand même espérant pouvoir l’échanger pour quatre jours contre celui de l’un des invités roumains du mariage. Hélas, après vérification, aucun n’avait l’assurance turque et j’ai donc abandonné le projet. Tard dans la nuit j’ai acheté deux billets d’avion et ce matin, ma fille et moi avons décollé pour Istanbul.
Au lieu de longer le Bosphore comme la fois précédente, l’avion est entré depuis la mer Noire sur le territoire turc très à l’est d’Istanbul avant de virer à gauche au dessus de la mer de Marmara et d’atterrir plein Nord sur l’aéroport Ataturk. Après une heure au bord de la piscine, j’ai passé cet après midi à montrer à ma fille les endroits que j’aime à Istanbul, Taksim, le vieux tramway d’Istiklal Caddesi, le funiculaire de Tunel, le pont de Galata, le bazar égyptien, les petits bouquinistes près de l’université avant de finir bien sûr à Sultanhammet. Comme nous n’avions pas déjeuné, nous avons dîné tôt, seuls sur la terrasse de la Blue House, face au dôme de la Mosquée bleue et devant la magnifique vue sur la mer de Marmara. Cette ville où je suis peut être allé cent fois continue de m’éblouir quand les circonstances s’y prêtent.

18115ème jour

La mariage introuvable

Un regard sur mon iPhone dans le taxi a suffit: j’ai aussitôt compris que nous avions quitté l’hôtel à l’heure française et donc, une heure trop tard. Il était 11h45 à Bucarest et le mariage avait commencé à 11h30 dans un village banlieue du nord de la ville. Le trafic était très fluide mais j’étais un peu tendu. Faire deux mille kilomètres pour rater un mariage est un peu énervant. Nous arrivons dans le village vers midi quinze et là, il faut trouver l’église orthodoxe. J’imaginais que ca serait simple, ça ne l’était pas. Notre chauffeur de taxi se renseigne auprès de personnes qui attendent le bus. L’un dit d’aller à droite, l’autre à gauche. Notre chauffeur choisit la gauche. Nous arrivons à un petit cimetière orthodoxe au fond duquel il y a une chapelle. Je m’y rends à pied. Un office est en train d’y être célébré mais l’assistance est à cent pour cent roumaine et villageoise. Nous repartons.
Nous nous arrêtons devant le poste de police où le chauffeur disparait puis revient pour me demander d’y aller à mon tour. A l’intérieur, deux policiers qui n’ont pas l’air submergés d’activité en ce dimanche ensoleillé. L’un des deux parle un anglais fort correct, comprend parfaitement, et indique au chauffeur de taxi où se trouve l’église orthodoxe.
Nous arrivons avec une heure de retard. Tous les invités sont dans la cour de l’église. J’imagine que la cérémonie est terminée et que nous serons juste à l’heure pour la photo de groupe. En fait elle n’a pas commencé, il y a une heure et demie de retard en raison des cérémonies précédentes. Ma fille et moi soufflons.
La cérémonie de mariage fut pittoresque, avec deux popes célébrant le mariage et trois chanteurs masculins l’animant, l’ensemble étant exclusivement chanté. Il y une des couronnes, frottées sur les futurs époux puis placées sur leur tête avant une sorte de ronde autour de l’hôtel. Le sacrement de communion fut distribué sous la forme d’un gâteau ressemblant à un boudoir, trempé dans le vin et devant impérativement être mangé trois fois.
L’après midi, un interminable dîner a commencé vers 14h00. A 22h00, le dessert n’était toujours pas servi et ma fille et moi nous sommes esquivés. Nous devions partir le lendemain de bonne heure pour Istanbul.
G. J’ai peur qu’un jour tu mettes un terme à nous deux
V. Pourquoi Nourson ?
G. Tu pourrais ne pas être amoureux de moi ?
V. Je ne sais pas. Je ne crois pas. Mais toi je pense que tu sais que tu ne le seras jamais...
G. Non j’en sais rien. Je demande dans le cadre d’une hypothèse.
V. Je serais horriblement triste de ne plus te voir… C’est pour ça que je ne sais pas répondre.
G. Je le serais aussi. Je suis bien embêté tu sais.
V. Et si on donnait un peu de temps au temps ? Dis moi ce que tu en penses...
G. Je pense que je veux continuer à te parler et à te voir.
V. Moi aussi… Je le veux vraiment...
Ce soir c’est le 26. Il y a juste un mois, je rentrais de Venise et je découvrais tes grands yeux...
G. Bon anniversaire *
V. A toi aussi Nourson.

