18669ème jour

La Neuvième de Mahler par le Los Angeles Philharmonic et Gustavo Dudamel à Pleyel

J’appréhendais beaucoup cette Neuvième, cent jours après celle de Claudio Abbado dont je continue à penser qu’elle sera le plus beau concert de ma vie. Finalement, la soirée n’a pas été un cauchemar, juste un instant un peu inutile. Le Los Angeles Philharmonic développe un très beau son (infiniment plus réussi que la médiocre Première entendue à Phoenix). Gustavo Dudamel s’agite beaucoup, mais en retour de toute son énergie, on n’entend bien toutes les notes voulues par Mahler, un très beau son, mais un son vide, aucune émotion. Le troisième mouvement est sans doute celui qui passe le mieux tant l’énergie de Dudamel fait son effet. Mais l’adagio final ne délivre aucune douleur, aucun regret, aucune émotion à quitter la vie, juste une paix sereine et tranquille et c’est sans doute le contresens le pire que l’on puisse faire dans cette symphonie. A mon grand soulagement, l’orchestre et le chef ne donnent aucun bis et surtout pas une venezuelade dont j’appréhendais à l’avance le mauvais goût.

18668ème jour

Ramon

Hier soir, après le concert, j’ai dîné avec mes filles et je suis allé retrouver Ramon, un jeune brésilien qui vient d’arriver à Paris pour une année d’études. Il a un sourire parfait, une élégance naturelle, un joli accent chantant lorsqu’il parle son français impeccable et des yeux à la fois moqueurs et séducteurs. On a passé presque toute la nuit ensemble, en buvant mojito sur mojito, au café Beaubourg, puis dans un bar du Marais et enfin à l’Anthracite, la nouvelle boîte de P. On s’entendait vraiment bien et lorsque je l’ai ramené chez lui vers cinq heures du matin, on avait l’impression de se connaître depuis toujours.
Aujourd’hui, j’ai retrouvé Ramon vers seize heures et on a parcouru le musée du Louvre en tout sens. Je lui ai montré les œuvres les plus importantes, en insistant un peu sur celles que j’aime : les Canaletto, les Chardin, les Flandrin. Il est tombé amoureux du cousin d’Eugène Delacroix qu’il trouvait superbe. Nous avons visité l’exposition temporaire consacrée aux coups de cœurs de Patrice Chéreau. On a pris un café au Le Nemours près de la Comédie française. Je l’ai invité à venir avec moi à Berlin le week end suivant, il a immédiatement accepté et on s’est dit au revoir jusqu’au lendemain.

18667ème jour

La Dixième de Mahler par Eliahu Inbal salle Pleyel

Le matin, un pneu crevé.
L’après-midi, je récupère à la Chaumière à Musique la si rare Gran Partita de Frans Bruggen dont l’écoute ne ne déçoit aucunement et qui, avec la version du Nederlands Blazer Ensemble, sera dans mon panthéon des enregistrements de l’œuvre.
Le soir, je retrouve une centaine d’amis salle Pleyel. Car après être allé trois fois en décembre pour entendre l’orchestre philharmonique tchèque dans sa salle du Rudolfinum à Prague, c’est au tour de l’orchestre de me rendre visite à Paris. Le programme est alléchant : les Kindertotenlieder avec Thomas Hampson et la Dixième Symphonie dans sa version de concert complétée par Derick Cooke. Il est intéressant d’entendre Thomas Hampson chanter le même cycle de Lieder dans la version avec orchestre juste deux semaines après l’avoir entendu chanter la version piano, mais étrangement, le charme n’est plus là. La si belle voix n’arrive plus à émettre les sons graves, il reste quelques magnifiques aigus en voix de tête. La première partie est de plus gâchée par mon voisin de droite, un vieux bonhomme à crinière blanche qui passe son temps à raler, du genre je sais tout j’ai tout vu et dont les soupirs permanents et les mouvements de main pour bien montrer son dégoût de ce qu’il entend sont absolument insupportables.
En deuxième partie, Eliahu Inbal dirige donc la Dixième avec laquelle il a tant d’affinités. L’Adagio est superbe avec un rythme plutôt allant. Mais le sublime viendra du dernier mouvement avec ces violents coups de timbale (souvenir de l’enterrement d’un pompier new yorkais) cette sublime mélodie de flûte qui m’émeut toujours terriblement en raison de sa beauté mais aussi car elle est sans doute l’une des dernières mélodies composées par Mahler et ce cri final des cordes, que j’aurais aimé plus déchirant encore et dont chacun sait que Mahler avait écrit le nom d’Alma sur le manuscrit original.

