16781ème jour

Le récital de Francesco Tristano Schlimé

J'hésitais à partir ce soir. Personne n'avait répondu favorablement à mon invitation. Il faisait froid. La circulation s'annonçait difficile au départ de Paris. De fait, il m'a fallu cent minutes pour parcourir les cent vingt kilomètres qui séparent Paris de Montargis. Je trouve facilement l'école de Musique. Elle semble déserte à cette heure tardive. Une petite fille m'indique que la salle Debussy se trouve au deuxième étage. Alors que je monte les marches, des extraits de Carmen me parviennent... C'est probablement la fanfare de Montargis qui répète. Je vais faire un tour et un quart d'heure plus tard, je reviens dans la salle alors qu'on y installe une centaine de chaises. Je m'installe au premier rang. Pendant que Francesco Tristano Schlimé se prépare sur la scène, tout de noir vêtu, quelques petites vieilles commentent le programme :
- Oooh! t'as vu, il est jeune, 1981!
- Le programme c'est pas trop ma tasse de thé, je connais personne à part Scarlatti...
- Bério, c'est pas lui dont la femme était une cantatrice bizarre?

Quelques mots pour accueillir Monsieur Schmilé (sic) et le concert commence. Le programme, en effet sans concession, démarre avec quatre toccatas de Frescobaldi. Le pianiste les tire vers ce qu'elles ont de plus moderne et il ose les enchainer sans interruption aucune avec cinq variations de Berio. L'interprête nous dit ensuite quelques mots d'une voix bien posée. Il nous explique ce qui réunit ces pièces, l'importance des nuances et des contrastes. Il présente la pièce suivante, la Seconde Sonatine de Busoni, seule pièce du programme a n'être ni baroque, ni contemporaine. Là encore, Francesco Tristano Schlimé nous emmène dans une suite de contrastes éblouissants. Il alterne des passages aux sonorités de harpe pendant lesquels son regard se perd dans le lointain et d'autres massifs qu'il martèle avec une extrême concentration. Je me dis qu'il excellerait dans la musique de George Antheil. Suit Rounds de Berio, puis toute la fin du récital sans interruption. Scarlatti-Francesconi-Schlimé. Il faut oser.
J'ai toujours eu un peu de mal à trouver de l'intérêt aux sonates de Scarlatti jouées au piano, avec deux exceptions d'interprêtes notables: Horowitz et Pogorelich. A ma grande surprise, la liste se complète d'un troisième nom désormais. Pour Mambo de DonatoniFrancesconi, Francesco Tristano Schlimé utilise pour la première fois la partition. Il semble ravi de nous offrir ses sons cuivrés proche des percussions. L'enchainement avec l'improvisation qui suit est évident. Il s'agit en fait d'une improvisation sous contrôle, puisqu'il utilise un immense carton sur lequel sont collés des petits bouts de partition. Et il picore à droite et à gauche quelques thèmes qu'il assemble, un peu comme un collage surréaliste. Un petit garçon qui ronflait est brutalement réveillé par les applaudissements. Nous avons droit en bis à une étrange pièce de sa composition, Barcelona Trista, où il joue à la fois sur le clavier et directement sur les cordes du piano, en créant des sonorités étranges et envoutantes, des sons de harpe, qui entraînent Barcelone près des faubourgs de Buenos Aires.
A l'issue du concert, je vais remercier Francesco Tristano Schlimé pour l'incroyable générosité de son programme, et lui dis que j'aurai plaisir à le revoir lors de son récital de Barcelone en janvier.
Sur le chemin du retour, je songe aux pianistes que j'ai eu la chance d'entendre en concert et qui m'ont marqué, Horowitz, Arrau, Kempff, Cziffra, Argerich, Pollini, Perahia, Lupu, Zimmermann, Pogorelich Michelangeli... Et je me dis que dans très longtemps, on me jalousera sûrement d'avoir assisté à cette soirée...
Pour ceux qui aimeraient une séance de rattrapage, le même programme sera encore joué en décembre le 2 à Tours, le 6 à Blois, le 10 à Issoudun, le 11 à Orléans, le 13 à Bourges et le 17 à Chinon. Il n'est d'ailleurs pas exclu que je redouble.