18114ème jour

Paris Bucarest

Nous embarquons dans le Paris Bucarest. Ma plus jeune fille, qui m'accompagne, a pour voisin un gros roumain qui s'endort à peine installé dans l'avion. Alors que l'avion commence à rouler sur la piste pour le décollage, il se réveille et demande à ma fille: "Ca y est? On est arrivés?"
C’est amusant de venir avec ma fille dans cette ville où je ne suis jamais venu que professionnellement. Nous marchons un peu sous une chaleur accablante. On prend le métro pour aller au Palais de Ceaucescu qu’il est de bon ton d’appeler aujourd’hui Le Parlement. Je la prends en photo devant et nous rentrons à pied à l’hôtel. Le soir, nous allons prendre un dîner léger avec les invités du mariage du lendemain.

18113ème jour

Pensées noires

Journée entière de meetings clients dans le trou du cul du monde. Le soir retour par le vol Birmingham Paris qui a plus d’une heure de retard. Vol bruyant de passagers pressés et sans éducation. J’arrive à minuit chez moi. On parle longtemps au téléphone et je comprends que malgré tout ce qui s’est passé, il est encore attaché à son ex., qu’il le retrouvera, ça n’est qu’une question de temps. Je suis triste.

18112ème jour

Paris Londres Cheltenham

Ca devient presque une habitude, je reprends le vol de 7h15 pour London City. Un collègue me rejoint pour un breakfast amusant chez Simpson on the Strand où je remarque pour la première fois que la marquise, au dessus de la porte est décorée de pièces d’échecs.
Après mon rendez vous client. Je retrouve S. que j’ai rencontré la semaine passée sur le quai du DLR. Je le rejoins à son lieu de travail, il est enseignant à la London School of Economics, véritable labyrinthe d’immeubles près d’Aldwych. Son bureau est une pièce assez hallucinante décorée de tableaux amusants et de sculptures africaines. Je déjeune (assez mal) avec lui et sa femme à la cafétéria des enseignants et on prend un café ensemble sur la terrasse de l’immeuble. Je marche jusqu’à Covent Garden, je prends un cab pour Paddington, puis le train jusque dans les Costwolds où j’ai un excellent dîner au Daffodil à Cheltenham.

18111ème jour

Messages

Journée épuisante qui commence à 8h00 et finit à 22h30. Comme le lendemain je pars d’Orly et que je reviendrai à Roissy le lendemain, je dois de plus rentrer chez moi en métro. Il y eut juste ces deux intermèdes:
[11:05] G. Hier Mr Bear s’est décroché de mon sac en s’accrochant à ue barrière, ce qui me voit forcé désormais de l’avoir toujours avec moi.
[12:39] G. Tu penses à moi comment?
auquel je réponds:
[12:41] V. Je pense à toi à chaque instant. Je voudrais te donner toutes les secondes de ma vie pour te voir rire et sourire et regarder tes grands yeux.
Et puis nous parlons ensemble quelques instants avant de dormir.

18110ème jour

Obsession III

Journée identique, partagée entre le travail et la lecture du Garçon d’Italie. Je n’ai pas pensé en choisissant ce livre qu’il s’agit d’une relation à trois, malheureuse évidemment. J’ai surtout peur d’entrer dans un autre type de relation à trois, du genre A aime B qui n’aime pas A. B aime C qui n’aime pas B.

18109ème jour

Obsession II

Peu de souvenir de cette journée, beaucoup de travail, et le soir, je lui lis les premiers chapitres du Garçon d’Italie. "Soumission à la beauté..." me dirait Alban Berg.

18108ème jour

Nice Bandol Nice Paris

Je loue une petite Fiat 500 à l’aéroport et je fais les cent cinquante kilomètres qui me séparent de Bandol. Je l’attends près du manège sur le port, il arrive vers deux heures, toujours aussi beau. Nous nous installons au Café du Port où je suis souvent allé autrefois. Je suis heureux d’être avec lui, de le revoir, de revoir surtout ses deux grands yeux. Il a l’air content également de ces retrouvailles, il est évidemment touché par le petit ours qu’il attache à son sac et par l’iPod qui affiche Lene Marlin quand on l’allume.
Nous avons marché jusqu’au bout de la jetée.
Nous avons remarché jusqu’à ma voiture.
Nous avons roulé jusqu’au Casino.
Il est reparti et moi je suis rentré à Nice prendre l’avion de Paris.
Sur la route, je reçois ce message :
[15:56] G. Tu es d’une délicatesse déroutante qui me touche beaucoup. Merci pour cette jolie attention, je t’embrasse sur un fond sonore de Sinatra.
[16:02] V. You're the sunshine of my life...

