17328ème jour

Le vol Istanbul Rome d'Al Italia

Nous avons décollé en fin d'après midi. A bord, il y avait plus d'italiens que de turcs. Istanbul et Rome se trouvent presque à le même latitude et l'avion est allé droit vers l'ouest. Il y avait peu de nuages et la vue était belle. Les bords de la mer de Marmara, le nord de la Grèce. A un instant, nous sommes passés au dessus d'un port magnifique, près de Corfou ou de l'Albanie, je ne sais. Puis j'ai aperçu les côtes italiennes, l'avion a viré en retrouvant les côtes méditerrannéennes et nous avons atterri à Fiumicino.

17327ème jour

Un autre déjeuner au bord du Bosphore

Comme il y a vingt jours, nous sommes allés au bord du Bosphore, près du deuxième pont, mais cette fois ci sur la rive européenne. Un restaurant de poisson assez chic les pieds dans l'eau. Il pleuvait, et les eaux du Bosphore étaient belles sous ce ciel gris. On nous a servi une très belle assiette de mezze. On a bu un vin blanc fruité de Çanakkale. Mon client est d'Ankara mais adore Istanbul. On nous apporté de l'espadon. C'est assez spécial l'espadon, ça ressemble un peu à du poulet, mais celui-ci était fort bien cuit. Mon client a demandé un gros cigare qu'il a fumé négligemment. Je lui ai dit que j'adorais le dessert au coing turc, l'ayva et il a voulu absolument en commander. Ca n'est pas la saison! lui ai-je dit. Les serveurs nous ont finalement apporté une sorte de gateau de fruit imbibé d'un alcool doux, qui n'était pas au coing, mais tout le monde était content. On a siroté deux cafés turcs orta sheker (à moitié sucrés) pendant que mon client finissait son cigare.

17326ème jour

Tournis

Lever à Prague à 4h45
Décollage à 7h15
Arrivée à Paris à l'heure à 9h00
Journée de travail à Paris
Décollage d'Orly à 17h35
Arrivée à l'heure à Istanbul à 22h00
Nuit

17325ème jour

Telc

Nous avons quitté Prague en direction de l'est, par la route N°12, jusqu'à Kutna Hora. La ville en elle même n'est pas d'un extraordinaire intérêt, mais à l'extérieur, se trouve la cathédrale Sainte Barbe, l'une des églises les plus sublimes de Bohème, avec son toît en trois pyramides russes et sa triple nef si haute. Les travaux de restauration de la cathédrale seront bientôt achevés avec l'aide de l'Unesco. Puis nous sommes partis vers le sud, nous avons fait une halte à la maison natale de Mahler, avant de nous rendre à travers la magnifiques forêts de Bohème, à Telc, ville elle aussi classée par l'Unesco. Au centre de la ville, une place en trapèze entourée de maisons toutes du même style. Elles étaient à l'origine en bois mais, suite à un incendie en 1386, elles ont toutes été reconstruites en pierre et sur le même modèle.

Après une courte halte à Jilhava pour les raisons que l'on imagine, nous sommes rentrés pour un dîner au café Savoy et notre dernière soirée à Prague.

17324ème jour

Rusalka à l'opéra National tchèque

Comme à Budapest l'année passée, aller à l'opéra de Prague est un voyage dans le temps. La superbe salle est emplie de personnes plutôt âgées, sur leur 31, les grands mères avec leur petit fils cravaté, des familles aux enfants habillés comme pour un mariage. L'orchestre est un peu moyen, les voix plutôt bonnes, on sent qu'il s'agit d'une véritable troupe. Les décors sont dignes du pire des années 70, un kitsch sans second degré.
Quant à l'opéra que je découvrais, à l'exception du fameux air de Rusalka O lune d'argent au firmament, il ne m'a guère convaincu, ni par son livret naif, ni par l'orchestration...
Mais comment s'empêcher de penser à ce 31 mars 1901, où Antonin Dvorak était dans cette même salle, pour la création de cet opéra avec le même orchestre...

