19277ème jour

Long Walk

Matinée de promenade désormais traditionnelle avec HLG. Déjeuner chez lui, puis rebelote avec mes filles à la Brasserie de la Poste. Suite à la lecture d’un article fascinant dans Le Monde, je vais je vais acheter Collapse, le livre de Jared Diamond sur l’effondrement des grandes civilisations du passé et je rentre chez moi pour écouter à plusieurs reprise Long Walk, le nouveau disque de Francesco Tristano que j’avais un peu perdu de vue depuis quelques années. Le disque s’appelle ainsi en souvenir du long voyage à pied effectué par Bach en 1705 pour aller visiter le vieux maître Dietrich Buxtehude à Lubeck. On sait peu de chose de leur rencontre, ou plutôt des semaines passées ensemble mais il est probable que l’influence de ce séjour sur la vie de Bach fur immense. La pièce principale de ce disque, les Variations sur le thème de La Capricciosa est une révélation, un choc digne des Variations Goldberg. Francesco Tristano y met un talent, une énergie, une inventivité telle, que je prends aussitôt deux billets pour aller l’entendre dans cette œuvre à Dortmund la semaine suivante.

19276ème jour

Rémi I

A l’origine, je devais dîner hier avec Rémi, un garçon immense qui fait des photos pour Hermès. J’avais eu la bêtise de reporter ce dîner avec lui pour pouvoir rencontrer le brésilien, ce dont je m’étais mordu les doigts. Aujourd’hui, c’est Rémi qui décale, reporte le déjeuner en dîner, soit par revanche, soit, comme il le prétend, car il a pu aller faire quelques photos tarifées. Je profite du temps libre de cette journée pour faire des courses chez Zegna, je découvre la magnifique nouvelle boutique Ralph Lauren du boulevard Saint Germain, j’achète Long Walk, le disque Buxtehude de Francesco Tristano, je revends tous mes disques Perahia en perspective du coffret monumental bientôt publié, je dévore une magnifique poêlée de cèpes au Balzar et je vais chez le coiffeur afin de mettre toutes les chances de mon côté avec Rémi. C’est un nouveau coiffeur, choisi par hasard, il s’appelle Bastien et il est vraiment adorable. J’avais très peur d’être coiffé par le patron qui avait l’air ennuyeux et moche et c’est avec beaucoup de satisfaction que j’ai finalement été pris en charge par Bastien, un garçon adorable qui, pour réussir ma nuque, m'a demandé de dodeliner de la tête de droite à gauche. C'était très amusant.
Le soir donc, je récupère Rémi à la sortie d’un showroom près de l’Elysée. Il est impressionnant, avec son mètre quatre vingt douze, sa démarche chaloupée, ses lèvres charnues, ses grands yeux, sa mèche immense qui peut tomber jusqu’au menton s’il n’y prête attention et c’est le genre de garçon en direction duquel toutes les femmes et une partie des hommes regardent fascinés lorsqu’il entre quelque part. Après avoir clarifié la nature de cette soirée passée ensemble, après s’être fait refuser au Mini-Palais pour cause de soirée privée, nous allons à la terrasse du café de l’Esplanade. Il s’installe face à moi et pendant tout le dîner, sa beauté, sa voix douce qui contraste avec son allure de colosse me troubleront. Il me raconte tout de go son histoire, le départ de sa famille de Lille alors qu’il a quinze ans avec trois mille euros en poche, sa galère à Lyon puis à Montélimar, son travail dans une boutique de fringues, puis son premier contrat comme modèle à Montréal, accepté presque par hasard suite à un dépit amoureux, contrat qui lui ouvre la porte de la mode et de son environnement. Et lui bien sûr se laisse capter comme un papillon de nuit attiré par la lumière. Il a une bonne éducation, s’exprime bien et semble aussi très déterminé. Tard dans la nuit, je le redépose au showroom.

19275ème jour

Au secours!