18666ème jour

Sans titre

Le matin à sept heures trente, je me fais faire une prise de sang. L’infirmier est très sympa et on rigole bien ensemble.
Vers midi, je retrouve enfin ma voiture après avoir été piéton pendant deux semaines.

18665ème jour

Predere la pina e la mano e vedere con molto attenzione

Le matin, à neuf heures, pour bien commencer la journée, un médecin asiatique chaussé de grosses lunettes éclairantes regarde sous toutes les coutures mon sexe décalotté qu’il tient dans sa main. J’ai envie de rigoler et de fait, il semble qu’il n’y ait rien de grave.
Déjeuner avec les collègues de ma boîte précédente pour notre réunion habituelle
Le soir, dîner avec Gaëtan à qui je fais découvrir le merveilleux sabaïon de la Sardegna.

18664ème jour

Athènes Paris

Je me suis réveillé à 5h00 pour attraper le vol Athènes Paris de 7h00.
Interview en taxi entre Roissy et le bureau.
Journée de travail normale à Paris.

18663ème jour

Athènes

J’ai beaucoup de travail à Athènes que je décale mon retour au lendemain matin. Je visite quelques locaux possibles pour nos bureaux dont un petit immeuble, un ancien atelier de couture si charmant que j’imagine presque y installer ma base principale. Le soir, pour faciliter mon départ très matinal, je dîne avec des collègues à Vouliagmeni et je passe la nuit à l’hôtel Margi à la très belle décoration.

18662ème jour

Athènes

Je pense n’avoir dormi qu’une heure pendant cette nuit un peu fiévreuse, mais le matin, je me sens mieux et je me gave de jus d’orange au petit déjeuner.
Dans l’après-midi, alors que je suis en réunion avec un client, je reçois un e-mail de la Chaumière à Musique m’indiquant qu’ils ont reçu un disque de ma wishlist que je cherche depuis cinq ans environ : La Gran Partita par des membres de l’orchestre du XVIIIème siècle et Frans Brüggen. Je sors aussitôt de ma réunion, je les appelle et leur demande de me le mettre de côté jusqu’à samedi.
Le soir, alors que je pars en taxi avec un collègue j’appelle ma bonne fée et elle me fait comprendre que G. est tombé amoureux du type qui l’heberge à Los Angeles. Je suis assez peu affecté par la nouvelle, estimant même sincèrement qu’elle m’évitera beaucoup de chagrin et je comprends alors que j’ai enfin réussi à me détacher de lui.
Nous dînons avec des clients sur le toît de l’hotel de Grande Bretagne qui bénéficie d’une des plus belles vues d’Athènes sur le Parthénon.

18661ème jour

Paris Athènes

Il me faut beaucoup d’energie en ce dimanche matin pour aller prendre mon vol pour Athènes où il fait gris. Pour la première fois, je me rends de l’aéroport à Syntagma en train ce qui est rapide et économique. Comme je me sens fiévreux, je reste dans ma chambre d’hôtel tout l’après midi et je vais juste dîner à Plaka à la Taverna bizantina.

