18151ème jour

Bouderie

Journée pleine de réunions ennuyeuses. Le soir je lui propose de l’accompagner le lendemain à Asnières comme prévu. Il refuse poliment en prétextant avoir trouvé une autre solution

18150ème jour

La vingt et unième

Alors que je lis Nickel Chrome de Hervé Claude à la terrasse du café Beaubourg, G. me rejoint. C’est la première fois que nous y prenons un repas ensemble. Il y a pourtant lui aussi ses habitudes et serre la main du garçon qui le reconnaît. Nous marchons dans le Marais, visitons quelques boutiques. Je lui montre le petit jardin Francs-Bourgeois Rosiers que j’ai découvert le week-end précédent. Je le raccompagne en bas de chez lui et je regarde longtemps sa silhouette élégante qui s’éloigne dans la rue des Lions Saint Paul, jusqu’à ce qu’elle disparaisse dans l’embrasure de la porte.
Le soir, tard, il m’informe qu’il restera encore un peu chez son ex alors que celui-ci rentre le lendemain matin. Je sur réagis et nous nous quittons sur une froideur mutuelle.
[22:47] G. Tu es donc uniquement adorable avec moi dans la mesure où tu penses que quelque chose est possible.

18149ème jour

Vezelay

Après avoir visité Gibert et la Chaumière à Musique, je déjeune avec Alban Berg qui repart pour Barcelone le soir même.
[12:32] G. T'es fâché ou au resto?
On retrouve G. à Saint Lazare et on part tous les trois à Asnières déposer Alban Berg rue Casimir d’où il doit partir à Orly prendre son avion.
Puis G. et moi partons décapotés en direction du Sud. Je suis heureux, j’ai l’impression que ce sont nos premières vacances. Un peu après Auxerre, nous bifurquons sur une belle route de Bourgogne et une trentaine de kilomètres plus loin apparaît au détour d’un virage, la si belle silhouette de Vezelay. Alors que nous nous garons, je réalise que près de deux heures de route nous séparent du Lièvre Gourmand et je dois donc annuler ma réservation. Ensemble, nous montons la rue principale de Vezelay, nous visitons la basilique, nous prenons notre première photo à deux devant la vue sur le paysage si doux, nous admirons le vol des Moro-sphynx (qu’enfant avec mon frère nous surnommions les troglodytes pompe) qui butinent des arbustes en fleurs et nous allons dîner. Le service est un peu gauche, la nourriture juste correcte le vin d’Irancy délicieux. On a un peu trop bu tous les deux et on se couche côte à côte en plein milieu de la rue principale pour admirer le ciel.
Nous repartons. On s’arrête en pleine nuit dans un champ pour regarder de nouveau le ciel étoilé mais force est de constater qu’il est impossible de trouver en France un lieu loin de toute lumière. Un peu plus loin nous devons de nouveau nous arrêter : G. rend son foie gras dans le fossé. Je me tiens près de lui pour le réconforter. Des véhicules s’arrêtent pour nous demander si tout va bien. Nous repartons en direction de Paris et je laisse G. à Saint Paul après l’avoir serré une dernière fois dans mes bras.

18148ème jour

Peu

Journée ennuyeuse ponctuée par un déjeuner avec un client réunionnais prétentieux. Souvent dans la journée, je sens ma pochette bleue que la veille, G. a copieusement aspergée de son parfum Marc Jacobs.
Le soir, je suis trop fatigué pour rejoindre Alban Berg dans le centre de Paris et une fois n’est pas coutume, je me couche tôt.
[13:29] G. Je te remercie pour hier soir, Isami, Delhi, les tomates et ces mots gentils. je t'embrasse.
[14:07] V. Tu es mon Nourson merveilleux. J'ai passé une soirée parfaite.
[13:29] G. T'es fâché ou dans l'avion?