Côté travail, la réunion de crise de la veille s’envenime et se traduit par des conflits par email et je suis content que le week-end arrive. Il commence cependant fort mal : je vais à Arts et Métiers pour chercher en bas de chez lui un grindrien brésilien qui, sur sa photo avait l’air d'un joli garçon avec son panama blanc porté de côté. J’arrive et je sais que d’emblée que c’est la catastrophe. Il a un cul énorme et surtout il est efféminé au-delà du possible. J’ai la faiblesse de le laisser monter dans la voiture. Il me raconte sa journée passée avec les Miss Chines (j’ai du lui faire répéter trois fois l’expression avant de comprendre). Sa passion semble être les cosmétiques et il me raconte cela avec des grands mouvements de cils qui ont l’air aussi faux que ses bijoux. On part en direction du Mini-palais où j’ai réservé une table et alors que nous sommes près du Louvre, je me dis que ça n’est pas possible, je ne peux pas passer une soirée entière avec cette folle. Je lui explique calmement la situation. C’est un peu dur, il prétend avoir annulé un dîner pour moi, mais il encaisse et je le ramène chez lui en voiture. Comme nous n’avons plus grand-chose à nous dire, il téléphone ou fait semblant de téléphoner pour se donner une contenance; il parle d’une soirée extravagante dans un hôtel particulier avec un Duc et une Duchesse au patronyme non moins extravagant. Je m’en débarrasse au plus vite et pars me réconforter avec un dîner solitaire à la Brasserie de la Poste.

19274ème jour

La Huitième Symphonie d’Anton Bruckner Orchestre de Paris et Herbert Blomstedt

Après une jolie réunion de crise au travail, je file à l’opéra pour récupérer Hugo, un grindrien autrichien qui habite Paris. Je le récupère devant la Bourse (alors qu’il m’avait dit devant l’Opéra). Il est d’un style musclé efféminé, avec des grandes lunettes bleues et un ton un peu autoritaire. Je sens que la soirée ne vas être formidable mais peu importe, on a prévu d’aller entendre la Huitième de Bruckner par l’orchestre de Paris et Herbert Blomstedt. On arrive à Pleyel. Alors que je fais la queue pour récupérer nos deux places, je trouve un peu étrange qu’il se tienne à l’écart pour téléphoner, mais je rencontre Edouard et je papote avec lui sans plus m’inquiéter. Après avoir récupéré les billets, je ne vois plus l’autrichien et bien sûr je l’appelle. Il me raconte une histoire bidon comme quoi sa tante a eu un accident de voiture et qu’il a du rentrer chez lui. Je lui raccroche au nez.
J’assiste donc seul au concert qui me parait bien long, bien banal et au final assommant. Seul le troisième mouvement se situe au dessus du reste, avec des passages vraiment très réussis. Pas de chance, Blomstedt nous annonce que le petit bis sera le Scherzo de la Deuxième Symphonie. Je suis coincé, je ne peux pas partir, et je me retape un long mouvement brucknérien bien ennuyeux. Barenboim, reviens !

19273ème jour

La Cinquième de Mahler par l’orchestre du Festival de Budapest et Ivan Fischer salle Pleyel

Retour de Montpellier à Paris où il tombe des trombes d’eau. Le soir, en raison de la pluie je choisis d’aller chercher HLG chez lui en voiture pour nous rendre à la salle Pleyel où l’orchestre du Festival de Budapest donne un concert sous la direction de son chef Ivan Fischer. Le concert démarre par des Bartok assommants, des danses paysannes vaguement entrainantes et le Premier concerto pour violon, joué par un énorme type aux allures tziganes qui semble prêt à broyer son minuscule violon tant il le maltraite dans ses bras énormes. En bis, il nous, me semble-t-il, un Caprice de Paganini qu’il joue d’une façon pleine d’humour.
Après l’entracte c’est donc la Cinquième, que j’appréhendais un peu, tant Fischer m’a déçu lors des deux concerts de lui auxquels j’ai assisté. Cependant ses disques Mahler (la récente Première en particulier) sont assez réussis. Au final, c’est une Cinquième de très bonne tenue que nous avons entendu ce soir, jouée par un bel orchestre aux cordes remarquables. Le reproche que je pourrais faire à l’interprétation de ce soir est de tirer un peu trop l’œuvre dans le genre rustique et bourru. L’œuvre de Mahler et la Cinquième encore plus, oscille toujours entre le sublime d’un raffinement viennois et le grotesque des danses juives et des Ländler. L’interprétation de ce soir donnait la part trop belle au grotesque.
Après le concert, j’emmène HLG dans la loge d’Ivan Fischer où ils échangent quelques mots. J’en profite pour demander à Fischer s’il a prévu d’enregistrer toutes les symphonies de Mahler et, à ma grande surprise, il me répond que non, et que, en particulier, il n’a pas prévu d’enregistrer la Huitième, car, même s’il l’adore, il n’a toujours pas réussi à en trouver la clef. Belle leçon de modestie.
Après le concert, petit frischti dans le salon vert de HLG.

