18089ème jour

Vincent & Swann (et G.)

Je traverse tout Paris pour le retrouver sur le quai près de Saint Paul. Alors qu’il ne part que quelques jours, il a une immense valise. On déjeune chez Vincent et Swann, on partage une assiette d’antipasti et on prend des pâtes au basilic. Il mange peu. On part vers la gare un peu à la dernière minute, je veux l’accompagner sur le quai, on porte ensemble sa grosse valise dans les escaliers du parking. On court le long du TGV pour trouver sa voiture, il dépose sa valise puis redescend sur le quai pour me dire au revoir. J’ai du plaisir à le serrer fort dans mes bras. Je pars sans me retourner.
Ces soir, je l’ai ajouté dans mes amis Facebook. Sur son profil quelques belles photographies, des vidéos amusantes.
Et puis ce message tout à l'heure:
20:01 : I’m home Je pense bien à toi. G. (j’arrive que maintenant, le tgv a fait un détour par saturne)

18088ème jour

Les yeux

Une journée de travail dans un hôtel minable près de Roissy.
Et puis ce message dans l’après-midi :
Ca a pété hier soir et j’ai pas dormi pratiquement, alors ça va un peu à la dernière mais fatigué. Et toi?
Après mon dîner avec un collègue au Bistrot de l’Avenue, un ami américain d’Alban Berg, musicien de l’orchestre du Liceu de passage à Paris pour faire réparer sa clarinette, passe boire un verre de Prosecco chez moi. On ne se connait pas mais grâce à la musique, on a mille choses à se dire. Je lui fais écouter le mouvement avec variations de la Gran Partita par le Nederlands Blaser Ensemble.
Mais tout au long de cette journée mon esprit est distrait et se concentre sur deux yeux immenses qui me manquent déjà.

18087ème jour

Premier dîner

Je retrouve G. à une terrasse près du métro Ecole Militaire. Il arrive à pied, mince silhouette élégante, un peu trop couvert pour la saison. Nous marchons ensemble le long de l’avenue Bosquet jusqu’au Fables de la fontaine où j’ai réservé une table. On continue à faire connaissance, on plaisante, on parle de projets de séjours au Japon ou à Bali, il me trouve gonflé de lui proposer si vite un week-end à Amsterdam alors que l’on se connait à peine.
A un moment pendant le dîner, on se demande ce que va devenir notre relation, amitié, ou plus. Il me regarde très sérieusement dans les yeux et me fait cette étrange réponse : "Je ne pourrais pas être ami avec toi. Tu me plais." Je lui dis que j’aimerais mieux une simple amitié plutôt que de ne plus le voir. Il me répond en évoquant une telle amitié comme n'étant qu'un lot de consolation.
Après dîner, on passe chez moi boire une coupe de champagne. Mon appartement est en désordre mais il fait semblant de ne pas le remarquer. Comme en écho à la discussion lors du dîner, de nouveau, il me regarde gravement et me demande si je suis son genre. L’inconscient…
A 23h30 il me dit qu’il doit rentrer. Je n’insiste pas pour qu’il reste plus, je l’emmène en voiture, nous traversons Paris en décapoté, les abords de la voie sur berge sont sublimes dans la nuit, il me demande de le déposer un peu à distance de la rue Saint Paul, sur les quais. Je rentre chez moi.

18086ème jour

Attente

J’aime beaucoup passer du temps en tête à tête avec l’une de mes filles. Cela me laisse le temps de mieux me consacrer à elle. Aujourd’hui, déjeuner à la terrasse du Restaurant de l’Entrecôte de la rue Marbeuf avec la plus jeune d’entre elles.
Pas de nouvelle de G. (?)

