17024ème jour

Les contrôles de sécurité de Ben Gurion

Conflit oblige, les mesures de sécurité à l'aéroport étaient encore plus draconiennes. Dès l'entrée, on passe l'ensemble de ses bagages dans des scanners, en se pliant à un premier questionnaire : Pourquoi étiez-vous en Israel, qui avez vous vu en Israel, ou êtes-vous allé, quel est votre lien avec cette personne, où et quand l'avez-vous rencontrée, avez vous préparé vos bagages vous même, ont-ils toujours été sous votre surveillance depuis...
J'ai sans doute pour mauvais point d'avoir déposé ma valise dans le luggage room de l'hôtel pendant deux heures et de partir vers Istanbul. La deuxième étape consiste en une analyse plus détaillée des bagages à main et notamment de mon ordinateur portable dont l'aspect un peu délabré inquiète les agents de sécurité. On me demande de démonter les parties détachables, de le remonter, de l'allumer, d'ouvrir un document. Tous les objets de ma valise sont analysés, absolument tous, ils sont passés au détecteur d'explosif, le fonctionnement des stylos bille est testé, les magazines sont ouverts presque page à page. J'ai rapporté le bouchon synthétique noir du vin israelien que nous avons bu au Café noir et l'objet intrigue beaucoup les agents de sécurité qui en parlent entre eux. Je suis bon pour l'étape suivante, l'enregistrement, mais un agent m'accompagne pour vérifier que je ne prends pas en cabine mon autre valise. Puis c'est le contrôle standard des bagages à main (nouveau scan) et des objets dans les poches, et le contrôle de police. Je retombe sur la même femme policier au regard vert d'eau que la dernière fois. Le contrôle est long, elle ne dit rien, concentrée et énigmatique, observant tantôt mon passeport, tantôt son écran. Elle me demande juste de confirmer que je n'ai pas souhaité de tampon sur le passeport, puis me rend mes documents. Je lui dis "Last time I came, it was already you". Son visage change alors complètement, un grand sourire l'illumine et elle me répond: "Yes, or may be my sister..."

17023ème jour

Cinquième jour

Nous sommes retournés nous baigner, devant l'hôtel, dans les grands rouleaux qu'offre souvent la mer à Tel Aviv. Nous sommes allés déjeuner dans l'un des petits restaurants de la plage. Puis on a demandé un taxi à l'hôtel. Il est monté à l'intérieur et moi je suis resté sur le trottoir. J'ai regardé son profil à travers la vitre. Je savais qu'il était triste. Et je savais qu'il savait que je l'étais aussi.
Je me suis assis au soleil, sur une chaise abandonnée sur la plage, pendant trente minutes. Puis j'ai commandé à mon tour un taxi.

17022ème jour

Quatrième jour

Toutes les agences de location de voiture étant fermées pour le shabat, nous sommes allés en taxi à l'aéroport. La fille de chez Hertz était rigolote, elle nous a filé une Panda jaune dont le compteur affichait 3 km et nous avons pris l'autoroute de Jérusalem. En arrivant, on a même pris un autostoppeur coiffé d'un grand turban qui allait vers le centre. Il nous faisait un peu de tourisme et à un moment nous a montré un beau bâtiment en nous disant : this is Imka! this is Imka!. Il s'agissait de fait du YMCA. Près de la porte de Jaffa, on a demandé à un chauffeur de taxi la route d'Ein Karem. C'était un peu compliqué mais on y est parfaitement arrivé et nous nous sommes garés vers 10h45 sur le parking du Targ Music Center. On se pressait beaucoup devant la table de la dame très excitée qui vendait les billets, presque autant que pour un concert d'Horowitz, mais nous sommes parvenus à entrer dans la minuscule salle de concert. L'assistance était composée d'habitués, pas très jeunes. Au programme, trois quatuors de Mozart par l'Israeli Quartet. On a eu droit à une longue introduction des oeuvres en hébreu et lorsque le présentateur a dit Schumann shalosh, j'ai compris qu'il était en train d'énumérer le nombre de quatuors à cordes de chaque grand compositeur. L'Israeli Quartet n'est pas l'Amadeus Quartet mais le concert était plutôt agréable et entendre un quatuor du premier rang d'une petite salle est toujours une expérience intéressante.
A l'entracte, on a eu droit à un délicieux gazpacho blanchâtre accompagné d'un thé chaud que l'on a pris dans le petit jardin tropical du Music center.
Après le concert, on s'est baladés dans Ein Karem, un endroit vraiment merveilleux, où Saint Jean Baptiste aurait passé son enfance. En fin d'après midi nous sommes retournés admirer longuement la vue sur Jérusalem depuis le Mont des oliviers, puis nous sommes rentrés à Tel Aviv, nous nous sommes baignés dans la mer au soleil couchant puis nous sommes allés prendre notre dernier dîner au Café noir. C'était l'anniversaire de Daniel et son téléphone n'arrêtait pas de recevoir des appels de ses amis du Brésil.
C'était bien.