19272ème jour

Aigues Mortes

Journée de travail dans la cour de l’hôtel par une température encore estivale. Déjeuner dess spécialités locales, les aubergines au four, les moules gratinées et le panier d'anchoïade. Visite des Salins et promenade en Camargue. Dîner à l’hôtel.

19271ème jour

Cluj - Beauvais - Paris - Montpellier - Aigues Mortes

Cette journée m’aura vu me réveiller à Cluj, embrasser tendrement ma fille encore endormie, aller de Beauvais à Paris en voiture, travailler quelques heures, reprendre un avion d’Orly à Montpellier prendre un apéritif en terrasse dans les ruelles d’Aigues-Mortes et dîner d’une viande de taureau.

19270ème jour

Aida à l’opéra de Cluj Napoca

Aujourd’hui, c’est la journée touristique de notre séjour. A l’origine, j’avais eu l’idée de faire une excursion dans chacun des cinq pays frontaliers, Hongrie, Slovaquie, Pologne et Ukraine, tous proches de Cluj, mais le calcul des distances rendit ce projet impossible et nous nous sommes rabattus sur la visite de Sigishoara, une petite ville médiévale classée au patrimoine de l’UNESCO. Le matin de bonne heure, nous partons donc en direction de Bucarest. La route est bonne, les paysages vallonnés, nous croisons des villages pittoresques, quelques villes industrielles sans charme, beaucoup d’églises orthodoxes en construction, et sur une large portion de la route, des vendeurs d’ail et d’oignon, sans doute pour nous rappeler que nous sommes au pays du comte Dracula. Sigishoara est d’ailleurs son lieu de naissance. La ville est belle mais petite, le centre médiéval se trouve en haut d’une colline avec ses maisons colorées, son atmosphère Mittel Europa. L’influence de l’Empire Austro-Hongrois est évidente avec le nom des rues écrit en roumain et en allemand, l’école de la ville, vieille bâtisse au nom allemand elle aussi. Nous déjeunons d’une pizza sur une terrasse ensoleillée de la place principale et nous rentrons à Cluj. Je tire en liquide à un distributeur le montant de la location et du premier mois de loyer et nous allons à l’appartement pour signer le contrat de location avec le propriétaire. J’ai un peu hésité à signer le contrat en roumain, même avec une traduction faite oralement par Bogdan mais le propriétaire m’inspirait confiance et un coup d’œil jeté dans la nuit par une amie roumaine m’a montré que j’avais raison.
Dès le contrat signé, ma fille et moi avons filé à l’opéra de Cluj car à ma grande surprise, on y donnait ce jour une représentation unique d’Aida. Je n’aime pas trop Aida, son côté péplum avant l’heure, ses marches rengaines et ses mises en scènes souvent grotesque. Et pourtant, comme me l’a souvent fait remarquer HLG, Mahler affectionnait particulièrement cet opéra et voulait toujours le diriger lui-même à Vienne, preuve s’il en faut de sa qualité. Je devrais un jour me trouver une représentation d’exception d’Aida à Vienne ou Berlin et me faire une vraie idée. Jusqu’à aujourd’hui, je n’ai guère été gâté car ma seule représentation d’Aida jusqu’à aujourd’hui a été l’étonnant carton pâte de l’opéra de Kiev qui m’avait fait fuit à la fin du deuxième acte. J’appréhendais donc le pire ce soir avec la représentation unique de l’œuvre par l’orchestre, les chœurs et la troupe locale. Eh bien je dois confesser que si le spectacle n’était pas d’une grande qualité, il restait honorable et absolument pas ridicule. La troupe s'en est sortie au mieux des moyens du bord et l’orchestre jouait plutôt correctement une partition qui n’a rien de facile.
Ma fille et moi sommes néanmoins partis après les grandes marches et nous sommes aller prendre notre dîner d’adieu au Baracca.