18085ème jour

Première rencontre

Au réveil, je regarde machinalement lemonde.fr sur mon iPhone et j’apprends la mort de Michael Jackson. Une heure plus tard, j’en informe Felipe qui se réveille et qui accueille la nouvelle comme s’il s’agissait d’un cataclysme mondial. Nous prenons notre dernier petit déjeuner ensemble.
J’ai abandonné Felipe avec soulagement sur le Campo San Bartolomeo près du Rialto et j’ai visité la nouvelle Fondation Pinault de la Douane de mer. Le bâtiment resté désert et silencieux pendant si longtemps est une véritable merveille et il contient désormais des œuvres passionnantes ou amusantes à regarder. J’ai particulièrement aimé les deux statues aux allures de manga de Takashi Murakami. L’une (My lonesome cowboy) représente un jeune garçon déluré qui balance une immense volute de sperme qui tourbillonne autour de sa tête. Et la jeune fille qui lui fait face (Milk) produit elle aussi de ses deux seins deux jets de lait qui se rejoignent derrière elle. Il y a aussi ces reproductions de paysages dantesques où se tiennent des milliers de petits personnages, soldats, cadavres, têtes enfoncées sur des piques, vautours et qui semblent chanter un hymne à l’apocalypse à laquelle l’homme semble être destiné. Au deuxième étage, François Pinault lui même contemple une dizaine de catafalques de marbre qui contrastent avec les photographies de mode suspendues aux murs.
En sortant, j’envoie par MMS à G. une photo de la statue blanche du jeune garçon à la Grenouille qui est maintenant la figure de proue de la pointe du Dorsoduro. Et puis aussi ces deux messages :
G. Tu m'as pris de cours hier soir et je n'étais pas en pleine possession de mes moyens, c'était pas du tout gentleman ... Et en plus j'ai rêvé que j'écrasais des cafards...
V. Il ne faut pas recommencer. Cela va nous ruiner en SMS ! Je suis dans le vaporetto en route pour l'aéroport. Je me rapproche de toi...
J'ai acheté deux poissons jumeaux thailandais en bronze et j’ai pris le vaporetto pour l’aéroport. Le vol Easy-Jet avait trois heures de retard. Le chef de cabine était un garçon nommé Gilles avec qui j’ai déjà parlé sur Internet où il se prétend pilote, mais qui ne m’a évidemment pas reconnu.
Arrivé à Paris, je suis vite allé me changer chez moi et bien que n’ayant pas de nouvelles de G., je suis allé en métro près de chez lui de façon à ne pas être loin s’il était disponible.
Vers 20 heures il m’a contacté et nous sommes convenus de nous retrouver au métro Saint Paul. Il est arrivé quelques minutes plus tard. J’ai vu ses deux yeux immenses, il m’a salué un peu timidement et je lui ai proposé de marcher jusqu’à l’île Saint Louis. On s’est installés à l’écart, au fond de la salle d’un café très banal près du pont entre les deux îles. On est restés là pendant deux heures et quatre Martini bianco. Il m’a dit beaucoup de choses sur lui, sur ses singularités, sans doute parce qu’elles auraient été plus difficile à annoncer plus tard et peut-être aussi pour voir comment je réagissais. Il m’a parlé aussi de sa relation qui se terminait sans être encore vraiment finie. Il y avait de la douleur et de la gravité dans ses propos. Je serais resté toute la nuit rien que pour le plaisir de regarder ses yeux immenses. Mais il devait rentrer. On a marché sur le quai, on a lu la plaque là où se tenait l’atelier de Camille Claudel, on a traversé le pont, on s’est dit au revoir au métro Saint Paul. Je ne me suis pas retourné en repartant. Je suis rentré chez moi dans le crépuscule.

