18972ème jour

Paris Istanbul ou des nouvelles de Yakop

Paris Istanbul comme chaque mercredi depuis quelques semaines. Déjeuner rapide et cirage de chaussures à l’Holiday Inn du carrefour de la route d’Edirne. Mon avocat m’y récupère et nous partons dans sa voiture à Silivri.
Le soir j’emmène mon client dîner au Sans où je retrouve avec plaisir mon ami Yakop.
Comme mon client refuse systématiquement que je l’invite, je laisse mon carte bancaire en début de repas discrètement au serveur. Lorsque celui-ci m’apporte la facturette prête à âtre signée, mon client est très étonné.

18971ème jour

Tchaikovski et Schostakovich par Valery Gergiev, Anne-Sophie Mutter et le London Symphony Orchestra à Pleyel

Retour ce soir à Pleyel pour retrouver ce soir le London Symphony et Valery Gergiev qui entament leur concert par une très courte pièce de Liadov , Le lac enchanté. Puis c’est Anne Sophie Mutter qui entre en scène pour un extraordinaire Concerto pour violon de Tchaikovski. J’étais à cinq mètres d’elle et pas un instant je n’ai pu détacher mes yeux de la merveilleuse violoniste totalement concentrée. Je sais que Paris Broadway n’a pas aimé ses changements de tempi, les trouvant même vulgaires. Je trouve quant à moi que l’interprétation était très convaincante et le fait de sentir la salle complètement tendue à l’écoute de l’œuvre était absolument extraordinaire. Bis un peu convenu avec le Bach habituel. En seconde partie, Anne Sophie Mutter revient pour nous proposer une œuvre écrite récemment pour elle par Wolfgang Riehm, Lichtes Spiel et dans laquelle j’ai eu le plus grand mal à entrer. Fin de concert avec la Sixième Symphonie de Schostakovich, peu jouée et totalement enthousiasmante. On sent Valery Gergiev vraiment dans son répertoire.

18970ème jour

Schumann et Schostakovich par Valery Gergiev, Hélène Grimaud et le London Symphony Orchestra à Pleyel

En fin de journée, je me rends à Pleyel pour le concert du LSO. Je suis installé en arrière scène et le concert démarre avec le Concerto pour piano de Schumann, une pièce que j’affectionne depuis mon adolescence, lorsque je l’avais découverte à la sortie de l’enregistrement de Martha Argerich et Mstislav Rostropovitch. Les critiques ont été dures pour Hélène Grimaud qu’il s’agisse du Monde ou de Paris Broadway. Eh bien moi j’ai adoré cette version pleine de fougue et de panache qui ramenait le Concerto dans le romantisme le plus échevelé. Gergiev était très attentif à accompagner sa soliste et il a mis en évidence un grand nombre de détails que j’ai découverts, ce qui m’a rendu follement heureux. En bis, Hélène Grimaud nous offre quelques danses roumaines de Bartok qu’elle fait sonner comme du Stravinsky. La deuxième partie était consacrée à la Dixième Symphonie de Schostakovich, la préférée de Karajan. Le LSO et son chef en ont donné une interprétation magnifique, pleine de sang et de larmes.

18969ème jour

Wrecked

Je prépare pour mes filles une belle côte de bœuf que l’on déguste ensemble pour déjeuner. Dans l’après midi, je regarde avec ma fille ainée ce film étrange et moyennement convaincant avec Adrian Brody : Wrecked

18968ème jour

Munich Paris

Je vais de très bonne heure à l’aéroport de Munich. Alors que j’arrive à la porte d’embarquement, on m’indique que ma valise est bien à bord. A peine arrivé, je déjeune avec deux de mes filles Chez André, rue Marbeuf puis je rentre chez moi dormir deux heures tant cette semaine Londres Amsterdam Istanbul Munich m’aura épuisé.
Je dîne au café Beaubourg avec Azouz et je me rends compte que malgré son beau sourire, il ne sera définitivement pas Mister Right.