18660ème jour

De Nacht

A minuit je traverse la rue pour me rendre au Concertgebouw, plus précisément à la Spiegelsaal qui est un beau foyer du rez de chaussée, derrière la grande salle. L’éclairage est doux avec de nombreuses bougies et des grands poufs noirs et rouges où l’on peut s’allonger.
Le concert de minuit De Nacht démarre par un étonnant solo de trompette de Luciano Berio Gute Nacht ; Puis alternent pendant une heure, du chant grégorien et des musiques en rapport avec la nuit : Les Fêtes nocturnes de Martinu magnifiquement interprétées par des musiciens du Concertgebouw, deux Lieder nocturnes de Schumann, Zwielicht et Mondnacht, une étrange pièce pour piano préparé de John Cage, The perilous night, des extraits du Pierrot Lunaire de Schönberg. Ce concert de minuit se termine par une nouvelle fois le Gute Nacht de Berio.
Je rentre à l’hôtel pour une courte nuit et en fin de matinée le prends le vol KLM Amsterdam Paris.
Le soir, je me rends au Théâtre des Champs Elysées pour un concert de the Orchestra of the age of enlightment sous la direction de Vladimir Jurowski. Le concert démarre par l'ouverture de Parsifal d’une terrible solennité, encore accentuée par les cordes à boyau et sans vibrato aucun des cordes. Le programme se poursuit avec Totenfeier de Mahler, la version originale du poème symphonique qui est ensuite devenu le premier mouvement de la Seconde Symphonie, l’œuvre qui avait rendu fou Hans von Bülow, quand le jeune Mahler la lui avait jouée au piano. Si l’interprétation est intéressante, il faut bien reconnaître que nos oreilles sont habituées à un Mahler au son plus corsé, plus intense et ce que l’on entend ce soir ressemble un peu ce qu’est un Hammerflügel par rapport à un piano moderne.
A l’entracte je reste fasciné devant un jeune homme à la grâce de faune qui semble être l’amant du quinquagénaire qu’il accompagne.
La deuxième partie démarre par de bien décevants Lieder eines fahrenden Gesellen chantés par Sarah Conolly. Ce concert s’achève par le Poème Symphonique de Liszt Les Préludes que j’entends pour la première fois en concert. C’est une œuvre que j’aime énormément et depûis fort longtemps. Agé de douze ans, j’avais acheté à Berne un petit magnétophone à cassettes Philips et ma première cassette audio contenait trois œuvres dirigées par Ferenc Fricsay: la Symphonie du nouveau monde, la Moldau et Les Préludes. L’interprétation de ce soir, bien qu’énergique et pleine de contraste, m’a encore laissé sur ma faim.
Après le concert, je croise Vladimir Jurowski qui dîne au Bar des théâtres avec des membres de l’orchestre. Il a un sac à dos noir au format assez spécial et dont dapassent quelques étuis à baguette.
Rentré chez moi, je discute quelques instants sur skype avec G. qui depuis Los Angeles, m’indique qu’il va partir en excursion à Las Vegas, très bien accompagné. Ce propos ambigü me confirme ce que je savais déjà : moins je le verrai, mieux je me porterai.

18659ème jour

La Septième de Mahler de Pierre Boulez au Concertgebouw II

Dans la matinée, je passe chez Concerto sur Utrechtstraat, puis je retrouve un tigre que je n’avais vu depuis fort longtemps pour un agréable déjeuner sur le toît du Bijenkorf sur le Dam. En le quittant, je commets la folie de me rendre sur PC Hooftstraat où Cabal, un grindrien d’origine panaméeenne tient un salon de coiffure. C’est un grand salon à l’étage, organisé de façon à ce que l’on se sente chez soi. Cabal me coiffe avec un air cérémonieux et des gestes amples parfois dignes de ceux d’un prestidigitateur. Le résultat n’est hélas pas à la hauteur des mouvements. Un autre client est là, un banquier, et nous papotons gentiment pendant que je me fais coiffer. L’atmosphère est étrange. Alors que je repars, Cabal m’indique qu’il aimerait beaucoup me revoir, mais je n’en ai aucune envie et je donne comme prétexte mon concert au Concertgebouw.
Vers 19h00 je passe chercher Paris Broadway à son hôtel voisin du mien et nous partons ensemble à pied jusqu’au Concertgebouw. Rien à dire de spécial sur le concert qui est le frère jumeau de celui de la veille. Heureux Webern malheureux Mahler. Je tombe de nouveau sur une voisine à tic. Celle-ci, toutes les quinze secondes environ, a un mouvement subit du nez, dilatant ses narine et remontant l’extrémité du nez et une fois sur quatre environ, le tic est plus fort avec ouverture de la bouche et ébranlement des lunettes.
Après le concert, je bois un verre de vin blanc chez Keyzer avec Paris Broadway et à minuit, je me rends à mon cinquième concert en quatre jours, le concert de Minuit du Concertgebouw.