18147ème jour

Isami

[15:59] G. Crois-moi j'ai essayé de reflechir a un truc a faire ce week end mais absolument rien n'est venu, je crois que c'est parce que je n'ai pas vraiment la tête a faire quoi que ce soit. Ce soir j'aurais une tenue que tu as déjà vue, je te préviens juste pour qu'il n'y ait pas l'illusion d'une découverte et parce que pour moi, la vie est un théâtre.
[16:05] G. Tu es gentil, alors je te donne toute ma confiance.
[16:33] G. Fâché ou dans l'avion?
[16:38] V. T'es fâché ou dans le métro?
Comme deux jours plus tôt alors que je rentrais de Stockholm, je file dès mon arrivée à Roissy en direction de Saint Paul et nous allons à Isami où j’ai réservé une table à 21h30. C’est important pour nous Isami car c’est l’un de nos restaurants préférés à Paris, celui aussi où nous nous rendions séparément avant de nous connaître. Avant d’entrer, G. regarde la Seine et Notre Dame depuis le Pont de la Tournelle et je prends en photo son superbe profil dans la nuit bleutée. Dans le restaurant, il parle japonais avec la patronne et la discussion semble épanouir le masque habituellement fermé de celle-ci. Pendant le dîner, je propose à G. de venir à Delhi deux semaines plus tard et de découvrir avec moi le Taj Mahal. Fidèle à son habitude, il ne répond pas. On passe quelques instants chez moi, on regarde ensemble le clip de Tu es foutu de Lamur qui nous fait rire et dans la foulée, je lui fais découvrir Mange des tomates mon amour. Je le dépose comme d’habitude à Saint Paul dans la nuit.

18146ème jour

Paris Vienne

Après avoir dormi seulement deux heures je prends le vol pour Vienne. Le soir, après un dîner au café Landtmann où j’étais allé avec HLG voila quelques années, je rentre à l’hôtel où je passe une heure au téléphone avec G. qui ne va pas bien. J’ai sommeil, j’ai plus l’impression de l’écouter que de l’aider mais c’est peut être ce dont il a besoin. Je m’endors épuisé vers une heure du matin.

18145ème jour

Je me souviens

Après ma journée de travail à Stockholm, j’achète un bracelet de petits coquillages pour G. et je prends le dernier vol pour Paris. A 22h45 je le récupère en bas de chez lui pour boire un verre chez moi. Avant d’aller prendre ma douche, je lui remets la lettre suivante écrite dans l’avion.

Je me souviens des rimes en ate, des omoplates de Socrate et du psychopathe prognathe, je me souviens que le soleil tombait sur tes grands yeux lorsque tu m’as rejoins au métro Saint Paul, je me souviens de t’avoir serré la main ce premier jour, je me souviens que c’était un 26, je me souviens que la deuxième tournée de Martini valait un euro de plus que la première, je me souviens de la plaque indiquant l’atelier de Camille Claudel sur le quai Bourbon, je me souviens de la haute colonne intérieure de l’Hôtel, rue des Beaux Arts, là où est mort Oscar Wilde, je me souviens de la place Fürstemberg, je me souviens de l’écho lorsque nous frappions dans nos mains sous la coupole proche du théâtre Edouard VII, je me souviens que tu étais bronzé quand je suis venu te chercher gare de Lyon, je me souviens être longtemps resté étendu au soleil à tes côtés sur une ancienne piste de départ de parapente au dessus de Talloires, je me souviens que tu m’as raconté des souvenirs d’enfance sur un chemin aujourd’hui sans issue, le long du lac, je me souviens de tes boutons de manchette, de tes sweat shirts A&F, de tes innombrables bracelets et de Tony Truant, je me souviens de tes chaussettes à rayures noires et blanches, je me souviens t’avoir longuement et gravement parlé au téléphone avant le Crépuscule des Dieux, je me souviens que tu pleurais au téléphone et que je tentais de te consoler, je me souviens que j’étais heureux quand tu riais, je me souviens que j’aimais te souhaiter une bonne nuit, je me souviens de ton sourire et de celui de Rébecca, je me souviens d’Island et des Inglorious Basterds, je me souviens d’avoir cessé de t’appeler Chaton car tu préférais Nourson, je me souviens du feu d’artifice qui se préparait sur la jetée du port de Bandol, je me souviens que tu avais ta main dans la mienne alors que je conduisais et que nous écoutions May be I’ll go de Lene Marlin, je me souviens que je passais les vitesses de la main gauche, je me souviens que tu regardais le ciel nocturne et ses trop rares étoiles alors que nous roulions dans Paris, je me souviens que tu m’as embrassé et que je t’ai embrassé à l’angle de la rue Prévot et de la rue Charlemagne, je me souviens de la racaille à qui tu demandais du feu et qui voulait savoir si tu cherchais du sexe, je me souviens que tu m’as terriblement manqué lorsque j’étais à Londres, à Bucarest, à Nice et à Sofia, à Edimbourg, à Barcelone, à Stockholm et à Istanbul, je me souviens du petit ours anglais dont la tête dépassait de ton sac a bandouillère, je me souviens du poisson vénéto-thaïlandais qui est maintenant à toi alors que son frère jumeau décore toujours mon bureau, je me souviens de Daisuki desu et de Watashi mo, je me souviens des cervelles d’agneau que tu aimais enfant, je me souviens du Louis 2 et du Café Baci, je me souviens de l’Hôtel Costes et du Dôme de Villiers, je me souviens des Fables de La Fontaine et de La Grande Armée, je me souviens d’Erik, de Karl, de Swann et de Vincent, je me souviens de l’Auberge du Port et de celle de Savoie, je me souviens d’un message secret caché dans un origami bleu de ciel et d’une pochette assortie cachée dans une boîte orange, je me souviens de l’Adagio pour cordes de Barber et de ses avatars électro-japonais, je me souviens de t’avoir lu Le fait du prince sur ton lit à Lyon, je me souviens que nous lisions Ni d’Eve ni d’Adam au même instant, toi à Paris et moi à Londres, je me souviens du Garçon d’Italie, je me souviens avoir dormi quelques instants dans ton appartement avant de reprendre la route hypnotique...
Je me souviens du soir où notre amitié avait soixante jours,
Je me souviens que c’était un 26 et que j’étais chez moi à Paris, une nuit avant de partir à Vienne,
Je me souviens que ce soir là, pendant que tu lisais cette lettre, je prenais une douche mais je pensais à tes yeux et ton sourire.
Je me souviens que ce soir là, j’avais l’impression de te connaître depuis toujours.
Je me souviens que ce soir là, j’avais envie d’être ton ami pour toujours.