18107ème jour

The Reader et quelques pleurs

Journée passée à ne pas faire grand-chose. Alors que je sors du supermarché, il m’appelle en pleurs. Il a craqué et il l’a rappelé, le lendemain de cet e-mail si dur. Je suis un peu désemparé. Lui au téléphone est inconsolable, subitement redevenu accroc à ce con qui le traite comme une merde.
Le soir je vais voir The Reader, film plutôt décevant et aux personnages peu attachants, alors que le scénario aurait sans doute permis de faire un chef d’œuvre. Je l’ai de nouveau au téléphone et nous convenons de nous retrouver à Bandol le lendemain.

18106ème jour

Paris Nice

G. m’envoie l’e-mail qu’il vient d’envoyer à son ex. Un long réquisitoire analytique et dur qui examine un par un tous les aspects de leur relation et semble mettre un point final à leur relation. Je le lis quatre fois dans l’avion qui m’emmène pour Nice, pour Nice où je devais le retrouver et où finalement je passerai le week end seul. Avant de dormir, je marche un peu dans la ville dont je trouve qu’elle a mal vieilli depuis ma dernière visite et j’avale bêtement une salade niçoise.

18105ème jour

Londres

Je reprends le vol pour Londres City de 7h15, que je préfère à l’Eurostar en ce moment. Sur le quai du DLR, alors que j’attends le métro, un type souriant m’aborde en français et demande si on se connait. J’ai un flash et je prononce son nom. Lui a oublié le mien mais pas mon visage semble-t-il. Nous avons étudié ensemble dans la même école 25 ans plus tôt et nous ne nous sommes pas revus depuis. On va jusqu’à Bank ensemble. Il travaille à Londres depuis janvier, nous échangeons nos cartes et promettons de nous revoir.
Après mes rendez-vous, j’achète pour G. un Ipod violet à l’Applestore de Regent street, je marche un peu autour de Covent Garden et je rentre à Paris toujours par City Airport où je lui achète aussi un petit ours porte-clefs.
De retour chez moi, je lui remplis l’Ipod avec des musiques que j’aime et dont surtout je pense qu’il pourrait les aimer, je lui ajoute May be I’ll go et je m’endors fatigué de cette longue journée.

18104ème jour

Obsession I

Reprise du travail. Le soir je lui enregistre de nouveaux chapitres du Fait du prince. C’est la seule chose qui m’intéresse vraiment en ce moment. Longue discussion avec lui avant de s’endormir.

18103ème jour

Annecy Lyon

Je me suis levé tôt devant participer à une absurde conférence téléphonique planifiée à 8h00 du matin en ce 14 juillet. Vers midi j’ai retrouvé G. au bord du lac. Il semblait toujours nerveux de notre discussion de la veille. Alors que nous déjeunions ensemble, je lui ai demandé s’il était toujours d’accord pour que nous passions le week-end ensemble à Cervo. Il a répondu par la négative, me remettant évidemment dans la même situation de tristesse que la veille. J’ai encore hésité à me lever et à tout planter mais j’ai bien du constater que j’étais trop attaché à lui et que l’histoire ne pouvait s’arrêter là. J’ai décidé de ne rien changer à ce qui était prévu et que je le ramènerais à Lyon. Nous avons fait la route en parlant peu. Nous avons eu un moment de tendresse quand il a découvert que j’avais apporté le CD de Lene Marlin sur lequel se trouve May be I’ll go, la chanson avec laquelle il a l’habitude de s’endormir. Nous l’avons écouté ensemble à deux reprises.
Arrivés à Lyon, j’ai continué à, lui lire Le fait du prince, alors que nous étions tous les deux allongés sur son grand lit et qu’il me regardait de ses yeux attentifs et concentrés.
J’ai dormi une demi-heure sur son lit avant de reprendre la route de Paris.
A peine arrivé, je suis allé au Virgin Megastore acheter un deuxième exemplaire du Fait du Prince et je lui ai enregistré dans la nuit quelques nouveaux chapitres sur mp3.
Plus tard encore, je reçois ce message :
Je m’endors au son de ta voix. Ca m’a fait très plaisir d’avoir la suite. Bisous.