17323ème jour

Ma rue préférée à Prague

Cet après-midi, je suis allé chez le coiffeur sur la rue Rytirska. Si elle n'est pas l'une des plus belles, la rue Rytirska est l'une de mes préférées à Prague. A l'une de ses extrémités, le Théâtre des Etats où Mozart a répété puis dirigé Don Giovanni en octobre 1787. A l'autre bout, la maison dite aux trois lions où Mozart a habité pendant tout son séjour. Juste en face, se trouvait l'hôtel Platensee, où résidait Lorenzo Da Ponte. Et les maisons sont si proches, que Mozart et Da Ponte pouvaient parler de leurs fenêtres.
En marchant sur Rytirska, je regardais les maisons qui la bordent. Beaucoup existaient du temps de Mozart et l'ont vu aller et revenir du théâtre, sans doute de temps en temps avec Da Ponte.
Que ne donnerais-je pour avoir été là?

17322ème jour

Le concert du San Francisco Symphony a la salle Smetana de Prague

J'ai toujours un immense plaisir à découvrir des salles de concert que je ne connaissais pas. Aujourd'hui, c'est donc la salle Smetana, la grande salle de la Maison municipale de Prague, un complexe art nouveau construit entre 1904 et 1912 et où fut proclamée l'indépendance de la Tchécoslovaquie en 1918.
Ce soir, c'est le San Francisco Symphony qui s'y arrêtait pour une étape de sa tournée européenne. Le concert démarrait avec la Seconde Symphonie d'Aaron Copland, oeuvre que je découvrais à l'occasion et dont le seul souvenir que je conserve est celui d'un profond ennui. Mais hélas, cette première oeuvre me permettait surtout d'apprécier l'épouvantable acoustique de la salle, au son particulièrement sourd. L'orchestre sonnait comme une masse floue dont il était difficile de percevoir les différents pupitres. Cette erreur de conception m'a gaché la soirée. Suivaient cinq Wunderhorn Lieder chantés par un Thomas Hampson très en forme, qui luttait lui aussi contre l'acoustique de la salle, afin de projeter sa voix au loin. Sous les applaudissements frénétiques, Hampson et Tilson Thomas ont du bisser Wo die schönen Trompeten blasen. Après l'entracte et un verre de Sekt, j'ai entendu pour la première fois en concert Also sprach Zarathustra, et il faut bien reconnaitre qu'écouter pour la première fois cette introduction si célèbre, surtout dans une salle équipée d'un vrai orgue, est une expérience unique. Musique étonnamment efficace. En bis, Michael Tilson Thomas nous a offert un très beau Prélude du premier acte de Lohengrin et pour terminer, la Carousel Waltz extraite de la comédie musicale de Rodgers et Hammerstein. A mes yeux, il s'agit d'une musique totalement insipide, mais il est si rare d'entendre ce répertoire bien interprété que j'en connais qui auraient donné cher pour être là...

17321ème jour

Un départ pour Prague

Ce départ pour Prague ressemblait fort à celui pour Rome voici un an. Même passagers m'accompagnant, une heure de retard au décollage et autant à l'arrivée, plus de taxi à l'aéroport en raison de l'heure tardive d'arrivée. Heureusement, dès que le taxi nous emmène dans les rues de Mala Strana, je suis tellement fasciné par les immeubles et par la beauté de cette ville que tous les tracas du voyage sont oubliés.

17320ème jour

Coïncidences ferroviaires

M. Zug était à Berlin en avril, lui aussi pour le Mahler Zyklus.
M. Zug a découvert mon blog au hasard de Google, dans le hall de son hôtel à Berlin.
M. Zug lisait à Berlin le roman russe que j'ai lu à Vienne quelques jours plus tard.
M. Zug avait vu Retour à Kotelnitch avant de lire un roman russe, tandis que moi, je l'ai vu après.
M. Zug est rentré de Berlin par le même vol que moi, sans me saluer puisque nous ne connaissions pas même pas notre existence mutuelle.
M. Zug a lui aussi un Agenda de la Pléiade.
J'ai pris un verre avec M. Zug la semaine dernière, intrigué par ce lecteur présentant avec moi quelques similitudes amusantes.
J'ai demandé à M. Zug dans quel hôtel il logeait à Berlin.
M. Zug logeait à Berlin dans le même hôtel que moi.

17319ème jour

Où je retrouve enfin l'eau chaude

Mon chauffe eau a rendu l'âme il y a une dizaine de jours. Depuis Istanbul, puis Dubai, j'ai tenté de le faire réparer, puis de prendre un rendez vous pour en installer un neuf. En raison de mes déplacements permanents et du week end de l'Ascension, il n'a été remplacé qu'hier. Pendant toute cette période, et en particulier pendant les jours où j'hebergeais Marek, je prenais une douche d'eau froide. Mais pour Marek, je remplissais la baignoire avec de l'eau chaude de la cuisine. Une dizaine de seaux, complétée d'eau froide suffisait à obtenir un niveau convenable pour un bain.
Alors que je le ramenais à Roissy, je me suis dit avec regret que ma corvée d'eau prenait fin.