18967ème jour

Verklärte Nacht & Das Lied von der Erde par l’orchestre de la Radio Bavaroise et Eliahu Inbal

En arrivant à Munich, ma valise n’était pas là. Alors que je commençais à remplir le document des bagages perdus, la fille de Lufthansa, après observation de mon étiquette de bagage, me dit qu’il avait probablement été enregistré à Istanbul directement pour Paris. Il est donc sans doute en transit quelque part mais comme les systèmes de gestion des bagages de Lufthansa et de Turkish Airlines ne sont pas compatibles, elle ne pouvait pas me le garantir. Je suis donc allé au bureau Turkish Airlines mais là, les deux filles m’ont expliqué que la seule chose qu’elles pouvaient faire était d’envoyer un mail à Istanbul pour leur demander s’ils savaient où était mon bagage.
Passablement énervé, je suis parti sans cravate et en sneakers (Paul Smith quand même) à mes rendez vous client.
Le soir, toujours habillé pareil, je me rends à la Residenz pour mon premier concert à la Herkulessaal. Je ne sais pourquoi, j’avais imaginé que cette salle, où ont été enregistrés tant de disques classiques était ancienne. Elle a été hélas reconstruite après la guerre dans un style glacial. Autre surprise, Riccardo Chailly, qui devait conduire le concert de ce soir est souffrant, et il est remplacé par Eliahu Inbal. En première partie, Verklärte Nacht, l’une de mes œuvres fétiches que j’ai eu la chance d’entendre deux fois dirigée par Karajan à Paris (en 1981 et 1988). Eliahu Inbal dirige les cordes de l’orchestre de la radio bavaroise de façon très attentionnée, très précise et, même si le son est un peu froid, c’est une interprétation d'une très grande tenue. Au passage un peu tragique où tous les violoncelles jouent ensemble, j’ai pensé à toi Alban Berg, tout en regrettant que le soliste de ce soir ne soit pas le très beau Sebastian Klinger qui, décidément, se fait rare dans son orchestre.
En deuxième partie, le Chant de la terre dont on fêtait il y a cinq jours le centième anniversaire de la création à Vienne. Dans Das Trinklied vom Jammer der Erde, Ben Heppner me fait un peu peur, tant il a du mal à déployer sa voix, quasiment inaudible dans la salle. Il faut d’ailleurs dire que nos places de balcon de côté ne sont pas les meilleures pour une œuvre vocale. Les choses s’amélioreront clairement dans ses deux autres Lieder. Le passage instrumental de Der Abschied était ce soir absolument extraordinaire, avec un orchestre suivant son chef avec une parfaite minutie. Christianne Stotijn était très émouvante dans ce dernier Lied, même si je le préfère chanté par une contralto plutôt que par une mezzo.
Un verre et un carpaccio dans un petit bar merveilleusement agréable et que m’a fait découvrir mon ami B. Barista dans la Kardinal-Faulhaber-straße.

18966ème jour

Istanbul

J’ai mal dormi car on m’a probablement refilé un vrai café à la Brasserie, et non un décaféiné.
Journée de travail à Silivri.
Déjeuner à ma grande surprise excellent dans le restaurant de la station service voisine.
Retour à Istanbul.
Je ne dîne pas et je réussis à rattraper mon retard dans ces pages en y travaillant jusqu’à deux heures du matin (lever prévu à cinq heures).

18965ème jour

Amsterdam Istanbul

Gros énervement à Schiphol quand je découvre que j’ai perdu un bouton d’épaulette de mon caban Firetrap.
Vol Turkish Airlines Amsterdam Istanbul.
Je loge pour la première fois au Ramada de Sisli et l’on me donne une suite avec un grand bureau totalement séparé de la chambre. J’en profite pour y recevoir mon avocat. Il est accompagné cette fois ci d’une jeune collègue turque au yeux magnifiques en amande dont j’ai beaucoup de mal à détourner le regard.
Ali me rejoint un peu plus tard à l’hôtel et m’emmène dîner à la brasserie de Nisantasi, le quartier chic d’Istanbul. Nous choisissons la même chose : une soupe à l’oignon (excellente) et un Bonfile Café de Paris (carrément) accompagné de frites. Comme nous sommes presque en territoire français, j’essaye sans succès d’inviter Ali.
Nous récupérons sa voiture au parking automatisé de Nisantasi, petite merveille de technologie (teknoloji en turc) où l’on dépose sa voiture avant que celle-ci ne soit emmenée par des robots dans les entrailles souterraines du parking.
Soirée calme à l’hôtel avec le Beethoven des Jüssen.

