16993ème jour

Mes petites contrariétés I

Alors que nous entrons dans le terminal 2F de Roissy, nous apprenons qu'à la suite d'une fausse alerte à la bombe, tous les terminaux d'embarquement ont été vidés et que les vols ont désormais deux heures de retard. Il y a donc une incroyable cohue dans toute l'aérogare, des milliers de passagers qui s'entassent devant les accès aux contrôles de sécurité qui demeurent cependant obstinément fermés. Après une heure d'attente, les portes s'ouvrent enfin, mais une autre heure de queue nous attend. Mon meilleur sourire et quelques pleurnicheries éhontées sur l'âge de ma mère nous font passer un peu avant l'heure. Je montre fièrement les salons Air France à ma mère et à ma soeur en leur expliquant que c'est là que je passe toutes mes semaines à être payé à boire du jus de pamplemousse. C'est de là, en tout cas, que je vous narre une nouvelle fois mes petites contrariétés.

16992ème jour

Une nouvelle collection

Lorsque j'étais enfant, j'adorais les collections, j'en faisais de toutes sortes, des plumes aux papillons en passant par les porte-clefs. Aujourd'hui plus rien de tel, fort heureusement, à part peut-être les CD de Gustav Mahler, mais peut-on encore parler de collection?
Dans l'avion qui me ramenait d'Istanbul dimanche, j'ai décidé d'en entamer une nouvelle plutôt jubilatoire : la collection des sacs à vo-mi des compagnies aériennes. De temps à autre, je vous décrirai les nouveaux entrants.

16991ème jour

Murcia Alicante

Ce 16991ème jour est le parfait jumeau du 16969ème. Visite au même client de Murcia le matin, Murcia-Alicante dans la même voiture à midi, un délicieux arroz à Alicante pour déjeuner accompagnée d'un vin blanc local, une demie heure sur la plage d'Alicante, un taxi pour l'aéroport à une heure un peu limite, le vol Alicante Orly de 16h55...

16990ème jour

Madrid Murcia

Je prends le premier vol pour Madrid où je travaille avec un collègue. Vers 16 heures, on prend la route pour Murcia, comme la dernière fois. Mais cette fois ci, il veut arriver à 21h00 pour le match. On fait deux bars à tapas, un par mi-temps. Dans le premier, un groupe de français beugle la Marseillaise pendant les hymnes, sous le regard d'espagnols mi-amusés mi énervés. L'hymne espagnol, quant à lui, n'a pas de paroles.
Mon collègue est très démonstratif pendant chacun des trois buts français. Je me dis qu'on va se prendre un pain, mais rien ne se passe. Je suis déçu du résultat car j'imagine que le lendemain mon client va être de mauvaise humeur.

16989ème jour

Shabbat souvenirs

Je suis arrivé en Israel un jour de Sabbat. La plupart des magasins étaient fermés mais le plus amusant ce jour là, est le Shabbat lift. Dans la plupart des grands hôtels, en effet, on trouve un ascenseur dédié aux personnes vraiment religieuses et qui du soir au matin, et du matin au soir, s'arrête à tous les étages, évitant ainsi à ses usagers d'appuyer sur le bouton, acte répréhensible ce jour là.
Le sabbat commence dès le vendredi soir, en théorie lorsque la première étoile scintille dans le ciel. Il convient alors de saluer toutes les personnes rencontrées d'un joyeux "Shabbat shalom!"

16988ème jour

Au revoir

Par un étrange hasard, à l'aéroport Ataturk, le vol pour Tel Aviv était à la porte 213 et celui pour Paris à la porte 212. Comme mon vol partait vingt minutes avant le sien, nous nous sommes séparés devant ma porte. Je suis monté dans l'avion. Par le hublot de la rangée N°11, j'ai regardé le hublot de la rangée N°9 et j'ai murmuré Hamud.

16987ème jour

Et nous nous sommes baignés dans la Mer Noire...