V.

18144ème jour

Paris Stockholm

Je prends le vol du soir pour Stockholm. A l’aéroport j’achète le dernier Amélie Nothomb Le voyage d’hiver dont je dépose le premier chapitre sur la messagerie vocale de G. Ce passage n'est pas forcément agréable à lire lorsque l’on s’apprête à prendre l’avion. J’arrive à l’aéroport de Stockholm avant de prendre mon cher et économique Arlanda Express et de retrouver le Nordic Light et l’alimentation électrique d’ordinateur que j’avais oublié en juin.

18143ème jour

Réconciliation

G. a mal à la tête, on ne peut toujours pas se voir et j’annule la réservation que j’avais faite au Lièvre Gourmand. Je retourne au jardin Francs-Bourgeois Rosiers pour profiter des derniers rayons du soleil d’été. Puis je vais voir Public Enemies avec Johnny Depp et Marion Cotillard, qui me laisse le souvenir d’un souvenir bien réalisé, sans défaut apparent mais ennuyeux. Pendant le film, j’échange quelques SMS avec G. et nous convenons de nous retrouver chez moi pour ce que j’espère être une réconciliation.
C’est ce qui se produira. J’ai l’impression que la si belle confiance qui nous réunit est revenue à son meilleur niveau. Il me demande d'où viennent les deux poissons qui se font face sur mon bureau. Je lui explique que je les ai achetés à Venise le jour de notre rencontre, que l'un des deux est à son attention et je le lui offre. Nous passons un beau moment à nous embrasser tendrement dans l’entrée de mon appartement, avant que je ne le raccompagne à Saint Paul.
[01:39] V. J'étais heureux de te retrouver. J'emporterai le souvenir de tes grands yeux à Stockholm

18142ème jour

Prise de tête

J’avais pensé initialement passer ce week-end à Stockholm, puis j’avais décidé de rester à Paris pour passer le maximum de temps avec G. Il est en pique nique avec des amis aux Buttes Chaumont et je l’attends. Je prends un verre au café Beaubourg avec Stefano de passage à Paris et je passe une partie de l’après-midi au soleil dans le jardin Francs-Bourgeois Rosiers que je ne connaissais pas et où je finis Raffles Hotel de Ryu Murakami. On se prend la tête avec G. car j’aurais préféré le voir plus longtemps que ce qu’il m’accorde et au final, on ne se voit pas. Il y a de la tension dans l’air.

18141ème jour

Rien

Journée dédiée au travail, dont je ne garde guère de souvenir si ce n’est celui d’être arrivé très tôt au bureau et d’en être reparti très tard. Et de ressentir le sentiment de manque de ne pas avoir vu G.

18140ème jour

Les chaussettes

G. est heureux, il a reçu son iPhone et passe sa journée à jouer avec et m’envoie même un SMS en japonais. Le soir, nous nous retrouvons chez moi avant d’aller pour la première fois au cinéma ensemble. G. a choisi Inglorious Basterds qui me déçoit cruellement à part l’étonnante prestation de l’autrichien Christoph Waltz. Mais l’événement de la journée, ce sont les grandes chaussettes de G. que je ne suis pas prêt d’oublier et qui ont fasciné tous les passants que nous avons rencontrés.

