18363ème jour

Benjamin

Je retrouve Benjamin, un Grindrien qui travaille pour une société de production et dont le boulot consiste à trouver des invités pour assister à des émissions télévisées. Il passe la plupart de ses soirées dans Paris à aborder des gens qui répondent à ses critères (de préférence des jeunes au look branché, et comme c’est la semaine des partiels pour beaucoup d’étudiants, il a du mal à trouver) pour faire de la figuration sur les plateaux. Il est grand, mince, le cheveu en pétard, et, avec ses yeux immenses, il attire immédiatement la sympathie. Je le retrouve près de la rue des Lombards alors qu’il faisait précisément de la retape pour une émission de Frédéric Beigbeder. Un peu plus tard, sur le boulevard du Temple, je le prends en photo à côté d’un énorme ours blanc en peluche qui, de façon très incongrue est assis sur un scooter. Quand on sortira du bar de l’hôtel Murano, l’ours aura été dépecé par une bande de SDF et leur chien. J’ai beaucoup regretté de ne pas l’avoir installé à l’arrière de la voiture avant qu’il ne se fasse massacrer.
Un peu plus tard, après avoir bu une bouteille de champagne devant l’un de mes derniers feux de bois de la saison, on s’est endormi la main dans la main.

18362ème jour

Je hais Europcar

En prévision de mon week end en Sicile, je tente de réserver une voiture à l’aéroport de Trapani. Hertz, Avis et Sixt me répondent à l’unisson qu’ils n’ont plus un seul véhicule dans toute la Sicile. Sur le site web d’Europcar, je trouve une Audi A6 disponible à prix d’or. Je la réserve en payant immédiatement pour adoucir un peu la facture. Je reçois aussitôt un mail d’Europcar me précisant que la réservation ne sera confirmée que sous 48 heures selon la disponibilité du véhicule. Or dans 48 heures, je serai en Sicile ou presque et je ne puis même plus réserver un autre véhicule sans me trouver dans le risque d’avoir au final deux voitures. Je tente d’appeler l’agence Europcar de l’aéroport de Trapani.
- Pronto ?
- Do you speak english ?

L’interlocutrice raccroche aussitôt. Je rappelle.
- Pronto ?
- Vous parlez français ?

L’interlocutrice raccroche de nouveau. Je rappelle. La mégère sicilienne, sans doute énervée devant l’insistance d’un client qui a l’outrecuidance de ne même pas parler italien décroche et raccroche, sans doute au vu de mon numéro horriblement étranger.
Bien ennuyé, j’appelle le support Europcar français qui me confirme que ma réservation est en confirmation et que seule l’agence de Trapani peut m’indiquer si le véhicule est disponible. Ils me disent aussi que personne ne parle italien sur leur plateau et qu’ils ne peuvent donc pas m’aider plus. Un peu désespéré, j’appelle l’agence Europcar de l’aéroport de Palerme où incroyablement, on parle anglais mais ils me demandent de rappeler le soir.
De plus en plus désespéré, je demande l’aide d’une collègue de Milan dont le mari est sicilien et après une longue recherche, elle me déniche une Fiat Scudo. Au vu de Google image, cela ressemble fort à une camionnette mais je n’en ai cure, je réserve le machin. Entre temps Europcar m’envoie un mail annulant ma réservation, l’Audi A6 n’était donc qu’un leurre.

18361ème jour

Plus de musique

Depuis hier, mon lecteur de CD ne marche plus. Le tiroir ne s’ouvre plus avec un CD bloqué à l’intérieur, des Ouvertures de Hambourg par l’Akademie für alte Musik de Berlin que je ne peux d’ailleurs même pas écouter. J’hésite entre le faire réparer et acheter un nouveau lecteur à lampes dont on me vante les mérites depuis quelques mois.

18360ème jour

L’arnacœur

Vu le très joli premier long métrage de Pascal Chaumeil, L’arnacœur qui est un vrai succès (justifié) de bouche à bouche, un petit film très plaisant, bien dans l’air du temps.

18359ème jour

Alice et Colombe

Vu dans l’après midi avec mes filles le Alice aux pays des merveilles de Tim Burton. J’aurais aimé adorer ce film, mais je l’ai trouvé manquant cruellement de poésie et beaucoup trop axé sur les effets spéciaux.
Le soir, je me suis en revanche régalé en allant avec ma plus jeune fille voir Colombe, une pièce dans laquelle j’avais failli jouer il y a … longtemps. La distribution de la Comédie des Champs Elysées est vraiment fantastique avec en particulier Annie Duperey et Rufus absolument incroyables de drôlerie. Le personnage de Colombe, joué par la fille d’Annie Duperey, Sara Giraudeau, est en revanche un peu particulier, tirant vers le titi parisien un rôle que j’imaginais pur et diaphane. Du moins en apparence. Cela faisait en tout cas longtemps que je n’avais pas autant ri à un spectacle et j’étais heureux que de retour à la maison, ma fille me demande le texte de la pièce pour le relire. J’aimerais tant qu’Anouilh sorte enfin de son immérité purgatoire.