16780ème jour

Rufus Wainwright au Casino de Paris

Cela fait plusieurs années que j'ai découvert Rufus Wainwright. J'avais acheté son premier disque en 2001, en partie parce qu'il était accompagné d'un CD bonus où il chantait l'Hallelujah de Leonard Cohen de sa voix métallique et en partie pour des raisons inavouables. J'avais acheté son deuxième CD Want one à New York en 2002, et puis surtout, Rufus, c'était le souvenir d'avoir écouté The one you love à fond la caisse en décapotable dans les rues fraiches de Berlin en mars dernier. Alors, je ne pouvais qu'être à son concert d'hier du Casino de Paris.
Après une première partie passablement ennuyeuse où sa soeur Martha a chanté de la country, Rufus nous a emmené dans deux heures trente de magie. Je ne sais que retenir de ce concert. Sa voix que le concert bonifie, son vrai talent tant au piano qu'à la guitare, le bonheur de réentendre The one you love et d'en faire profiter Alban Berg par téléphone, un joli duo avec Jane Birkin qui a du mal a chanter juste I am from Paris, la nouvelle chanson qu'il a composée pour le futur album de celle-ci, une belle reprise de Chelsea Hotel que Leonard Cohen avait composée pour Janis Joplin, Peach Trees, une nouvelle chanson très personnelle, Between my legs, un magnifique hommage à Jeff Buckley, l'Hallelujah de Cohen que j'avais tant envie d'entendre. Et puis il finit son récital par Cigarettes and chocolate milk, son premier tube.
Et puis je devrais parler de Tony, mais je n'en parlerai pas.

16779ème jour

En allant à l'école

Le lundi matin, j'accompagne souvent ma plus jeune fille à l'école. C'est une promenade plutôt agréable, une dizaine de minutes. Pendant la moitié du parcours, nous sommes dans le flot d'étudiants qui démarrent à 8h20 leur classe préparatoire aux grandes écoles, puis, le bâtiment dépassé, nous allons à contre courant des retardataires qui pressent le pas. Nous avons un jeu avec ma fille qui consiste à faire une statistique sur les sacs des étudiants par rapport à la mode actuellement en vigueur : sac à dos pour les garçons, gibecière sur l'épaule pour les filles. Ce matin 100% de corrélation. Et puis je ne me lasse pas de m'étonner devant la bonne tenue du jean, près de cinquante ans avant sa généralisation, qui continue d'habiller quatre cinquième des fesses étudiantes et qui, malgré son image vaguement contestataire, est définitivement le vêtement le plus conventionnel de tous les temps.

16778ème jour

Tartuffe

J'ai assisté hier avec mes filles à la nouvelle mise en scène de Tartuffe à la Comédie Française. Amère déception. Les acteurs se divisent facilement en deux catégories : les anciens à la diction compréhensible et au style parfait. Les jeunes dont on se demande s'ils comprennent ce qu'ils disent et qui annonnent les alexandrins sur le ton scolaire caractéristique tadatadatada, tadatadatada. Affligeant. A l'exception du rôle de Tartuffe lui même joué par le sublime Eric Génovèse.
Un mélange de costumes d'époque et modernes, pour faire genre, des décors glaciaux et pour couronner le tout un Orgon black. Orgon est l'un des piliers de la pièce. Confier le personnage à un noir, alors que sa femme et ses enfants sont blancs somme du lait est un parti pris envisageable. Mais un Orgon qui a vraiment l'accent africain, et dont on a du mal à discerner ce qu'il dit, j'ai un peu de mal à comprendre le choix. Sans compter les gags (involontaires?), comme lorsque Tartuffe dit à Orgon :
Si vous pouviez savoir avec quel déplaisir
Je vois qu'envers mon frère on tâche à me noircir...
"
ou bien encore dans ce dialogue entre Orgon et sa mère :
Madame Pernelle
Mon fils, je ne puis du tout croire
Qu'il ait voulu commettre une action si noire.

Orgon
Comment ?
Gloussements garantis dans la salle.
Bref... à éviter.

16777ème jour

Quelques graffitis

L'un des premiers graffitis que j'ai longtemps contemplé était celui qui se trouvait sur la façade de la maison de François Michelin, Cours Sablon à Clermont-Ferrand : il était inscrit Pouvoir Ouvrier. Le propriétaire des lieux avait jugé inutile de le retirer et l'inscription a décoré les lieux pendant une bonne dizaine d'années.
Lors de notre visite à Montand, que j'ai racontée un jour, mon ami E. et moi avions pris un appareil photo. Pourtant, impressionné le le grand bonhomme en blanc, nous n'avons pas osé le sortir et je ne garde de cette journée qu'une photo prise place Dauphine, devant la maison de Montand. Derrière moi, un graffiti J'aime Nathalie Mattner, avec un petit coeur.
Lors de mon séjour à Rome avec P. en 2000, un troisième graffiti est resté dans ma mémoire. Il indiquait : Lazione campione de Italia. Juve Mierda.
Et puis un autre italien, que j'ai pris en photo à Venise l'été dernier. Il représentait le logo de Converse et celui de Nike séparés d'un signe égal et en dessous Fuck the cool. Je l'aime bien ce graffiti au pochoir. Et il m'a fait découvrir que Nike a réellement racheté Converse il y a deux ans.