18139ème jour

Pas d'Isami

Isami étant fermé, nous allons dîner à l’Hôtel Costes que G. découvre. Nous commençons une habitude qui pourrait s’appeler le jeu des révélations qui consiste à demander à l’autre un détail sur sa vie, avant d’inverser les rôles. Je devine ou j’espère que ce jeu n’a pas fini de nous occuper. On repasse chez moi boire un dernier verre avant que je ne dépose G. à Saint Paul et avant un dernier jeu.
[00:26] V. Bonne nuit petit Nourson. Tu n'est pas seul car tu es dans mon coeur. (k)
[01:46] G. Tu es aussi dans le mien. Bisou.

18138ème jour

Londres et cidre

Retour à Londres où j’étais trente six heures auparavant, juste pour une journée de travail suivi d’un Fish & Chip avec un client très sympathique. Le soir, je retrouve Alban Berg qui rentre d’une tournée en Argentine. Au cours de la discussion, nous découvrons qu'au cours de Master classes à Orviedo, il a récemment rencontré Alejandro. Nous sifflons une bouteille de cidre et écoutons un Finale de la Troisième de Mahler.

18137ème jour

Fromage et dessert

Nous continuons à rattraper le temps passé séparément. Déjeuner ensemble à la terrasse de la Grande Armée. Dîner ensemble à celle du Dôme de Villers. Puis nous regardons ensemble Island en DVD, toi assis dans l’un de mes fauteuils, moi assis sur un coussin à tes pieds, ma tête contre ta cuisse et pour rien au monde je n’aurais donné ma place.

18136ème jour

Retour et retrouvailles

Nous allons à pied depuis l’hôtel jusqu’à Gloucester Road. Après tous ces jours sous la pluie écossaise, cela fait du bien de profiter du soleil londonien. Nous traversons Hyde Park de part en part pour nous rendre à Bibendum House que je souhaite montrer à mes filles. Puis nous dînons à la Bombay Brasserie que j’ai plaisir à faire découvrir à mes filles après y être allé avec V. dans les années 80, avec mes parents dans les années 90, et avec P. dans les années 2000. Le dimanche est organisé un buffet absolument merveilleux et l’endroit est rempli de familles indiennes qui viennent au grand complet passer un moment ensemble. L’après-midi, nous retournons à Hyde Park au soleil avant de prendre le dernier Eurostar pour Paris.
Mais le bonheur de cette journée était de te retrouver aux environs de minuit, de te serrer dans mes bras et de t’embrasser pour rattraper le temps passé sans toi.
[01:39] V. Merci d'être passé. Tu me rends tellement heureux. (k)
[01:46] G. T'as pas à me dire merci. Je t'embrasse et j'ai hâte d'être à demain. Bonne nuit.

18135ème jour

Retour à Londres

Nous nous sommes levés de nouveau aux aurores pour prendre l’avion qui nous ramenait à Londres. Les bagages déposés à l'hôtel, nous avons parcouru Portobello Road avec un petit stop à Rough Trade, qui m'a un peu déçu, par rapport à mon ancienne visite. Nous avons passé le reste de la journée à faire du shopping de Covent Garden à Oxford Street avant d’aller voir Les Demoiselles de Rochefort dans le complexe cinéma de SouthBank. La salle à majorité anglaise était pliée de rire pendant tout le film, à la fois en raison de son humour, mais surtout à cause de son côté décalé, si typically french. Bizarrement, je n’avais jamais vu ce film culte et, n’étant pas vraiment un fan de Michel Legrand, j’avais peur de m’ennuyer. Mais je dois reconnaître que voir ce film dans de bonnes conditions donne une joie de vivre et un optimisme irrésistibles. Mes filles et moi avons passé une bonne partie de la soirée à nous parler en chantant façon Jacques Demy, autour d’une soupe à l’oignon du Café Rouge de Covent Garden.
Le soir, alors que je suis assis sur les marches de notre hôtel victorien, j’ai encore une fois une longue discussion avec G. Il est de nouveau en pleurs, partagé entre le manque de son ex et le désir de le quitter.