18358ème jour

Sondrio

Je passe la journée à deux heures de route de Milan, près de la frontière suisse, où je visite une banque locale. Les clients sont adorables et nous invitent dans un merveilleux restaurant très simple où l’on déguste des pizzocheri, un solide plat montagnard à base de pates et de pommes de terres, le tout arrosé du merveilleux vin local, le Grumello.
A cause d'un embouteillage dans un tunnel près du lac de Côme, je manque de peu de rater mon avion de retour vers paris.

18357ème jour

Milan

Je bois un verre à la Casa Armani avec Lorenzo, un designer milanais spécialisé dans les montres et l’horlogerie. Il serait plutôt intéressant mais je bloque sur le maquillage visible qu’il a sur le visage et je prétexte un dîner avec des collègues pour ne pas prolonger la soirée plus longtemps avec lui. Je dîne au café Virgin, juste à côté de l’hôtel d’un merveilleux tentacule de poulpe grillé et d’un verre de chianti.

18356ème jour

Simon

Depuis quelques mois, j’utilise beaucoup moins les messageries internet que j’ai en grande partie remplacées par Grindr, une application disponible sur iPhone seulement et qui me met en contact avec des garçons dont on connaît avec beaucoup de précision la distance géographique. Cela permet des localisations étonnantes : Il y a quelques semaines j’ai discuté avec un garçon blond aux épaules de nageur qui s’appelle Vincent comme moi et qui se trouvait à moins d’un kilomètre de moi. Hélas, il s’est déplacé à 395 kilomètres de mon domicile. Comme il était à 1375 km de moi lorsque je me trouvais à Stockholm, en traçant deux cercles depuis Paris et Stockholm, j’en ai aussitôt déduit qu’il était strasbourgeois.
On discute souvent ensemble à 395 kilomètres de distance (408 lorsque je suis au bureau) et, avec mon imprudence habituelle, je l’ai invité à passer un week-end avec moi en Sicile.
Ce soir je dîne chez Simon, rencontré par le même canal, et qui m’a gentiment organisé une dînette sushi chez lui avec une table joliment dressée et recouverte de bougies. J’ai juste envie de coucher avec lui, je sais qu’il attend plus et je n’ai aucune envie de lui faire du mal. Je rentre chez moi dès le dîner fini, sans trop regarder la chambre à coucher toute prête elle aussi et décide de ne pas le rappeler.

18355ème jour

Mes lectures de vacances

Pendant ma semaine à l’île Maurice, j’avais tellement peu à dire à mon hôte que je me suis réfugié dans la lecture en dévorant à sa grande surprise un livre par jour.
Pendant le vol aller, j’ai ainsi lu le nouveau roman de Paul Auster, Invisible, plutôt un bon cru, même si l’on retrouve un peu toujours les mêmes thèmes chez Paul Auster. Ayant beaucoup aimé le roman de Frédérique Deghelt La vie d’une autre, j’ai lu le samedi son nouvel opus La grand-mère de Jade, livre plein de bonnes intentions mais tellement nian-nian qu’il en devient navrant. J’ai consacré le dimanche aux Derniers jours de Stefan Zweig, livre qui m’a fait commencer à comprendre le mystère du suicide de l’écrivain autrichien, avec sa femme, à Pétropolis au Brésil en 1942. En revanche, le principe de rédiger ce livre comme un roman et non pas comme une simple biographie m’a rendu bien des chapitres insupportables, comme me le sont les romans de Christian Jacq par exemple.
Le lundi et le mardi ont bizarrement été traversés par l’ombre du grand Balthus dont Hervé Guibert raconte avec une drôlerie merveilleuse les tentatives d’interview à Venise, puis en Suisse. J’ai retrouvé ensuite, non pas le peintre, mais son fils Thadée Klossowski de Rola, dans la biographie non autorisée d’Yves Saint Laurent, biographie bien documentée même si elle ne mérite sans doute pas les quatre heures que je lui ai consacrées. La meilleure découverte de ces vacances aura sans doute été le mercredi avec L’étrange disparition d’Esme Lennox, un roman assez terrible de Maggie O’Farrell qui relate la dureté de l’éducation dans l’Angleterre des années 30 et l’incroyable usage que l’on faisait de la psychiatrie. Ma semaine s’est achevée avec Une vie, l’autobiographie de Simone Veil dont le chapitre le plus terrible et le plus passionnant est celui qui a trait à Auschwitz, raconté avec une pudeur et une distance qui forcent le plus grand respect.
Mais ma découverte de ces jours est Deaf Sentence, le livre merveilleux de David Lodge dont le titre français est La vie en sourdine et qui raconte avec un humour merveilleux la vie d’un linguiste retraité et sourd comme un pot.