19269ème jour

Cluj-Napoca II

Nous partons cette fois ci à la recherche d’appartements avec Bogdan, un roumain que ma fille a déniché grâce au groupe facebook des étudiants de l’université de Cluj. Bogdan est un malin, il s’arrange pour offrir de nombreux services aux étudiants et à se rendre indispensable. Il a appris le français avec un marocain et il entame chacune de ses phrases par l'expression "La Vérité" ce qui rend ses propos pittoresques. Il nous emmène dans le même quartier que la veille et nous visitons de nombreux appartements type gourbi.
Un peu déçus, nous visitons quelques pensions, dans l’idée de se résigner à l’appartement encore en cours d’aménagement. Je voulais emmener ma fille dîner au Lugano, un restaurant installé dans une jolie villa où mes clientes m’avaient emmené lors de ma première visite mais l’endroit est privatisé pour un mariage. Nous retournons à Baracca, sans regret d’ailleurs, tellement les pâtes y sont bonnes.
En fin de dîner, Andrei, le patron de Bogdan, vient nous chercher dans sa Peugeot flambant neuve et nous emmène visiter un autre appartement sur la route qui quitte Cluj vers le sud. C’est la perle rare et nous nous disons intéressés, demandons juste une nuit de réflexion, ma fille devant également demander l’avis dé l'amie qui logera avec elle pour l’année et qui doit arriver dans trois jours.

19268ème jour

Cluj Napoca I

Lorsque ma fille m’a annoncé qu’elle partait faire un cycle d’études à Cluj, j’ai été bien sur un peu surpris mais aussi amusé car je me souvenais mon unique visite dans cette ville de Transylvanie et je n’imaginais pas y revenir un jour dans de telles conditions. J’ai été également surpris de constater qu’il existe un vol Ryan Air direct de Beauvais pour Cluj. Nous sommes partis donc partis avant six heures du matin pour Beauvais, en emmenant trois énormes valises afin de l’installer là bas.
Arrivés à Cluj, nous avons récupéré une voiture de location et nous sommes partis pour le centre, plus charmant que dans mon souvenir. Nous déposons les énormes valises à ce qui est le meilleur hôtel de la ville, l’Opera Plaza dont les nuits ne valent pourtant que 80 euros. Nous déjeunons dans un restaurant italien Baracca qui s’avèrera servir des pâtes absolument délicieuses et à un prix ridicule et nous partons aussitôt à la chasse aux appartements; la rentrée étudiante étant dans une semaine, ceux-ci sont devenus une denrée rare. Nous allons dans une agence de location fort bien organisée, avec leurs commerciaux parlant le français et leurs visites virtuelles d’appartements sur écran. Nous partons aussi en visite, dans un quartier résidentiel proche de la faculté de médecine. Les agences font miroiter des appartements dits grand luxe qui s’avèrent être seulement neufs et à un standard de qualité normale, le plus souvent meublés dans un style assez arabique et voyant. La plupart de ces appartements sont déjà loués et il ne reste que des endroits que nous qualifions avec ma fille de gourbis, des lieux un peu improbables aménagés chez des particuliers pour arrondir les fins de mois. Le seul endroit possible de la journée s’avèrera être un appartement encore en aménagement (il n’y a que les murs et les fenêtres) et dont le propriétaire nous assure qu’il sera fini sous un mois. Nous envisageons cette option avec la nécessité pour ma fille de rester dans une pension pendant un mois.
Un peu déçus de ne pas avoir trouvé la perle rare, nous dînons au VIA, un très bon restaurant roumain du centre, aux belles salles voutées.

19267ème jour

Le cycle Brahms de Kurt Masur au Théâtre des Champs Elysées (Concerto pour violon et Première Symphonie)