18964ème jour

James Blake au Paradiso

Pour la même raison que la veille, brouillard au dessus de City Airport, mon vol est retardé de nouveau de deux heures et j’arrive vers midi à Amsterdam ensoleillée et froide. J’achète pour S. un exemplaire de la Gran Partita par le Nederlands Blazer Ensemble, le disque Beethoven des étonnants frères Jussen en promo à 8 euros, j’avale un hareng nouveau (tant pis pour mon haleine de la journée), j’achète un jean gris 34/34 chez Scotch & Soda et je rentre travailler à l’hôtel.
Comme j’avais deux places pour le concert de James Blake et que je n’avais pas envie d’y aller seul, j’ai proposé la seconde à Marcel, un hollandais professeur de musique, blond comme les blés et très sympa, avec qui j’avais discuté la veille depuis Londres. Les français trouvent ça marrant qu’un hollandais puisse s’appeler Marcel, mais pourtant, c’est un prénom assez fréquent aux Pays-Bas.
Le concert de James Blake a lieu au Paradiso, ainsi nommé car construit dans une ancienne église, mélange de genre qui me met toujours mal à l’aise. C’est une grande nef carrée avec un balcon aux piliers métalliques et une charpente pointue hélas cachée par l’éclairage puissant. On arrive à la fin de la première partie, un black qui chante en s’accompagnant au violon ou plus tôt qui joue un premier thème au violon, puis un contrechant qui s’ajoute à l’enregistrement de la première voix et qui ensuite chante et joue le tout s’additionnant aux samples qui tournent en boucle. L’ensemble serait plutôt sympa mais le système audio est tellement médiocre que le résultat est finalement désagréable.
Fort heureusement, James Blake bénéficie du système audio principal qui est incroyablement performant avec des graves qui envahissent le corps et des aigus qui agressent les tympans comme des éclats de verre. La plupart des spectateurs ont des protections d’oreilles ce qui a vraiment tendance à m’inquiéter. James Blake est un jeune homme à la mode et il a su picorer ce qui est dans l’air du temps : un son électro très sophistiqué, de belles mélodies que sa voix retravaillée électroniquement met en valeur, et un côté minimal et répétitif qui fait parfois penser à Philip Glass. James Blake joue aussi devant un système de claviers et de pédales assez complexes, il se dandine sur sa propre musique, la mèche rousse savamment étudiée et il a l’air ravi de sa célébrité naissante et de faire plaisir à un public nombreux et conquis d’avance. L’écoute du disque, que j’ai adoré, est très différente de celle du concert, beaucoup plus impressionnant de par le son puissant qu’il dégage. Mais j’ai tellement peur de l’impact des expériences acoustiques extrêmes, que je ne suis pas sur que je renouvellerai, ou alors je porterai moi aussi des protections.
J’ai bu un verre avec Marcel à Boven de Balie et nous avons parlé français car, comme de nombreux hollandais, il parle très bien notre langue.

18963ème jour

Paris Londres

Le vol pour Londres (celui que j’aime, Orly-City) a deux heures de retard. Fort heureusement, j’ai beaucoup de marge avant mon rendez-vous client et j’ai même le temps de me balader autour de Covent Garden : Paul Smith, Jack Wills, Ted Baker bien sûr mais aussi AllSaints Spitalfields, une marque que je ne connaissais pas.
De retour à l’hôtel, je discute sur Grindr avec Alexis, un garçon à la mèche sexy et au sourire ravageur et qui, en plus adore le Troisième Concerto de Rachmaninov. Hélas, il n’est pas libre pour dîner et comme c’est une soirée très pauvre en concert à Londres, je dîne seul et je rentre à l’hôtel.

18962ème jour

LOL

Journée à ne pas faire grand-chose, juste à regarder deux films en bluray, La Défense Lincoln, histoire un peu tordue et assez oubliable et LOL, film léger mais tellement dans l’air du temps. Je me suis aussi tapé la corvée d’aller déposer ma voiture au parking du bureau et de revenir en bus car je vais partir en vadrouille pour cinq jours, partant d’Orly pour revenir à Roissy. LOL.

18961ème jour

Azouz

Je commence ma journée par une action vraiment agréable. Je rends à Numéricâble leur décodeur de m***. Les appels de leur abominable robot ont cessé et j’ai juste envie de ne plus rien à voir avec eux, de près ou de loin. Je déjeune avec Maxime (celui de la Huitième de Jansons à Amsterdam) et alors que nous prenons tranquillement notre steak tartare (avec pain Poilâne bien grillé), arrive Vincent Lindon qui rejoint des amis à la table voisine et s’assoit presque sur mes genoux sans s’excuser. Il restera ainsi, me tournant le dos, ses fesses contre mes cuisses, remuant, parlant fort, comme si le café était à lui. Il a autant de tics que lors de ses interviews à la télévision et j’ai du mal à imaginer que ceux-ci s’arrêtassent instantanément lorsqu’il joue.
Je suis allé à pied jusqu’à la Chaumière à Musique et rentré chez moi également à pied, par cette belle journée presque hivernale, froide et ensoleillée.
Dîner décidé à la dernière minute à Pizzetta piu grande avec mes filles pour une fois au grand complet, ainsi que E. et S. que je n’avais pas vu depuis fort longtemps.
Alors que j’arrive chez moi, je reçois un message de Azouz, un garçon avec qui je discute depuis quelque temps et qui me dit être complètement saoul après une soirée chez une amie et qu’il aimerait me voir. Comme c’est le genre de tentation à laquelle je ne saurais résister, à peine arrivé, je repars en voiture pour le récupérer place Daumesnil. Il arrive, élégant avec son manteau noir et une écharpe rouge et son air décidé. Il tient des propos plutôt cohérents malgré la quantité assez importante de champagne vodka qu’il a déjà ingurgitée. On va directement chez moi, je fais un feu de cheminée, et on s’installe devant sur les vieux coussins de velours fabriqués par ma mère et que je devrais songer à remplacer tant ils sont laids.
Après une bouteille de champagne et un pétard d’herbe clairement éventée, il m’embrasse soudain et nous laissons le feu se consumer tandis que nous assouvissons nos envies un rien sauvages sur mon lit.
Une heure plus tard, il me dit qu’il préfère rentrer et je le dépose à quatre heures du latin à l’angle de la rue de Sévigné et de la rue des Rosiers.