18354ème jour

Quelques Ping

Je me suis levé très tôt pour prendre le bus, dans lequel j’ai retrouvé plusieurs de mes compagnons de voyage du vol de vendredi. La campagne était toujours recouverte de neige, les lacs toujours gelés et nous avons décollé à l’heure de Nyköping, survolé Norrköping et son joli centre ville avec une petite île si reconnaissable sur la rivière Motala Ström, puis Linköping, le Danemark et l’Allemagne, avant de rejoindre la France et d’atterrir à Beauvais, toujours à l’heure.
Le soir je retrouve Jérémie qui comme la dernière fois m’attendait en bas de chez lui rue du Ranelagh. On a dîné à la terrasse (chauffée) de l’Esplanade et comme la dernière fois, il m’a sucé dans la voiture en bas de chez lui, et on a bien du rester une demi-heure à se rouler des pelles. En partant il m’a dit : « J’ai envie d’une vraie nuit avec toi… »
Et moi donc…

18353ème jour

La Dixième de Stockholm

Le programme de ce dernier concert du Festival Mahler de Stockholm était inhabituel et intéressant. Il confrontait la toute première œuvre de jeunesse de Mahler, le mouvement de quatuor avec piano, avec la toute dernière, la Dixième Symphonie. C’était donc une très courte première partie, avec ce rare mouvement de quatuor, que j’avais entendu une seule fois à la Cité de la Musique, voilà quelques années. Les musiciens de l’orchestre de Bergen en ont fait une très belle interprétation, avec leur chef Andrew Litton au piano. Je ne sais pourquoi Andrew Litton défend la version de Carpenter de la Dixième (il l’a déjà enregistrée au disque). Réalisée bien avant celle de Deryck Cooke (même si elle a été exécutée pour la première fois ultérieurement), elle a tendance à mélanger des matériaux composites de diverses périodes de Mahler. Malgré ce handicap, c’est une magnifique interprétation que nous a offert l’orchestre de Bergen qui s’est clairement placé au dessus du niveau des deux autres orchestres entendus pendant ce week-end.
Après le concert je suis allé dîner (incroyablement tôt) au Prinsen, avec David, mon compagnon de concert, originaire de Karlstad, qui avait un œil toujours caché par une longue mèche de cheveux bruns.

18352ème jour

La Neuvième à Stockholm

Dans la matinée, l’une de mes filles m’appelle affolée car un pigeon est rentré dans sa chambre par la cheminée et elle n’arrive pas à l’en faire sortir. Après une longue lutte dans laquelle j’ai bien du mal à participer, l’animal partira de lui même.
Leif Segerstam ferait un parfait père Noël. Il en a la carrure, la bonhommie, la tignasse et la barbe blanches. Sa bedaine est difficilement retenue par une ceinture de smoking sur mesure et il a visiblement un grand plaisir à saluer son public, les bras en croix. Le personnage semble aussi truculent dans la vie que dans son apparence et wikipedia nous apprend qu’en août 2009, il avait déjà composé 225 symphonies. Le pauvre Haydn est battu à plate couture et Scarlatti n’a qu’a bien se tenir. Reste qu’en cette belle après-midi, Leif Segerstam devait diriger la Neuvième Symphonie de Mahler et que sa battue molle et imprécise semblait parfaitement communiquer ses effets dans l’exécution sans doute la plus imprécise de l’œuvre qu’il m’ait été donné d’entendre. Seul le Ländler du Deuxième mouvement a été acceptable, mais peut-on vraiment le rater ? A la fin de l’œuvre, l’une de mes voisines a les larmes aux yeux.
J’ai revendu ma deuxième place à une petite retraitée de Malmö qui était là pour acclamer le second violon solo qui lui a fait des grands sourires en arrivant sur scène.