16776ème jour

Contrôle des bagages

Au contrôle des bagages de l'aéroport, je glisse ma serviette, mon petit sac à dos Champion et le bac contenant mon manteau, mes clefs, mon portefeuille et ma ceinture. Le portique ne sonne pas car j'ai mis mes Converse. C'est agaçant de devoir se déchausser.
Au moment où je récupère mes effets, j'entends la préposée du scanner raconter à sa collègue :
- Tu sais le mec il avait quatre préservatifs dans son bagage. On les voyait bien. Moi j'ai trouvé ça hyper gênant.
Or, il se trouve qu'il y avait quatre préservatifs dans mon propre bagage qu'elle vient de visualiser. Je ne sais si c'est un hasard ou si elle dit ça en pensant me gêner. Je la regarde dans les yeux et lui dis :
- Vous savez je ne vois pas ce que ça a de génant de voyager avec des préservatifs. Si on en n'a pas, celà signifie, soit qu'on ne baise pas, soit qu'on n'en met pas. Dans les deux cas, c'est encore plus gênant...
- ...

16775ème jour

Biarritz Pampelune

Pampelune est un nom qui m'a toujours fait penser à mon enfance, aux cours d'histoire et aux rois de France et de Navarre. Les espagnols rient beaucoup lorsqu'on leur dit que nous appelons ainsi Pamplona, qui s'appelle d'ailleurs Iruña en basque.
Je devais donc me rendre à Pampelune ce soir et j'ai choisi d'aller à Biarritz en avion, puis de louer une voiture pour les cent kilomètres qui restaient.
J'ai eu droit à une Nissan Micra et le voyage a été assez pénible, une nuit très sombre, des travaux sur l'autoroute, beaucoup de pluie. Mais en allumant la radio, j'ai entendu par hasard You're beautiful de James Blunt que j'ai tant écouté en Italie avec mes filles l'été passé. Alors je me suis cramponné au volant et je me suis senti bien.

16774ème jour

La vache!

Lorsque j'étais à Bucarest en octobre, il y avait des sculptures de vaches un peu partout en ville, en fait cinquante cinq statues de vaches disséminées dans la ville.
En débarquant à Saõ Paulo, quelques semaines plus tard, j'ai de nouveau vu des vaches partout, 80 cette fois-ci. J'ai aperçu Potato Cowch à la pose sensuelle, la Vache D.J., irrésistible, la Rodo Logo Existo, sponsorisée par Pirelli, Melma & Louise partant en week end à Rio, ma préférée étant cependant la sexy Miss Montblanc, qui bizarrement n'était pas devant sa boutique sponsor.
Si vous aussi vous voulez voir des vaches partout, vous pouvez vous rendre dans les mois qui viennent à Edinburgh, Buenos Aires, Denver, Boston, Florence, Moscou ou Mexico.

16773ème jour

Si je meurs bientôt...

Si je meurs bientôt, à quoi m'aura servi ma vie? Je n'aurai rien fait de tout ce qui me reste à faire.
François Weyergans Trois jours chez ma mère

16772ème jour

Mon concert romain

L'Auditorium est un complexe récent de salles de spectacle, situé près du Stadio Flaminio, juste au dessus des jardins de la Villa Borghese. Il comprend des restaurants, assez agréables, une grande librairie/disquaire et plusieurs salles de concerts. Comme j'avais raté l'Oiseau de feu de la veille, donné dans la sublime Sala Santa Cecilia par le prestigieux Orchestra dell’Accademia Nazionale di Santa Cecilia, je me suis contenté de la plus modeste Sala Sinopoli où joue régulièrement l'Orchestra Di Roma e del Lazio.
L'assistance est clairsemée. Le concert démarre par les Variations Symphoniques de Franck, oeuvre qui m'a toujours ennuyée, jouée sans grande conviction par l'orchestre. Suivait le Burlesque pour piano et orchestre de Strauss, qui n'est précisément pas du meilleur Richard Strauss mais qui se laisse écouter lorsque joué avec humour, ce qui n'était pas particulièrement le cas ce soir. La salle s'anime quand le pianiste Hebert Schuch, qui remplace Fazil Say au pied levé nous donne en bis une fort belle Campanella. Je profite de l'entracte pour me rapprocher et bizarrement le son sera nettement plus précis au cours de la seconde partie.
Celle-ci démarre par l'Ouverture Mer calme et heureux voyage de Mendelssohn, très agréable à entendre, beaucoup plus claire que le début du concert. Le public commence à applaudir bien avant la fin de l'oeuvre ce qui me met en rogne, mais fait rigoler toute la salle. Fin du concert avec les merveilleuses Variations sur un thème de Haydn de Brahms dont l'orchestre, là encore, se sort honorablement.

16771ème jour

Week end a Rome III

En allant à l'office du tourisme ce matin, j'ai été assez triste en découvrant que j'avais raté la veille un bel Oiseau de feu à l'Académie Sainte Cécile et un concert d'Anthony & the Johnsons à l'Auditorium. En lot de consolation, j'ai trouvé un autre concert dont le programme symphonique avec piano soliste était ainsi résumé : Franck/Strauss/Mendelssohn/Brahms. Sachant que les oeuvres ont été jouées dans cet ordre et que le piano était installé sur scène dès le début du concert, un lecteur perspicace parviendra-t-il à retrouver le programme complet du concert?

