15775ème jour

Le fantôme, quinze ans plus tard

Ce soir, j'ai fait un bond en arrière de quinze ans. J'ai montré à mes filles la vidéo d'une pièce de théâtre dans laquelle j'avais joué en juin 1988. Je faisais à l'époque partie d'une troupe de théâtre amateur et nous avions monté cette année là un spectacle René de Obaldia. Nous jouions dans des conditions assez exceptionnelles avec des moyens importants mis à disposition par mon employeur de l'époque, avec un metteur en scène et un décorateur professionnels. De plus, nous avons joué une quinzaine de soirs dans le si joli théâtre du Musée Grévin. Le spectacle comprenait trois pièces de Obaldia, ponctuées par des Innocentines.
Nous avions répété pendant plus de six mois avec la bienveillante complicité de Monsieur de Obaldia lui-même qui nous avait donné un peu de son temps pour nous conseiller, avec beaucoup d'humour et de simplicité. Je me souviens notamment qu'il nous avait dit avec un grand sourire, que pour l'affiche, il suffisait d'inscrire son nom à lui. Son humour , vous en retrouverez quelques exemples dans son savoureux discours de réception à l'Académie Française.
Le jour de la première, l'auteur était dans dans la salle et nous n'en menions pas large en coulisse derrière le rideau.
En nous revoyant, quinze ans plus tard, les défauts sautent aux yeux, surtout les miens. Mais ce qui me frappe, c'est le texte qui est encore sur mes lèvres, y compris dans les intonations. Je ressens même encore physiquement exactement ce que je ressentais en jouant le rôle, je suis de nouveau dedans. Il me revient aussi que j'ai souvent fait depuis le cauchemar d'avoir à rejouer cette pièce sans en avoir révisé le texte et d'en ressentir une angoisse épouvantable.
Mon rôle était celui du fantôme dans Deux femmes pour un fantôme. Oui, me direz-vous je ne risquais pas de jouer l'un des deux autres. Ah! ah! ah!... Le pitch est simple, comme dirait Ardisson : ma femme vient de découvrir que j'ai une maîtresse et a convoqué celle-ci à la maison pour tirer la situation au clair. En fait elles deviennent presque amies, mais ce qu'elles ne savent pas, c'est que je viens de me tuer au volant de ma voiture. Pendant la deuxième moitié de la pièce, j'apparais sur scène. Seul le public me voit, pas elles; et j'évolue dans ce no man's land entre la vie et la mort. Un personnage qui m'allait sans doute comme un gant avec un moment assez difficile, celui de l'entrée en scène où je devais m'avancer vers le public et lui dire : "Je suis mort! Je suis mort!" Essayez donc. Vous verrez comme c'est simple.

15773ème jour

Une bonne journée

Elle a commencé par un lever à onze heures. A midi j'ai joué au tennis avec mon ex-boss sur l'île de Puteaux. Celà faisait bien dix-huit mois que je n'avais pas mis les pieds sur un court de tennis et je dois reconnaître qu'il ne reste pas grand chose du peu de tennis que j'avais auparavant. Malgré celà, le simple fait de courir avec un soleil presque printanier face à moi m'a fait un immense plaisir. Il m'a aussi rappelé la notion de "tennis de proximité" de Louis Leprince Ringuet qui, à 80 ans bien sonnés, jouait encore au tennis mais en choisissant avec soin des adversaires capable de lui renvoyer la balle systématiquement à portée de raquette.
J'ai profité d'un bref passage au bureau pour faire mes notes de frais de janvier et février, puis je suis parti, le coeur joyeux, vers l'aéroport de Roissy où deux tahitiens en goguette retrouvaient la douceur du climat de l'Ile de France. Ils sont sortis parmi les derniers de leur 747 et j'étais tout ému de les serrer contre moi après 28 jours d'absence. Nous avons beaucoup passé de temps à discuter de leur séjour là bas, et je rêve de pouvoir m'y rendre à mon tour dans un avenir pas si lointain.