18351ème jour

La Huitième à Stockholm

J’ai un peu hésité à me rendre à Stockholm pour ce festival Mahler qui programmait l’intégrale des œuvres en douze jours. J’appréhendais la qualité inégale des orchestres (à peu près tous les orchestres symphoniques des pays nordiques), mais le fait de me rendre pour la première fois dans le grand bâtiment bleu où l’on remet chaque année les prix Nobel me tentait beaucoup. L’existence d’un vol Ryan Air à 32 € aller retour a achevé de me convaincre. C’est la première fois que je prenais un vol Ryan Air depuis Beauvais et je dois reconnaître que tout y est bien organisé. Il faut à peine une heure de voiture pour se rendre à Beauvais, les parkings sont proches de l’aérogare et bon marché, l’enregistrement est fluide et le vol était parfaitement à l’heure.
Lorsque l’avion a fendu les nuages pendant sa descente, j’ai aperçu le sol et les lacs glacés couverts de neige et j’ai de nouveau un peu regretté. Nous avons atterri, non pas à mon cher Arlanda, mais à Skavsta, l’aéroport de Nyköping (cela se prononce New Shopping) et il a fallu de nouveau une heure de bus pour attendre Stockholm. C’était peu gênant, j’avais tout mon temps.
A dix neuf heures ce soir, j’ai donc enfin découvert le Konserthus dont la façade de temple grec néoclassique arborait pour l’occasion un hideux profil coloré de Mahler découpé en trois bandes verticales et fabriqué à partir d’une tout également hideuse peinture prêtée par Gilbert Kaplan qui dirigeait la seule œuvre de son répertoire le week-end précédent. La salle de 1926, fort belle, a hélas été un peu abimée dans les années 70, à l’occasion de travaux dont j’imagine qu’ils ont détruit le plafond original, pour installer des lignes d’éclairage modernes. Dans le hall du Konserthus, se tenait une mini exposition Mahler avec une quinzaine de grandes photographies ultra connues, elles aussi prêtées par la fondation Kaplan et une reproduction en format un peu réduit du Haüschen de Toblach. Je suis resté en arrêt devant la photo où l’on voit Mahler se promenant dans Central Park avec sa fille Anna âgée de huit ans environ. On peu à peine reconnaître les traits de Mahler, mais cette photographie dégage beaucoup de tendresse.
La Huitième jouée par l’Orchestre Philharmonique de Stockholm sous la direction de son chef Sakari Oramo était fort honorable, les solistes féminins étaient bien supérieurs à leurs collègues masculins mais le point fort de cette soirée était l’excellent équilibre entre les chœurs et l’orchestre. On entendait notamment parfaitement bien le chœur d’enfant (cinquante petits chanteurs) alors qu’ils sont le plus souvent en sous équilibre chronique. Bel usage de la galerie d’orgue qui surplombe la scène où la belle Hannah Holgersson est apparue un peu avant son apparition dans le rôle de Maria Gloriosa.
Standing ovation de la salle apparemment très fière de son orchestre.

18350ème jour

Miam Miam

Aujourd’hui avait lieu la séance d’intronisation de Simone Veil à l’Académie Française. J’ai parcouru dans l’après midi son discours ainsi que celui de Jean d’Ormesson qui l’accueillait. Comme celui de René de Obaldia, ou celui que Jean d’Ormesson avait déjà prononcé pour Marguerite Yourcenar, ces textes sont un régal d’esprit français.
Une coïncidence fait que je viens de lire l’autobiographie de Simone Veil que Jean d’Ormesson a en fait résumée dans son style si particulier. Un passage du discours a attiré mon attention :
« Mon ami le plus intime (…) se promenait un dimanche dans Paris avec son fils qui est devenu de nos jours un de nos acteurs et de nos créateurs les plus célèbres. Passant devant une église, le petit Édouard manifesta le désir d’y entrer. « Allons ! Viens ! lui dit son père qui pensait à autre chose et qui était pressé, c’est fermé le dimanche. »
Je me suis demandé qui pouvait bien être cet Edouard et par élimination j’ai pensé qu’il ne pouvait s’agir que d’Edouard Baer. Et c’est là encore une coïncidence, mais je recevais ce soir mon dernier cadeau d’anniversaire, qui aura donc traîné presque trois mois. Des collègues m’ont emmené voir Miam Miam, la pièce d’Edouard Baer, précisément. C’est une sorte d’étrange guignolerie qui part absolument dans tous les sens. C’est souvent très drôle avec bon nombre de tirades loufoques dont Edouard Baer a le secret. Il y a aussi quelques passages un peu à vide mais j’adorerais comprendre comment on peut avoir l’idée d’une pièce pareille comment peu à peu le fil conducteur se construit dans la tête de son auteur.

18349ème jour

Un dernier Ras la pomme

La bonne nouvelle est que mon dernier iPhone livré (le septième sauf erreur de ma part) fonctionne parfaitement. La presque bonne nouvelle est que Apple m’a envoyé deux iPhone au lieu d’un, peut être même trois d’ailleurs, il y a eu un imbroglio d’un iPhone non livré chez moi, qui est reparti aux Pays Bas, puis d’un troisième expédié à la réception de celui qui était en panne. Vous ne suivez sans doute pas très bien, moi non plus d’ailleurs. Toujours est-il que j’ai reçu un second iPhone et je l’ai mis dans un coin chez moi sans l’ouvrir, juste avant de partir pour Maurice. Je me disais qu’avec un peu de chance je pouvais le garder en back-up en cas de nouveau problème mais, et c’est là la mauvaise nouvelle, il m’a été facturé aujourd’hui par Apple pour 559€. Je suis donc en pleine négociation pour le restituer moyennant remboursement.

18348ème jour

Avant dernier cadeau

Déjeuné avec E. à L’Instinct, un agréable restaurant de la Garenne Colombe. Nous avons évoqué New York et ses vacances au Mali. Il m’a offert un beau stylo à plume italien qui sera donc mon avant dernier cadeau d’anniversaire.

18347ème jour

Où je pers le fil

Revu le Docteur C. qui m’a enlevé les derniers fils qui n’étaient pas partis d’eux même et s’est déclaré très satisfait de son travail. Je le suis également.