Alors que je m’apprête à partir pour Bruxelles, je découvre dans le train que le casque que j’ai pris avec moi n’est pas celui que j’ai acheté à New York en août, mais l’ancien, que je croyais avoir oublié dans un avion Milan Paris et qui est bien là, avec mon iPod, plein à craquer de musique. J’en reste sidéré et je ne parviens pas à m’expliquer comment j’ai pu croire si longtemps l’avoir égaré.
Le soir, je rentre juste à temps pour le premier concert du cycle Brahms de Kurt Masur et de l’orchestre National de France au théâtre des Champs Elysées. Kurt Masur, à qui la salle fait un triomphe pour son premier retour en ces lieux depuis sa chute d’avril, a l’allure toujours aussi fragile et amaigrie. Il baise la main de sa soliste Sarah Chang et il fera d’ailleurs de même à toutes les musiciennes de l’orchestre qui passeront à sa portée pendant les saluts. Le début du Concerto, au son très germanique, me fait espérer une interprétation magique mais, assez vite, on s’orientera vers une version assez chambriste de l’œuvre, belle et lente, même le dernier mouvement hélas, qui gagne tant à être abordé avec toute la fougue nécessaire. Pas de bis de la part de Sarah Chang. A l’entracte, je constate que le banquier assez connu que je croise très souvent au concert a changé de jeune amant. En seconde partie, assez bonne Première symphonie, manquant un peu de souffle mais avec un sublime deuxième mouvement.
Dans la nuit, je rappelle free et je découvre que c’est France Telecom qui, sans raison, a écrasé ma ligne. La remise en route s’avère laborieuse. Je dois même lutter pour le pas avoir à payer 39 euros de reconnexion.

19266ème jour

Londres Paris Broadway

Réunion de travail toute la matinée, retour à Heathrow dans l’après midi, vol pour Paris, dîner avec Paris Broadway à l’Acante où je m’étais déjà rendu avec mon ami Eric en juin (27 juin).
De retour chez moi, je constate que ma connexion internet ne fonctionne plus.

19265ème jour

Journée dans la campagne anglaise

Départ en voiture de location de Victoria pour les Costwolds, réunions internes tout l’après-midi, dîner avec deux clients à l’Hôtel du Vin de Cheltenham, toujours aussi sympathique.

19264ème jour

Paris Amsterdam Londres

Je prends l’avion du matin de Paris à Amsterdam, puis le train de Schiphol à Utrecht juste pour quarante minutes de réunion dans un immeuble ultra moderne, blanc et minimaliste avec une moquette imitation gazon.
Je repars derechef en train à Schiphol pour prendre le vol de Londres où je n’avais pas mis les pieds depuis fort longtemps. Magnifique atterrissage avec vue sur la City. Train pour Paddington, mon hôtel au dernier étage d’un immeuble blanc près de Victoria Station, EMI d’Oxford Street, Jack Wills de Long Acre, Paul Smith de Floral Street, découverte d’une plaque commémorative du dernier séjour de Chopin à Londres, Dîner au Caprice à côté d’une mamie qui s’active sur son iPad, et le bonheur de dévorer les savoureuses Mémoires de Gérald Moore qui s’intitulent magnifiquement Faut-il jouer moins fort ?.

19263ème jour

Un dimanche à Versailles

Dans la nuit, je rêve de mon père, que je le retrouve et que je le serre dans mes bras.
A neuf heures, je retrouve HLG auprès duquel je suis de plus en plus convaincu de faire un transfert du manque lié à l’absence de mon père. On se promène dans les jardins du château de Versailles sous un très beau soleil. On va en voiture pour voir l’endroit ou HLG a habité le long du parc il y a une trentaine d’années. On déjeune chez lui dans le cadre un rien solennel du salon vert de son hôtel particulier. On parle de religion avec son protégé marocain et bien sûr aussi de notre projet milanais du 30 octobre.

19262ème jour

Sancerre

Je dois réveiller Azouz vers neuf heures, il repart tout endormi dans sa tenue improbable et peu après, je pars avec mes filles au grand complet vers le sud pour un déjeuner de famille que j’ai organisé dans un restaurant assez sympathique de Sancerre.
Pendant le déjeuner, je constate que ma mère a de plus en plus de problèmes de vue et ma sœur m'annoce que mon père, que je n’ai pas vu depuis près de quatre ans subira prochainement une opération un peu pénible.
Après le repas, nous prenons de nombreuses photos à la mode The Kooples (prise de vue depuis un point légèrement élevé et modèles qui tirent la gueule, c’est très amusant). On visite le château de Saint Fargeau dont je découvre qu’il a hébergé Lulli alors qu’enfant, il était cuistot dans les cuisines et qu’il jouait déjà du violon, à l’émerveillement de la châtelaine.
De retour à paris, je mets enfin à jour mon répertoire totalement inutile de disques (que je tiens depuis 1983) sur le volume II de mes cahiers Annonay récemment reçu.