18084ème jour

Götterdämmerung à la Fenice

Le matin, comme il dort, je prends seul ma collazione et je pars arpenter le Dorsoduro en tout sens. Je déjeune bien sûr au Do Farai en laissant à Stefano le soin de concocter mon menu.
Le soir je retourne dès 18h00 à la Fenice, où Jeffrey Tate dirige la production de Robert Carsen du Crépuscule des Dieux. Belles images, belles couleurs, mise en scène intelligente et respectueuse, même si la vision nazifiante des Nibelungen est un peu lassante car tellement déjà vue. A signaler le magnifique Hagen de Gidon Saks qui reçoit un triomphe mérité. Le Siegfried de Stefan Vinke a plus de mal s’imposer, le timbre de voix étant un peu acide, son costume mi Che Guevara mi Général Tapioca s’accommodant mal de ses rondeurs et de son sourire niais permanent. Côté femme, la Brunnhilde de Jayne Casselman réussit à nous tirer des larmes dans la scène finale alors qu’elle chante seule juste devant le rideau de fer baissé.
Je rentre dans la nuit à l’hôtel en songeant que c’est une bien bonne idée de venir à la Fenice.
Felipe est à l’hôtel et, comme à l’habitude, il dort. Je m’installe à côté de lui sur l’ordinateur sur un site de rencontre. Un pseudo ouvre une discussion très vite agréable. Il y a un échange de photos. Je découvre deux yeux immenses, des cheveux en pétard, un peu le visage de Jim de La Planète au Trésor.
La discussion se termine par cet échange dont je sais que je le relirai toujours avec plaisir :
[01:39] V: tu habites où déjà?
[01:40] G: tu l'as jamais su
[01:40] V: tu m’as dit l’arrondissement
[01:40] V: c’est la première chose que tu m’as dite ce soir
[01:40] G: (smiley représentant un escargot)
[01:40] V: euuh
[01:40] G: ah oui c'est vrai
[01:40] G: j’aurais aussi pu te dire que j’affectionne particulièrement les ragondins
[01:40] V: tu habites à l’escargot Montorgeil?
[01:41] G: ca change de "top ? bott ?"
[01:41] V: il y a aussi "stats "?
[01:41] G: LOL oui ça c'est assez drôle
[01:41] V: je me tate pour filer mes stats
[01:42] G: c'est pour ceux qui font leurs grilles sur excel
[01:42] V: :)
[01:42] V: et donc
[01:42] V: l’arrondissement?
[01:42] G: je donne mes stats en mangeant des pâtes
[01:42] V: comme j’ai oublié
[01:42] V: (mais je me souviens du prénom d'Alzheimer)
[01:42] G: c'est pas l'éclate, tête de rate
[01:42] G: 4ème
[01:42] V: mange des patates
[01:43] G: à Saint Paul
[01:43] V: ok
[01:43] G: j’vais devenir fat
[01:43] V: je passerai te prendre à ton flat
[01:43] V: bon dodo?
[01:44] G: t’auras eu le dernier mot...
[01:44] G: bonne nuit !
[01:44] V: c est une fin un peu plate :)
[01:44] G: c'est traitre de me provoquer à une heure pareille
[01:44] V: mais mon lit réclame mes omoplates
[01:44] G: c'est comme jouer au mikado
[01:45] G: LOOOOL
[01:45] V: ça me met d’humeur spartiate
[01:45] G: j’ai écrasé une blatte
[01:45] G: sous les yeux de Socrate
[01:45] V: elle était écarlate?
[01:45] V: cessons cette mascarate
[01:45] G: non, mais qu'est ce que ca gratte
[01:45] G: hey t'as pas le droit à l’accent alsacien
[01:46] V: j'ai une patte qui me gratte
[01:46] G: t'as plus de pattes
[01:46] V: bon je te laisse gagner
[01:46] V: tu me fais échec et mat
[01:46] G: tu l'as perdue dans le canal
[01:46] V: ah oui
[01:47] V: mais tu sais, même perdue on la sent encore dans le cerveau
[01:47] G: je n’en doute pas
[01:47] G: et je compatis
[01:47] V : bon allez soyons raisonnables (je déteste ce mot)
[01:47] V: je t'embrasse
[01:47] V: fais de beaux rêves
[01:48] G: parle pas de ce que tu ne connais pas
[01:48] G: lol
[01:48] G: sweet dreams
[01:48] V: :)

Il y a encore eu vers deux heures du matin une courte salve de SMS :
[01:48] V: La période où l’on idéalise est dangereusement agréable. Mais je suis sûr que celle où je te connaitrai le sera plus encore. Poil à la rate...
[01:53] G: T’en sais rien. Je suis peut-être prognathe. Ou un véritable psychopathe.
[01:56] V: Il ne faut pas reprendre la conversation ici. Ce serait une décision scélérate.
[01:58] G: 2h du mat’... Dors bien sinon demain t'auras besoin d’une pile à 500 watts.
[02:00] V: Fi ! Me relancer ainsi est une procédure ingrate ! Jamais je n’eus pensé qu’ainsi vous me traitâtes. Vous aurez affaire à mes avocates.
Puis nous avons dormi, lui sans doute seul dans un grand lit près de Saint Paul et moi dans un petit lit près du Rialto à côté d’un brésilien stupide.