18346ème jour

Nègre

Vu The Ghost Writer, le nouveau Polanski. Subtilement hitchcockien, agréable sans être génial. Pierce Brosnan vieillit particulièrement bien.

18345ème jour

Retour

Hier soir je suis passé devant le Sofitel de Flic en Flac, mais j’ai décidé de passer ma dernière nuit à Maurice en mode routard. J’ai trouvé une chambre à 700 roupies (17,5 €). Elle était simple et propre, avec la climatisation. Mes voisins étaient une famille indienne qui semblait vivre là à l’année, à huit ou dix, avec au moins trois générations vivant dans la même pièce avec la télévision à fond et une odeur terrible de curry. Vers minuit je suis sorti demander s’il était possible que les enfants aillent se coucher et le calme s’est fait.
Ce matin je me suis levé à 5h45 car j’avais rendez vous à 6h15 devant le poste de police de Flic (moi ça me fait rire) en Flac avec un chauffeur qui devait me conduire à l’aéroport et ramener la voiture de location à Flic en Flac. A 6h30 le type n’est toujours pas là et j’appelle Alistair dont je pensais qu’il était le responsable de l’agence de location. Alistair arrive assez vite et pour finir, c’est moi qui le conduis jusqu’à l’Aéroport. On discute pendant la petite heure de trajet et je découvre qu’Alistair est un footballer professionnel et qu’il a joué à l’olympique de Marseille et dans les équipes d’Auxerre et de Zurich. Small World.
Dans l’avion mon voisin s’appelle Albert Mahler, il est brésilien et allemand, son pedigree est un véritable patchwork de toutes les nationalités européennes, il habite à moitié à São Paulo et à Paris et on parle assez longtemps de Figueira, de Haddock Lobo et de l’Hôtel Unique.
Agréable dîner avec mes filles chez deux autres jumeaux, Karl et Erik.

18344ème jour

Dernier jour à Maurice

Au petit matin, Safir a tellement mal que je dois l’emmener à l’hôpital de Pamplemousse. Alors qu’on le soigne, je vais en voiture jusqu’à la Pointe aux Piments et j’y bouquine sur la plage. Il m’envoie un message pour me dire qu’il est prêt et je retourne à l’hôpital où il m’attend la jambe entièrement plâtrée. Il est très agacé et doit s’installer à l’arrière de la petite voiture dont il emplâtre la banquette. Il est furieux. Il ne sait que faire. Il devrait de toute évidence rentrer dans sa famille à Flic en Flac mais il attend une amie qui doit atterrir le jour même à Maurice et dont il ne veut surtout pas qu’elle rencontre l’autre petite amie (celle de Flic en Flac). Je commence à en avoir vraiment assez. On va prendre un dernier déjeuner chinois à Grand Baie et alors qu’il hésite jusqu’à la dernière minute, il décide pour finir de rester à Grand Baie et d’y attendre l’amie Numéro 2. Je le laisse sur la plage avec son sac et son plâtre et pars vite en voiture vers le sud avant qu’il ne change d’avis. Je ne peux m’empêcher de crier, à la façon de Madame de Crampon : « Libre ! je suis libre ! » Je rentre par la côte est, si belle, en faisant quelques haltes sur des plages publiques. Je passe une dernière soirée à Flic en Flac, je dîne au Twins où je rencontre des amis de Safir à qui je raconte ses derniers déboires. « C’est vraiment Pierre Richard ce mec ! » me dit l’un d’eux.