17318ème jour

Marek V

Samedi, Nous nous sommes promenés de nouveau dans Paris. Il voulait retourner à Montmartre et je l'y ai emmené alors que je déteste cet endroit. Nous avons fait des courses près de Mabillon. Nous avons dîné en tête à tête sur une table recouverte de beaucoup trop de chandelles. Nous sommes partis au Bains pour une soirée que j'ai trouvée assez médiocre. Il y avait un étage à la musique R & B et à la clientèle colorée et un sous sol à la musique très électronique et à la clientèle plus pâle. J'ai croisé G. qui m'a demandé si Marek était mannequin puis a disparu. Il est réapparu plus tard pour me dire qu'il allait à une partouze. Vers quatre heures du matin, j'ai dit à Marek que j'étais fatigué et nous sommes rentrés chez moi.
Dimanche nous avons déjeuné chez Janou. Comme il pleuvait, nous avons acheté du bois et nous sommes rentrés. Il a dormi longtemps sur le canapé, la tête sur mes genoux, devant le feu.

17317ème jour

Marek IV

Hier à son réveil, il dormait.
Je l'ai laissé dormir.
Puis n'y tenant plus, je suis allé le réveiller.
Doucement.
Très doucement.
Il m'a demandé un massage.
Je le lui ai donné.
Un massage très long.
Très lent.
Très attentionné.
Très spécial.

17316ème jour

Marek III

Il a tenu absolument à mettre une cravate pour se rendre à l'opéra. J'ai donc fait de même. La coïncidence de l'emmener voir un opéra dans sa propre langue m'amusait. Je connaissais très peu l'affaire Makropoulos. J'ai beaucoup aimé cette musique, en particulier l'orchestration très cuivrée. Belle troupe d'opéra avec à sa tête Angela Denoke. Orchestre ayant parfois tendance à recouvrir les voix. La mise en scène était la plus regardable qu'il m'ait été donné de voir à l'opéra sous l'ère Mortier qui va fort heureusement bientôt prendre fin. Le mélange de la musique et des films était très judicieux, en particulier dans l'ouverture qui accompagnait magnifiquement le ballet des limousines de Sunset Boulevard.
Marek m'a indiqué que la diction tchèque des chanteurs tenait de la bouillie de chat, mais il n'en avait guère besoin, la pièce de Karel Čapek était fort connue en république tchèque comme en Slovaquie.
Après avoir dîné au café Beaubourg, nous avons fait un tour au Soir, un bar musical près du Centre Pompidou. C'est avec un peu d'émotion que j'y chanté My way en duo avec P.

17315ème jour

Marek II

On avait passé ensemble cette étrange nuit à Bratislava et ce matin nous avions prévu de nous retrouver. Je me suis levé tôt; j'ai donné à ma chambre une allure présentable, j'ai regardé l'éclairage ressemblant à un cerisier du Japon, acheté la veille et je suis parti à Roissy, une fois n'est pas coutume, pour y attendre un passager.

Je l'ai aperçu à travers la vitre qui sépare le hall de la salle des bagages, avec sa stature nettement plus haute que tous les autres passagers, sa barbe de trois jours, son pull en mohair et ses lunettes Gucci vaguement intello. Il avait l'air content de me revoir. On a décapoté la lada et on est rentrés à Paris. Sa valise posée chez moi, nous sommes partis à pied. le quartier Edouard VII, la place Vendôme, l'opéra Garnier, la rue des petits Champs, le Palais Royal, la place des Victoires, la rue Etienne Marcel. On a déjeuné au Georges, le serveur était sympa avec son costard à rayures et ses pompes anglaises aux motifs de feuilles de cannabis. On est repartis, toujours à pied, l'Hôtel de ville, l'île de la Cité, l'Académie Française, la passerelle des Arts, le Louvre et les Tuileries.

On est rentrés chez moi et il s'est endormi, afin de se préparer à notre soirée et notre nuit.