16770ème jour

Week end a Rome II

Le ciel était d'un bleu limpide. Nous avons fait la promenade habituelle des visiteurs qui découvrent Rome: la place Saint-Pierre, couverte de chaises pour la messe du lendemain, le Château Saint-Ange et son saint terrassant le dragon, la Piazza Navona, qui a un peu perdu de son charme maintenant que tous les batiments qui l'entourent ont été ravalés, et où nous avons bu un cappuccino en terrasse, l'église Saint Louis des Français magnifiquement restaurée où les clairs obscurs de Caravaggio resplendissent enfin nettoyés de la suie de bougie, le Panthéon où le cercle de soleil hivernal se cachait dans les hauteurs de la coupole, la petite boutique Vigato où j'ai jadis acheté mon panama, la Fontana Trevi, sublime dans les rayons horizontaux du soleil, la vue sur la ville depuis les hauteurs du Pincio, l'immensite du Colosseo où les touristes se pressent, les jardins de Santa Sabina désertés par les petits chats frileux et où les orangers ont perdu leurs fruits.
Le soir, nous sommes allés a la Carbonara sur le Campo dei Fiori où, comme d'habitude, j'ai commandé un antipasto vegetale, des tagliatelles funghi porcini et surtout, un bol de puntarella dont c'est la pleine saison.

16769ème jour

Week end à Rome I

Tout a mal commencé. Les flics qui m'arrêtent sur les Champs Elysees parce que j'ai klaxonné furieusement leur voiture banalisée qui se trainait, la fille d'Air France qui met vingt minutes à traiter le client précédent, le chauffeur de taxi qui met une heure trente pour trouver notre hôtel, le dit hôtel qui ne se trouve pas près de la Farnesina du Trastevere, mais via della Farnesina au delà du Stadio Olympico.
Et puis pour se consoler, nous allons dîner à ma petite cantine toscane de la via San Ignazio : Il Buco: Des raviolis à la sauce aux noix, un osso bucco, le tout arrosé du Chanti della casa. Et puis les petits biscuits à tremper dans le vino santo, pour finir.
Dans le coin de la salle, une petite dame est là, toute seule à sa table, l'air un peu morne. Elle se moque du garçon car il utilise un poivrier en forme de bouteille de vin. "C'est ridicule!" nous dit-elle. Alors que je lui demande comment elle parle un aussi bon français, elle nous explique qu'elle était a Paris la veille, qu'elle a d'ailleurs un appartement dans le septième arrondissement. Elle voyage beaucoup apparemment, Vienne, Berlin, Paris, New York, Milan. Alors que je lui demande quelle est son activité, elle nous repond qu'elle travaille pour le Stadtsoper. ELle connait Barenboim, Carole Bouquet, Eschenbach, Elsa Morante, Isabella Rossellini... En mars, elle était bien sur elle aussi au concert anniversaire de Boulez.
Nous sympathisons. Elle s'installe à notre table, nous offre de goûter son Chianti clairement meilleur que le notre. Puis elle nous invite à boire un verre sur sa terrasse, "la plus belle de Rome" affirme-t-elle. Intrigués, nous acceptons. Elle avait raison, la diablesse. Après avoir poussé la lourde porte d'un Palais du Corso, elle nous entraine au quatrième étage, dans un appartement aux proportions imposantes. Deux escaliers plus haut, nous entrons sur une assez grande terrasse meublée. Au sud, le monument a Vittorio Emmanuelle II, à l'ouest San Ignazio, au nord la grande enfilade du Corso qui remonte jusqu'à la Piazza del Popolo et à l'est le Palais du Quirinal tout illuminé. De nombreuses mouettes voletent au dessus de nos têtes en criant. Notre hôtesse allume des bougies, met en marche un petit chauffage et nous apporte de la vodka russe. J'en bois deux cul sec, puis nous passons au whysky coca en parlant de Paris, de Mahler, de Lang Lang, de son mari peintre et ami de Pasolini, de ses photographies. Je lui laisse mes coordonnées et nous repartons avec regret dans la nuit romaine.

16768ème jour

Paris Dijon Paris Starbuck

A 7h15, j'étais depuis longtemps sur le quai 17 d'ou partait le train pour Dijon. Quand l'homme a la casquette a commencé sa longue série de coups de sifflets, j'ai été un peu inquiet, puis j'ai vu mes deux collègues et nos deux clients courir au bout du quai et s'arrêter furieux devant les portes qui se fermaient. Je suis venu vers eux en riant et je leur ai dit que le train suivant était quinze minutes plus tard.
Dans le train du retour, mes collègues et mes clients dorment tous. Je les prends en photo en douce.
Arrivé à Paris, je vais boire un cappucino au Starbuck de la rue Vieille du Temple. L'ambiance est assez agréable, l'atmosphère tranquille et souriante. Un serveur offre à tous les clients de tester le nouveau muffin a la rose. J'aperçois G. dans un coin avec un ami. Je lui envoie un SMS disant : "Toujours aussi sexy, ce cher G!" Et il me répond peu après : "Oui, et je suis célibataire en ce moment. Tu aimerais me faire quoi?"