18658ème jour

La Septième de Mahler de Pierre Boulez au Concertgebouw I

J’ai fait trois erreurs aujourd’hui en me rendant à Bruxelles. D’une part j’y suis allé en voiture, ce qui est plus long, plus fatigant et plus cher que le Thalys. D’autre part je suis reparti vers cinq heures qui est l’heure de pointe bruxelloise et j’ai mis plus d’une heure à rejoindre le Ring. Ma troisième erreur était de ne pas avoir prix avec moi mon ticket de concert, pensant naïvement que j’aurais tout le temps de repasser à l’hôtel. Je me suis donc retrouvé à six heures bien passées vers Vilvoorde, deux heures avant le début de mon concert, alors que Googlemap indiquait trois heures de temps pour atteindre Museumplein. Je suis allé aussi vite que j’ai pu, souvent à 160 km/h, mais le traffic était parfois difficile, en particulier sur le ring d’Anvers.
A 20h00 pile, je me garais au parking de Museumplein.
A 20h05, je récupérais un duplicata de mon ticket contre la modique somme de 3€50.
A 20h07, prévoyant, je vidais ma vessie dans l’un des urinoirs du Concertgebouw.
A 20h10, je buvais un café, histoire de rester éveillé
A 20h13, je constatais que qu’un squatteur occupait mon mauvais fauteuil placé sous la galerie sud. Un grand sourire à un membre du staff du Concergebouw m’a permis de changer de place et d’en avoir une bien meilleure au parterre.
A 20h15, Pierre Boulez entrait en scène, depuis le bas côté de la salle, sans doute pour éviter la fatigue de l’immense escalier rouge de la scène. Le meilleur de ce concert était les pièces de Webern, à la sonorité voluptueuse et à l’extrême précision. Le problème est qu’elles ne durent que vingt minutes et le plat de résistance du concert, la Septième de Mahler, à ma grande surprise, fut une immense déception. L’orchestre, bien sûr n’est pas en cause, mais la direction de Boulez, totalement raide et privilégiant des tempi très amples, rendait l’œuvre terriblement ennuyeuse. Les deux Nachtmusik m’ont semblé interminables et même le Scherzo, dont on aurait pu penser que la direction précise de Boulez y ferait merveille n’avait rien de l’humour mahlerien. Pendant le concert, je songeais à Claudio Abbado lorsqu’il dirigeait la Neuvième à Pleyel, à son sourire radieux qui transformait leur acte de Musikieren en acte d’amour. Le visage sérieux et concentré de Boulez, le respect mêlé de crainte qu’il inspire peut être aux musiciens peut-il avoir en partie pour conséquence un tel naufrage ?

18657ème jour

Birmingham à Amsterdam

En fin de matinée, je prends le vol KLM entre Berlin et Amsterdam, puis le train de Schiphol à Central Staation. Je loge à l’ancien Sofitel qui a été dégradé en Mercure.
Le soir je me rends au Concertgebouw pour un concert de l’orchestre de Birmingham en tournée dans la ville. Comme j’ai deux tickets, j’ai invité Maico un garçon local qui, hélas, s’est fait couper les cheveux très court, par rapport aux photos que j’avais vues. En première partie le Troisième Concerto pour piano de Rachmaninoff que, sauf erreur de ma part, j’entends pour la première fois en concert. Nikolai Lugansky en donne une interprétation quasiment sans faille, ce qui est un véritable exploit dans une œuvre pareille. Le concert s’achève par la Première Symphonie de Mahler magnifiquement dirigée par le chef finlandais Sakari Oramo qui a une vraie affinité avec la musique de Mahler. J’ai un grand plaisir à entendre cette œuvre depuis le Podium où le son est bien sûr un peu déformé, mais où l’orchestration mahlerienne fait découvrir de nombreux détails subtils et quasi-secrets.