18960ème jour

Mélanie

Vu Je vais bien ne t'en fais pas le film de Philippe Lioret avec Mélanie Laurent dont je suis de plus en plus amoureux, en particulier de ses yeux innocents et de la courbe du profil de son nez.

18959ème jour

Gros Câlin

Troisième jour de bagne. Le matin, j’emmène un client roumain à Roissy pour qu’il prenne son avion pour Bucharest. Il est vraiment énorme, à vue d’œil dans les cent cinquante kilos et a du mal à s’encastrer dans ma voiture. Comme il s’appelle Calin (c’est un nom de famille très courant en Roumanie), j’affiche sur mon iPhone la couverture du Gros Câlin de Romain Gary et je le fais passer à mon collègue à l’arrière de la voiture. Nous nous promettons de le lui offrir lors de notre prochaine venue à Bucarest.

18958ème jour

Bagne II

Deuxième jour de bagne. Le soir, nouvelle soirée, cette fois-ci au Musée Baccarat, le très bel hôtel particulier de la famille de Noailles, habillé par Philippe Starck de façon tellement voyante que l’endroit ressemble désormais à une tartine de nutella trempée dans du chocolat chaud.

18957ème jour

Bagne I

Premier jour de mon bagne annuel au Parc des expositions de Villepinte. Bruit épouvantable et agenda blindé pour trois jours. Le soir, délicieuses huîtres et très bon carpaccio de coquilles saint jacques au café Burlot, un endroit breton près des Champs-Elysées que je ne connaissais pas.

18956ème jour

Sulky day

Il y a un an j’écrivais : « Je récupère l’un de mes clients en bas de chez lui dans le 17ème. Nous partons ensemble vers Chantilly en écoutant la toccata par David Fray, mon disque fétiche du moment. Retour le soir tard toujours avec Bach et David Fray. »
Aujourd’hui, c’était un agenda similaire en tous points sauf que nous avons écouté l’ouverture des Maîtres Chanteurs. Il y a eu également cette visite du Château de Chantilly, toujours aussi tristounette, et au cours de laquelle j’ai appris que bouder se dit en anglais to sulk (d’où le sulky, que l’on conduit seul; en revanche, un sulky en anglais ne se dit pas du tout sulky).

18955ème jour

Drive

Comme j’ai réalimenté l’iPod d’Alban Berg avec quelques nouveautés dont les concertos de Medtner, je dois le lui restituer et de fait, je l’accompagne jusqu’à Orly pour qu’il prenne son avion.
Je passe la journée à ne pas faire grand-chose. J’achète juste au Virgin le CD de la bande originale du film Drive, que j’avais trouvée très réussie, en particulier le titre Night Call du groupe Kavinsky.

18954ème jour

Vienne Paris

Les avions de la compagnie de Nikki Lauda sont vraiment un peu ridicules avec leur grosse mouche sur le fuselage mais ils sont rarement pleins et presque toujours à l’heure. Arrivé à Roissy, j’ai pris un taxi afin de récupérer ma voiture que j’avais laissée gare du Nord cinq jours plus tôt. J’ai fait des courses, ce qui m’a rappelé que je n’organise pas assez souvent de dîner chez moi. Une salade d’endive et de noix, une côte de bœuf accompagnée de rattes de Noirmoutier, un demi Saint Nectaire et une belle grappe de raisin muscat, tel est le menu que j’ai préparé pour Edouard. Il arrive en retard, on doit inverser la salade et la côte de bœuf afin de ne pas manger celle-ci calcinée mais tout va bien, c’est amusant de faire la dînette ensemble.
Dans l’après-midi, ma plus jeune fille vient chez moi, on regarde 127 heures le film que je n’avais pas eu très envie de voir lors de sa sortie en salles. Comme je l’imaginais, le film n’apporte pas grand-chose dans la mesure où l’on en connaît l’histoire à l’avance, à part peut-être la scène un peu gore du sectionnement du bras.
Le soir Alban Berg passe avec un ami pianiste pour boire un verre. Je découvre avec étonnement que ce dernier a été l’invité de Passion Classique d'Olivier Bellamy et que je crois même avoir écouté en février des extraits de l’émission alors que je rentrais du travail en voiture. Hélas, celle-ci n’est plus disponible dans les archives de Radio Classique.
Chouette! un nouveau pianiste parmi mes amis facebook.