16767ème jour

On passe au salon?

Je n'ai jamais beaucoup aimé les salons professionnels. Les batiments où ils sont organisés sont d'une effroyable laideur, on y fait assez peu d'affaires, les restaurants pour déjeuner au plus proche sont infects et hors de prix et le niveau de décibel reçu en une journée est tel qu'on en ressort lessivé.
Cette année j'ai decidé de ne passer qu'une journée sur place. Une réunion de présentation à des investisseurs, un déjeuner avec des brésiliens, un pot avec un turc, et beaucoup de blabla avec des clients d'un peu partout...
Le moment amusant de la journée était celui où Michael m'a rejoint incognito à la soirée où nous avions convié cinq cents de nos clients à boire du champagne et manger des petits fours devant la tour Eiffel.
Je me suis partagé entre mes clients et lui. De nombreux collègues me demandaient :"Mais qui est-ce?" Et Michael a même laisse pour moi son télephone a l'un des serveurs. Au fait, Michael, il t'a rappelé?

16766ème jour

Kszysztof

Il s'appellait Kszysztof, mais il se faisait appeler Christoph car il avait passé la majeure de sa vie à Berlin. Il avait un pantalon prince de Galles acheté le jour même dans une friperie du boulevard de Sébastopol. Au moment de garer la voiture près de la rue Saint Martin, j'avais bien remarqué qu'il plaçait ostensiblement sa jambe près du levier de vitesse. On a bu un verre au café Beaubourg. Lui un Martini bianco. Moi une capirinha en souvenir de la semaine précédente. On a remis ça. La même chose chacun. Puis on est revenu à la voiture. Sa main s'est faite plus hardie. Il m'a dit qu'il avait envie de venir chez moi.
Lorsque je l'ai déposé au bas de chez lui, rue du Faubourg Saint Martin deux heures plus tard, il m'a embrassé, il m'a dit qu'il aimerait me revoir.
Sur le chemin du retour, en roulant sur le boulevard Barbès Rochechouard, sur France Info, il y avait bizarrement la bande originale d'Autant en emporte le vent. J'ai pensé au jour où j'ai vu ce film pour la première fois, au cinéma Novelty à Clermont Ferrand, avec maman qui le voyait pour la sixième fois. Et puis j'ai pensé "oui cela convient bien à cet instant en fait. Autant en emporte le vent."

16765ème jour

Ambiguïtés

La première fois que je l'ai lue, c'était il y a une douzaine d'années. Elle était appliquée sur le mur du bureau de l'un de mes clients, un homme difficile dont le visage prenait des couleurs violacées lors de ses nombreuses colères homériques. Le petit panneau affichait donc : On ne sort jamais d'une ambiguïté qu'à son détriment. Cardinal de Bernis.
La formule m'avait semblée banale, presque inutile, en tout cas peu adaptée à la personnalité de celui qui la placait ainsi en exergue.
Et puis j'ai réfléchi. J'ai enfin compris qu'elle était plus sensée qu'il n'y parait du premier abord, qu'elle était même diablement ambiguë cette formule.
Je me suis renseigné sur son cardinal d'auteur. Et il est apparu que la formule est souvent attribuée au Cardinal de Retz. Finalement, c'est merveilleux. Une citation ambiguë sur l'ambiguïté dont l'origine est elle même ambiguë.

16764ème jour

Il fait danser les mondes

L'autre jour sur France Musique, j'entends un choral de Bach diffusé sans plus de précision pour illustrer une interview de John Eliot Gardiner. La mélodie me rappelle aussitôt une adaptation faite en français de ce même Choral sur un texte assez banal : Il fait danser les mondes, les astres, les saisons. J'ai trouvé un exemplaire de la transcription ici. Mais depuis, je recherche partout l'origine de ce choral. Il est probablement dans l'une des deux passions, mais je n'en suis pas sûr. Peut-être un lecteur charitable m'aidera-t-il à en retrouver la source avant que je ne trouve le temps d'écouter les deux passions in extenso, voire toutes les cantates...

16763ème jour

Péage

Nous étions en route pour l'Espagne. Nous sortions de l'autoroute pour aller dîner à Banyuls. Ma fille aînée devait avoir un peu plus d'un an et elle était assise à l'arrière, dans son fauteuil bébé. Nous nous arrêtons au péage. Au moment où je reprends ma carte bleue et mon ticket, une voix s'élève de la banquette arrière et dit : "Qu'est ce qu'elle est moche!"
La dame du péage m'a regardé en souriant un peu tristement. Moi je l'ai regardée très gêné. Puis j'ai passé la vitesse et j'ai accéléré.