18134ème jour

Brahms at tea time (and under the rain)

Notre dernière journée à Edimbourg a été particulièrement déprimante. Il a plu sans interruption du matin au soir. Nous avons meublé la journée en allant visiter le Musée d’Art Moderne d’Edimbourg, en déjeunant très longuement dans un restaurant italien, puis en se séparant, mes filles allant visiter le Musée du jouet, et moi me dégotant un concert de musique de chambre Brahms at tea time, par le Barbirolli Quartet, organisé dans un appartement de Princes Street. Au programme le Quatuor en ut mineur de Brahms et le sublime Quintette avec piano de Schumann que j’aime tant et que j’entendais pour la première fois en concert.
Le soir, je m'installe au bout du couloir du Novotel pour une longue conversation avec G. qui ne va pas bien.

18133ème jour

Edimbourg

Le matin, petite crise avec mes filles à qui je reproche d’attendre de moi des vacances où je décide de tout sans jamais rien proposer. Celle-ci ne dure pas longtemps et nous effectuons une visite du Whisky qui se termine par une petite dégustation au milieu d’une très impressionnante collection de bouteilles.
En fin de journée, nous dînons à l’Hôtel du Vin dont je connaissais déjà les annexes de Brighton et de Cheltenham. C’est là que j’ai laissé tomber mon iPhone sur le sol et depuis, la fonction téléphone ne fonctionne que si l’on active le haut parleur.

18132ème jour

Shadow Orchestra

Je me lève de nouveau à l’aurore et cette fois-ci, je paye le séjour à l’hôtel. Nous prenons la route pour Edimbourg. Une station service (il n’y en a qu’une bizarrement entre Glasgow et Edimbourg) nous sauve de la panne imminente de carburant. Nous déposons les bagages à l’hôtel, rendons la voiture à l’aéroport et partons découvrir la ville sous un ciel indécis.
Edimbourg en période de festival a une atmosphère intéressante. Toute la journée, la ville haute est emplie de comédiens qui font la réclame de leur spectacle en essayant de se faire remarquer le plus possible. Et le spectacle de la rue est toujours amusant, souvent étonnant. En fin d’après midi nous assistons au Shadow Orchestra, le spectacle merveilleux d’un mime-musicien français Xavier Mortimer qui a su construire son petit monde à lui, plein de poésie. Il est seul sur scène, mais joue avec des personnages qui sont ses propres doubles filmés en ombre chinoise. Et il fait apparaître des objets qu’il lance derrière le rideau où le film est projeté, avant que ceux-ci ne se retrouvenr miraculeusement dans le film lui-même. C’est un spectacle très réussi, qui a du demander un travail de répétition colossal, tant il est coupé au cordeau. Chapeau bas Monsieur Mortimer !
Xavier Mortimer sera au théâtre La bruyère d'octobre 2009 à janvier 2010.

Le soir je reçois enfin des nouvelles de G. qui est heureux d’avoir pu se concentrer pour lire jusqu’à la fin Ni d’Eve ni d’Adam qu’il a autant aimé que moi.
[19:44 G. Ca fait des années que je n'avais pas réussi à faire ça. J'ai lu pendant près de deux heures d'affilées Ni d'Eve ni d'Adam et j'ai été faire un tour du parc en courant pour me laver de cet exorcisme mental. Je suis redevenu moi. J'avais besoin de finir le livre avant de te ré-écrire, je ne voulais pas te donner de mes nouvelles en ayant l'impression d'etre quelqu'un d'autre ou en étant hypnotisé par celui que je ne suis pas. J'ai vraiment l'impression de devenir dingue, tu sais. Je t'embrasse

18131ème jour

Glasgow

Je me rends de fort bonne heure à la réception de l'hôtel où la fille de l’accueil m’annonce que ma réservation court jusqu’au lendemain. Nous voilà donc "contraints" de rester un jour de plus à Glasgow sous la pluie. Nous visitons la cathédrale, le musée des religions d’où le Christ en croix de Dali a disparu, mais nous le verrons finalement au Kelvingrove Museum particulièrement bien organisé. Le soir nous dînons de nouveau au Bouzy Rouge à Glasgow, entourés de français.

18130ème jour

Skye

Nous reprenons la route du nord en longeant le Loch Lomond, puis en franchissant la petite chaîne de montagne jusqu’à Fort William. Nous poursuivons sur la belle route qui mène au ferry de l’île de Skye. Celui-ci s’avère être complet et plutôt que de faire le tour de la baie jusqu’au pont, nous prenons le ferry comme passagers piétons. De l’autre côté, un bus nous emmène à une allure folle jusqu’à Broadford, une bourgade sans grand intérêt. Nous prendrons finalement le ferry de retour plus tôt que prévu et reprenons la route. Nous faisons une halte sur une magnifique plage de sable blanc puis rentrons sur Glasgow avec un stop à Fort William où ma plus jeune fille, qui avait détesté le restaurant indien de Londres dont le tandoori n’était pourtant guère épicé a, à ma grande surprise, beaucoup aimé ce nouvel essai.