18656ème jour

Beethoven par le Quatuor Artemis

Passage éclair dans un salon professionnel organisé dans un hôtel berlinois. S’y presse le lot habituel de cadres satisfaits d’eux-même et si contents de se retrouver entre eux.
Je rentre à pied à l’hôtel par le Tiergarten et le musée du cinéma de la Potsdamer Platz où je ne fais en fait que retrouver des objets déjà vus à l’exposition Marlene Dietrich que le Musée Galliera avait organisé à Paris voilà quelques années.
Le soir je me rends au concert que donne le Quatuor Artemis à la Kammersaal de la Philharmonie. Etrangement, le Quatuor Artemis joue debout, sauf bien sûr le violoncelliste, qui est installé sur un podium, de façon sans doute à ce que son regard puissse plus facilement croiser celui de ses compères. Au programme deux quatuors de jeunesse de l'opus 18 et le deuxième des Razumovsky. J’ai beaucoup de mal à entrer dans la musique et les trois quatuors me paraissent interminables. Ma voisine, pas toute jeune, a une étrange habitude. A chaque fin de mouvement, et donc douze fois pour tout le concert, elle émet un soufflement par le nez qu’au début je prends pour une façon de signifier "Ah quel talent !" mais dont je comprends à l’usure qu’il n’est qu’un tic fort original.

18655ème jour

Berlin

Déjeuner à L’instinct avec l’un de mes plus vieux collègues, qui m’a un peu appris mon métier et qui lui, travaille ecore pour mon premier employeur. Nostalgie de l’évocation de quelques noms presqu’oubliés. Un taxi me récupère directement au restaurant et m’emmène à Roissy pour prendre le vol de Berlin. Je fais un tour chez Dussmann où je fais un plein de musique pop allemande. Au grand dam de bien des amis français, j’ai une affection certaine pour ce genre musique (quand elle est bonne) et j’avais notamment adoré Engel de Ben que j'avais découvert lors de ce voyage a Munich)
Ma récolte du jour c’est Frida Gold, Alin Coen Band et Anna Depenbusch.

18654ème jour

Le récital de Thomas Hampson au Théâtre des Champs Elysées

Comme il m’arrive souvent en cette circonstance, j’oublie de me réveiller pour prendre les places du prochain concert Mahler-Rattle et à onze heures je constate dépité qu’il n’y a plus de place pour la Troisième Symphonie du 5 février. Or j’ai déjà mon billet d’avion et ma réservation d’hôtel. Toutefois, en surfant sur le site de la Philharmonie de Berlin, je constate qu’il y a déjà des places pour le concert de la Quatrième Symphonie. C’est alors que je réalise qu’aujourd’hui, je suis censé acheter des places pour la Quatrième du 18 février et que j’ai déjà mes tickets pour la Troisième depuis décembre. Je prends in extremis l’une des dernières places disponibles.
Le soir, je me rends au Théâtre des Champs-Elysées pour le récital de Thomas Hampson et Wolfram Rieger que je n’ai pas entendus depuis les célébrations de Kaliste le 7 juillet. Le concert démarre par des extraits du Chant du Cygne auxquels Hampson donne un caractère très sombre. Suivent des mélodies de Barber totalement inconnues de moi jusqu’à ce jour et que j’ai vraiment envie de réentendre tant elles m’ont semblé interessantes. Je vais discuter avec HLG pendant l’entracte, juste avant les Kindertotenlieder que bien sûr Hampson amène au plus haut niveau du chant mahlerien. Un seul regret : si Wolfram Rieger est magnifiquement inspiré et à l’écoute du chanteur, il a parfois tendance a àjouter des effets un peu artificiels qui conviennent peu au climat tragique des Kindertotenlieder. Hampson, comme à l’habitude nous offre généreusement trois bis mahleriens : Ich ging mit Lust, un Lied de jeunesse et deux Rückert : Ich atmet einen Lindenduft et Blicke nicht in die Lieder. Un coup de chapeau à la grande qualité de l’assistance du théâtre, très silencieuse malgré l’hiver et qui attend avant d’applaudir à la fin des cycles avec un beau silence respecteux.
Dîner d’huîtres avec HLG au Grand Corona.