16762ème jour

Les Converse brésiliennes

J'avais promis à mes filles de leur rapporter des Converse de São Paulo. Dans la boutique, j'ai vite trouvé les modèles qui leur plairaient. Le problème était la taille. J'étais un peu perdu entre les tailles américaines, européennes, et brésiliennes. Le vendeur ne parlait ni anglais ni français, ce qui n'aidait pas... Je me suis décidé, j'ai ajouté une paire pour moi, j'ai laissé les boîtes dans la boutique, et je suis reparti avec mon grand sac en bandouillère.
Ce matin, alors que j'allais retouver mes filles, j'avais déposé l'une des Converse, une rose avec des dessins argentés, sur le trottoir devant l'immeuble dont elles allaient sortir. Ma plus jeune fille sort en premier, voit la chaussure et fait un "Oooooh!" admiratif. Puis elle tourne la tête et m'aperçoit. Elle comprend aussitôt. Elle ramasse la Converse et court vers moi. Moi je pars également en courant en m'éloignant d'elle et en posant une chaussure tous les cinq mètres environ. Et elle me poursuivait en riant et en ramassant les Converse l'une après l'autre.
Et moi aussi je riais...

16761ème jour

A Dio

On discute souvent sous msn messenger. Il à l'air heureux de me parler. Moi aussi. J'ai envie de le faire venir. De lui offrir le voyage. De lui faire découvrir Paris. Je me dis que ça n'est pas raisonnable. Que je ne devrais jamais m'emballer aussi vite. Mais on ne se change pas. On se change même de moins en moins au fur et à mesure des jours qui passent.

16760ème jour

Rentrer...

Il pleut. Il fait vingt degrés de moins. Le long de l'autouroute un courte paille cramé. Le taxi dépasse un camion transportant six voitures incendiées.
Bienvenue en France.

16759ème jour

Rentrer?

Hier soir j'ai dîné avec un collègue au restaurant de l'Hôtel Emiliano. Récemment ouvert, l'endroit peut disputer à l'Hôtel unique le titre de plus bel hôtel de São Paulo. 22 étages où l'ascenseur conduit à un minuscule corridor avec seulement trois portes : deux chambres et une suite. Bois clairs, métal, verre, technologie dernier cri... La visite m'inciterait à faire déménager immédiatement mes bagages dans cet endroit de rêve si les tarifs ne dépassaient allègrement ce qui m'est autorisé. Nous nous contentons de l'immense salle à manger de l'hôtel à la douce décoration très tendance. Deux belles côtes de veau pour mon collègue, du javali pour moi, le sanglier local qui est le mets de fête au Brésil.
A l'issue du dîner, j'appelle Dio. Pas de réponse. Jusqu'à tard dans la nuit. C'est mon téléphone où le sien qui a un problème. On ne se reverra donc pas avant mon départ. Ca me rend triste. J'envisage un instant de décaler de vingt quatre heures, mais c'est vraiment impossible.
Je n'ai pas envie de rentrer. Je sens que pour de nombreuses raisons, je m'attache à ce pays et que peut-être, un jour, je pourrais y partir avec un aller simple.