18102ème jour

Barcelone Annecy

J’ai déposé ma fille à l’aéroport vers 7h00 et j’ai aussitôt pris la route de la France. J’envoyais à G. de temps à autre un SMS pour lui indiquer où je me trouvais. Après sept heures de route, j’arrivais enfin à Annecy, et après avoir déposé mes affaires à mon hôtel, j’ai rejoint G. en bas du sien. J’étais ému de revoir ses immenses yeux. Nous avons fait une promenade sur les bords du lac où G. a de nombreux souvenirs de vacances, puis nous nous sommes rendus au dessus de Talloires, près de là où s’élancent dans le vide les parapentes. Nous sommes restés un long moment allongés côte à côte sur une ancienne plate forme de lancement, bénéficiant d’une vue incroyable sur le lac.
Le soir, nous avons dîné dans un restaurant de la vieille ville avant de marcher un peu et de rentrer à l’hôtel. C’est là que nous avons eu notre première crise. Alors que nous avions prévu de passer une première nuit côte à côte, à peine avions nous commencé à nous embrasser que G. s’est senti mal, envahi subitement par le souvenir de son ex. La situation était inconfortable pour nous deux. Nous avons eu une discussion un peu navrante dont je me souviens qu’il m’a dit que s’entendre dire "Je t’aime" lui donnait envie de fuir. Je lui ai proposé de retourner à son hôtel. Il a accepté en me disant mystérieusement "Je vais me détester de faire cela" et il est parti sans se retourner. Me retrouvant seul dans ma chambre d’hôtel, j’avais envie de pleurer, j’hésitais à décider un retour dès mon réveil mais la fatigue du voyage aidant, j’ai réussi à m’endormir.
[01:14] G. Excuse moi. Tu pars pas avant qu'on se voit demain?

18101ème jour

Dernier jour à Barcelone

J’ai profité de ce séjour pour retourner au Parc Guell que j’avais visité voilà cinq ans sans parvenir à trouver la partie décorée par Gaudi et qui en est pourtant l’attraction principale.
Nous avons ensuite passé une heure sur la plage bondée de Barcelonette afin de profiter un peu du soleil enfin revenu. Puis nous avons cherché un cinéma passant une version anglaise et en 3D de Ice Age 3. Après avoir visité quatre centres commerciaux comprenant un complexe de cinémas, nous avons jeté l’éponge. Alors que nous approchions de l’un d’entre eux près de la ville Olympique, un vieil homme extrêmement bronzé nous dépasse en marchant d’un pas vif. Il attire mon regard car il est vêtu simplement d’un maillot de bain bleu gris et incroyablement moulant. En l’observant, je réalise qu’il est nu et que son pseudo maillot de bain n’est qu’un tatouage qui lui colore les fesses, ainsi que son immense sexe mou qui pend devant lui. Il a l’air assez content de son coup à chaque fois qu’il surprend les passants.
Nous avons passé notre dernière soirée à Cent Focs autour d’une paella.
[09:57] V. C'est si merveilleux de te dire "a demain". Je ne me lasse pas d'y penser. Bonne journée nourson :o)
[20:45] V. Ler soleil se couche sur Barcelone. Demain il se couchera sur tes deux grands yeux et ça sera encore plus beau...

18100ème jour

Le carnaval des animaux - Pierre et le loup

L’essentiel de la journée a été occupé à parcourir la ville en tout sens avec ma fille, à lui montrer quelques endroits que j’aime. Il continue de faire gris comme depuis mon arrivée à Barcelone d’ailleurs mais peu importe.
A 20h30 nous nous rendons à l’Auditori pour le dernier concert de la saison de l’orchestre de Barcelone et de Catalogne. Alban Berg, qui est déjà en vacances, est dans la salle près de nous. Le programme est familial et il y a de nombreux enfants dans la salle. En première partie, le Carnaval des Animaux, que j’entends pour la première fois en concert et qui est accompagné de sketchs dansants d’une compagnie de théâtre. C’est agréable et intelligent. L’orchestre est habillé dans une tenue d’extrême détente anachronique. Sans entracte les musiciens jouent Pierre et le loup, en accompagnement d’un beau film d’accompagnement polonais qui a d’ailleurs reçu un Oscar en 2005. C’est une soirée vraiment réussie, un modèle de ce que les orchestres devraient faire pour attirer les publics familiaux.
Après avoir bu un cava au bar de l’Auditori, nous allons dîner tous les trois à Diputacion 25, l’un des restaurants étoilés de la ville qui présente dans ses menus une étonnante succession d’assiettes dégustation de cuisine expérimentale et délicieuse. Nous avons fini la soirée au Pipa Club, un bar dans un appartement de la Placa Real à la décoration surannée et à la clientèle étonnante si elle n’avait pas tendance à devenir un peu trop touristique.
[11:55] G. Jsuis pas un chaton, jsuis un ourson.