18653ème jour

Un nouveau récital d'Eric Artz

Je retrouve avec plaisir Eric Artz qui donne ce soir un programme très romantique à la Fondation Dosne-Thiers, Place Saint Georges. Eric s’est blessé le pouce en cuisinant la veille et un peu de fatigue aidant, il est un peu en deça du niveau exceptionnel auquel il a habitué son public. Le programme nous emmène de Chopin (un nocturne, trois valses et la Polonaise Héroïque) à Schumann (Arabesque, finale du Carnaval de Vienne) et se termine par Liszt (deux nocturnes dont le fameux Rêve d’amour et la Rapsodie Hongroise N°13).
J’en profite pour acheter le premier CD d’Eric qui vient de sortir et qui est exceptionnel. Je vous recommande tous chaleureusement de l’acheter (pour 10 € seulement)

18652ème jour

Encore des valses

Magnifique vol Nice Paris avec une vue superbe sur les Alpes enneigées à la droite de l’appareil. Le steward d’easyJet me fait rire par son annonce "Nous vous rappellons que fumer, c’est pas bien !"
Le planning était serré et très exceptionnellement j’avais commandé un taxi pour m’attendre à Orly et c’est en fait avec une demi-heure d’avance que je suis arrivé au Musée d’Orsay où j'ai pu négocier de laisser ma valise en consigne. Ce soir, est donné le premier concert de ce qui s’intitule bizarrement un Cycle Mahler. Au programme, rien de Mahler, mais des valses chantées par le chœur de Radio France : la valse d’Eugène Oneguine de Tchaikowski, de nombreuses valses de Strauss, soit dans leur version de l’opérette éponyme, soit dans des transcriptions chantées réalisées par des contemporains.
Le résultat est un peu monotone, tant les valses se suivent et se ressemblent lorsqu’elles sont privées de la superbe orchestration du roi de la valse, mais aussi parce que, il faut bien le reconnaître, le chœur de Radio France n’est plus d’une très grande qualité. Le texte que lequel a été plaqué Wein, Weib und Gesang me fait sourire tant ce qui était jadis de l’humour pourrait petre perçu aujourd’hui comme une provovation :
Martin Luther hat wirklich die Wahrheit gesagt, denn sonst hätt’das Concil damals ihn nicht geplagt als er sprach : Wer nicht liebt Wein, Weib und gesang, bleibt ein Narr ganz gewiss sein Leben lang.
Denn man braucht deshalb noch kein Kuthraner zu sein, selbst der koscherste Jüd’liebt G’sang, Weib und Wein.
Es hat Mahomed freilich den Wein confiscirt, doch dafür hat er sich an den Weibern regressirt.

Qui peut se traduire en français par:
Martin Luther a vraiment dit la vérité sinon le Concile d’alors ne l’aurait accablé lorsqu’il proclama : qui n’aime vin, femme et chant reste fou assurément sa vie durant. Nul besoin pour autant d’être luthérien, même le juif le plus casher aime chant femme et vin. Il est vrai que Mahomet a confisqué le vin, mais en échange, il s’est rattrapé sur les femmes.
Le concert se termine par les Liebesliederwalzer op.52 de Brahms que j’entends pour la première fois en concert. Les interpretes bissent de façon assez attendue la plus célèbre: Ein kleiner, hübscher Vogel

18651ème jour

Nice

Echanges de SMS avec G. qui me dit ne pas avoir de temps le samedi qui vient car il part le lendemain pour Los Angeles. J’ai du mal à contrôler ma frustration à ne pas le voir pendant deux semaines et je n’ose poser des questions sur cet étrange voyage. Je ne sais s’il y va pour des vacances ni avec qui il y va. Je lui souhaite juste un bon voyage, partagé entre le bonheur d’avoir pacifié notre relation et la certitude qu’il va de nouveau me rendre malheureux.
En fin de journée j’achète à la fnac de Nice le CD du concert du Nouvel An avec ma chère valse Mein Lebenslauf ist lieb und Lust.

18650ème jour

Paris Nice

Ce soir, je suis un peu triste car je devrais être à Budapest pour un magnifique concert où Natalia Gutman interprète le concerto pour violoncelle de Dvorak. Au lieu de cela, une obligation professionnelle m’oblige à prendre le vol Paris Nice et à participer à un dîner médiocre sur le toît d’un hôtel de la place Massena.