Nous avons récupéré notre voiture de location près de Taksim, en fin de matinée et nous avons quitté Istanbul, où je conduisais pour la première fois. Il fallait patienter près de trente minutes pour passer le deuxième pont sur le Bosphore, puis nous avons bifurqué pour en longer la rive asiatique en direction de la mer Noire. Puis nous avons quitté le Bosphore pour partir vers l'Est au milieu de petits villages rieurs et de forêts de résineux qui rappellent les Pré-Alpes. Nous sommes arrivés à Seli, petite ville du bord de la mer Noire, sur une côte tourmentée, composée de falaises, de petites criques et dominée par une tour moyen-âgeuse. Nous avons déjeuné dans un petit restaurant à la vue vertigineuse, quelques mezze, un grand poisson plat à la peau rugueuse et un bon vin blanc frais de Kavlakidere. On est allé négocier un maillot de bain noir pour Daniel auprès d'un gosse de douze ans. On l'a eu à cinq livres turques, soit deux euros cinquante. Puis nous sommes allés nous baigner dans l'une des criques. A cent mètres du rivage, un groupe de dauphins surgissaient de l'eau à intervalles réguliers.
Puis nous sommes rentrés à Istanbul. Nous sommes passés à Ortakoy, sous le premier pont, nous avons traversé le Bosphore allez retour à Besiktas au coucher du soleil, nous avons bu une médiocre Capirinha au restaurant panoramique Vogue, nous avons marché quelques instants pres de Taksim, puis nous sommes rentrés à l'hôtel.
Avant de passer notre quatrième nuit ensemble, je lui dis : "We just met four days ago but we have already visited Tel Aviv, Jerusalem, Istanbul and Seli together. We went to the Café Noir and we visited the Blue Mosque. And we swam in the Black see..."

16986ème jour

La petite bande à Istanbul

Une journée de tourisme de base à Istanbul par un temps radieux. Sultanhammet, le palais de Topkapi, Nisantasi. Le soir nous retournons au Palais de Topkapi pour un concert Mozart donné par la Petite Bande à Sainte Irène, la plus vieille église d'Istanbul qui, utilisée comme arsenal par les ottomans, na jamais été transformée en mosquée.
Le concert démarre par une belle 29ème Symphonie, peut être l'une de mes préférées. L'assistance, essentiellement turque, visiblement peu accoutumée aux concerts, meurt d'envie d'applaudir entre les mouvements. Suit le concerto pour basson, magnifiquement interprété sur un instrument ancien au son rond et fragile. Une seconde partie plus décevante avec le Deuxième concerto pour violon, quasiment massacré par un Sigiswald Kuijken peu en forme, à l'étrange figure mélange de Beethoven et d'André Glucksmann, baroquisant terriblement la partition, mais jouant surtout terriblement faux. A ma grande surprise, il est cependant acclamé par la salle et par son orchestre. Le concert se termine par une 33eme symphonie un peu banale.
Nous dînons dans une petite rue de Sultanhammet ou tous les restaurants ont choisi de placer un écran de télévision sur leur terrasse en direct d'Allemagne, puis nous rentrons à pied à l'hôtel.
Avant de passer notre troisième nuit ensemble, il m'a dit : "I can't believe we just met three days ago!"

16985ème jour

Tel Aviv Istanbul

Il faisait nuit noire lorsque nous sommes partis vers l'aéroport Ben Gurion. A l'entrée de celui-ci, un premier interrogatoire par un agent de sécurité avant un premier scan de l'ensemble de nos bagages. Etes vous vraiment ensemble? Avez vous préparé vos bagages vous mêmes? Pourquoi etiez-vous en Israel? Avez vous une lettre d'invitation? Qui avez vous rencontré? Quel lien y a-t-il entre vous? Pourquoi voyagez-vous ensemble? Où vous êtes vous rencontrés? Etant informé à l'avance du procédé et imaginant mal les convaincre que 24 heures après s'être vus pour la première fois, nous partions ensemble à Istanbul, j'avais prévu de leur dire que nous nous étions rencontrés un an plus tôt au Brésil, à l'occasion de l'un de mes voyages là bas. Bien nous en a pris. Le mensonge plausible les a plus convaincus que l'invraisemblable vérité. Le visa Volonteer de Daniel a aussi fait pencher la balance du bon côté, surtout après que celui-ci se soit acquitté d'une étymologie de son nom de famille en bonne et due forme. Après le scan des bagages et une analyse plus fouillée des appareils électroniques en notre possession, un agent de sécurité plus gradé est venu nous reposer les mêmes questions. Puis ce fut le contrôle des passeports par une douanière au regard vert vitreux, puis un nouveau scan des bagages à main qui a entraîné un nouveau problème : Daniel, pour des raisons obscures, avait dans son sac plus de mille schekels en pièces de cinq ou dix et la masse métallique créait une grande méfiance chez les agents de contrôle.
Le vol Tel-Aviv de la Turkish Airlines fur calme. A peine arrivés, nous sommes allés déposer nos bagages dans un petit hôtel de charme en plein Sultanhammet, j'ai rapidement montré Sainte Sophie et la Mosquée bleue à Daniel, nous avons pris quelques mezze sur le trottoir, puis je suis parti travailler, laissant Daniel dormir à l'hôtel.
Le soir nous avons fait ma promenade habituelle au soleil couchant: la mosquée bleue, l'université, le grand bazar, le bazar égyptien, le pont Ataturk, le funiculaire de Tünel, pour atteindre Flamm, mon restaurant favori à Istanbul.
Après dîner, nous avons marché jusqu'à Taksim, avant de rentrer à l'hôtel.
Avant de passer notre seconde nuit ensemble, il m'a dit : "I can't believe we just met two days ago!"