19261ème jour

Azouz

Journée de réunions dans un hôtel de Zurich. Retour à Paris. Je passe chez moi le temps de prendre une douche et de découvrir mon cahier Annonay déposé par le facteur devant ma porte. Je repars aussitôt pour retrouver Azouz devant chez Maxim’s. Il a un affreux piercing au nez, genre anneau de museau de vache (cela me rappelle la boîte de l'addition du Mariott de la veille) et avec son chapeau marron et une sorte de cape, il a vraiment une allure improbable. On part en voiture le long des quais et, comme la fois précédente, on dîne au café Beaubourg et je le dépose à l’Etincelle. Je rentre chez moi dormir et en plein milieu de la nuit, vers cinq heures, je ne sais plus très bien, Azouz me rappelle, il a envie de me voir. Je m’empresse d’accepter et je prends une douche en l’attendant. Il me rappelle peu après, le taxi l’a déposé près de Saint Augustin, il doit être un peu saoul et il ne parvient plus à retrouver ma rue. Je vais à sa rencontre en étant en ligne avec lui et je l’aperçois en bas de la rue Portalis avec son chapeau mais, fort heureusement, sans le piercing.
On arrive chez moi, on boit du champagne et bien sûr, on fume un joint. On s’embrasse, on se touche on se suce et tout excités, on file dans ma chambre, on se resuce et on s’embrasse dans tous les sens et partout où ca fait du bien, je constate qu’il adore se faire doigter pendant que je le suce ou pendant qu’il me suce, il me demande de le prendre, ce que je fais. On s’endort l’un contre l’autre pour un court intervalle de nuit.

19260ème jour

Fabian

Journée de réunions interminables. Je m’esquive avant la fin pour aller à Zurich où Fabian, le grindrien avec qui je joue à cache-cache m’a réservé une chambre au tarif Amis et famille au Mariott. Il m'attend d'aileurs au Mariott et je l'y invite à dîner. La raclette est très bonne et lorsque l'on retourne le coffret de bois où se trouve l'addition, il en sort le son d'une vache qui mugit.

19259ème jour

La Luna (de Bruxelles) et Allard (de l’Eperon)

Aller retour à Bruxelles avec un déjeuner à La Luna, visite à l’Apple store de l’Opéra où bizarrement, rien n’est prévu pour la sortie de l’iPhone 5 et dîner avec des collègues chez Allard, toujours aussi épatant (J’aime bien ce mot, épatant, il est complètement ringard et me rappelle mon prof de physique de Math Spé qui adorait dire épatamment (qui est bien aussi)).

19258ème jour

A la recherche d’Abbado

Cela fait bien trois ans que je n’avais pas passé la visite médicale du travail. Le matin à 8h30, j’entre donc dans l’affreux camion où l’événement se tient. Une infirmière me bombarde d’une centaine questions du genre "avez-vous déjà été hospitalisé?", ou "avez-vous des problèmes de digestion ?" et, à chaque fois je dois répondre "non", si bien que j’en deviens presque gêné, que j’ai presque envie de répondre "oui" à l’une d’entre elles, mais je me dis qu’il suffit d’être patient et que la bonne santé est une maladie dont on se guérit facilement.
Dans l’après midi, le service Concierge d’American Express m’appelle pour me dire qu’ils m’ont trouvé deux places pour le concert de Claudio Abbado à la Scala. Je les rappelle pour leur dire que, bien sûr, j’accepte, quel qu'en soit le prix.
Le soir, je tombe à la télévision sur le film de Remi Bezançon, Un heureux événement, agréable mais qui semble tellement déjà vu.