16758ème jour

All about Dio

A la sortie de l'avion de Rio, je rentre à l'hôtel me changer car il est prévu que je rencontre Dio le même soir. Je l'appelle. Il me dit qu'il est au Sogo. Un saut de taxi et j'y arrive. Le portier me reconnait, me redemande cependant mon prénom, me propose de le lui écrire sur une feuille et le recopie comme la dernière fois en omettant le premier N.
Dès que je rentre dans la salle, je le reconnais. Il a un jean qui lui arrive aux mollets, un débardeur blanc et une casquette visière. Et puis il a surtout ce sourire incroyable avec de grandes dents très blanches et très régulières. Il est avec son meilleur ami, une sorte de faire valoir étrange couvert de tatouages et de piercings. On démarre à la capirinha, je parle surtout avec Dio qui me sourit énormément, moins avec son ami Alison qui se montre plutôt distant avec moi, même s'il ne résiste pas à l'envie de me montrer les deux nouveaux tatouages réalisés le jour même dans des parties pourtant intimes de son anatomie. Je demande à Dio quelle est l'origine de son prénom. Il me répond que c'est le diminutif de Dionisos. Tout simplement.
Alison a envie de danser, Dio non, je leur propose d'aller boire un verre à l'hôtel Unique. On s'installe tous les trois à l'arrière d'un minuscule taxi et on débarque dans cet endroit encore plus magique qu'à l'habitude à cette heure tardive et moins fréquentée. Dio insiste pour que j'essaye la capirihna de fruits, où le citron habituel est remplacé par des fraises, des kiwis et de l'ananas. C'est plus doux que la normale, mais tout aussi traitre.
Dio me demande ce que j'ai envie de faire. Je lui répond que c'est dangereux de me poser la question. "Why?" me demande-il en souriant. "Because I could answer that I want to spend all the night with you..." Comme ma réponse n'a pas l'air de l'effaroucher, je lui propose de rentrer à mon hôtel. Il me dit oui tout de suite, toujours avec ce même sourire terrible. Je lui demande si Alison va rentrer chez lui. Il a l'air embarassé et me dit qu'il ne peut pas laisser tomber Alison. Je ne sais pas quoi penser, j'ai la faiblesse d'accepter. On se resserre une nouvelle fois à l'arrière d'un taxi genre Opel Corsa rebrandée Chevrolet.
Je leur précise que le bar de l'hôtel est fermé. Ca n'a pas l'air de les gêner. Je ne sais pas trop s'ils viennent pour un plan à trois, ou juste boire un verre dans ma chambre ou encore pour m'assassiner après avoir dérobé mes bagages.
On arrive dans la chambre. Alison s'assoit sur le fauteuil, Dio et moi sur le lit. On est un peu gênés tous les trois. J'essaye de trouver des sujets de conversation et alors que j'y excelle d'habitude, je me trouve sec... Je dis à Dio que je peux offrir à Alison son taxi de retour. C'est ce qui arrive finalement. Alison n'a même pas l'air vexé il m'embrasse en partant.
On se retrouve assis sur le lit. J'ai du mal à croire qu'on est là tous les deux, qu'on se regarde en souriant, qu'on sait très bien ce qui va se produire. Visiblement il aime embrasser. Cela tombe bien, moi aussi. Il a un petite chaîne très serrée autour du cou où son accrochées une plaque d'identité militaire et une médaille avec un lion. Un long moment s'écoule avant qu'on ne passe à des choses plus sérieuses. Il a un anneau sur chaque sein. "Everybody wants to lick them!" me dit-il en souriant. Je ne me fais pas prier. "Where to you like to be sucked?" lui demandé-je. Et il ne me faut pas très longtemps pour vérifier qu'il ne ment pas en répondant "Absolutly everywhere". On reste vraiment longtemps sur le lit à essayer des poses, à faire vraiment connaissance. A un moment, il est au dessus de moi le visage tourné vers le plafond et je me dis qu'il ne ne faut pas que j'oublie ce moment, qu'il est vraiment beau quand il a du plaisir. Il jouit avant moi. On prend une douche ensemble et on continue car il ne faut pas longtemps avant que l'on soit de nouveau excités.
Il est trois heures du matin. On s'endort l'un contre l'autre dans la position des cuillers, son dos bien au creux de mon corps.
Le lendemain, nous déjeunons ensemble à mon hôtel, puis nous prenons le même taxi, couple improbable lui en débardeur et jean, moi en costard à rayures et cravate. Nous nous séparons sur le trottoir de la rue Haddock Lobo. "See you tonight!" me dit il. Et je réponds "Yeah sure!" en regardant une dernière fois son magnifique sourire.

16757ème jour

All about Rio

Cette ville est une incitation permanente au farniente... Je n'ai quasiment rien fait de la journée... Je suis allé à pied au Garota Ipanema, le fameux café où Vinicius de Moraes composa la célébrissime Girl of Ipanema et qui est devenu une institution. Une première capirinha, une salade de coeur de palmiers, des petites boulettes de morue et une crème caramel, le tout arrosé d'un vin blanc local. Mon café avalé, je file sur la plage somnoler devant les énormes rouleaux qui déferlent de l'océan. Un peu plus tard, je retourne sur Copacabana qui est transformée en voie piétonne le dimanche. Tout Rio s'y promène, des jeunes qui se montrent, des vieux en short, des vendeurs de camelote, des marchands de noix de coco, des sculpteurs de châteaux de sable. Au milieu de la plage un attroupement de gens qui dansent au son de la samba. Atmosphère de carte postale.
Je retourne à l'hôtel boire une dernière capirinha avant de prendre mon taxi pour Santos Dumont.
Je n'ai pas envie de partir.
J'ai hâte de revenir.