18649ème jour

Trois consonnes et trois voyelles

En fin de journée, sans trop savoir pourquoi, je sonne en bas d’un immeuble de la rue de Beauregard. Je suis accueilli dans un appartement à la décoration entièrement en camaieu noir et blanc par Rafael, un brésilien au visage d’indien et au corps étonnamment musculeux. Il me laisse le caresser et je le suce longuement sans qu’aucun de nous deux ne jouisse.
Je rentre chez moi en velib.

18648ème jour

Projets de concerts

Dans la journée, en me connectant par un semi hasard sur le site du Concertgebouw, j’achète une place pour la Septième de Boulez au Concertgebouw le 20 (j’ai déjà une place pour celle du 21) et une autre place pour la Neuvième d’Haitink en mai, alors que ces deux concerts étaient complets depuis des mois.
Le soir, à ma grande surprise, HLG m’appelle sur skype. Je lui parle de mes projets de concerts et nous envisageons d’aller à Leipzig en mai pour célébrer son propre anniversaire.

18647ème jour

Evans

Après une journée presque entièrement passée à mettre à jour ces pages, je pars en voiture pour la porte de Saint Cloud où j’ai rendez-vous devant le café des Trois Obus porte de Saint Cloud avec Evans, un jeune infirmier grindrien aux yeux incroyablement bleus. On va boire un verre (du chardonnay pour lui, un thé pour moi) dans un café de Boulogne. Je le dépose devant chez l'une de ses amis où il va pour un anniversaire.

18646ème jour

G27

Vers midi je récupère Sasha, un russe de Saint Petersbourg qui s’avère être nettement moins beau dans la réalité que sur les images photoshopées qu’il m’avait envoyées. On va déjeuner au café Beaubourg mais la discussion devient vite laborieuse : il ne parle pas français et son anglais est tellement rudimentaire qu’il ne comprend rien à ce que je lui dis. Il est de toute évidence sans ressources et me dit attendre un virement Western Union de ses parents pour se payer son billet de retour à Saint Petersbourg via Helsinki. Un peu pris de pitié, je lui tiens compagnie pendant l’après-midi avant de le débarquer devant l'agence Western Union de l’avenue de l’opéra. J’ai rendez vous avec G. que je vais récupérer chez lui comme la dernière fois. Il apparaît devant chez lui, toujours aussi élégant, avec sa fine silhouette, son manteau noir cintré et ses bottes de cuir. Comme Isami est encore fermé, il a décidé que nous irions chez Toraya, un salon de thé japonais près de la Madeleine. Notre reprise de contact est toujours aussi agréable même si je reste très méfiant tellement j’ai peur soit de trop espérer, soit qu’il ne m’abandonne de nouveau. En début de soirée, je le depose chez lui et je surveille le moment où il entre dans son immeuble, un clochard étant assis devant sa porte.

18645ème jour

Allo

Longue discussion au téléphone avec G. Il a l’air heureux de me parler. Il semble content lorsque j’évoque quelques souvenirs de nos rencontres d’il y a dix huit mois. On prévoit d’aller chez Isami le lendemain. A peine raccroché avec lui, j’appelle ma bonne fée pour une autre longue conversation. Elle me dit avoir entendu sur arte un concert dirigé par Abbado. Vérification faite, il s’agit de la Symphonie Pathétique avec l’orchestre des jeunes du Venezuela.

18644ème jour

Le Quatrième Concerto de Beethoven

J’écoute sur France Musique le Matin des musiciens que Philippe Cassard consacre au Quatrième Concerto pour piano de Beethoven. Cette œuvre a toujours figuré parmi mes préférées, depuis que, adolescent, je l’ai découverte dans l’interprétation de Wilhelm Kempff avec l’orchestre philharmonique de Berlin et Ferdinand Leitner. Philippe Cassard analyse avec une grande intelligence les deuxième et troisième mouvements dont je découvre beaucoup de particularités. En fin de programme est diffusée une version que je ne connaissais absolument pas : une transcription par Beethoven lui-même pour quintette avec piano dans la rare interprétation de Robert Levin et de John Eliot Gardiner. Le disque est introuvable et je le mets aussitôt sur ma wishlist, avec la Gran Partita de Frans Brüggen.

18643ème jour

Lisbonne Paris

Réveil à cinq heures pour attraper le vol de 7h05 pour paris de la TAP. Journée de travail normale pendant laquelle j’ai souvent sommeil.