16984ème jour

Un jour à Jérusalem

Il devait venir d'Eilat à Tel Aviv hier soir. Mais il a raté son bus. Le bus suivant allait dans un endoit étrange en plein milieu du Sinaï. On a parlé au téléphone. J'étais dans ma chambre à Tel Aviv, et lui dans une sorte de station service au milieu du désert. Vers 6 heures il m'a appelé. Il venait d'arriver à la Bus Station de Tel Aviv et nous nous sommes donné rendez-vous dans le hall de l'hôtel. Quinze minutes plus tard, il était là avec ses grands yeux noirs et son sourire étincelant. Il a laissé son petit sac de voyage dans ma chambre et nous sommes allés nous promener sur la plage au soleil levant. Nous avons beaucoup parlé pendant cette première heure passée ensemble. Puis nous sommes allés prendre un petit déjeuner à l'hôtel et nous sommes partis en train à Jérusalem.
Une ligne à grande vitesse est en construction entre Tel Aviv et Jérusalem. Le train actuel, à l'allure ridicule, serpente doucement dans les collines et met quatre vingt dix minutes pour parcourir les soixante kilomères qui séparent les deux villes. C'est idéal pour nous qui parlons, côte à côte, jambre contre jambe. J'observe de profil son nez à la Rob Love, et la petite étoile à cinq branches tatouée à l'intérieur de son bras.
Nous arrivons à la gare très moderne de Jerusalem Malcha et prenons un taxi qui nous dépose à la Tour de David dans la vieille ville. Nous passons l'essentiel de la journée à nous promener dans cette ville hors du temps, dans les ruelles des souks, dans les rues plus aseptisées de la ville juive, dans les recoins du quartier arménien. Nous visitons le Saint Sépulcre, nous retournons ensemble au mur des lamentations, nous visitons l'esplanade des mosquées d'où l'on peut admirer le Mont des Oliviers. Vers 17 heures nous retournons à la gare et reprenons notre petit train champêtre pour rentrer à Tel Aviv.
Nous sommes rentrés à l'hôtel, et nous sommes restés deux heures dans la chambre, à la lumière du soleil couchant, à nous embrasser et à découvrir nos corps. Il a un autre petit tatouage sur la nuque, un code barre avec inscrit en dessous Made in Brazil. J'aime y passer ma langue.
C'est à ce moment là peut être que nous avons décidé qu'il n'était pas possible de ne passer qu'une journée ensemble et qu'il a accepté de venir quelques jours avec moi à Istanbul. Vers neuf heures, nous sommes partis au Café Noir, le restaurant qui prétend avoir le meilleur Schnitzel d'Israel. On était bien à notre petite table, l'un près de l'autre, à parler de Rio et de la rue Haddock Lobo, en mangeant notre énorme Schnitzel et en buvant notre Rioja. On est rentré à l'hôtel vers minuit. On a essayé d'être raisonnable et de ne pas trop faire de bêtises. J'ai mis mon réveil pour 3h40, mais comme il est toujours à l'heure française, j'ai inscrit 2h40. Avant de passer notre première nuit ensemble, il m'a dit : "I can't believe we just met this morning"