18099ème jour

Retrouvailles

Le bonheur de cette journée était d’aller chercher ma fille aînée à l’aéroport, de la serrer très fort dans mes bras à l’arrivée des passagers du vol Easy Jet de Madrid, à lui faire découvrir les endroits que j’aime du centre ville, à l’emmener dîner à Tenorio et à ressentir ensemble au cours de cette belle soirée comme nous nous aimons.
Et puis ce message :
[11:55]Je ne serai pas très opérationnel aujourd’hui pour faire comme si tout allait bien alors je ne prendrai aucun appel. Désolé ça n’est pas contre toi, et ça ira sûrement mieux demain. Je t’embrasse.
auquel je réponds :
[11:59]Je t’enverrai quand même des petits messages pour te dure que je pense à toi. Ca n’est pas grave si tu ne réponds pas. Tendre bizoo. V.

18098ème jour

Tarragone

Le matin, j’accompagne Alban Berg à l’Auditori afin qu’il teste son nouvel archet dans un petit studio qu’il a réservé.
Puis nous partons sous la pluie pour Tarragone, ville en fait assez ennuyeuse.
Le soir j’accompagne de nouveau Alban Berg pour une répétition d’une partie du programme qu’il donnera en août lors d’une tournée en Argentine avec un ensemble composé d’un violon, d’un violoncelle, d’une flûte d’une clarinette et d’un piano. Il s’agit essentiellement de musique galante catalane du XIXème siècle, pas vraiment passionnante. Puis la répétition s’achève par une transcription du très beau Tango d’Albeniz que je connais depuis des années par sa version violon et piano de Fritz Kreisler. Mais ce que j’ai aimé lors de cette répétition, ce sont les plaisanteries musicales entre musiciens, comme cet instant où Alban Berg a joué un extrait du concerto pour violoncelle de Haydn, que le clarinettiste reprenait, bribe par bribe. Et comme l’extrait se terminait par un passage un peu plus long et complexe, le clarinettiste a joué une petite note plaintive comme un "Quoi? T’es fou?" qui m’a ravi.

18097ème jour

Tibibado

[10:50] G. J'ai rêvé que j'étais en vacances à NY dans un grand appart avec trois chiens qui s'appelaient Doki, Mélissa et Carambar et que tu venais me chercher en voiture, après tu voulais qu'on emmène Melissa qui était un labrador jaune. Tu as le droit de rire.
A midi, déjeuner dans un petit restaurant du Barrio Gotico et j’ai pour la première fois testé la fideua, sorte de paella catalane où de fines pâtes remplacent le riz.
En fin d’après midi nous sommes montés profiter de la vue magnifique depuis le Tibobado, et j’ai enfin vu de près l’étonnante église qui domine le mont et que l’on voit depuis presque toutes les rues orientées Nord-Sud de la ville.
Le soir dîner dans un restaurant du Born où la discussion s’est partagée entre l’anglais, le français et le castillan.