18953ème jour

Brahms et Rachmaninov par Rudolph Buchbinder, Mariss Jansons et les Wiener Philharmoniker au Musikverein

Lever très matinal à Istanbul en ce 11/11/11, vers 4h30, heure de Paris. A peine arrivé à Vienne, je dépose ma valise au NH de l’aéroport et je pars en taxi dans le centre pour deux rendez-vous de travail.
Après un déjeuner au café Schwarzenberg et une promenade dans le centre par un froid sibérien, je rentre à l’hôtel pour dormir une heure et être en forme pour le concert.
Le rang six de la galerie du Musikverein a pour particularité d’être composé des dix sept places les plus hautes, tout au fond de la Goldensaal. La place 9 du rang 6 de la galerie a pour particularité de n’être ni Rechts ni Links mais d’être exactement au centre. C’est la première fois que je me retrouve en hauteur au Musikverein et il faut bien admettre que l’acoustique y est épouvantable. Autant j’adore être en bas, autant ici, le son est cotonneux et terriblement réverbéré. Je me dis que là est peut être la raison des mauvaises expériences de Paris Broadway dans cette salle, car ce soir et à cet endroit, malgré la grande réputation de l’acoustique du Musikverein, le son est en effet un son de caverne. C’est dans ces piètres conditions que j’ai entendu le Premier Concerto de Brahms, celui que j’ai tant aimé pendant mon adolescence avec ce soir Rudolph Buchbinder au piano. Jansons et lui démarrent le concerto dans une atmosphère chambriste, il me semble que l’interprétation de ce soir est très belle mais comment vraiment apprécier le concert dans ces conditions ? J’en parle à l’entracte avec ma voisine qui a de fait revendu la place que j’occupe, son amie de concert étant malade. J’hésite à rester pour la seconde partie et en fait j’aurais du partir, n’ayant jamais un grand fanatique des Danses symphoniques de Rachmaninov, œuvre bourrée de facilités dont le thème du premier mouvement me donne des boutons. Assis un peu plus bas, la qualité de l’interprétation et l’orchestration m’auraient sans doute intéressé, mais d’ici, je n’arrive aucunement à entrer dans ce qu’il faut bien appeler une mauvaise musique de film indigne de Rachmaninov.
Je traverse le de nouveau le centre ville dans la nuit froide, jusqu’à la Schwedenplatz où je prends mon bus pour l’aéroport. Mon vol du lendemain étant à six heures, j’ai décidé d’y dormir.

18952ème jour

Istanbul

Le 10 novembre 1938 à 9h05 mourrait Ataturk, le père de la Turquie moderne. Depuis ce jour, tous les 10 novembre à 9h05, une minute de silence a lieu en Turquie. Le trafic s’arrête, les conducteurs sortent de leur voiture et se tiennent debout pendant une minute, si possible en fixant un drapeau turc. Ce matin, alors que nous filions vers Silivri, sur l’autoroute, à 9h05, la radio a diffusé une musique solennelle et malgré l’interdiction de s’arrêter sur l’autoroute, de nombreux véhicules se sont mis sur la bande d’arrêt d’urgence avec les warnings et les conducteurs et passagers se sont tenus debout quelques instants, l’air grave.
Ce soir, merveilleux dîner au restaurant Konyali de Kanyon avec une formidable Ayva Tartlese.