16983ème jour

Quatre heures à Jérusalem

Vers neuf heures, nous avons pris la route pour Jérusalem. C'est une belle autoroute qui serpente au milieu des collines reboisées. Des oliviers, des fruitiers, des résineux, le paysage respire la douceur. Et pourtant le conflit est là: sur la gauche, de nombreux villages palestiniens dont l'accès à la route a été condamné car ils lançaient des pierres, ou même tiraient à balle sur les véhicules qui passent. Avant d'arriver aux faubourgs de Jérusalem, un grand embouteillage du à un contrôle militaire qui vérifie visuellement chaque véhicule. Un Shalom et un sourire aident à passer vite, semble-t-il. Nous traversons les immenses quartiers neufs de la ville pour s'arrêter à un premier point de vue sur les territoires occupés : au loin la mer morte scintille, quatre cents mètres sous le niveau de la mer, une chaîne de montagne, et c'est la Jordanie. Nous arrivons face à Jérusalem et s'offre à nous ce spectacle sublime que chacun a déjà vu en photo. Les murailles de la ville, la mosquée d'Omar et sa coupole dorée, la coupole grise du Saint Sépulcre, les clochers, et devant nous, la porte dorée, murée depuis des siècles et par laquelle, selon la tradition juive, le Messie entrera de nouveau dans Jérusalem.
Nous passons au jardin des Oliviers où les arbres, quatre fois millénaires étaient là, parait-il au temps du Christ. Nous passons quelques instants à Gehtsemani, puis allons dans le centre de la vieille ville. Nous nous rendons d'abord au mur des lamentations, où l'on peut emprunter une petite kippa de carton qui donne aux touristes un air particulièrement ridicule. Le mur se poursuit sur la gauche dans un édifice étrange, tenant de la bibilothèque et du lieu de prière et où des religieux sont en prière proche de la transe, devant le mur. Nous faisons quelques pas dans les souks de la vieille ville et il faut nous rendre à notre rendez vous dans l'un des ministères flambant neufs de Jérusalem. L'un des clients qui nous reçoit est français. Il a vécu à Enghien les bains pendant trente ans et une partie de l'entretien se déroule en français.
Vers quatorze heures nous repartons. Nous nous arrêtons pour déjeuner dans la banlieue de Jérusalem dans un village palestinien qui vit harmonieusement au sein d'Israel. L'atmosphère est particulièrement agréable, les mezze délicieux, les falafel aériens. Je demande à mon collègue israélien : "Mais ces palestiniens sont considérés par les autres comme des traitres?" "Oui" me répond-il simplement. Nous reprenons l'autoroute afin de rentrer à Tel Aviv pour un dernier rendez-vous.

16982ème jour

Mozart par Fazil Say et l'orchestre Philharmonique d'Israel

En arrivant à l'auditorium Mann de Tel Aviv, je me suis rendu au guichet, on m'a demandé mon nom, et on m'a remis une enveloppe avec mes places. Sur l'enveloppe était inscrit mon nom en hébreu. La salle de concert est dans un triste état. Elle aurait besoin d'un ravalement urgent, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Il y a en fait un débat en Israel, certains voulant la détruire et en reconstruire une neuve, d'autres, attachés à ses cinquante ans d'histoire préférant le ravalement. Je me souviens notamment de l'image incroyable d'Isaar Stern, pendant la guerre du golfe, jouant dans cette salle pendant une alerte aux SCUD's irakiens, devant des spectateurs qui avaient tous revêtu leur masque à gaz.
La salle est un grand amphithéâtre de bois de 2700 places à l'acoustique très sèche. Les concertos de Mozart, joués ce soir par l'orchestre Philharmonique d'Israel en effectif réduit, ont un peu de mal à emplir tout le volume sonore. Fazyl Say se tire fort bien de ses trois concertos, Le Douzième un peu répétitif, et les célébrissimes 21 et 23. Son jeu est extrêmement délié, chantant, mettant parfois en valeur des détails amusants. Il joue ses propres cadences dans le 12 et le 21, avan de revenir à celles de Mozart dans le 23. Il a un côté un peu cabot lorsque sa main droite joue seule et que la gauche lance des arabesques inspirées en l'air, faisant presque concurrence à la baguette de Howard Griffiths. L'assistance est étonnante, captivée et silencieuse pendant la musique, dissipée et bavarde entre les mouvements. En bis, Fazil Say nous gratifie de la Marche Turque, choix qui fait éclater de rire la salle. Puis une improvisation délicate sur les thèmes des mouvements lents des concertos 21 et 23.

16981ème jour

Tel Aviv

Tel Aviv est définitivement une ville ou il fait bon vivre. Le climat est merveilleux, chaud avec une petite brise, la promenade sur le bord de mer est un délice, les gens sont cool et sympas, détendus et agréables. Hier soir, mes collègues et moi avons regardé sur la plage un match de foot (si si!) en buvant des verres et en fumant la chicha. Auparavant, sur les conseils de Michael, nous avions marché jusqu'à Jaffa, un quartier ancien à quatre kilomètres de l'hôtel, juste au bout de la plage. Il y a un groupe de belles rues anciennes, une vue fascinante sur la ville. Il y a un petit pont aussi avec les signes du zodiaque gravés sur la rembarde en bronze. Le jeu consiste à toucher son signe, à regarder la ville et à faire un voeu.
Le mien sera-t-il exaucé?