15772ème jour

Vide

Je me proposais il y a quelques jours de rendre ce blog plus gai. Je dois reconnaitre que je n'ai pour l'instant réussi qu'à le rendre plus vide. Pourtant ma vie n'est pas vide.
J'aimerais vous conter les aventures de mon bureau, avec les délires de super-mario et de sa cloche. Je ne le peux pour l'instant, mais je suis sûr que ces événements empliront ces rubriques dans quelques mois, lorsque je pourrai revenir sur eux de façon sereine et détachée.
J'aimerais vous conter mon récent week-end à Londres, mais il est parfois difficile de s'exprimer lorsqu'on est lu par son compagnon de voyage. Pourtant, en marchant dans les rues la nuit, en dansant au Heaven et à la Fabric, en admirant quelques bipèdes charmants, en promenant Madame Lavache loin des Alpes chères à son coeur, je me suis senti profondément heureux de ces moments complices, insouciant du temps qui passe et ne jamais suspend son vol.
Et comme tout finit par des questions je vous propose celle-ci:
J'étais demain. Je serai hier. Qui suis-je?

15763ème jour

Chronique du non être

Je ne jouerai jamais le Deuxième concerto de Rachmaninoff. Je ne verrai jamais le père de ma mère. Je ne serai jamais classé au tennis. Je n'entendrai jamais Karl Böhm diriger. Je n'assisterai jamais à une représentation au vrai théâtre de La Fenice. Je ne verrai jamais ni Marlene Dietrich, ni Artur Rubinstein. Je ne serai plus jamais client de la Société Générale. Je n'utiliserai jamais de markka finlandais. Je ne parlerai jamais japonais. Je ne dirai jamais adieu à ma soeur. Je ne retournerai jamais à Borobudur. Je ne servirai plus jamais de bouche-trou.

J'arriverai à rendre ce blog plus gai.

15761ème jour

Saint Valentin

Connaissez vous l'histoire de Saint Valentin, qui fut un prêtre martyrisé par les Romains le 14 février 270 ? L'empereur Claude II venait d'abolir le mariage car il trouvait que les hommes mariés faisaient de piètres soldats parce qu'ils ne voulaient pas abandonner leur famille. Valentin encourage alors les jeunes fiancés à venir le trouver en secret pour recevoir de lui la bénédiction du mariage. Il fut arrêté et emprisonné.
Pendant qu'il attend son exécution dans sa prison, Valentin se prend d'amitié pour la fille de son geôlier et lui redonne la vue. Juste avant d'être décapité, il lui offre des feuilles en forme de coeur avec le message suivant : "de ton Valentin".
Ce soir, beaucoup de mes ami(e)s se retrouvent pour un dîner en tête à tête. Je n'ai quant à moi rien de prévu. J'ai juste à penser que celà fait plus de trois ans que je n'ai pas connu de moment sensuel avec quelqu'un que j'aime. Je me suis contenté d'étreindre ceux que je n'aime pas, ou d'aimer ceux que je n'étreins pas.
Edmund White à raison. La quête amoureuse est fort mélancolique.

15756ème jour

Un anniversaire II

Je l'ai vue d'abord de dos. Avec sa robe turquoise et la grande tresse grise qui remplace les chignons qu'elle affectionnait. J'ai aussitôt appréhendé de voir son visage. C'est l'infirmière qui a retourné le fauteuil roulant et elle nous est apparue. L'oeil est moins vif qu'autrefois, il semble surtout regarder dans le vague. Et puis la machoire inférieure a désormais un tremblement permanent. Mon oncle s'approche en premier. Elle esquisse un léger sourire et l'oeil prend une expression un peu différente, comme le ressenti d'un plaisir ou d'un amusement.
Ce sourire et ce changement de regard seront les seuls signes de communication que nous recevrons de sa part au cours de cette heure passée avec elle. Le reste du temps, l'oeil restera dans le vide et les mains seront jointes devant la bouche comme dans le salut thailandais.
Je m'approche d'elle, je lui parle à l'oreille, sans savoir si elle entend ce que je dis, sans savoir même si elle sait qui je suis. Alors que je lui parle elle saisit ma main et la place entre les siennes en regardant toujours droit devant elle. Nous restons comme celà pendant quelques minutes. J'en profite pour regarder ses mains. Elles sont belles. Des mains de vieillard, quand la peau a perdu toute son élasticité, qu'elle est devenue comme un gant de cire trop grand pour la paume qu'il est censé enfermer.
Nous repartons. Je la regarde pour conserver le souvenir de cet instant, tout en espérant que plus tard, dans quelques années, quand elle ne sera plus là, cette image aura été remplacée dans mon souvenir par celui des photographies, où, plus jeune, elle avait un regard vivant.