18129ème jour

Les Lowlands

Nous explorons cette fois-ci les Lowlands, la région des Borders qui se trouve au sud d’Edimbourg et que Walter Scott adorait. On y trouve de nombreuses abbayes de pierre rose, la plupart d’entre elles en ruines suite aux permanentes guerres entre l’Ecosse et l’Angleterre.
Nous nous sommes arrêtés à Scott’s view, un point de vue si romantique que Walter Scott aimait regarder et, où parait-il, son cheval, qui conduisait le cortège funèbre de son maître défunt, s’arrêta lui aussi par la force de l’habitude. Nous sommes rentrés en longeant la côte est de l’Ecosse et en dînant à Edimbourg où j’ai dégusté mon premier Haggis.
Le soir, mes filles qui m’entendent discuter avec un certain G. se lancent dans un jeu de rime je poursuis par SMS:
G. Dortoir Boudoir savoir.
V. Si vous continuez, je me retire dans le parloir.
G. Il est de votre ressort de pratiquer des discours oratoires.
V. Mr Nourson devrait réparer ses nageoires plutôt que d’exprimer des propos superfétatoires.
G. Tu t’es regardé avec ta tête de loir ? Tu t’en tireras pas avec la gloire.
V. Tu me manques Nourson. Tes yeux sont beaux comme de la moire.
G. Je pense à toi. J’ai hâte de te revoir.

18128ème jour

Les Highlands

Longue journée passée à explorer les Highlands, nous longeons le Loch Lomond qui me fait tant penser à Tintin. Nous visitons Luss sous la pluie, faisons escale à Doban sous le soleil, montons jusqu’à Fort William. La nature est belle, nous faisons une longue promenade dans les bois près de Glencoe, rencontrons un français qui rêve d’escalader le Ben Nevis voisin puis rentrons sur Glasgow où nous dînons dans un restaurant au très joli cadre, le Bouzy Rouge, à l'angle de Hope Street.

18127ème jour

Londres Edimbourg

J’aurais du réserver un taxi. Nous devions attraper la navette qui part de Victoria Station à 4h40 et quand j’ai vu que le gardien pakistanais de l’hôtel appelait un chauffeur et lui parlait pakistanais, j’ai senti l’embrouille. A 4h25, une voiture banalisée arrive et lorsque le chauffeur fait semblant d’appeler un soit disant supervisor pour connaître le prix de la course, je le plante là et nous marchons à grand pas jusqu’à Earl’s Court où nous trouvons un taxi très sympathique qui accepte de faire la course avec le bus pour Luton. On l’a rejoint à Marble Arch à 4h49 et nous sommes arrivés à Luton pour prendre le vol Easy Jet pour Edimbourg.
Nous avons récupéré la voiture de location dont les ouvertures de portes à distance ne marchaient pas. Pendant les cinq jours qui ont suivi, nous avons utilisé la clef manuelle qui a chaque fois déclenchait l’alarme du véhicule. Notre hôtel est dans un golf entre Glasgow et la mer. La météo est au frais quand elle n’est pas à la pluie. Le soir, nous dînons à Glasgow et j’ai beaucoup plaint Paolo Nutini d’avoir du passer son enfance et sa jeunesse dans cette banlieue de pas grand-chose.
G. Est ce que tu as confiance en moi?
V. A 100% Nourson. Et toi, est ce que tu me fais confiance ?
G. Je te fais une confiance incroyable.
V. Ca me fait très chaud au cœur. C’est peut être ce que j’aime le plus dans notre relation, cette confiance, et je sens qu’elle va durer.
G. Je rêve de pouvoir être libre, de m’attacher à toi et de partager plein de choses avec toi.

18126ème jour

Dernier jour à Londres

C’est notre dernier jour à Londres. Nous allons assister à la relève de la garde qui se tient tous les jours (sauf exceptions, indique le panneau) devant Buckingham Palace. Comme il fait beau, il y a foule. Deux magnifiques jeunes officiers sont là et se promènent parmi les badauds. Leur fonction semble être d’accepter d’être pris en photo par les touristes qui sont nombreux à le demander. Mes filles font un cliché avec chacun d’entre eux. Après une demi-heure d’attente, nous comprenons que ce 6 août est une exception, et nous partons, laissant la foule espérer une relève (très) en retard.
Le soir, nous voyons au cinéma le plutôt réussi Coco before Chanel, avant de faire une razzia au rayon alimentation de Marks & Spencer et d'organiser une dînette à l’hôtel.