16980ème jour

Tournis d'un jour

Je me suis levé vers un peu avant cinq heures, j'ai bouclé ma valise, je suis allé à Villiers et j'ai demandé à un chauffeur de taxi de me suivre jusqu'à mon bureau pour garer la lada, puis de m'emmener à Roissy. "Cela va vous couter cher!" m'a-t-il dit d'un air inquiet. "Je suis là pour ça!" ai-je répondu. Arrivé à mon bureau, le taxi est entré dans le parking sans doute de crainte que je ne l'abandonne une fois la porte refermée. "C'est Charlie combien?" m'a-t-il demandé. C'était le Numéro 1 puisque j'ai un billet Lufthansa. Vol court pour Francfort où je traverse le bel aéroport pavoisé d'images de la coupe du monde. Le nez des avions Lufthansa est d'ailleurs transformé en demi ballon de foot. Mesures de sécurité sérieuses en raison de la destination, deux fouilles au corps où je suis intégralement palpé. Une jeune femme prend des échantillons de poussière sur mon ordinateur et par en vélo le faire analyser Dieu sait où dans l'aéroport. Le 747 décolle empli d'allemands et d'américains. Ma voisine qui répond au joli prénom d'April doit allègrement friser les cent vingt kilos et j'essaye de me faire aussi mince que possible pendant les quatre heures de vol. Nous sommes dans la queue du 747, à l'avant dernier rang, ce que je déteste tant les turbulences y sont sensibles et rendent le sommeil difficile. Nous arrivons en début d'après-midi. Longue attente au contrôle des passeports où je précise bien que je ne veux pas de tampon. Mon agent local m'attend à la sortie dans son 4x4 blanc, avec son petit garçon qui dort à l'arrière pendant tout le parcours jusqu'au centre ville. De grandes avenues à l'américaine, une température idéale. Je me change en vitesse dans la chambre et je profite de la plage toute la fin d'après-midi. Les filles sont belles, les garçons aussi, l'atmosphère me fait un peu penser à Rio.
Le soir, toujours sur la plage, je passe devant un bar bondé de beautiful people. Un mec m'aborde et au bout de trois minutes de conversation me demande si on peut aller dans ma chambre. Il est gentil, plutôt beau garçon, il travaille dans la mode, mais je n'ai pas envie de celà ce soir. On va boire un verre, il me raconte son pays, dans des mots différents de ce que les médias européeens racontent. Il me raccompagne jusqu'à la porte de mon hôtel.
C'était ma première soirée à Tel Aviv.

16979ème jour

Et hop! Encore une Gran Partita!

Il faut bien le reconnaitre, ce concert fut une véritable catastrophe, un festival de fausses notes, une cacophonie de musiciens pleins de bonne volonté mais incapables de jouer ensemble... A quoi bon tirer sur l'ambulance, j'aurai au moins pris conscience de l'extrême difficulté de cette oeuvre. Mais le souvenir de cette soirée sera sans doute l'un des plus beaux cadeaux que l'on ne m'ait jamais fait, la cadence du Premier Concerto pour violoncelle de Schostakovich, juste pour six oreilles très attentives de ce moment d'exception.

16978ème jour

Triplé contre Doublé

J'ai reçu hier soir une lettre d'Air France s'excusant pour le retard de mon vol, trois jours plus tôt. La lettre est curieusement envoyée en trois exemplaires strictement identiques. Je consulte mon compte Flying Blue. Les quatre mille miles, offerts en compensation du retard, sont quant à eux, crédités deux fois...

16977ème jour

Ligeti

Ligeti est mort, mais celà n'intéresse personne.
Ligeti est mort mais les journaux ne parlent que d'un match de football nul en tous les sens du terme.
Ligeti est mort et personne ne comprend pourquoi il n'y avait personne à l'enterrement de Mozart.
Ligeti est mort et tout le monde s'en fout.
Ce soir j'ai écouté le Hungarian Rock et pour la première fois je l'ai trouvé triste.