19257ème jour

Où je retrouve mon ordinateur au moment où je ne l’attendais plus

Voila six jours que j’ai oublié mon ordinateur dans l’avion Air France lors de mon retour d’Amsterdam. Un peu fatigué de n’avoir que mon iPhone pour communiquer, je passe commande d’un nouvel ordinateur et dix minutes plus tard, Air France m’appelle pour m’indiquer qu’ils l’ont retrouvé. Très bizarrement, un autre passager du même vol avait lui aussi oublié à bord le même modèle (alors qu’il s’agit d’une antiquité). Cela a pris plusieurs jours à Air France pour comprendre que l’ordinateur retrouvé était le mien et non le sien. Je file aussitôt à Roissy pour le récupérer. Le service des objets trouvés d’Air France est au fin fond de la zone aéroportuaire mais après une attente assez courte, une jeune femme arrive avec l’affreux objet qui m’a tant manqué pendant ces six jours. La carte SD a disparu mais peu importe, je retrouve mes fichiers de travail et mes mises à jours de ces pages. Sur l’ordinateur, une étiquette jaune a été collée sur laquelle figure le numéro du vol AF3743 et la date du 4 septembre. Je décide de la garder comme porte bonheur.
De retour de Roissy, je passe à la fnac et j’achète Idiosynkrasia, un CD de Francesco Tristano qui m’avait échappé et sur lequel figure Mambo, une pièce qui lui a été inspirée par le jazzman Lenny Tristano.

19256ème jour

Dirk IV et fin

Mon week end B.A. avec Dirk s’achève par un déjeuner à la Brasserie de la Poste. Je m’en redébarrasse l’après midi en retournant lire au Parc Monceau et je l’emmène fissa à Roissy pour qu’il prenne son vol KLM de retour. Ouf.

19255ème jour

Dirk III

C’est samedi, plus que deux jours à tirer avec Dirk et ce matin je l’ai emmené en velib à travers tout Paris, du Louvre à Saint Germain. Je l’emmène déjeuner à la Cloche des Halles, pensant que cela serait un endroit pittoresque pour lui. Las ! Il s’avère que notre hollandais n’aime les œufs que durs. Tant pis pour lui. Je l’abandonne à sa visite du Louvre et je pars au Parc Monceau lire au soleil un bouquin qui s’avère être assez médiocre : Prince d’orchestre, histoire de la splendeur et de la chute d’un chef d’orchestre star, caricatural à en pleurer.
Le soir je retrouve Dirk pour un dîner à Il Piccolino. J’observe avec amusement le patron italien, de plus en plus sympa avec moi, qui vire une cliente qui ne lui plait pas en lui demandant de ne rien payer, mais surtout de partir. Nous finissons la soirée en allant voir la nouvelle mouture de Total recall qui, il faut bien le reconnaître, ne présente pas beaucoup d’intérêt.

19254ème jour

Milan et Dirk II

J’ai toujours une angoisse à laisser un inconnu chez moi mais c’est pourtant bien ce que j’ai fait en laissant Dirk dormir dans mon lit alors que je partais attraper le premier vol pour Milan. Réunion avec le client qui ne m’aimait pas et qui devient charmant car il a provisoirement besoin de moi. Dans l’avion, à l’aller et au retour, je dévore le livre subtil et fin que Bruno Le Maire a consacré à Carlos Kleiber. Un homme politique qui aime d’une telle passion un chef aussi étrange ne peut pas être foncièrement mauvais.
Le soir je retrouve Dirk chez moi. Il n’a rien cassé ni volé, me semble-t-il et je l’emmène déjeuner au japonais d’à côté. On commence à regarder J. Edgar, le film avec Leonardo Di Caprio. Dirk s’ennuie rapidement et préfère aller dormir. Moi aussi je m’ennuie, mais je préfère m’ennuyer devant le film qu’à côté de lui et je résiste héroïquement jusqu’au générique de fin.

19253ème jour

Dirk I

En fin de journée, j’affronte des embouteillages démoniaques pour aller chercher Dirk à Roissy. J’arrive en retard, il m’attend dehors et je découvre d’emblée qu’il ne me plait pas. Il est immense, pas loin de deux mètres, il a des lunettes, une peau pas très nette et un zozotement qui détonne avec sa voix très grave. Je me dis que je ne suis qu’un imbécile et je prends les choses du bon côté. Je lui fais découvrir le Paris du touriste honnête, l’Arc de triomphe, le Trocadéro, la Tour Eiffel et je l’emmène dîner au café Beaubourg. On boira même des vodkas pamplemousse chez moi et je pousserai même le sens de l’accueil jusqu’à le sucer longuement avant de m’endormir.