17314ème jour

Mes lits

Dans son Ravel, Jean Echenoz imagine le compositeur en proie à des insomnies, et qui, la nuit, compte tous les lits ou il a dormi. L'exercice m'a amusé et je l'ai tenté. J'en ai retrouvé cinq, en éliminant bien sûr les lits de passage, chez des amis et ceux des hôtels.
J'ai bien sur eu un lit de bébé, mais je n'en ai aucun souvenir.
Je me souviens parfaitement de mon lit d'enfant, identique à ceux de mes frère et soeurs.
A l'occasion d'un déménagement, j'ai eu un lit avec un sommier recouvert de cuir noir, que j'ai gardé fort longtemps et qui m'a suivi à Paris dans mes logements d'étudiant. Un jour, alors que je déménageais sur le toît de ma voiture, mal attaché, il s'est envolé, et dans le rétroviseur, je l'ai vu s'élever dans les airs près de la porte Dauphine. Par chance, à cette heure matinale, il n'est retombé sur personne.
Mon premier lit deux places était immense. J'ai souvenir de l'avoir déménagé alors qu'il n'était pas encore le mien, et de l'avoir suivi, alors qu'il était sur le toît d'une Renault 5 Orange. Il avait eu une vie agitée, son propriétaire précédent étant assez porté sur le sexe. Il est resté mon lit jusqu'à il y a peu, me suivant dans mes six derniers logements. Il était un peu défoncé et est probablement à l'origine de mon lumbago d'il y a trois ans.
Et puis il y a l'actuel, au matelas très dur, dont je suis sorti les premiers jours avec un terrible mal au dos, mais qui me convient aujourd'hui fort bien...

17313ème jour

Retour à Paris

Retour pénible. J'ai obtenu la place près de l'issue de secours mais mon énorme voisin a tendance à déborder sur mon fauteuil. Je passe donc ma deuxième nuit blanche en trois jours. A l'arrivée, une immense file d'attente à Roissy. Trente minutes de queue.
J'arrive chez moi à 7h00. Je dors une heure et je retourne au bureau.

17312ème jour

Dubai II

Une journée fatigante. De rendez vous en rendez vous dans des hôtels climatisés, avec des bouffées de chaleur sèche lorsque nous les quittons pour aller à la voiture elle aussi climatisée. Dubai ne s'améliore guère. La circulation y est de plus en plus difficile, anachronique dans ces grandes avenues du milieu du désert. Le Burj Dubai qui sera la plus haute tour du monde atteint maintenant les cent cinquante étages.
En fin d'après midi, un rendez vous amusant avec un homme d'affaire saoudien en tenue traditionnelle blanche et keffieh. J'apprends peu à peu à reconnaitre les saoudiens des habitants des émirats, les premiers ayant une robe avec un col ressemblant à celui des chemises occidentales, alors que celles des habitants de Dubai sont ras du cou et sans col.
Avant de prendre mon avion, je retourne au Mall of the Emirates où je commande quelques antipasti au Caffe Armani.

17311ème jour

Dubai I

Le vol de Dubai est presque à l'heure, 23h20, mais ayant pris mon billet tardivement, je dois voyager en classe économique. Pendant les six heures de vol, je ne peux fermer l'oeil. Trop serré, impossible de tendre les jambes. On atterrit à Dubai à 6h00 heures, heure de Paris, huit heures locales, et je vais directement au travail. J'arrive à dormir une heure de onze heures à midi, et je repars chez mon client. En fin d'après-midi, je vais visiter l'invraisemblable Mall of Emirates, où Paul Smith a installé sa seconde boutique, où on ne trouve pas les sandales Bivouac d'Yves Saint Laurent, et où les habitants de Dubai peuvent aller faire du ski sur une gigantesque piste articielle, même s'il fait 43°C comme aujourd'hui.
Le soir je vais dîner avec un collègue et je m'endors épuisé.

17310ème jour

Propos

Nous redescendons du marché de la rue de Lévis avec nos courses. Je raconte à mes filles qu'il y a quelques temps, j'ai vu une femme âgée dans la rue qui hurlait après son chien, mais à la façon dont on crie sur un autre être humain. Je leur dis combien je trouve cela triste, cette probable solidude qui se mue en une vieillesse abêtissante.
J'ajoute pour mes filles :
- J'espère que je ne serai pas comme ca. Vous viendrez me voir quand je serai vieux?
- Mais oui! me répond ma dernière fille, et on t'offrira un chien...

17309ème jour

Perte de temps

Vu Spiderman 3 avec ma dernière fille et mon filleul. Affligeant. Le mieux de cet après-midi, ce sont les questions qu'ils me posent en sortant du cinéma, des questions sur la vraisemblance de cette histoire invraisemblable.