18096ème jour

Aix Barcelone - Salomé

C’est à nouveau aux aurores que j’ai repris la route, toujours en direction du sud. J’ai fait une halte à Narbonne pour apercevoir la maison natale de Charles Trenet dont l’adresse est facilement mémorisable.
[9:26] G. Tu dois être sur la route. Apres les derniers messages plutot froids d'hier soir, tu peux me reparler comme avant aujourd'hui, j'ai changé de num de tel que je recevrai dans la journée, et je m'en vais en fin d'après-midi. Je t'embrasse. G
J’ai quitté l’autoroute entre Banyuls et Figueras pour passer la frontière par la petite route côtière.
[15:44] G. Je suis dans le tgv, je pars maintenant parce qu'après je serais pas parti. J'espère que tu vois que ce que je fais la est aussi une maniere de te donner toute ma confiance. Bisous
Et j’ai roulé, toujours décapoté mais sous une pluie légère de Figueras à Barcelone, je me suis garé près de la Estacion del Nord et j’ai eu le plaisir de remettre le précieux étui noir à son destinataire.
A peine arrivé, je repartais à pied avec Alban Berg, cette fois ci pour le Liceu que je découvrais après sa complète reconstruction suite à l’incendie qui l’avait ravagé voici quelques années. Ce soir c’est Salomé que l’on donnait et les fantasmes du metteur en scène l’avaient poussé à une transcription de la scène biblique dans un milieu de maffieux des années soixante. Après le Hérode à la Jean-Pierre Coffe auquel j’avais eu droit à l’opéra Bastille, c’est un Hérode Karl Lagerfeld qui était présenté ce soir. La danse des sept voiles était un film noir et blanc d’un quasi viol de Salomé par son beau père. Il y avait quelques scènes amusantes, celles en particulier campées par Hérodiade, grosse pouffiasse vulgaire serrée dans une robe rouge sertie de diamants.
Sublime opéra que Salomé pour qu’il puisse résister à une telle maltraitance inutile.
Le soir, dîner avec Philip dans un agréable restaurant près de Ferran.

18095ème jour

Crise et Götterdämmerung

Alors que je viens de me garer à deux pas du Grand Théâtre de Provence, je lui demande s’il viendra à Barcelone avec moi. Je reçois ce premier message :
Je ne pense pas non. Attends je t’envoie le vrai texto que j’avais commencé à t’écrire parce que je ne veux pas faire semblant ou te mentir
puis celui-ci :
Des nouvelles ? Il m’a remis le grappin dessus et je me retrouve comme en 40 en train de me laisser couler au fond du lit. Résultat j’ai qu’une envie : qu’il revienne me serrer fort dans ses bras comme avant qu’il parte, qu’il me raconte toute sa série de mensonges qui me rendent prisonnier… quand je pense qu’hier je rêvais juste de rentrer et de retrouver ma maison et mes amis. J’y voyais clair. J’aimerais remonter le temps et te parler comme quand il n’était pas la, mais ca non plus ca n’est pas possible, puisque c’est comme si j’étais quelqu’un d’autre en sa présence, et ce quelqu’un n’est pas celui que tu connais et avec qui tu aimes passer du temps.
Je passerai près de vingt minutes au téléphone, juste avant Götterdämmerung à le convaincre de tout plaquer, de le laisser, de mettre un terme à cette relation destructrice et malsaine et à changer même de numéro de téléphone afin que celui qui sera bientôt son ex ne puisse le harceler.
J’ai eu du mal à me concentrer sur les cinq heures de musique de cette fin de journée. Mon esprit est souvent parti vers les deux grands yeux verts auxquels je me suis déjà tant attaché. Vocalement, l’interprétation était de haut niveau sans être exceptionnelle. Le Hagen de Mikhaïl Petrenko était nettement moins bon chanteur (mais plus subtil acteur) que celui de la Fenice dix jours tôt. Siegfried était campé par un Ben Heppner lourdaud et benêt à la voix un peu fatiguée et il faut mentionner la très belle prestation de Katarina Dalayman en Brunnhilde et celle fort inattendue d’Anne Sofie von Otter en Waltraute.
Quant à la mise en scène de Stéphane Braunschweig elle est banale sans être laide, elle fait preuve d’une fascination mystérieuse pour les escaliers et se laisse oublier facilement.
Et pourtant cette soirée sera sans doute pour longtemps la plus extraordinaire démonstration d’orchestre wagnérien que j’entendrai dans ma vie, tant Simon Rattle et ses chers Philharmoniker ont élevé à un niveau inouï l’interprétation de cette musique sublime. Alors que le rideau se levait sur les différents chanteurs et que le public les acclamait, c’est une intense et fervente standing ovation, plus que méritée, qui a été réservée au chef et à ses musiciens.