15755ème jour

Soirée surprise

Hier soir, j'avais promis à N. une soirée surprise. Il y avait le plan A et le plan B car N. sortait d'une réunion vers huit heures dans le septième arrondissement et le plan A prévoyait un concert à huit heures au Théâtre des Champs-Elysées.
Vers 7h45, je suis à la FNAC des Champs Elysées et N. m'appelle depuis les Invalides d'où il sort juste de la réunion. C'est donc en quinze minutes que je suis passé le chercher, que nous sommes allés au théâtre, que nous avons laissé la voiture sous la garde peu efficace de Madame Lavache, que nous avons acheté deux billets et que nous nous sommes mollement enfoncés dans nos fauteuils du premier rang, devant l'Orchestre National de France.
Kurt Masur entre en scène. Comme à son habitude il dirige sans baguette en se dandinant comme un gros nounours. Sa main gauche est souvent fébrile, pour indiquer les vibratos des violons et il lance parfois un clin d'oeil aux pupitres pour donner les départs. La symphonie écossaise de Mendelssohn est avalée à un train d'enfer qui convient bien aux trois premiers mouvements. Je suis déçu de ne pas retrouver la plénitude du beau thème final auquel un rythme plus ample aurait mieux convenu.
Fin du concert, le plan A se poursuit dans un restaurant que j'aime. Nous avons beaucoup parlé. Le Vouvray pétillant me monte un peu à la tête. Je regarde les beaux yeux bleus de N. et je me rappelle cette citation de August von Platen :
"Wer die Schönheit angeschaut mit Augen,
ist dem Tode schon anheim gegeben."

15754ème jour

Souvenirs

Ce matin j'ai rangé le contenu des cinq cartons d'affaires qui venaient de m'être livrés en provenance de mon ancien bureau. J'en ai aussi jeté l'équivalent d'un carton. Et puis j'ai retrouvé des objets qui tels des madeleines proustiennes, m'ont jeté à la figure quelques souvenirs : un contrat de location d'une Punto décapotable en Italie, une carte postale d'Athènes, un billet de concert au Festspielhaus de Baden Baden, une enveloppe aux armes du Warwick de New York, un mini-briquet bleu avec "For You Lulu" imprimé dessus, le premier mail que HLG m'avait adressé en 1996 et qui m'avait empli de joie, une invitation pour une soirée d'anniversaire en Normandie, un bon valable pour un séjour à Trieste signé Stefano...

15752ème jour

Le secret de l'Etoile

J'ai découvert ce matin que le pavement qui orne la place de l'Etoile est bicolore. Il dessine une gigantesque étoile à douze branches de granit rose, chaque pointe étant orientée vers l'une des avenues concentriques. On ne s'en rend absolument pas compte du fait de la faible hauteur des véhicules. J'ai pu procéder à cette observation car je me trouvais en hauteur, dans la cabine d'un camion qui remorquait ma voiture.
Je vous vois déjà sourire. Les événements de cet été à Castellon se seraient-ils reproduits? Eh bien non... Un sinistre malandrin a eu la bonne idée de percer trois des pneus de ma voiture hier soir. Dans un premier temps seul l'un d'entre eux était dégonflé et j'ai donc eu le bonheur de remplacer la roue et de salir non seulement mes mains expertes mais aussi celles de N.
Quelques mètres plus loin, les deux pneus avant ont rendu l'âme d'où la nécessité de me faire remorquer ce matin.
J'en veux beaucoup à Madame Lavache de n'avoir point rempli son rôle de célérière de mon royaume roulant et j'envisage sérieusement de la mettre aux arrêts dans le coffre.

Un SMS de Tahiti

Je reçois à l'instant ce SMS:
De: Mennuie
Message : Il pleut et on se fait chier, c'est moche ici, tu nous manques bisous.