18343ème jour

Tout sur Safir II

Safir a peu dormi, puisque j’avais demandé le petit déjeuner à 7h30. Il s’est levé courageusement et m’a dit qu’il n’avait pas faim car il avait pris un sandwich gras vers quatre heures du matin (c’était donc cela, l’odeur de friture). A huit heures, nous sommes partis en voiture pour l’embarcadère de Grand Baie car nous avions réservé la veille une excursion en catamaran pour l’îlot Gabriel. Alors que nous attendions le départ, Safir a décrété que le rhum qui est habituellement offert à volonté pendant ces excursions n’était pas à son goût et il a trouvé dieu sait où une dizaine de bouteilles de Smirnoff Ice. Il est arrivé avec son teint et ses cheveux vaguement orange (il se met de l’huile de carotte de la pointe des cheveux à la plante des pieds) et son grand sac de Smirnoff Ice qui faisait des petits clings de bruit de verre. Il a bien sûr commencé des 8 heures à boire sa Smirnoff devant les autres passagers ébahis. J’ai commencé alors lâchement à mener ma propre vie et dans la mesure où Safir parle avec n’importe quel inconnu comme s’il le connaissait depuis toujours, les autres passagers ont du penser au final qu’il voyageait seul. Je l’ai donc observé de loin sauter sur le filet de proue du catamaran, pousser des petits cris aigus l’index levé comme font les teufeurs de banlieue, appeler tout le monde babache (sauf moi, le lui ayant interdit la veille).
L’îlot Gabriel est une merveille, un minuscule bout de terre entourée de mer turquoise et de bandes de sable blanc. Le ciel d’un bleu limpide est parcouru de paille-queue, élégants oiseaux blancs dont la queue est composée d’une longue plume blanche qui leur sert d’empennage raffiné.
Alors que j’étais déjà sur l’îlot depuis trente minutes environ, Safir est arrivé en boitillant. A force de faire le zouave sur le filet du catamaran, il avait glissé et s’était abimé les ligaments du genou gauche. Au lieu de se calmer, estimant qu’il connaissait parfaitement chaque parcelle de son corps, il a continué de bouger dans tous les sens, sans doute un peu anesthésié par les dix Smirnoff Ice et par les rhums non comptabilisés qu’il a commencé à ingurgiter lorsque les stocks de Smirnoff Ice se sont épuisés. Pendant l’heure de retour en catamaran, il est resté étendu au soleil sur le filet et les autres passagers, qui n’imaginaient donc absolument pas que nous nous connaissions en ont profité pour le chambrer. Ils s’étaient donné le mot pour le surnommer Michael Vendetta et sortaient des blagues du genre : « Michael il a quitté sa ferme en Afrique et il faut qu’il vienne polluer un seul bateau dans tout l’océan Indien : le notre ! »
De retour à Grand Baie, Safir-Michael avait vraiment de plus en plus de mal à marcher, je l’ai emmené à la pharmacie. On lui donné un onguent dont il a déclaré qu’il était inefficace car il avait toujours mal dix minutes plus tard. Il a mal dormi et fatalement moi aussi. De temps en temps il se réveillait pour aller boire une Smirnoff Ice dont il est bien connu que la qualité anesthésiante est nettement meilleure que celle de n’importe quel onguent.

18342ème jour

Tout sur Safir I

Un ami de Safir nous livre une petite Daitsu beige que je loue 800 roupies (20 euros par jour). On quitte Flic en Flac et on rejoint l’autoroute à Port Louis. L’île n’a pas embelli depuis ma dernière venue, que ce soit du point de vue de l’urbanisation ou des zones plantées. La canne à sucre a tout envahi, rendant les paysages plus monotones. On arrive à Grand Baie, la station un peu animée du nord de l’île. Malgré l’insistance de Safir qui voulait aller au Club Med, j’ai réservé au Beauty Ocean, un joli petit hôtel boutique au luxe simple et au calme absolu. Le soir, on dîne dans un restaurant mauricien ce Grand Baie. Je ne sais comment j’étais parvenu à ne pas m’en apercevoir lorsque nous nous étions rencontrés il y a trois ans, mais Safir est vraiment très très con. Florilège :
S’étonnant de me voir lire un livre par jour : « Oui moi aussi j’ai beaucoup pratiqué la lecture il y a deux ou trois ans, mais j’en ai fait le tour… »
A propos de ses toiles (oui, il peint et prétend avoir un mécène parisien) : « Dans ma famille nous avons tous du talent, mais à Paris je ne peux pas réussir car je suis français (il est en fait de nationalité algérienne). Il faudrait que je m’installe à Montréal ou à Barcelone. »
Ou encore : « A Maurice je ne suis pas en vacances parce que j’habite chez ma mère (en une semaine je ne l’ai vu que faire du sport, dormir, nager, manger et boire » (surtout boire).
A un moment, pendant le dîner je lui indique qu’il y a une certaine souffrance à aimer la musique classique car l’on est condamné à n’entendre dans la vie courante que de la musique que l’on n’aime pas. Il me répond : « Ben non, il y a les ascenseurs ! » Le problème est qu’au second degré, sa réplique aurait été vraiment drôle. Mais il était tragiquement sérieux. A la fin du diner, je suis assez heureux d’apprendre qu’il meurt d’envie de voir un match de football à la télévision. Je le dépose à un café disposant de grands écrans et je rentre à l’hôtel.
Alors que j’arrive près de la porte de la chambre, je sens que j’écrase quelque chose avec la chaussure, quelque chose qui fait splotch. J’ai d’abord cru qu’il s’agissait de l’un de ces gros escargots de Maurice à la coquille longue et lisse, mais en regardant de plus près, j’ai vu une grenouille de belle taille dont les boyaux sortaient par le côté. Elle semblait encore en état de bouger un peu mais je l’ai abandonnée à son sort et je suis rentré dormir. Safir est revenu vers cinq heures du matin dans un relent de Smirnoff Ice et de friture.

18341ème jour

Hamac III

Aujourd’hui, on avait prévu d’aller aux Cascades mais pour n’avoir pas prévu de voiture de location, c’est donc une nouvelle journée de plage hamac-bouquin. Je n’ai jamais autant lu pendant des vacances. Il y a une tension de plus en plus nette entre Safir et son amie. Je sais qu’il attend une autre amie qui vient de France et qui doit arriver deux jours plus tard. Il me dit qu’il souhaite qu’on parte tous les deux le lendemain pour le nord de l’île, ce que je lui avais proposé avant de venir, mais avant de savoir qu’il avait une amie. Il y a un peu d’orage dans la chambre voisine le soir.