18083ème jour

Où ce que je prévoyais être une grosse erreur s’avère définitivement en être une

Dès que je l’ai retrouvé aux arrivées de l’aéroport Marco Polo j’ai compris que j’avais commis une erreur : sa mèche qui recouvrait son front, sous une casquette américaine inclinée en arrière, sa minuscule valise verte, ses trois piercings à l’oreille m’ont toute de suite convaincu que cela ne fonctionnerait pas. Et puis, alors qu’il m’avait affirmé "adorer la musique classique", il ne connaissait même pas Stravinski dont j'ai mentionné le nom devant l'Isola San Michele. Et comme prévu cela n’a pas fonctionné. A peine arrivé, il voulait dormir, alors que moi je ne pensais qu’à marcher dans la rue. Le soir vers minuit, alors que je rentrais d’un merveilleux dîner à la terrasse de Do Farai, lui, évidemment il avait faim. Vers trois heures du matin, il m’a envoyé un SMS pour me dire qu’il était perdu. Je lui ai demandé d’aller au Rialto et de m’y attendre. Je me suis habillé et j’ai marché dans les rues silencieuses jusque là. Il était tout en haut du pont, accoudé à la rambarde. Nous avons regardé quelques instants la vue depuis le pont désert et nous sommes rentrés à l’hôtel.

18082ème jour

Le Roi Gégé

C’est grâce à Edouard que j’ai pu assister ce soir au Roi Roger de Szymanowski et je dois reconnaitre que sans lui, je n’aurais pas eu le courage de me risquer au dernier opus du règne de Gérard Mortier à Paris. Je ne connaissais pas cet opéra fort court (1h20) dont la musique m’a plutôt ennuyé malgré quelques passages réussis. Il ressort de l’œuvre une certaine monotonie, surtout si on la compare à d’autres opéras courts et forts comme Woyzeck ou Salomé.
Et il y avait bien sûr la mise en scène calamiteuse de Krzysztof Warlikowski avec (en vrac) des vieillards qui font de l’aquagym dans une grande piscine vide, un gros berger adipeux qui se déguise en Mickey et entraîne une bande de petits Mickeys dans une séance de gym. A part ça on apprend que le Roi Roger se shoote à l’héroïne et que son héroïne de femme flotte dans une piscine pendant tout l’opéra. On aimerait être choqué (oh oui! être choqué vraiment, ça devient tellement dur), on est juste navré.
J’ai été très sage, je n’ai même pas hurlé "Gégé à Madrid!" pendant les saluts. Ni même "casse toi pov’ con!" A quoi bon? Il s’est déjà barré.
En écoutant les informations à la radio alors que je rentre chez moi, je comprends ce que faisait Frédéric Mitterrand à Roissy quatre jours plus tôt.

18081ème jour

Stockholm Paris pour Paolo

Après ma réunion de travail, je rentre sur Paris par le vol de l’après-midi et je rejoins ma plus jeune fille pour le concert de Paolo Nutini au Bataclan. Elle insiste pour être debout au plus près de la scène pour bien voir son idole.
En première partie, Duke Special, un chanteur anglais au look improbable, très bon pianiste et à la voix joliment timbrée. Il chante Brixton, il chante Londres et l’amour. C’est un moment plutôt plaisant et il arrive même à entraîner le public dans plusieurs de ses mélodies.
Puis Paolo apparait, plus cool que lui tu meurs…. Il est souriant, bien à l’aise dans ses pompes et il déploie sans difficulté sa belle voix qui peut être de pierre ou de miel. Il enchaîne les tubes de son premier disque devant un public très féminin en transes. Son band (trois guitares, un clavier qui fait aussi trompette et saxo, une batterie et un bel écossais moustachu à l’harmonica) a une pêche d’enfer et ils ont l’air tout simplement heureux d’être là. Nous aussi.

18080ème jour

Un dimanche de solstice à Stockholm

J’ai pris l’un des petits vélos verts en location gratuite à l’entrée de l’hôtel et j’ai parcouru la ville en tout sens sous le soleil. Je suis allé jusqu’au Musée d’art moderne où des peintures désormais classiques (Picasso, Picabia, Dali) côtoient des œuvres totalement absurdes et parfois amusantes. Et il y a aussi une belle collection dadaïste dont il est toujours étrange de les voirs institutionnalisés à ce point.
Je suis retourné sur Söderleden pour prendre un café (que j’ai salé involontairement) au soleil. Puis je suis retourné à Gamla Stan prendre un Gravlax au pomme de terres. De la terrasse j’ai aperçu Morgan Freeman qui se baladait dans une tenue hallucinante sans doute destinée à préserver son anonymat.