Alors là , c'est vraiment un coup bas.
Terrible.
Insurmontable.
Insupportable.
Ben moi je ne m'ennuie pas, je viens même de jouer au mécano rue des Archives, avec la délicieuse complicité de N.
Et puis surtout on mijote une riposte terrible.
Insurmontable.
Insupportable.

15750ème jour

Un anniversaire I

Il y a cent ans aujourd'hui, le 3 février 1903, naissait ma grand-mère Suzanne, la mère de mon père. Je ne sais pourquoi, je garde relativement peu de souvenirs personnels d'elle, plutôt des impressions : ses chapeaux particuliers dont l'un que nous appellions "la morille", l'odeur de son parfum, lorsque je déposais son manteau dans la penderie, son regard intensément bleu, ses cheveux qui se sont mis à friser en grisonnant, quelques poils sur les lèvres qui rendaient ses baisers piquants, son habitude de garder en permanence son sac à main sur les genoux, quelques expressions d'un autre temps, dites d'une voix sur-aigüe, ses plantes vertes qui envahissaient la baignoire et obligeaient mon grand-père à un véritable déménagement avant chaque bain, les deux perruches, une lampe pigeon dans l'étagère de la cuisine, des stocks de sucre établis après la guerre et encore inviolés dans les années 80, quelques valses de Chopin dont elle gardait un souvenir lointain et un vague toucher sur son piano désaccordé, un grand salon au mobilier Empire et aux allures de musée, son désir permanent de rentrer chez elle au plus tôt, où qu'elle se trouve, son pessimisme obsessionnel qu'elle entretenait avec mon père, sur des conflits proches ou une rentrée forcément difficile.
Je garde aussi le regret de n'avoir jamais rencontré sa soeur Charlotte qui fête elle aussi ses cent ans aujourd'hui. Lors d'une opération assez grave subie par ma grand-mère, le chirurgien avait failli avoir une crise cardiaque en apercevant peu après l'opération, habillée, confortablement installée dans le fauteuil visiteur, non pas sa patiente, mais sa soeur jumelle.
Je me souviens lors des rares week-ends que je passais en Auvergne peu après mon arrivée à Paris, qu'elle me demandait plusieurs fois de suite, la date de mon départ, signes avant coureurs de la perte de sa mémoire récente, qui allait devenir par la suite une perte totale de mémoire.
Je me souviens de son refus d'emmenager dans une maison pour personnes âgées à la mort de mon grand-père, je me souviens des visites que je lui ai faites alors qu'elle ne me reconnaissait plus, mais qu'elle semblait heureuse de recevoir une boîte de chocolat que sa perte de mémoire l'entraînait à dévorer en entier.
Ce soir, j'imagine le vide de son esprit n'ayant plus de passé, n'ayant plus de visage connu, n'ayant même pas de présent, juste un instinct de survie qui la pousse à dépasser ce cap que peu d'humains atteignent. J'aimerais juste lui souhaiter un peu de bonheur intérieur dans son dernier crépuscule et la serrer dans mes bras.

15749ème jour

Tas de chair.

Monsieur Désinvolte a repris son blog. Et c'est tant mieux, il me manquait dans ma lecture quotidienne. Il faut quand même que je pense à lui rappeler l'orthographe de Margaret Thatcher. Il a une excuse. Il n'était pas né quand elle est arrivée au pouvoir.
Au sujet de la dame de fer, j'ai lu un truc assez drôle dans le bouquin du garde du corps de Mitterrand qui vient de paraître .
Mitterrand et Thatcher se trouvent au Mont Saint Michel et font une agape chez la Mère Poulard (drôle d'idée tant ca fait longtemps que cet endroit est devenu une infâme gargote à touristes dont personne ne peut plus imaginer qu'il eut jadis une étoile au Michelin.)
J'imagine qu'ils se baffrent ensemble une méga-omelette. Puis ils sortent. Mitterrand est un peu pâle. Puis, juste avant de remonter dans la voiture officielle, il se penche en avant et rend au caniveau la totalité des blancs, des jaunes et des champignons, sans doute aussi des morceaux de pain et le meilleur pinard de la Poulard. La future Lady n'a parait-il même pas cillé. Elle a du se contenter d'ajouter un argument supplémentaire au mépris qu'elle aime décerner aux français en général et à leurs dirigeants en particulier.
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