18951ème jour

Bruxelles Istanbul ou Pourquoi je hais Numéricâble

Après des réunions de travail et un déjeuner à La Luna, je file à Zaventem. Alors que j’attends mon vol, je passe au moins une demi-heure à m’énerver au téléphone avec les services de Numéricâble. En effet depuis deux semaines que j’ai résilié mon abonnement à Numéricâble, je reçois huit appels par jour du 0486121110 (quatre salves quotidiennes de deux appels). Si je décroche, rien, le silence. Si je rappelle, je tombe sur une enquête de satisfaction de Numéricâble. Il existe donc quelque part en France un responsable du marketing assez stupide pour penser que le harcèlement des abonnés en cours de résiliation peut conduire ceux-ci à reconsidérer leur décision. Si par hasard et par la grâce de Google et des mots clés Numéricâble et Résiliation, celui-ci me lit un jour, qu’il veuille bien noter mon mépris le plus profond pour son incompétence et son imbécillité. Je fais ici le serment de ne jamais plus donner un euro à toute société qui pourrait avoir dans ses filiales ou dans sa maison mère la société la plus nulle au monde en matière de gestion de client. J’ai cité Numéricâble.
Après vingt minutes au téléphone avec une personne avec laquelle j’ai fait tout mon possible pour rester calme, celle-ci m’a indiqué avoir supprimé mon numéro de portable du fichier. Alors que j’embarquais dans le vol Turkish Airlines pour Istanbul, je recevais une nouvelle salve de deux appels du numéro maudit.

18950ème jour

Paris Bruxelles

En fin de journée, je pars en TGV (et bizarrement pas en Thalys) pour Bruxelles où ma fille m’attend. C’est la première fois que nous nous retrouvons depuis son installation à Bruxelles et, à sa demande, nous dégustons les merveilleuses moules frites des Armes de Bruxelles, à la table de Jacques Brel où, bizarrement, on m’installe, à chacune de mes visites.

18949ème jour

Lana del Rey au Nouveau Casino

Le matin, en arrivant au bureau je m’amuse et m’énerve à la fois de la prononciation des noms de compositeurs par l’insupportable Eve Ruggieri avec son Georges Friedriche Hundelle et son France Lits.
En fin d’après midi, je réponds à une convocation de police pour un excès de vitesse aux Pays Bas dix huit mois plus tôt et le récupère enfin ma freebox qui m’attend depuis plus d’une semaine. Une nouvelle fois, je suis impressionné par le professionnalisme de free dans l’intelligence de ses produits.
Le soir, je retrouve Fabio au Nouveau Casino pour le premier concert en France de la nouvelle égérie vocale du web, Lana del Rey. Comme d’habitude au Nouveau Casino, le concert, pourtant annoncé à 19h00 sur le site web, ne démarre qu’à vingt et une heures. Le mépris des horaires de la plupart des salles dites branchées, mépris sans doute du à la volonté de faire tourner le bar, est absolument insupportable. Avec Fabio, nous en profitons pour dîner en face et lorsque nous arrivons un peu avant neuf heures, la salle est bondée, le public étant furieux de la chaleur et de l’attente debout. Lana del Rey, fait son apparition, petite poupée Barbie intimidée à la longue chevelure impeccable. Elle nous balance huit chansons en une demi-heure et pour cause, elle n’en a que huit à son répertoire. Au dessus d’elle, sont projetées sur trois grands ballons blancs des images glamour de l’Amérique des années cinquante. Lana del Rey a de bonnes chansons, bien dans l’air du temps, elle a aussi une jolie voix à la tessiture très étendue qui descend souvent dans un beau contralto. Pourtant, quelque chose me gène en l’écoutant, sans doute l’impression d’avoir cédé à la tentation d’un produit marketing un peu trop parfait. Lana del Rey a 24 ans, elle est belle, elle a donné il y a deux mois à New York le premier concert de sa vie et il est évident que je l’ai vue ce soir à l’orée d’une longue et belle carrière.

18948ème jour

Berlin Paris

A peine revenu de Berlin, je rejoins HL chez lui pour une brève promenade avec lui au parc Monceau. De nombreux passants nous arrêtent pour connaître la race de son chien qui intrigue. Je taquine HL en lui demandant si la raison pour laquelle il a toujours eu chien ne résiderait pas dans cette facilité à draguer les autres maîtres lors des promenades quotidiennes.
Nous faisons aussi quelques plans de voyages, à Milan en janvier pour la présentation de son livre en italien à la Scala et en octobre pour le grand retour de Claudio Abbado à la Scala avec la Sixième, mais aussi pour la Huitième du même Claudio Abbado en août à Lucerne.