18340ème jour

Hamac II

Journée plage hamac, passée à bouquiner.
Le soir la mère de Safir fait la cuisine. Elle et moi, on boit un peu de vin sud africain que j’ai acheté au supermarché. Je vois assez vite qu’elle ne tient pas le vin et après trois verres elle devient un peu irascible et se met à crier sur sa plus jeune fille. Safir et son amie s’étant éclipsés, je dois lui faire la conversation. Elle me parle de sa vie sur l’île depuis six ans qu’elle est là de la juxtaposition des communautés qui s’ignorent. Elle a sérieusement tendance à répéter chaque phrase trois ou quatre fois, ce qui m’exaspère. Je prétexte la fatigue et retrouve ma chambre avec plaisir.

18339ème jour

Hamac I

Je me réveille très tard, vers onze heures, mais je ne suis pas le dernier. Il y a une nouvelle venue dans la maison, une norvégienne rencontrée en boîte et qui a passé la nuit là. Il semble qu’en rentrant au petit matin, ils se sont tous retrouvés nus dans la piscine mais je n’ai rien entendu. Aujourd’hui il fait gris et il tombe quelques gouttes de pluie. La plage normalement très fréquentée le dimanche, est presque vide. Le soir j’emmène Safir et son amie dîner au Twin’s Garden, un restaurant tenu par deux jumeaux de Montpellier.

18338ème jour

Maurice

Le vieux 747 d’Air France amorce sa descente vers six heures du matin, heure locale. Le ciel est très gris et donne un air triste aux montagnes verdoyantes qui entourent l’aéroport. Grâce à notre retard, le vol d’Air Mauritius, qui part normalement dix minutes après celui d’Air France est arrivé depuis fort longtemps et il n’y a personne au contrôle des passeports. Dès ma sortie de l’aéroport, les habituels chauffeurs véreux m’abordent mais je prends le taxi qui semble être en tête de la file. Nous prenons l’autoroute qui traverse l’île en diagonale et j’admire les beaux paysages de végétation tropicale. Je me rappelle soudain comme les plaques mauriciennes ressemblent aux anciennes plaques françaises avec leur format 1234 AB 92 où les deux derniers chiffres représentent l’année de mise en circulation du véhicule. Un peu après Curepipe, alors que nous approchons de la capitale Port Louis, nous bifurquons vers la gauche et descendons vers Flic en Flac. Le ciel s’éclaircit soudain et comme souvent dans les îles tropicales, il fait un temps superbe sur le littoral.
Safir m’attend à l’entrée de chez lui avec son immense sourire. Il est avec l’une de ses petites amies du moment, qui est hôtesse et fait aussi, à ses dires, un peu de mannequinat.
Sa maison est à cinq minutes de la plage et à peine l’avons-nous quittée que je me rends compte que Safir connaît absolument tout le monde, les gens que l’on croise dans la rue, le garde du supermarché, les caissières et un nombre incroyable de gens sur la plage. L’un de ses visiteurs de janvier lui a laissé en cadeau un grand hamac qui provient du Salvador. Il l’installe sur la plage tous les jours et c’est une sorte de signe de ralliement. Pleins de gens passent dire bonjour, s’y installent un moment et bavardent, des touristes comme des locaux.
Le temps reste au beau, il tombe juste dans l’après midi quelques gouttes de pluie.
Le soir, Safir organise un barbecue devant la petite piscine de son jardin. Il y a une quinzaine de jeunes de pleins de pays, c’est plutôt sympa. Vers minuit ils partent tous en boîte, mais fatigué par le voyage je préfère me reposer.

18337ème jour

Départ pour Maurice

Après une courte journée essentiellement occupée à faire mes cartons –je vais changer de bureau pour la sixième fois en six ans et le déménagement est prévu alors que je me trouverai à l’île Maurice-, je pars en taxi pour Roissy. Le vol a un retard qui augmente sans cesse et les passagers, en majorité des vacanciers, protestent à la façon de ceux qui voyagent peu. Nous partons pour finir avec une heure trente de retard. Pendant ce long vol de nuit, je ne dors quasiment pas. J’appréhende un peu cette cohabitation avec Safir que je connais en fait fort peu et que je n’ai pas revu depuis plus de trois ans.