18125ème jour

Retour aux Proms

Nous avons fait une longue promenade de Saint Paul à London Bridge en s’arrêtant à la tour Swiss Re. Le soir nous sommes allés au Royal Albert Hall pour un concert du BBC Philharmonic Orchestra. Au programme la fort ennuyeuse Suite de Ballet de Stravinsky, le merveilleux concerto pour Basson de Mozart superbement interprété par la jeune écossaise Karen Geoghegan. Mais le clou de la soirée était la Sixième Symphonie de Mahler dans une interprétation fort sage. Gianandrea Noseda avait curieusement choisi de répartir les cloches de vache en trois points de la salle, ce qui n’apportait pas grand-chose. Elles étaient de plus activées beaucoup trop fort alors que, de mon point de vue, elles doivent évoquer une atmosphère de pâturage alpestre plutôt qu’une quincaillerie bruyante. J’avais oublié que l’acoustique du Royal Albert Hall fait autant hall de gare, et même le son d’un orchestre de cent musiciens à tendance à s’y perdre.
G. Je te plais toujours physiquement ?
V. Tu m’as plus dès le premier jour et tu me plairais toujours Nourson.
G. Sur une échelle de 1 à 10 ?
V. Très sincèrement plus que 9.
G. T'es grave.

18124ème jour

Londres, deuxième jour

Le matin, juste après le petit déjeuner, je reçois un appel au Service des objets trouvés où j’avais laissé mes coordonnées sur le conseil de la société de taxis. Mon sac a été retrouvé, il se trouve au Poste de Police de Tottenham. Je m’y rends aussitôt avec l’une de mes filles, sans vraiment d’espoir de retrouver les objets de valeur qui s’y trouvaient. La policière qui nous a reçu avait les ongles peints en bleu, elle était directe et efficace, la procédure fut rondement menée et digne de la réputation de Scotland Yard. Le sac un peu poussiéreux pour avoir sans doute traîné dans la rue contenait encore mes livres, les deux passeports, mon permis de conduire, nos billets des Proms et les billets de retour Eurostar. Le reste (mon iPod, mon casque, mon ordinateur et les lunettes) avait évidemment disparu. C’était mieux que rien et cela m’évitait surtout de faire un aller retour Londres Paris pour refaire faire mon permis de conduire. En sortant du Poste de Police, ma fille me dit : "C'était génial, on se serait cru dans un film!"
L’après midi, nous avons visité la Tate Modern que je voyais pour la première fois. Puis nous sommes rentrés à l’hôtel avant de dîner dans un restaurant indien d’Old Brompton Road. Le soir je lisais Ni d’Eve ni d’Adam, avec un peu d’avance sur G. qui faisait de même à Paris.
G. Le temps passe divinement vite lorsque l’on est absorbé par ce qu’on lit.
V. Ne me dépasse pas coquin. J’en suis au typhon. J’ai acheté un joli pantalon noir chez Ted Baker.
G. Je suis encore loin de toi...
V. J’aimerais bien te lire un livre que je n’ai pas encore lu.
G. J’aimerais bien t’en lire un que j’ai déjà lu.
V. J’aimerais bien te faire un bizoo
G. lol Tu es sur que tu veux t’engager là dedans ?
V. oui. Tu penses que je ne devrais pas ?
G. Je parle des phrases qui commencent par "j’aimerais bien te"
V. Non. N’allons pas vers ces phrases. Mais j’avais envie de te dire que j’avais adoré t’embrasser avant-hier soir.
G. Pourquoi n’irions nous pas ? Tu n’aimes pas ça ? moi aussi j’ai adoré. J’y repense souvent.
V. :o))) fais attention. Si on recommence je ne saurai plus m’arrêter.