18947ème jour

La Neuvième Symphonie par les Berliner Philharmoniker et Simon Rattle

Lorsque j’étais adolescent, l’idée même d’aller de Prague à Berlin en train m’aurait excité au plus haut point. Aujourd’hui, bien sûr, la quantité de voyages effectués aurait tendance à banaliser une telle perspective. Et pourtant ce matin, en entrant dans la gare centrale de Prague, les boutiques gentiment ringardes, les messages en tchèque, le petit carillon les annonçant (sur la musique des premières notes de Ma Vlast de Smetana), l’atmosphère même de la gare, mettaient mon cœur en joie malgré l’heure matinale. Je ne pouvais non plus m’empêcher de penser que Mahler est souvent venu dans cette gare, lorsqu’il dirigeait à Prague ou même sans doute lorsqu’il se rendait à Berlin depuis Vienne. La gare ancienne est maintenant presque totalement cachée par un grand hall moderne et fonctionnel mais, lorsque l’on prend le couloir qui mène aux quais, si l’on y prête attention, on passe sous l’ancien dôme art nouveau de la gare, dans un état miséreux.
Le train Johannès Brahms (!) qui va de Prague à Berlin en un peu moins de cinq heures a un itinéraire fort simple : il longe les cours sinueux de la Moldau, puis de l’Elbe et la vue est souvent fort belle jusqu’à Dresde. Il passe aussi à deux pas de Terezin et une rapide recherche Google m’a appris qu’en plus du supplice de Pavel Haas, Hans Krasa et Viktor Ullmann, Robert Desnos y est également mort du typhus peu après la libération du camp ; et que Karel Ancerl y a lui aussi été détenu avant d’être transféré à Auschwitz dont il a miraculeusement réchappé (sa femme et son fils y ont été gazés). En passant près de ce lieu tragique, j’ai fait le serment de m’y rendre un jour en pèlerinage.
Je suis arrivé à Berlin Hauptbahnhof à 13h15, et par les miracles de la qualité du réseau de métro de Berlin, un quart d’heure plus tard, j’ai déposé ma valise au NH de la Leipzigerstraße. Déjeuner tardif au café Einstein, shopping chez Saturn et chez Düssmann.
A 19 heures je me rends à la Philharmonie pour l’avant dernier étape de mon long cycle Mahler avec ce soir la Neuvième Symphonie. Comme d’habitude, Rattle a choisi une première partie et ce soir c’est Tableau, une œuvre d'Helmut Lachenmann des années 80. Beaucoup de bruit, de percussions, l’orchestre est bien sûr extraordinaire mais honnêtement, je me demande bien quel est l’intérêt d’une telle œuvre. Le public a l’air de s’ennuyer ferme et je me demande combien parmi les musiciens se sentent heureux de jouer ceci. Le compositeur, septuagénaire, vient saluer, visiblement heureux que l’on ait exhumé son œuvre. Puis c’est la Neuvième, une spécialité de l’orchestre Philharmonique de Berlin, depuis les enregistrements mythiques de Bernstein (1979), Karajan (1980) et Abbado (1999). Le son est superlatif, absolument extraordinaire, d’unité, de consistance et de beauté. Les solos sont inimaginables et l’on se doit de citer le premier violon solo, Guy Braunstein, le premier violoncelle solo Ludwig Quandt, le cor Stefan Dohr qui m’avait déjà ébloui dans la Cinquième. Pourtant, j’ai eu un peu de mal à entrer dans l’œuvre, sans que je ne sache vraiment pourquoi, peut-être la fatigue, peut-être le souvenir encore vivace de deux concerts de Claudio Abbado avec l’orchestre du Festival de Lucerne l’an passé.

18946ème jour

La Première Symphonie et les Lieder eines fahrenden Gesellen avec Eliahu Inbal et Christoph Prégardien au Rudolfinum

Il y avait une odeur de chou un peu dégoutante dans l’aéroport de Varsovie et j’ai trimballé ma valise en tout sens avant de découvrir enfin le Lounge Skyteam, très minable. Le temps d’y boire un verre de jus de pomme et je suis parti pour prendre le vol très court (moins d’une heure) de Czech Airlines pour Prague.
A peine arrivé, j’ai posé mon bagage à l’Hôtel Central, je suis passé voir mon disquaire préféré Bonton, je suis allé déjeuner à mon cher café Savoy (comme d’habitude, un foie gras poêlé et une Wienerschnitzel), je me suis baladé jusqu’à Malastrana et je suis rentré à pied à l’hôtel par le Pont Charles. Près de la vieille place, j’ai trouvé enfin le cinquième volume des quatuors de Dvorak par le Stamitz Quartett que je cherchais depuis plusieurs années.
Le soir, je me suis rendu au Rudolfinum pour l’un des derniers concerts de l’année Mahler. Ce soir, j’entendais pour la première fois Christoph Prégardien qui chantait les Lieder eines fahrenden Gesellen. Superbe interprétation du ténor allemand qui insistait sur le côté Wanderer malheureux du personnage. Très beau timbre et diction évidemment parfaite. Accompagnement merveilleusement inspiré d’Eliahu Inbal qui connaît ces Lieder intimement et, croyez moi ou non, j’y ai encore découvert des de multiples détails d’orchestration absolument sublimes. En seconde partie, la Première Symphonie qui clôt le cycle d’Eliahu Inbal à Prague et dont j’espère vraiment qu’elle fera l’objet d’un enregistrement. Tout était parfait, la poésie de la pédale de la du début, les fanfares venant des coulisses, la vigueur du Ländler du second mouvement (enchaîné avec le premier), le solo grotesque de contrebasse et la fête juive du troisième mouvement, et les cataclysmes du dernier mouvement qui s’est achevé triomphalement avec l’ensemble des cors debout, jouant à tue tête devant un public en délire.
Eliahu Inbal, Christoph Prégardien et la Philharmonie tchèque seront à Athènes le week end prochain pour le même programme et j’ai songé à bousculer mon agenda pour pouvoir rééditer cette merveilleuse soirée.