18336ème jour

Lisbonne

J’aimerais venir plus souvent dans cette ville, dont la douceur de vivre et le charme lancinant me surprennent à chaque visite. Au cours de la journée, je pense souvent à Manu et aux quatre jours passés ensemble ici même. Au cours du déjeuner tardif avec des clients adorables, dans un restaurant du bord du tage sur la route de Belem, je découvre une entrée portugaise absolument formidable : des crabes farcis, mélange de chair de crabe, de bière, de basilic et de je ne sais quoi, servi dans la coquille même du crable. Une merveille.
Dans l’avion du retour, je réécoute ma vieille amie la Gran Partita et comme souvent, je chantonne la merveilleuse mélodie de la contrebasse qui accompagne le trio du deuxième menuet. Ma voisine me regarde d’un air réprobateur. Je m’en fiche. Je suis heureux.

18335ème jour

Remake

Aujourd’hui, j’ai rendez vous avec une vieille connaissance. Comme la première fois, je gare ma voiture quasiment devant la porte et je retrouve Emmanuelle qui finalise mon dossier et me fait payer à l’avance. "Comme cela, lui dis-je, si je meurs pendant l’opération, vous serez quand même payés!" Puis Emmanuelle m’accompagne dans la même petite salle et je me déshabille entièrement. J’enfile juste un ridicule cache sexe en polyester et une sorte de blouse qui, un peu comme celle que l’on porte chez certains coiffeurs, s'enfile par devant. Je dois même mettre une ridicule charlotte, elle aussi en polyester. On me donne un minuscule cachet blanc, "l’équivalent de deux verres de whisky", m’assure-t-on.
Peu de temps après, je me rends au bloc, encore une fois le même que la dernière fois. Je ne sais si c’est l’effet du cachet, mais pendant les quarante minutes de l’intervention, j’ai l’humeur badine et je plaisante, je parle de Bucarest avec l’assistante roumaine qui est impressionnée par ma connaissance intime de la ville. Je ferme les yeux autant que je peux, mais il faut parfois les ouvrir en grand malgré le spot éblouissant qui domine la table où je suis allongé. Le plus douloureux, sans l’être d’ailleurs vraiment, ce sont les quatre piqures d’anesthésie locale. Le reste fait au bistouri (du douze si j’ai bonne mémoire) est un jeu d’enfant. Je sens parfois un petit filet de sans chaud le long de ma joue, vite épongé par une main experte. Le tout est fait rapidement, en une vingtaine de minutes, de droite à gauche, puis recousu par du fil, du 5/40 si là encore ma mémoire ne me fait pas défaut. Je reviens dans le petit box sur mes jambes, même pas groggy. La douleur, légère, vient peu à peu, mais après une demi-heure de repos, je me rhabille et j’attends le moment du départ. C’était plus bénin que la dernière fois, il s’agissait juste d’ôter quatre petites poches graisseuses assez laides, deux au dessous de chacun de mes sourcils, et les deux autres, plus petites à la limite extérieure de chaque œil.
Je prends le volant deux heures après le début de l’intervention, protégé par mes belles Ray Ban flambant neuves et je prends la direction d’Orly pour le vol de Lisbonne.
Le soir alors que nous travaillons dans le lobby de l’hôtel, mes collègues se foutent gentiment de ma gueule.

18334ème jour

Entredgeu

Dîner avec mes filles dans un endroit hors du temps, au début de la rue Laugier. Le genre d’endroit parfait pour emmener un ami américain si vous en avez un. Il se croira dans une douce bourgade de province pendant l’entre deux guerres et il aura presque raison.

18333ème jour

Simon

Roissy, premier vol pour Amsterdam, celui de 7h15. Sans doute à cause des vacances, il y a foule au contrôle des bagages à main, en économie comme en business. Alors que nous faisons la queue avec un collègue, soudainement, les portiques se ferment et les tapis roulants se figent. Un passager a oublié un bagage et la zone est évacuée. Un troupeau d’une centaine de personnes se précipite à la zone de contrôle de rechange, au fond du Terminal 2F. Tout le monde s’aglutine car l’heure de décollage approche pour tout le monde. La nauture humaine reprend ses droits avec son florilège de dépassements et de quasi insultes. Une demie heure plus tard, alors que nous en sommes à peu près à l’heure de décollage de notre vol, mon collègue et moi passons enfin le contrôle et, pour une raison que je ne connaitrai sans doute jamais, mes personnels ferment de nouveau les portes. La vingtaine de passagers qui n’est pas encore passée hurle un "NOOONNNN!!!! unanime et semble prête à en venir aux mains. Nous fuyons... et embarquons juste à temps.
Déjeuner au Keyser. Passage à Concerto. Il fait beau à Amsterdam.
Le soir, à 21 heures précises, je retourne au Murano, cette fois-ci avec Simon. Le serveur adorable n’est hélas pas là. Comme Jérémie, Simon travaille dans la mode, mais lui n’est pas mannequin à la Teen-Agency et il est aussi noir que Jérémie est pâle. Il co-manage une boutique dans le seizième arrondissement et il essaye avec une belle ambition de créer sa propre ligne de vêtements. Il a l’air très décidé, le garçon. Je le raccompagne à sa voiture et je le quitte en l’embrassant sur la jour, une joue moelleuse et douce.
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