18079ème jour

Un samedi de solstice à Stockholm

On a beau être samedi, le réveil sonne à l’heure normale, et, le temps de boucler ma valise, j’appelle un taxi pour Roissy. Dans le salon Air France, Frédéric Mitterrand, qui a des allures de vieillard, lit Le Monde en attendant son avion pour Fiumicino.
Deux heures de vol plus tard, je rate juste l’Arlanda Express et j’arrive dans le centre de Stockholm un peu après 13h00. La ville est déserte. Tout le monde est parti dans les îles pour fêter le week-end de Midsommer. Les boutiques sont fermées et je sens que mon week-end sans nuit ne vas pas être follichon.
A vingt heures, je retrouve un Finlandais d’Helsinki qui passe son été à Stockholm pour gagner un peu d’argent comme barman. Il parle assez bien le français puisqu’il a étudié à Lille et travaillé à Paris. Il s’appelle Tony mais aime bien que les français utilisent son troisième prénom, Emil. On marche longtemps à travers la ville, jusqu’à un nouveau restaurant de plein air, au bord de l’eau, près du pont de Västerbron et juste en face de l’île de Långholmen où je m’étais rendu il y a juste un an. Après dîner on prend un taxi pour Hornsgatan où on dîne ensemble au Fenix, l’un des rares restaurants encore ouverts à 22h00.
Je marche jusqu’à mon hôtel dans le long crépuscule suédois du solstice d’été avec son ciel aux mauves flamboyants.

18078ème jour

Chronique d'une erreur annoncée

Déjeuner avec deux collègues au Petit Riche, rue Le Peletier, où je n’étais pas allé depuis des années et qui est un endroit toujours aussi agréable. Le rendez vous qui suivait s’étant achevé vers seize heures, je suis rentré chez moi en velib. Pédaler dans Paris en costume trois pièces me donne un sentiment proche de celui qui doit envahir les garçons de café lors de leur course annuelle.
Le soir j’appelle deux fois un brésilien fraichement arrivé à Barcelone et je commets ce qui sera probablement une grosse erreur. Je lui offre un billet d’avion Barcelone-Venise de façon à passer en sa compagnie le séjour de la semaine prochaine.

18077ème jour

Londres Paris

Retour sur Paris par le vol Air France depuis London City Airport. J’étais un peu inquiet de l’horaire mais j’ai découvert qu’au City Airport, on peut enregistrer son bagage jusqu’à dix minutes avant le décollage, ce qui est vraiment rarissime, peut être unique.
Le soir, j’envoie sans grand espoir un message à Mister B. relatif à Prague.

18076ème jour

Retour chez Simpson

C’est la première fois que j’atterris au City Airport de Londres et je connais donc maintenant les cinq aéroports londoniens. Le City Airport est particulièrement agréable, il n’accueille que de très petits avions et on dirait presque un aéroport de province tant le parcours de l’avion au métro est rapide.
J’ai déjeuné avec deux collègues chez Simpson in the Strand où j’ai mes habitudes depuis une bonne vingtaine d’années. Je l’ai découvert avec V. J’y ai emmené mes parents en 1993, peu après la mort de mon grand-père, j’y suis retourné avec P. La nourriture y est toujours aussi moyenne mais le cadre victorien et le service suranné font qu’on s’y sent bien, un peu dans un autre monde.
Le soir je suis retourné au Barbican, où le LSO était dirigé par son chef honoraire Sir Colin Davis que je voyais diriger pour la première fois. Au programme un très beau Concerto Empereur noblement interprété par Paul Lewis qui a quand même réussi à se planter méchamment dans les introductions du premier et du second mouvement. En deuxième partie, Sir Colin a dirigé une belle Troisième Symphonie de Brahms. Les premières mesures du troisième mouvement, offertes par les merveilleux violoncellistes du LSO m’ont tiré des larmes des yeux. Et puis un immense remerciement à Joost qui est toujours glabre.

18075ème jour

Déprime

Je sors du bureau a 22h00. L’A86 est fermée. Je patauge dans des rues inconnues de Nanterre. Je rejoins La Défense. Le tunnel de l’avenue du Général De Gaulle à Neuilly est fermé. J’arrive chez moi à 23 heures. Journée vide.

18074ème jour

A/R

Un aller retour à Bruxelles pour un déjeuner dans un restaurant belge, un peu triste, solennel et très cher, avec des clients qui avaient l’air ravis d’être là.