17021ème jour

Troisième jour

On ne fait pas grand chose de nos journées. On se balade un peu en ville, on marche le long de la mer, on reste longtemps au soleil au bord de la piscine du dernier étage de l'hôtel qui domine la ville d'un côté et la mer de l'autre, on fait l'amour...
Hier soir on a marché jusqu'à Jaffa, quatre kilomètres aller et autant au retour. On a dîné au pied de la mosquée au minaret éclairé de vert, chez Margaret Tayar. Il faisait sombre dans le jardin du restaurant et on avait du mal à enlever les arêtes du délicieux couscous de poisson.
On fait l'erreur de se croire loin du conflit. Mais les terrasses des restaurants du bord de mer sont à moitié vides alors qu'en cette saison elles devraient être remplies. Et il y a ce ballet incessant des hélicoptères qui reviennent du front nord en longeant le bord de mer, le plus souvent par deux et qui rappellent à chacun ce qui se passe cent kilomètres plus haut.

17020ème jour

Deuxème jour

En arrivant à l'auditorium, on m'a remis comme la fois passée mes billets dans une enveloppe où mon nom était inscrit en hébreu. Le concert d'hier avait quelque chose de virtuel. Il devait être dirigé par Kurt Masur, l'Honorary Guest conductor de l'orchestre, qui annule tous ses concerts actuellement pour raison de santé. Le violon solo devait être Sergey Khachatryan dont on comprend en lisant en tre les lignes, qu'il a annulé à cause du conflit.
C'est donc Ivan Fischer qui a dirigé deux courtes pièces de Stravinsky pour demarrer le concert : Scherzo à la russe et Tango. Pièces de circonstances, un rien alimentaires, non dépourvues d'un certain charme dans l'orchestration, mais pas vraiment du grand Stravinsky.Une très jeune violoniste japonaise, Sayaka Shoji, s'attaquait ensuite au concerto pour violon de Tchaikovski. Son très propre, belle technique et pourtant, il ressort de cette interprétation un côté un peu lisse, un rien d'attendu. L'assistance en délire applaudit longuement la fin du premier mouvement et tout le monde se met à papoter dans la salle, au grand dam d'Ivan Fischer qui est obligé de démarrer l'Andante dans le brouhaha. Le public israelien m'étonne vraiment : plutôt âgé, pouvant montrer un incroyable enthousiasme, mais à l'inverse bavard et bruyant, de nombreux téléphones pouvant sonner pendant le concert. Une bonne moitié de la salle se lève dès la dernière note finie, ce qui est franchement impoli pour les interpretes encore présents sur scène.
En deuxième partie un honorable Scheherazade qui ne remplace pas dans mon souvenir une sublime interpretation gravée dans mon souvenir par l'orchestre du Concertgebouw au Chatelet il y a une dizaine d'années.
L'orchestre d'Israel fête ses 70 ans cette année (comme d'ailleurs son directeur musical Zubin Mehta). A cette occasion un coffret de 12 Cd est édité avec les meilleurs enregistrements officiels de l'orchestre et de nombreuses bandes radio inédites.

17019ème jour

Premier jour

"Voilà un mauvais présage; à ma place, un Romain serait rentré" a déclaré Monsieur de Malesherbes après que son pied a heurté une pierre et lui fait a faire un faux pas, au moment où il sortait de la prison pour aller à l'échafaud. Peut-être aurais-je du faire de même ce matin, alors que mal reveillé, vers cinq heures, j'ai placé ma main au contact d'un fil électrique dénudé qui m'a envoyé une bonne décharge dans tout le corps. J'ai pourtant appelé un taxi et je suis parti vers Orly pour attraper le premier vol Turkish Airlines pour Istanbul. A l'aéroport Ataturk, j'ai découvert le nouveau salon Turkish qui est un véritable enfer kitsch (fauteuils style Louis XV dorés, lampadaires en cristal rose) parsemé de mobilier zen. J'ai pris ma correspondance pour Tel Aviv. Le Boeing était à moitié vide, nous avons pris une route fort différente de la dernière fois, visiblement destinée à éviter le Liban, et nous avons atterri pile à l'heure à Ben Gurion.
Les contrôles de douanes ont été encore plus sévères que la fois passée. On m'a demandé une carte de visite, la preuve de ma ma réservation d'hôtel, par quel moyen j'avais prévu de me rendre en ville...
C'est la première fois que je me trouve dans un pays en guerre. Pourtant, tout semble normal. Quelques voitures arborent un drapeau israelien. Le chauffeur de taxi a l'air angoissé lorsqu'il achète un journal à un vendeur de rue. C'est tout. Et cependant à cent kilomètres de là, les missiles tombent. Je dépose ma valise à l'hôtel et je pars aussitôt à pied à travers la ville en direction de l'auditorium Mann où l'orchestre Philharmonique d'Israel donne son dernier concert de la saison 2005-2006.