16976ème jour

Histoire de coquelicots

Une heure de route particulièrement agréable ce matin de Paris jusque dans le Vexin où je dois assister à un séminaire de deux jours. Rouler sur les petites routes de campagne, au soleil, avec la lada décapotée est un vrai plaisir. Et puis il y a les coquelicots qui sont partout. Je n'ai jamais réussi à comprendre pourquoi ils avaient disparu totalement pendant les années 80 mais je me souviens fort bien de leur réapparition soudaine, l'été 90. Je les avais revus pour la première fois lors de mon premier voyage à Berlin.
Lorsque j'étais enfant, j'aimais beaucoup regarder les coquelicots. Parfois j'ouvrais la fleur en bouton et j'avais un grand plaisir à déplier les pétales encore toutes frippées. Il y en avait des rouges bien sûr, mais aussi des roses pâles et des blancs.
Il y a une dizaine d'années, j'avais passé avec mes amis E & S un week end d'été dans le Kent. Alors que nous traversions un charmant village anglais, j'aperçois en roulant quelques coquelicots. J'arrête la voiture et je dis mon ami E que ces fleurs seraient un très joli cadeau pour sa femme. Il descend et cueille les quatre ou cinq coquelicots. Une anglaise sort aussitôt de chez elle en hurlant, s'approche et lui fait la leçon. Elle raconte qu'elle surveillait depuis plusieurs semaines ces plants de coquelicot. Que les fleurs étaient écloses depuis la veille. Que c'était son bonheur de les regarder. Et que nous étions vraiment des sauvages de les avoir cueillies. La côte de la France a du tomber bien bas dans son esprit. Et moi, quand je repense à cette histoire, je ressens toujours une terrible honte rétrospective.

16975ème jour

Katowice

Ma première présentation devant des clients en Pologne. Nous sommes installés bizarrement dans un grand amphithéâtre calibré pour mille personnes. Les clients (ils sont six) s'installent au deuxième rang, nous sur des chaises devant eux. Les slides sont affichés sur un écran géant derrière nous. Mon collègue polonais, triste comme une porte de prison soviétique, fait l'introduction. Je lui succède en occupant le terrain, bougeant des fauteuils clients jusqu'à la scène, fort amusé de l'expérience. Lors du déjeuner, mon clown triste de collègue nous assure que les Polonais sont des méridionaux qui se sentent proches des méditerranéeens. J'ai du mal à me retenir de rire...
Au retour vers Paris le soir, nous ne sommes que six passagers dans l'avion...

16974ème jour

Retard

Nouveau départ pour Katowice. Le vol Air France opéré par Brit'air (drôle de nom) a une heure de retard. Nous arrivons à minuit dans l'aérogare déserte. Même impression étrange de parcourir ces forêts et ces prairies polonaises dans la nuit. Je regarde les panneaux Wroklaw, Krakow, Czestochowa. Je pense au voyage de ma soeur là bas il y a plus de trente ans. Elle m'avait dit que parfois, dans la rue, lorsque son groupe de jeune français croisait des vieux polonais, ceux-ci, tellement émus d'entendre parler français, les arrêtaient pour leur embrasser les mains.

16973ème jour

ObSession

En passant devant le conservatoire de la rue de Madrid, j'aperçois une affiche indiquant que les étudiants de la classe d'instruments à vent donneront un concert exceptionnel le vendredi 16 juin à 19 heures. Au programme la sérénade Gran Partita.

16972ème jour

Variante

Ile de la cité cet après midi. Un bus lache d'énormes volutes de fumée bleue malodorante. Je m'arrête à son côté au feu rouge du Palais de Justice. Je m'apprête à dire au chauffeur quelque chose du genre : "Vous savez que votre bus fait vraiment beaucoup de fumée?" Lorsqu'un motard s'arrête entre le bus et moi et crie au chauffeur : "Eh! Tu sais qu'il pisse de l'huile ton bahut?"

16971ème jour

Quelques pas

En parcourant les immenses couloirs de Barajas, au son de chants d'oiseaux discrètement diffusés, je me demandais combien l'on fait de pas en une journée. C'est bien sûr très variable. Celà va sans doute de cinq cents pas les jours de farniente à plus de vingt mille lorsque j'effectue ma promenade pèlerinage à San Rocco. En moyenne, si l'on condidère que l'on marche vingt-deux minutes par jour, cela signifie que l'on parcourt 480 km par an ou quarante mille kilomètres dans une vie.
C'est donc celà une vie.
Un tour de la terre à pied.
J'en ai sans doute fait un peu plus de la moitié...