18123ème jour

Mauvais départ

C’était le premier Eurostar, celui avec lequel je suis si souvent allé à Londres pour le travail. Comme nous avions beaucoup de bagages, nous avons pris un taxi noir pour aller à notre hôtel à South Kensington. A peine arrivé dans le hall de l’hôtel, je me suis rendu compte que j’avais oublié mon petit sac à dos noir dans le taxi mais celui-ci venait de repartir. J’ai eu un moment de désespoir, puis j’ai pensé à appeler la société de taxis dont le numéro était inscrit sur le reçu. La fille m’a dit qu’elle lançait un appel à tous les taxis et j’ai repris un peu espoir. Pourtant, une demie heure plus tard, alors que nous achetions nos tickets de métro à Earl’s Court, elle m’a rappelé pour me dire qu’elle était sans nouvelle et que mon sac était donc perdu, volé soit par le client suivant soit, ce qui est plus probable, par le chauffeur de taxi lui-même.
Le plus difficile de cette journée a été de continuer comme si de rien était, de ne pas penser aux objets se trouvant dans le sac, d’imaginer cependant une solution pour pouvoir louer la voiture en Ecosse la semaine suivante sans mon permis de conduire. On a fait du shopping, j’ai emmené mes filles chez Abercrombie, le type de l’entrée était trop moche pour justifier une photo. Le soir on est allés à Covent Garden pour assister au Roméo & Juliette dansé par la troupe du Kirov en visite à Londres. Je n’avais jamais entendu le ballet intégral et je n’avais pas non plus prêté attention au nombre de tubes se trouvant dans cette magnifique partition. Les chorégraphies étaient bien évidemment très traditionnelles mais je n’en ai guère profité, mes lunettes de vue ayant disparu avec mon petit sac à dos. Devant nous une quinquagénaire anglaise à lunettes avec une coiffure digne de Marie Antoinette a occupé nos entractes. Nous avons dîné dans le restaurant italien absolument médiocre qui se trouve à l’angle de Floral Street et de Bow Street.
[22:33] G. Jvais me coucher. Jsuis un peu enrhumé mais j'ai réussi à lire 50 pages du livre sans omettre aucun détail. C'est grace à toi. Je me sens un peu triste quand je réalise que je ne t'ai pas entendu aujourd'hui. Est-ce que ça veut dire que tu me manques?

18122ème jour

Attaches

Après un médiocre déjeuner japonais avec ma fille aînée, nous voyons ensemble l’Age de Glace 3 avec les lunettes 3D qui participent au plaisir. Puis je retrouve G. à l’opéra. Comme la veille il avait aimé que je ne sois pas rasé, j'ai encore laissé ma barbe de deux jours. On prend des velib et on roule jusqu’au café Baci où l’on prend un verre avant de décider d’y dîner. Pendant le repas, il me dit sur un ton grave qu’il s’attache à moi. On marche ensemble dans le Marais jusqu’à Saint Paul. Je sais que je ne le reverrai pas pendant exactement quatorze jours et cela me rend triste. On tourne autour des pâtés de maisons, histoire de retarder l’échéance. Dans l’étroite rue Prévot, tu m’as embrassé et je t’ai embrassé. Des passants nous ont interrompu et nous avons repris un peu plus loin, à l’angle de la rue Charlemagne. J’aurais voulu te garder dans mes bras mais je ne pouvais te garder que dans mon cœur. Je suis rentré chez moi heureux et triste. Boulevard de Sébastopol tu m’as appelé pour me demander si j’aimais t’embrasser. Idiot ! Je n’aime pas t’embrasser. J’adore ça.

18121ème jour

Une promenade dans Paris

Ma fille aînée rentre d’Espagne. Je ne l’avais pas revue depuis Barcelone et comme à Barcelone nous sommes émus de nous retrouver.
L’après-midi je suis nerveux, je sais que G. a une discussion avec celui qui n’est pas encore son ex. Je marche dans Paris un peu au hasard pour ne pas avoir à trop penser aux conséquences de leur discussion. Je vais jusqu'à Odéon où je retrouve G. Je n’ose lui demander trop vite ce qu’il en est. On marche ensemble jusqu’à Tony Truant, dont je sais que les vêtements lui plairont. On s’installe ensuite en face des Editeurs et il me raconte sa journée plutôt dure et son résultat mitigé. Je ne sais pas trop où je mets les pieds, tous les ingrédients sont là pour me rendre malheureux et pourtant je ne sais me soustraire à l’attraction. On rentre chez moi en vélib. Sur la route, je montre à G. le hall merveilleux de l’Hôtel, rue des Beaux Arts, puis la coupole sous laquelle j’aimais frapper des mains avec mes filles, on va à la fnac Saint Lazare où j’achète quelques romans japonais pour les vacances à venir. On passe chez moi, mais à mon désespoir, G. repart pour dîner avec son bourreau dans un restaurant argentin. Alors qu’il est parti, je regarde seul Garden State, un film qu’il m’a recommandé et dont le personnage a certaines similitudes avec lui.
[20:15] : G. J’aime bien quand tu me fais des bisous dans le cou.
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