18642ème jour

Lisbonne

Départ pour Lisbonne avec la TAP et une heure de retard. Il pleut à Lisbonne. Le chauffeur de taxi, soit disant pour gagner du temps, me fait passer par les autoroutes périphériques pour gagner Cascais. Les clients portugais sont toujours aussi sympathiques.
Le soir alors que je discute avec Carlos, un grindrien natif d’Afrique du Sud et blond comme les blés, je déguste un crabe farci et un petit homard juste grillé et posé sur du riz chez Solar dos Presuntos dans ce qui deviendra sans doute ma cantine à Lisbonne.
Dans la nuit je reçois un SMS de ma fille qui vient d’arriver au Mexique.

18641ème jour

Les routiers sont sympas

En allant au bureau le matin, un énorme poids lourd de transport de véhicules heurte l’arrière de ma voiture. Lui, n’a rien bien sûr. Moi j’ai une aile enfoncée et un phare légèrement abîmé. Le chauffeur est sympa, il vient du Luxembourg, on fait un constat sur le capot de ma voiture.
Le soir, une fois n'est pas coutume, dîner à la Sardegna avec mes filles et leur mère où nous dégustons le meilleur sabaïon de Paris.

18640ème jour

Ariverai-je à voler cent fois pendant la même année

Mon année 2010:
New York Amsterdam Paris Istanbul Paris Rome Seville Paris Londres Paris Londres Paris Amsterdam Paris Lisbonne Paris Maurice Paris Stockholm Paris Milan Paris Trapani Paris Athènes Londres Paris Budapest Paris Atlanta Phoenix Los Angeles Paris Cagliari Paris Stuttgart Paris Milan Paris Birmingham Paris Budapest Paris Montpellier Paris Zurich Nice Paris Lisbonne Madrid Paris Zurich Venise Paris Birmingham Paris Stockholm Paris Zurich Amsterdam Paris Zurich Athènes Zurich Paris Düsseldorf Paris Zurich Athènes Bruxelles Paris Copenhague Prague Vienne Paris Florence Paris Zurich Paris Berlin Francfort Paris Rome New York Paris Athènes Prague Paris Barcelone Paris Nice Paris Milan Paris Prague Paris Prague Paris Prague Paris
Soit 99 vols.

18639ème jour

Un premier janvier mouvementé

Le matin et pour la deuxième fois en quelques semaines, mon iPhone n’a pas sonné. C’est donc ma fille qui m’attendait dans le froid qui m’a réveillé en m’appelant un peu plus tard. Je me suis juste habillé sans prendre de douche et nous avons filé en voiture gare de Lyon. Nous sommes arrivés cinq minutes à l’avance, juste le temps de retirer nos billets à la borne et de découvrir que les trains pour Clermont-Ferrand ne partent plus de la gare de Lyon mais de la gare de Bercy. Nous avons revendu les billets et nous sommes aprtis pour l’Auvergne en voiture. A partir de 11h15, nous avons écouté le concert du Nouvel-An que dirigeait Franz Welser-Möst pour la première fois. Alors que nous regardons la deuxième partie chez ma mère à la télévision, à ma grande surprise, je reconnais une valse de Johann Strauss que je cherchais depuis des années : Mein Lebenslauf ist lieb und Lust op.263. Je la recherchais en raison du procès en plagiat qui avait été intenté par Charles Trenet contre Charlie Chaplin en 1967, lors de la sortie de son dernier film, La comtesse de Hong Kong. Or Trenet avait reconnu (à juste titre) une proximité entre sa Romance de Paris et le thème principal du film, devenu une chanson de Pétula Clark This is my song. Les deux hommes s’étaient brouillés même si Trenet avait fort heureusement arrêté son action judiciaire. Quel rapport avec Strauss, me direz-vous ? Eh bien le plus amusant de cette histoire est que le thème de La Romance de Paris est très clairement inspiré de la valse Mein Lebenslauf ist Lieb und Lust. J’ai du mal à croire que Trenet ait plagié Strauss consciemment mais tout ceci prouve clairement que deux mélodies peuvent être très proches sans qu’il y ait pour autant plagiat.
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