18094ème jour

Aix Berlin Boulez

J’ai pris un café et un croissant vers huit heures du matin place Denfert Rochereau avant de quitter Paris pour parcourir les sept cents kilomètres qui me séparaient d’Aix-en-Provence. Route ensoleillée, voiture décapotée, archet protégé sous un siège, coup de soleil assuré.
En arrivant, j’ai pris une omelette sur le cours Mirabeau et je me suis rendu au Théâtre de Provence que je découvrais par un concert exceptionnel, celui de Pierre Boulez à la tête des Berliner Philharmoniker. Musique pour cordes, percussion et celesta absolument parfaite. Entracte au cours de laquelle une vielle amie de HLG m’alpague. Extraordinaire Concerto pour la main gauche interprété par un stupéfiant Pierre Laurent Aymard virtuose et lyrique et qui a l’intelligence de nous proposer non pas un bis mais un complément de programme : la version originale pour piano des Notations de Pierre Boulez, qui en dirigera en fin de programme la version orchestrée, allant même jusqu’à bisser la dernière, à la demande d’un public en transes. Etrange public que celui du Festival d’Aix, mélange de connaisseurs et de vacanciers, mais à la proportion snob assez marquée.

18093ème jour

Karl et Erick (et G.)

Le matin, je suis passé rue Madame, à 45 numéros de ma première adresse à Paris pour visiter l’archetier d’Alban Berg et récupérer un précieux objet dans un long écrin noir, en échange d’une liasse de billets. A part ma longue discussion avec l’archetier au cours de laquelle nous avons évoqué l’archet de Gil Shaham qui parait-il vaut 150.000 euros et qui s’est jadis brisé sous mes yeux, j’ai peu de souvenirs de cette journée, je l’ai sans doute juste attendu. Dans la soirée, je suis allé le chercher gare de Lyon. Il était surpris que je sois sur le quai. Il était bronzé avec ses grands yeux sous son brushing en pétard. On s’est garés près de chez moi, on est allés dîner chez Karl et Erik les deux jumeaux de la rue de Tocqueville. On est revenus chez moi, je lui ai préparé le dessert magique de Do Farai, il était bon et parfaitement mousseux.
Il m’avait dit qu’il avait toujours du mal à se concentrer pour lire. Alors presque par jeu, j’ai commencé à lui faire la lecture du Fait du Prince d’Amélie Nothomb qui trainait par là. Il a eu l’air d’apprécier et m’écoutait, grave et concentré.
Je ne sais plus si c’est lui ou moi qui a fait le premier geste, mais nous nous sommes longuement embrassés. J’ai vite compris qu’il aimait être embrassé sur les lèvres, dans le cou et sur le ventre. Tard dans la nuit je devais le raccompagner. Cette fois ci, je l’ai laissé en bas de chez celui chez qui il habite encore.
Je suis rentré chez moi pour une très courte nuit.

18092ème jour

Incertitudes

Longue discussion dans la nuit. Il me confie des secrets de famille, me donne des informations qui l’inquiètent et qui m’inquiètent aussi.
Il n'est plus sûr de rentrer à Paris le lendemain.
1:34 : V. Je pense à toi. Je voudrais t’enlever tous tes soucis. Dors bien. V.

18091ème jour

Daisuki desu. Watashi mo

De retour en taxi vers Birmingham je l’appelle et lui propose de m’accompagner à Barcelone la semaine suivante. Il hésite et j’insiste, sans doute un peu trop.
12:30 : G. C’est le moment où tu te refroidis parce que tu te rends compte que je suis plus compliqué que tu pensais?
12:32 : V. Non c’est le moment où je me rends compte que je suis encore plus attaché à toi que je ne le croyais.
12:34 : G. Je ne veux pas que tu sois triste à cause de moi ou que t’aies l’impression que ce sera moins bien si je ne viens pas avec toi. Est-ce qu’on aura d’autres occasions?
12:36 : V. Oui bien sûr il y en aura d’autres. Mais celle là est belle. Viens pour deux jours...
18:28 : G. Daisuki desu.
19:12 : V. Watashi mo.

18090ème jour

Des origines de l'Ours

Une journée de travail dans l’ouest de l’Angleterre. Des sandwiches insipides pour déjeuner. Le soir un très bon dîner à l’Hôtel Du Vin de Cheltenham où je commence presque à avoir mes habitudes. Je ne pense qu’à lui.
Un peu après minuit ce message que je ne lis que plus tard en sortant d’un semi sommeil:
0:15 : G. Bisou bonne nuit monsieur ours.
0:53 : V. tu dors?
0:55 : V. Bah zut trop tard. Bonne nuit petit chaton (pi je suis pas Monsieur ours nan mé)
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