18945ème jour

Où j'ai toujours autant de mal à me rendre à Varsovie

A sept heures, le vol pour Varsovie décolle de Zurich. En raison de la cohue de tous les passagers qui n’ont pas réussi à voyager la veille, la Swiss a mobilisé un avion plus grand que prévu initialement. Mon collègue et moi sommes au dernier rang de l’avion pour être tranquilles pour travailler. Deux heures plus tard, le commandant nous annonce qu’en raison du brouillard, nous n’avons pas l’autorisation d’atterrir et que nous allons faire des boucles au dessus de Varsovie. Une demi-heure se passe ainsi et nous tentons enfin d’atterrir mais, alors que nous sommes tout près du sol, le pilote remet les gaz subitement et nous repartons vers les airs, contreordre de dernière minute. Nous tournons de nouveau autour de Varsovie et comme le niveau de carburant devient limite, nous sommes finalement détournés vers Katowice pour faire le plein. Deux heures d’attente supplémentaires, pendant lesquelles je fais mes réunions par téléphone depuis l’avion. Nous arrivons pour finir à l’aéroport de Varsovie vers midi trente. Si je tiens compte du fait que la dernière fois, mon vol pour Varsovie avait été annulé, je dois en déduire que cette destination est maudite.
Le soir, dîner avec des clients dans un restaurant prétentieux.

18944ème jour

Paris Zurich

On se lève tôt, on prend un petit déjeuner en bas de chez moi et je dépose Edouard au train de huit heures gare du Nord avant de partir à Roissy pour attraper le vol de Zurich de 9h45. En arrivant à l’aéroport j’apprends que mon vol Zurich Varsovie du soir est annulé en raison de l’atterrissage ventral d’un avion de la LOT, la veille à Varsovie. La piste n’est toujours pas dégagée et personne ne sait vraiment quand l’aéroport Frédéric Chopin rouvrira.
Dans le vol pour Zurich, mon voisin immédiat qui part pour Los Angeles, porte le même nom de famille que moi et, lorsque je lui montre ma carte d’embarquement, il sourit. Après ma journée de travail à Zurich, je trouve une place sur le vol Zurich Varsovie de sept heures le lendemain et je dors au NH de l’aéroport de Zurich.

18943ème jour

Edouard II

Il y a quelques années, Michael m’avait convaincu que la bonne manière d’acheter des chaussettes était d’en prendre une bonne trentaine de paires toutes identiques et ainsi de ne plus avoir à s’occuper des laborieux mariages post-lavage ; et puis de tout jeter et de recommencer si d’aventure on ne trouve plus le même modèle. A la même époque j’avais découvert les chaussettes Topeco à Stockholm et je m’étais réapprovisionné à l’occasion de mes fréquents passages en Suède. Je ne vais plus en Suède et je commençais à me demander quel serait mon modèle des années 2010 lorsque ce matin, sans doute encouragé par l’achat de mon Firetrap, je découvre que les chaussettes Topeco sont en vente sur le net. J’en commande une bonne quantité.
Alors que je rebavarde avec Edouard, il propose que nous nous rencontrions le jour même et, après avoir hésité entre celui de nous deux qui ferait le déplacement, il choisit de venir me voir et de passer la nuit chez moi. Je le trouve un peu gonflé de passer la nuit si directement chez un inconnu mais je joue le jeu et à huit heures, je vais le chercher gare du Nord. On passe boire un verre chez moi, on va dîner chez Galopin, on va acheter du bois à la station service de la porte Maillot et on passe la soirée chez moi, devant un feu de bois. Pas de champagne, car Edouard qui s’avère être vraiment très charmant, ne boit pas d’alcool. On passe la nuit ensemble, dans mon lit, très sagement en cuiller même si, à plusieurs reprises, j’aurai un peu de mal à cacher mon émoi.
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