16756ème jour

Mon premier jour à Rio

Nous sommes retournés au Sogo hier avec João et la nuit a donc été courte. Mon réveil était réglé à six heures du matin afin d'attraper le vol de huit heures. Je retourne à l'aéroport de Garulhos qui est le Orly de São Paulo, mais un Orly en pleine ville qui aurait gardé un peu du charme des aéroports d'autrefois. Comme tous les vols sont domestiques, il n'est pas facile de s'y faire comprendre, que celà soit pour avoir un jus d'orange (je me retrouverai avec un jus de mangue) ou pour demander une place A dans l'avion, celles dont on m'a dit qu'elles ont à l'arrivée une vue sublime sur Rio. On ne m'a pas menti. Le vol est court, quarante minutes environ et dès que l'on rejoint la côte, c'est une suite de petites plages, de criques et d'îles tropicales. Puis on commence à apercevoir les collines en forme de pain de sucre, l'avion frôle le Corcovado, survole Ipanema, Copacabana, et atterrit tout près de la vielle ville, au petit aéroport Santos Dumont. L'ambiance sent les vacances, les passagers rejoignent le bâtiment à pieds, aucun contrôle de police, je saute dans un taxi et à 9h15 je suis à mon hôtel. J'enfile un short et je pars me balader sur Copacabana. J'ai du mal à réaliser que je suis là.
Le soleil se dégage peu à peu, je reviens vers l'hôtel, je me baigne dans les gros rouleaux de l'océan, et je m'endors en plein soleil sur un transat.
En début d'après midi, je parcours Copacabana sur toute sa longueur, puis je prends un vieux bus jaune qui traverse la ville de part en part. Copacabana, Botafogo avec son tunnel et sa petite anse près du pain de sucre, Flamengo, Catete, Gloria, Castelo et le centre ville assez dépourvu de charme. L'autobus est plein à craquer, il n'a pas de suspension et le chauffeur le conduit à un train d'enfer d'un quartier à l'autre.
De retour à l'hôtel, j'escalade la petite presqu'île qui sépare Copacabana d'Ipanema pour admirer la vue. La lumière est sublime. J'achète une noix de coco bien fraîche et un épi de maïs grillé et j'avale le tout sur la plage.
Le premier jour que l'on passe à Rio fait partie de ceux que l'on oublie pas...

16755ème jour

Un concert à la Sala São Paulo

João passe me chercher à mon hôtel. Nous filons en taxi à l'autre bout de la ville, à la Sala São Paulo réputée être la plus belle salle de concert d'Amérique latine. La salle a été créée il y a cinq ans environ dans l'immense hall d'une gare de chemin de fer. C'est un grand espace rectangulaire entouré de nombreuses colonnes doriques en pierre blanche. Un très beau bois clair a été utilisé pour créer les balcons et un étonnant plafond à caissons modulaires. Il s'en dégage une impression d'une beauté très pure et très naturelle, comme si la salle avait toujours existé.
L'orchestre se met en place pour donner un concert d'une densité rare : Concerto pour alto de Schnittke, puis la fameuse Septième Symphonie de Shostakovich, composée pendant le terrible siège de Leningrad puis créée là bas, pendant le siège, par un orchestre galvanisé. La qualité globale du concert est plutôt bonne et les musiciens d'orchestre n'ont pas à rougir dans leur façon d'accompagner l'incroyable Tabea Zimermann dans le concerto dense et virtuose de Schnitkke.
Le public paulitain est étrange. Les spectateurs parlent volontiers pendant les oeuvres, baissant à peine la voix. A la fin du concert, fort long il est vrai, la moitié de la salle se lève sans même applaudir, l'autre moitié tentant vainement de récompenser les musiciens comme ils le méritent.
Nous allons boire un verre dans Jardins avec João. Il est une heure du matin, quatre heures en France. C'est parfait. Le décalage horaire est absorbé.

16754ème jour

Retour a São Paulo

En été il y a cinq heures de décalage entre la France et le Brésil. Et bizarrement, pendant notre hiver, il n'y a que trois heures. Avec une amusante période intérimaire de deux semaines au printemps et à l'automne, quand le Brésil a changé d'heure mais pas encore la France, où la différence n'est que de quatre heures.
Cette fois ci, je ne ressens même pas le décalage. Il est midi ici, quinze heures pour vous, je commence juste à avoir faim pour le déjeuner. Je vais aller me balader sur la Paulista, faire un tour à la fnac et ce soir, peut-être retrouver João.

16753ème jour

Quand je me prends pour un agent secret

Quand je pars en déplacement pour le travail moins de trois jours, je laisse ma voiture à l'aéroport. Au delà, je la gare au bureau et je prends un taxi. Nous avons un accord avec une compagnie qui nous offre un prix forfaitaire pour aller à Roissy ou à Orly. Ce sont des voitures banalisées, en général des 607 noires, avec un chauffeur en costume cravate. Pour le prix d'un taxi normal, je peux donc me la jouer VIP. En été c'est encore plus agréable, car le chauffeur a des lunettes de soleil et au moment où il m'ouvre la porte devant l'aéroport je me crois vraiment au cinéma, mais dans le film.
Ce soir en allant à l'aéroport, il y avait une petite musique douce dans la voiture et quand j'ai entendu The girl from Ipanema, je me suis dit que c'était probablement un bon présage.

16752ème jour

Test

Ce matin, nous faisons une halte pour déjeuner. Peu après être sorti de l'autoroute, un gendarme me fait signe de m'arrêter sur le bas côté. Je pense aussitôt "Merde je n'ai pas mes papiers". En fait il ne s'agit que de l'alcootest. Je souffle un grand coup. Résultat : 0,00. Nous repartons. Peu après ma fille me demande : "Papa, c'était pour la grippe aviaire?"
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