19252ème jour

Où j’oublie encore mon ordinateur dans l avion

Le matin, en partant au bureau, je me rends compte que j’ai oublié mon ordinateur dans l’avion d’Amsterdam la veille. C’est la deuxième fois cette année. En début d’après-midi, je pars à Roissy en me disant que je mettrai toutes les chances de mon côté si je me rends en personne à l’aéroport. Je suis accueilli par une fille idiote qui me dit que je dois envoyer un e-mail. Je parlemente, je lui explique que je suis venu exprès, qu’il doit bien y avoir un stock quelque part, qu’un système informatique a peut-être servi à enregistrer mon ordinateur... La fille est formelle, la procédure est claire, je dois envoyer un mail. Très énervé, je rentre à Paris.
Je retourne au Zara des Champs Elysées avec la veste milanaise (la vraiment trop petite) et comme je lui ai mis l’étiquette de la veste achetée la veille, je peux me la faire rembourser. Le vendeur me dit : "C’était un problème de taille ? Parce que votre veste est étiquetée XL, mais c’est une L en fait". J’ai répondu évasivement que c’était un cadeau qui ne plaisait pas.
Vers 23h00, je vais récupérer ma fille gare de Lyon car je n’aime pas qu’elle prenne le métro seule le soir. Je la vois arriver sur l’application Friends, petit point mauve qui rejoint mon petit point bleu.
De retour chez moi, je prends un billet pour Dirk, le grindrien d’Amsterdam qui me visitera donc le week-end à venir.

19251ème jour

Où je trouve enfin ma veste à brandebourgs

Nouvelle réunion à Eindhoven, un collègue me ramène en voiture à Amsterdam et me laisse à l’Arena, je prends un train en fraude car il est impossible de payer en carte de crédit aux machines de la station. Retour à Paris. Je me précipite au Zara de Passy mais ils n’ont plus la veste à brandebourgs en grande taille. Je tente ma chance à la boutique des Champs Elysées et là, miracle, je la trouve enfin. J’ai donc deux fois la veste, l’une beaucoup trop petite, achetée à Milan et l’autre, pas vraiment grande, mais dans laquelle je rentre, achetée à Paris. J’envisage un stratagème pour me débarrasser de la milanaise.

19250ème jour

Amsterdam Eindhoven

Le matin je me mets en ordre de bataille dès 8h30 pour tenter d’avoir deux places pour le concert de l’année : le grand retour de Claudio Abbado à la Scala avec ce programme bizarre composé d’un des deux concertos pour piano de Chopin et de la Sixième de Mahler. Je ne sais si je me suis trompé ou si de fait il n’y avait qu’une poignée de places à vendre mais comme lors de la précédente tentative (c’était alors une Deuxième de Mahler qui était envisagée) je me retrouve sans place et très énervé. Les mauvaises langues disent que, pour les concerts exceptionnels, la billeterie de la Scala se contente de fournir le marché noir.
Une collègue m’emmène à Eindhoven pour une réunion de travail et je m’installe au Holiday Inn en face de la gare, je cherche sans succès la veste à brandebourgs au Zara de Eindhoven, je dîne avec un collègue dans une brasserie quelconque du centre et je passe une partie de la nuit éveillé à regarder la trilogie de Kieslowski Bleu, Blanc et Rouge, dont je n’avais vu que le premier opus au moment de la sortie et qui m’avait beaucoup marqué.

19249ème jour

Paris Amsterdam

Je repars pour Amsterdam, chose inhabituelle un dimanche. Je me promène dans les rues, picore un hareng aux cornichons, visite Scotch & Soda. Azouz m’envoie un SMS pour me dire qu’il a vu la fameuse veste à brandebourgs au Zara de Passy et je file à la boutique de Kalverstraat mais elle n’y est pas. Je visite Concerto sur Utrechtstraat et je dîne tristement dans un restaurant péruvien (quelle idée!) médiocre en face du Dikker & Thjis.

19248ème jour

Un samedi

Déjeuner avec mes filles aux Minimes qui s’avère être membre de cette chaîne de nouveaux restaurants qui se répand comme la lèpre dans Paris et dont font partie le Paris London et la Brasserie de la Poste.
Je passe mon après-midi à mettre à jour ma discographie Mahler qui avait pris quelques mois de retard alors que les CD s’empilaient sur mon bureau.
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