18073ème jour

Coraline

Vu avec mes filles l’inquiétant dessin animé Coraline, dont l’univers fait beaucoup penser à celui de Tim Burton. Toutes les cinq minutes, un moufflet apparemment terrifié demande à haute voix à ses parents "Elle est morte?" en parlant de la sorcière, hélas inoxydable. Le soir, nous retrouvons E. pour un dîner au Restaurant de l’Entrecôte de la rue Marbeuf. Et de retour chez moi je me rends compte qu’à ma grande surprise, Mister B. m’a répondu. Je me prends à rêver d’une rencontre et lui propose même de me rendre à Prague juste pour un dîner.

18072ème jour

Une dédicace de René de Obaldia

Il y a une quinzaine d’années que je ne l’avais pas vu. René de Obaldia est sur scène et je rends grâce à Alice de m’avoir communiqué cette information. Sur la scène du Petit Hébertot, dans ce qui pourrait être son bureau, René de Obaldia, nous raconte sa vie et ses écrits, la voix soutenue par un équipement audio hélas de piètre qualité. Mais il y a l’humour froid, l’humour merveilleux de ce jeune homme séducteur de 91 ans. Il nous raconte qu’après le succès planétaire de sa pièce Le Défunt, qui met en scène une veuve "encore jeune et appétissante", il se retrouve avec une veuve dans chaque port. Mais sa veuve préférée est la veuve argentine, qui correspond régulièrement avec lui en signant ses missives par un "Votre veuve fidèle".
Après le spectacle, ma fille est fort impressionnée qu'il se souvienne de moi et qu'il fasse une jolie dédicace pour son fantôme sur le pavé de son oeuvre intégrale.

18071ème jour

Mika au Cirque d'hiver

J’hésite toujours à faire des surprises tant il peut être agréable de se préparer à un événement, mais je savais que mes filles seraient tellement heureuses d’assister à un concert de Mika que j’avais tenu le projet secret. Alors que nous étions dans le métro, elles tentaient de savoir où nous allions et penchaient pour un ballet car j’avais pris mes petites jumelles de spectacle.
Le Cirque d’Hiver est un endroit merveilleux pour un concert, toutes les places étant assez bonnes et l’organisation circulaire donnant une intensité quasi dramatique à la présence de tous les spectateurs. La décoration convenait par ailleurs particulièrement bien à l’univers de Mika qui nous a offert deux heures hallucinantes d’énergie, de bonheur et d’optimisme, chantant la quasi intégralité de son premier disque ainsi que cinq ou six chansons de celui qui paraitra en Septembre. Mika n’hésite pas à faire participer le public, une petite fille vétue d’une robe rouge qui danse avec lui sur le piano demi-queue, puis un jeune homme blond, qui fait visiblement partie de son cercle proche, qui aura le privilège de l’accompagner au piano, avant d’y monter lui aussi pour danser. Le cerveau plein de musique et de joie, nous avons fini cette chaude soirée chez Janou.

18070ème jour

Mister B.

Lorsque je lui ai envoyé un message sur ce site de rencontre, je n’avais pas prêté attention à sa photo et c’est un peu plus tard que je me suis rendu compte qu’il est un jeune acteur anglais commençant à être connu, qui a démarré dans un boys band avant d’être choisi pour avoir l’un des rôles principaux d’une superproduction américaine. Je me souviens d’ailleurs que lors de mon dernier séjour à Prague, son visage était absolument partout en ville. J’ai bien sûr envisagé qu’il puisse s’agir d’un mythomane ayant "emprunté" les photos, mais le fait qu’il ne se connecte que quelques minutes par jour sur le site me fait penser qu’il pourrait bien être le vrai.

18069ème jour

Felipe ou Alejandro, Brésil ou Espagne, je m'y perds un peu

De nombreuses discussions nocturnes avec un brésilien de Salvador de Bahia qui doit prochainement venir à Barcelone et que j’ai très envie de rencontrer lors de mon séjour de dans un mois.