16970ème jour

Jerry

J'ai reçu ce mail la semaine dernière lorsque j'étais à Istanbul:
"Bonsoir c'est le colloc de Jerry, je suis désolé, mais il a été renversé par une voiture ce soir et il est décédé à 22h aux urgences. Sa famille va récupérer ses affaires et vous ne le verrez donc plus en ligne. Si vous êtes un ami proche et que vous voulez assister aux obsèques envoyez vos coordonnées à xxxxxx@noos.fr. Bonne soirée : son portable sera confié à son frère pendant quelques jours. "
Je n'ai pas trop su quoi en penser. Jerry est un garçon étrange que j'ai rencontré il y a quatre ans environ. Il avait une assez belle voix et on avait fait un karaoké ensemble, après une entrée en contact assez étrange dont j'ai du garder le souvenir dans un recoin de mon disque dur. Je n'ai plus son téléphone et je n'ai donc aucun moyen de vérifier si, comme je le pense, il s'agit bien d'un canular d'un goût lui aussi étrange.

16969ème jour

Il est des villes où il faut toujours avoir un maillot de bain sous son costume...

A peine arrivé chez notre client de Murcia à 8h30, celui-ci nous emmène au bistro d'en bas boire un cafe solo. Enfin, nous nous n'avons pris qu'un café. Mais notre client a commandé une tartine de pain grillé. Il l'a bien imbibée d'huile d'olive. Et il se l'est enfilée avec plaisir.
Après notre réunion de travail, mon collègue m'a conduit à Alicante. Nous avons pris ensemble une délicieuse Arroz locale, il est reparti sur Madrid en voiture et moi, en attendant mon avion, j'ai fait un tour à la plage.
Il est des villes où il faut toujours avoir un maillot de bain sous son costume...

16968ème jour

Zut! J'ai raté mon avion!

C'est le jour qui m'a réveillé... Et aussitôt je réalise que cette intensité de la lumière est aussi forte que lors de mon réveil de la veille à Rhodes. Mais la veille je me suis levé à 7h30. Je me précipite sur ma montre. Il est 7h50. L'heure exacte à laquelle mon avion pour Paris est censé décoller... J'ai oublié d'enlever le mode silence de mon téléphone et il a sonné silencieusement pour me réveiller...
Une douche et un taksi plus tard je suis à l'aéroport Ataturk. Le vol suivant est trop tardif pour que je puisse attraper celui pour Alicante mais il y a un vol direct Istanbul Madrid. Je le prends.
A 13h15 j'aterris au nouvel aéroport de Barajas dont je découvre la sublime architecture depuis son ouverture en février. Seule fausse note, l'organisation des bagages : il faut prendre le metro pour atteindre la zone de délivrance des bagages. Je vais rejoindre mon collègue à notre bureau de Madrid et nous partons à travers la Castille en direction de Murcia.

16967ème jour

A la recherche de Symi V - Rhodes

La traversée de Kos à Rhodes a duré deux heures. Je me suis tenu sur le pont à contempler la côte turque. J'ai revu depuis la mer le phare de Knidos où je m étais rendu voila trente jours et j'ai aperçu de loin les ruines de la ville antique. Le ferry a ensuite longé la presqu'île de Datça en direction de l'est et Symi est apparue dans une brume légère. Le ferry est passé juste entre Symi et sa petite île satellite du sud; j'ai donc eu loisir d'observer la côte sauvage et sèche distante de cinquante mètres seulement. Puis le ferry est parti en direction de l'île de Rhodes qu'il a contournée afin d'entrer dans le port orienté plein nord en direction de la Turquie toute proche.
A peine debarqué, j'ai quitté le port en traversant les épaisses murailles moyen-âgeuses et j'ai vite déposé ma valise au premier hotel croisé, afin de profiter des dernières lumières du jour.
Rhodes est un enchantement, une ville à la beauté envoutante et au charme hallucinant. Aucun mot ne pourrait décrire avec justesse le choc que j'ai reçu en me promenant au hasard dans ces ruelles vieilles de huit cent ans qui ont miraculeusement résisté à plus de trois siècles d'occupation musulmane et deux guerres mondiales. En marchant dans les rues jusqu'à la tombée de la nuit, j'ai vu des mosquées joliment restaurées, des bougainvillées en fleur, les fameuses maisons des chevaliers. Il ressort de la vie ici une joie de vivre étonnante, les familles sortent le soir, se retrouvent aux terrasses des cafés, plaisantent, semblent tellement heureuses... Bref, je suis tombé amoureux fou de Rhodes et de mon petit hotel Via Via.
C'est donc avec une très grande frustration que j'ai repris à l'aube mon ferry pour Kos. Mais une frustration plus grande encore m'attendait. En effet, si comme prevu le ferry ne s'est pas arreté à Symi à l'aller, nous y avons fait un bref stop au retour. En approchant de Symi, j'ai aperçu la baie de Pedi, puis nous sommes entrés dans la baie du port, sorte d'amphithéâtre naturel où sont construites de magnifiques maisons anciennes, toutes du meme ocre, mais aux fenêtres et aux volets dans des couleurs pastel. Je suis resté là, hébêté, admirant cette vue que je désirais tant voir. Un bref instant j'ai pensé a descendre, à rester lé au moins une journee mais j'ai songé a l'enchaînement de conséquences : le ferry pour Bodrum raté, le vol pour Istanbul manqué, celui pour Paris loupé et mon rendez-vous de mardi a Murcia à oublier. J'ai fait alors ce que je déteste faire : j'ai été raisonnable. Je suis resté dans le ferry et je suis rentré à Kos.