17308ème jour

Un déjeuner au bord du Bosphore

Comme à l'habitude pour aller à mon rendez-vous sur la côte asiatique, plutôt que de s'énerver dans les embouteillages de l'un des deux ponts sur le Bosphore, nous allons prendre un bateau à Besiktas et après cinq minutes de traversée, nous prenons un taxi pour nous rendre chez notre client.
Vers midi, nous partons tous dans une belle maison en bord du Bosphore, dont rien n'indique qu'elle est un restaurant. Des serveurs dressent la table sur la terrasse, les pieds dans l'eau, à la hauteur du deuxième pont. Au menu, de très bons mezzes une délicieuse sole, et un assortiment de desserts turcs dont mon très cher ayva. C'était une belle journée que celle de mon retour Istanbul.

17307ème jour

Istanbul

J'arrive hier soir par le dernier vol à Istanbul que je n'ai plus visitée depuis ce week end de septembre dernier où j'avais failli me rendre à Damas. Je retrouve vite mes repères, je vérifie le Gündüz sur le compteur du chauffeur de taxi, je lui ai dit quelques merhaba et tesekkürler...
ALors que le taxi m'emmène sur la route de l'aéroport, le long de la mer de Marmara, je découvre ce qui a changé, ce Novotel et cet Ibis flambant neufs, près des remparts de la vieille ville, les travaux de Taksim qui sont enfin terminés.
C'est étrange, je suis heureux de revenir...

17306ème jour

Le clermontois

Découvert, grâce à l'esprit de l'escalier, que le 17266ème jour a été raconté par celui que nous visitions, sur une page chronologie aux allures de blog.
Je me prends à penser que cette appellation de Clermontois qui a fait ses études à Massillon sera peut-être, dans quelques siècles, la seule trace qui restera de moi, fut elle anonyme.

17305ème jour

Jimmy

Même s'il n'était que 21 heures, j'hésitais à prendre ma voiture. Pourtant j'ai rejoint l'Etoile, la porte Dauphine, j'ai traversé le Bois de Boulogne, et après avoir franchi le pont de Suresnes, j'ai tourné à droite en direction de l'hôpital, puis de la gare, comme il m'avait indiqué. Je me suis garé presque devant chez lui. Sur l'interphone, il était marqué Jimmy tout simplement. La porte s'est ouverte. Je ne savais pas trop où aller mais j'ai entendu des pas descendre l'escalier. Je pensais que c'était lui, mais il s'agissait du livreur de pizza. Je suis monté au dernier étage. La porte était déjà ouverte sur son capharnaüm, un appartement en travaux de restauration avec des objets années 70 un peu partout: une table en plastique, un tapis orange vif, une télévision d'époque, un arbuste mort. J'ai juste pris deux ailes de poulets et j'ai bu du chianti que j'avais apporté. Les deux chats passaient pour dévorer les os du poulet. On s'est installés sur le lit, un lit étrange recouvert d'un baldaquin en devenir, et posé sur des chaises, lit qui encombrait totalement une chambre elle aussi en réfection, mais avec vue sur le Mont Valérien. On a fumé deux joints en finissant le chianti.
Deux heures plus tard je rentrais chez moi. Devant sa porte j'ai aperçu son étrange véhicule de travail, une ancienne ambulance, Espace de première génération, avec une grosse marguerite peinte derrière, et l'adresse de son site web, site qui n'existe pas encore, mais qui reprend intégralement son nom d'anthologie.
Arrivé chez moi j'ai vu sur la messagerie qu'il m'avait envoyé un dernier message, reçu après mon départ : Prends des capotes....

17304ème jour

Retrouvailles

J'ai suivi hier les résultats avec Gaëtan, de passage à Paris. Nous sommes allés dîner au bar du Passage, au dessus de chez Alain Senderens. Nous nous sommes remémorés que la dernière fois que nous avions suivi ensemble des résultats d'élection présidentielle, c'était le 10 mai 1981.
J'habitais alors un foyer d'étudiants. Il y avait deux salles de télévision, l'une où l'on regardait tf1, pas encore privatisée, l'autre, où trônait un billard, dédiée à Antenne 2, et où s'étaient réfugiés les giscardiens, nettement moins nombreux. Tf1 avait annoncé le résultat légèrement avant vingt heures et j'avais donc été informé de l'élection de François Mitterrand par les cris de joie provenant de la salle voisine.