18068ème jour

Zeppelin

Après une journée de travail, je vais en taxi à Paddington pour attraper le Heathrow Express. A l’aéroport, j’envisage d’acheter un Zeppelin, affiché 330£ contre 600 Euros à la Fnac. C’est un beau cadeau pour le mariage auquel j’assisterai fin juillet à Bucarest mais j’hésite beaucoup en raison des dimensions de la boîte. A l’accueil British Airways, on me confirme que peux avoir quelques ennuis à l’embarquement, le colis dépassant la taille règlementaire des bagages à main. Je prends cependant le risque et j’ai l’air totalement ridicule lorsque je dois présenter mon passeport et ma carte d’embarquement avec mon petit sac à dos noir Champion où se trouvent mes affaires personnelles, mon sac d’ordinateur en bandoulière et cette énorme boîte qui exige l’usage de mes deux mains pour être transportée. Pourtant je n’aurai aucune remarques ni questions, ni à l’embarquement, ni au contrôle des passeports de Roissy, ni même à la douane française que j’ai franchie le pas léger.

18067ème jour

Soho

Après une journée de travail, je prends le vol Easy Jet du soir de Copenhague à Londres Stanstedt. C’est le quatrième aéroport londonien que je découvre, le plus éloigné du centre, puisqu’il faut quarante minutes de train pour parvenir à Tottenham, une station de métro encore éloignée de la City. Je loge dans un grand hôtel victorien au lobby plein de charme mais aux chambres un peu vieillottes. Je retrouve devant le Village Roy, un garçon asiatique qui arrive avec beaucoup de retard ce qui m’énerve dès le départ. On dîne pourtant dans un restaurant thaïlandais de Soho et je le plante pour retrouver Alec, un autre garçon asiatique tellement ennuyeux que je le plante lui aussi après un verre.

18066ème jour

Où je découvre Copenhague

A huit heures pile je vote pour les élections européennes. Le chef du bureau me propose de les aider pour le dépouillement mais si je viens voter si tôt c’est parce que j’ai un avion juste après. Pas pour Rio, j’espère ! me dit bêtement le président du bureau.
Je file à Roissy pour attraper le vol de 11h10 pour Copenhague, l’une des rares capitales européennes dont je ne connaissais jusque là que l’aéroport. Je me rends en train jusqu’à la Gare Centrale, magnifique bâtiment de brique recouvert d’une immense charpente de bois. Puis ej vais à pied au Kong Arthur Hotel. Je me promène dans la rue et retourne à la Gare Centrale où j’ai rendez-vous avec René, beaucoup plus jeune et que prénom ne pourrait le laisser penser. Il a les cheveux d’un blond très pâle, des lunettes de star et hélas, les dents complètement pourries. Il fait presque froid maintenant et nous retournons à mon hôtel pour que je prenne un pull. Il m’attend devant l’hôtel pendant que je vais à ma chambre. A mon retour, il a disparu. Par SMS, il me raconte une histoire d’accident de sa sœur à laquelle je fais semblant de croire et je bénis le ciel de cette répulsion commune qui m’a évité d’avoir à le planter.
J’ai profité de mon célibat pour dîner dans le magnifique et étonnant restaurant de l’hôtel Nimb au bâtiment oriental construit dans le parc d’attraction merveilleusement rétro de Tivoli et qui fait face à la Gare.

18065ème jour

Mahler au musée d'Orsay

Un peu avant vingt heures, je retrouve Tobias à l’auditorium du musée d’Orsay pour un concert composé de deux parties bien distinctes et dont le fil conducteur est la belle soprano Miah Persson (née à Örnsköldsvik, Suède). En première partie, six Wunderhorn Lieder accompagnés par Roger Vignoles, le sixième Lied étant la version piano de das Himmlische Leben. A mes côtés, Tobias sourit souvent aux paroles des Lieder et je maudis mon médiocre allemand. En deuxième partie, j’entends pour la première fois en concert la transcription de chambre d’Erwin Stein de la Quatrième Symphonie de Mahler, avec une orchestration proche de celle utilisée par Berg, Webern et Schönberg lorsqu’ils transcrivirent des valses de Strauss : un piano, un harmonium, deux violons, un alto, un violoncelle, une contrebasse, un hautbois, une clarinette et des percussions. L’engagement physique des musiciens compense presque la rusticité de l’orchestration et Miah Persson conclut le concert par un nouveau Himmlische Leben aux accents clairs et enfantins.
Après le concert, je file en velib au Fumoir où le petit poseur de lapin de la semaine passée me repose un lapin. Je ne mérite nulle autre compassion qu’un Bien fait! ironique.