16966ème jour

A la recherche de Symi IV - Kos

A Bodrum, j'ai pris le ferry qui rejoint Kos toute proche en une heure seulement. Les contrôles de police sont sérieux puisqu'en quelques kilomètres on passe de la Turquie à l'espace Shengen. Arrivé à Kos, je suis allé au café du coin, où on m'a indiqué qu'il n'y aurait pas de depart pour Rhodes avant le lendemain. J'ai eu un petit moment de désespoir, mais j'ai trainé ma valise jusqu'au centre ville et j'ai vérifié l'information auprès d'autres agences de ferry.
"Mais si! il y a un ferry pour Rhodes cet après-midi et il s'arrête a Symi!" m'indique un bienfaiteur, vieux tenancier d'une agence de ferry. Mais si je veux avoir mon avion Bodrum-Istanbul dimanche soir, il faut que je rentre à Kos dimanche matin, ce qui signifie une soirée et une nuit seulement à Symi. Peu importe, j'accepte bien sûr l'offre merveilleuse. Le vieux bienfaiteur commande le billet sur son ordinateur mais je vois soudain son sourire se figer : "Ah non, comme on n'est pas encore en pleine saison, le stop à Symi est supprimé. Vous ne pouvez aller qu'à Rhodes!"
J'accepte cette dernière offre et en attendant le ferry, je visite la ville de Kos avec ses mosquées fort bien entretenues qui datent de l'occupation turque. J'ai admiré le platane sous lequel, parait-il, Hippocrate enseignait la médecine il y a deux mille cinq cent ans, puis j'ai rejoint l'embarcadère pour Rhodes.

16965ème jour

A la recherche de Symi III - Halicarnasse

J'ai repris l'avion Milas. J'ai retrouvé l'aéroport par quarante degrés, avec quarante minutes de retard sur l'horaire prévu. J'ai pris un taksi qui m'a emmené à Bodrum, distante d'une quarantaine de kilomètres. Bodrum est l'ancienne Halicarnasse des perses, jadis gouvernée par le roi Mausole, peu celèbre pour quelque acte de son vivant, mais dont l'immense tombeau était l'une des sept merveilles du Monde, copiée plus tard pour construire le tombeau d'Alexandre le Grand et qui a donné son origine au mot Mausolée.

La ville de Bodrum est très charmante avec son petit port et ses ruelles piétonnes aux maisons blanches. Comme mon avion d'Istanbul était en retard, le ferry pour Rhodes était dejà parti. Je suis allé au port où l'on m'a indiqué qu'il n'y aurait pas de ferry pour l'île de Rhodes avant lundi, mais que demain matin, il y aurait un ferry pour l'île de Kos et que de là, avec un peu de chance, je pourrais peut-être me rendre à l'île de Rhodes, voire par miracle, à Symi. J'ai donc pris une chambre à l'hotel Gurupu pour la modique somme de quarante livres turques (vingt euros).

16964ème jour

Le temps élastique

Le plus frappant dans les négociations avec les turcs est leur notion du temps, fort différente de la notre. Une négociation n'est jamais terminée, un turc préfèrera toujours prendre plus de temps, retarder le projet, meme si cela présente pour lui des inconvénients majeurs, si cela lui rapporte un petit avantage.
Les engagements ne sont jamais tenus cote turc. Si leurs remarques sur un document sont promises pour le lendemain, cela n'a qu'une valeur indicative, l'information pourra très bien parvenir trois semaines plus tard sans que cela ne choque personne et sans que personne n'ait songé à vous en prevenir. Les discussions sont animées, mais l'on s'écoute et l'on respecte la position de l'autre. Et puis il y a l'hospitalité orientale. On vous proposera toujours du café, du thé et des petits sandwiches lors des réunions de travail.
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