17303ème jour

Second tour

Aucun suspense tant le résultat avait été annoncé. La publication des sondages sortie des urnes sur les sites belges ou suisses rendent vaine la tentative de garder le secret jusqu'à vingt heures.
Lorsque j'étais adolescent, j'étais choqué de constater l'intolérance politique de mes parents, en particulier celle de mon père. Dans sa bouche les mots homme de gauche, socialo-communiste sentaient bon l'insulte. J'ai le souvenir qu'à cette époque la droite était particulièrement intolérante, refusant violemment d'écouter les idées qui n'étaient pas les siennes. Je ressens aujourd'hui que l'intolérance a changé de camp. Les propos de ceux qui ne se sentent désormais plus français, qui envisagent de quitter le pays me semblent si excessifs qu'ils en sont dérisoires.

17302ème jour

5 mai

Dans la maison de mon enfance, il y avait une encyclopédie Quillet qui se trouve aujourd'hui chez ma soeur. Elle datait des années 1950 et avait parfois un style un peu solennel. A la lettre H, on trouvait une Histoire simplifiée, liste des dates les plus importantes de l'Histoire du monde. Mon père, admirateur fervent de la période napoléonienne, avait ajouté pour l'année 1821 : 5 mai - Mort de S.M. l'Empereur Napoléon Ier.
Lorsque je suis de passage chez ma soeur, il m'arrive d'ouvrir ce volume, juste pour revoir cette inscription. J'y trouve quelque chose de rassurant.

17301ème jour

Retour à Kotelnitch

J'ai commandé le DVD de ce documentaire dont l'existence est extrêmement liée au roman russe d'Emmanuel Carrère. Il est sans doute illogique de voir le documentaire après avoir lu le roman, mais c'est probablement mieux pour l'intérêt du roman. Le documentaire m'a un peu déçu, il laisse trop percevoir l'ennui qui ressort de cette lointaine ville russe et l'impréparation totale de ceux qui espèrent qu'en filmant des riens, on peut faire un tout. Mais pendant le générique de fin, j'ai été très ému par la berceuse russe que Madame la secrétaire perpetuelle de l'Académie française chantait jadis à son fils et que ce dernièr nous fredonne joliment en guise de conclusion. Je suis sûr qu'avec peu d'efforts, elle ferait plus d'effet que ma chanson du mégot.

17300ème jour

Waterloo

En commençant ces pages, voici presque cinq ans, j'imaginais que le compteur changerait ma vision de la mesure du temps. Et de fait, cette simple énumération des jours crée une sorte de monotonie du temps, un effacement des saisons. Je croyais que les centaines seraient des jalons. Il n'en est rien. Seuls les milliers représentent un cap. Le prochain dans un peu moins de deux ans...

17299ème jour

Encore une pipe

Hier soir, je dîne dans un restaurant de Chelsea avec Julio. Sur la carte des cocktails, figure le blow job. Je ne peux résister et lorsque la serveuse vient prendre la commande je lui dis "May I have a blow job please?" Ca ne l'a pas choqué outre mesure. L'habitude sans doute...
Lorsqu'elle nous a apporté l'addition, en tête de la note, figurait :
BLOW JOB.........................1..........................£ 3,00
Je me demande si je vais arriver à passer ce restaurant en note de frais.

17298ème jour

Julio

On s'est retrouvés sur Old Brompton Road, devant le Balans West où nous avons dîné. On a parlé du Sud du Brésil, du Rio Grande do Sul sont il etait originaire, de São Paulo et de Rio. Puis Julio m'a emmené dans un bar pas loin de là. Il a pris bizarrement une Kronembourg et moi une Amstel. Alors qu'on était installés au bar, il m'a proposé d'aller au fond, près du billard autour duquel deux joueurs s'affairaient. Il a allumé un joint et on se l'est partagé. C'était un peu étrange de fumer là, devant tout le monde mais personne n'y prêtait attention. On est allés chez lui à pied. Il habitait dans une maison victorienne, à l'étage inférieur que l'on atteint par un petit escalier. Sa colocataire braillait au téléphone en portugais. Un chien noir avec la queue en panache qui s'appelait Zooloo remuait dans tous les sens. On était allés dans sa chambre, minuscule, toute blanche sauf une étrange lampe rouge et un miroir, rouge lui aussi placé au dessus du lit.
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