18064ème jour

Ennui

A l'issue d'une journée démarrée par un petit déjeuner au métro Poissonières, j'ai passé au moins deux heures à faire ce que je déteste le plus au bureau depuis que je travail : mes notes de frais.

18063ème jour

Sauterie

Aller retour à Bruxelles avec une juriste pour la négociation d’un contrat. Comme à l’habitude nous passons en revue le document clause par clause, chacun donnant ses remarques au fil de l’eau. Comme j’ai pris de l’avance sur ma juriste, celle-ci, ayant des remarques sûr les pages déjà parcourues me lance : "Eh! tu n’arrêtes pas de me sauter!"

18062ème jour

Sibélius et Beethoven par Yutaka Sado et Leif Ove Andsnes

Il est bon d’être dans les petits papiers de Paris Broadway, celui m’ayant cédé sa place pour le concert de l’orchestre de Paris dirigé par Yutaka Sado. En première partie, l’immense Leif Ove Andsnes joue le Troisième Concerto pour piano de Beethoven, dans une interprétation magnifiquement majestueuse. Seul regret, le son toujours aussi métallique du Steinway de Pleyel, décidément indigne de la salle. En bis un Prélude de Debussy. En deuxième partie, la Deuxième Symphonie de Sibelius dans laquelle je ne suis absolument pas parvenu à entrer.
Cela m’a beaucoup amusé de constater que l’une des contrebasses de l’orchestre de Paris est elle aussi surmontée d’un lion.

18061ème jour

Une nouvelle Cinquième, cinq jours après la Scala

Je prends le premier Thalys du matin, celui de 6h55. Dans le même wagon, Symon Bychkov, toujours vêtu de noir, qui rejoint sans doute sa Philharmonie de Cologne et que je croise par hasard pour la deuxième fois en deux jours.
Dans l’après-midi Paris-Broadway me propose de l’accompagner au concert de l’orchestre de Lyon. J’accepte et le soir, nous nous retrouvons au rang H de la salle Pleyel. Jun Märkl dirige Fazil Say dans le 21ème Concerto de Mozart que j’ai déjà entendu par le même interprète à Tel Aviv. En trois années, Fazil Say a changé dans son comportement. Il s’installe au piano avec une nonchalance désabusée, regarde l’orchestre démarrer l’œuvre comme un ethnologue contemplerait des pygmées, et joue l’œuvre avec une étonnante désinvolture. Il ne peut s’empêcher de diriger en doublon du chef. Il choisit bien sûr ses propres cadences décalées et amusantes. Le principal problème de l’interprétation de ce soir est que, autant le pianiste est décalé, autant le chef a une approche hyper classique. Les deux ne vont clairement pas ensemble. En bis, Fazil nous offre une improvisation de son cru, a mi chemin entre l’orient et l’occident, avec des sonorités qui n’auraient pas déplu à Francesco Tristano Schlimé. Pour l’écouter, le chef s’est assis sur l’une des marches menant vers l’arrière scène.
En deuxième partie, Jun Märkl dirige une Cinquième de Mahler d’une propreté quasi parfaite, permettant de vérifier combien le niveau des orchestres s’est élevé. Il y a vingt ans, aucun orchestre français n’aurait été capable de proposer une symphonie de Mahler de ce niveau. On peut juste regretter le grain de passion, de folie ou de génie qu’un chef ou un orchestre de premier plan peut offrir dans une telle œuvre. Et comme cinq jours plus tôt à la Scala, le chef fait l’erreur surprenante de ne pas enchaîner attaca le dernier mouvement.
J’ai été très amusé de constater que la première contrebasse de l’orchestre de Lyon joue un instrument surplombé d’une magnifique tête de lion (de Lyon ?)
Après le concert, deux persifleurs ont dîné de concert au Persil-Fleur.

18060ème jour

Beaubourg Tartare Almodovar

Nous prenons un steak tartare à la terrasse du café Beaubourg. A ma grande surprise, le pain est superbement grillé. Un peu plus loin Symon Bychkov tout de noir vêtu déjeune avec des amis.
Le soir j’emmène ma fille voir Etreintes brisées, le nouvel Almodovar. Comme tous les grands créateurs, Almodovar fait sans cesse le même film, au style immédiatement reconnaissable. Comme tous les génies, il arrive à nous intéresser et à nous étonner à chaque reprise.
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