17018ème jour

Five days

Que peut-on faire en cinq jours? On peut se lever tot, on peut se coucher tard. On peut faire une escale a Istanbul, atterrir a Tel Aviv. On peut entendre Tchaikowski et Rimsky Korsakov. On peut retourner a Jaffa et faire un voeu sur le pont en regardant la ville. On peut faire l'amour. On peut aussi se prendre une bombe sur la gueule.

Hold my face before you
Still my trembling heart
Five days to live my life
Or five ways to die

17017ème jour

Grands & Superbugs

Deux jours en Angleterre, de nouveau dans le trou du cul du monde. J'y aurai au moins appris deux expressions amusantes : d'une part le Grand, unité utilisée par les anglais pour les milliers de livres. Je leur ai dit qu'en France, on utilisait jadis les patates pour les millions d'ancien francs, et ça les a bien fait rigoler.
Et puis le Times du jour titre sur les maladies nosocomiales que les anglais appellent plus simplement Superbugs.

17016ème jour

Synchro

Il était new-yorkais. Il avait échangé pour l'été son appartement de Manhattan avec ce petit studio sous les toîts de la rue Vertbois, à deux pas de l'ami Louis. Il n'était vêtu que de sa casquette rouge, portée à l'envers. Moi, j'avais ma casquette noire, à l'endroit. On a joui en même temps.

17015ème jour

Animal factory

J'ai enfin vu ce film qui était resté dans ma mémoire car c'est grâce à lui que feu Monsieur Désinvolte (feu pour le blog, le blogueur va bien, il fait des travaux chez lui), que feu Monsieur Désinvolte, donc, avait découvert Antony & the Johnsons qui font une apparition dans le film. Et c'est grâce à son post de l'époque que, voilà quatre ans, j'avais cherché partout à Londres leur premier CD, introuvable à l'époque, avant de le dénicher à Paris. C'est un film de prison, avec tout les aspects conventionnels qui vont avec (violence, drogue, matons, mois au trou, évasions, sexualité...). Celui-ci dégage néammoins une atmosphère particulière à laquelle l'intervention d'Antony, qui vient chanter pour les prisonniers, n'est pas étrangère. A l'époque, il faisait moins féminin qu'aujourd'hui mais il chante dans une sorte de transe maladive qui crée une ambiance étrange que les prisonniers ressentent en s'en moquant. Et fort étrange également, je n'ai même pas reconnu Mickey Rourke qui joue dans ce film un joli rôle de composition.

17014ème jour

Missive

Plutôt que d'envoyer une carte postale de Jérusalem, j'avais choisi d'expédier à ma mère un rameau d'olivier et un petit guide en français des lieux touristiques de la ville. Elle l'a reçu cette semaine. Je n'imaginais pas qu'un rameau d'olivier en provenance d'Israel puisse être un mois plus tard un cadeau si incongru. Ou peut-être si adapté...

17013ème jour

Regrets

Il faudra que je revienne à Budapest. Il faudra que j'aille à l'Opéra où en septembre sont programmés les Maîtres chanteurs et Rigoletto. Il faudra que je passe devant le N°7 du Theresien Ring (Teréz Körút), avec ses loggias superposées à la Hongroise et où Mahler a habité de 1888 à 1891. Et puis il faudra que j'essaye d'entrer dans la grande salle de la Redoute qui devrait prochainement être réouverte au public et où la Première Symphonie fut créée sous la direction de Mahler le 20 novembre 1889.
Il faudra...

17012ème jour

Un instant à Budapest

Je revenais du château, sur les hauteurs de Buda, près du Palais jaune où Beethoven a donné un concert en 1800. J'avais pris le petit funiculaire pour redescendre jusqu'au Danube, j'avais traversé le Pont aux chaînes, contourné le Palais Gresham, superbe batiment Art Nouveau dans lequel a été installé l'Hotel Four Seasons et je me trouvais face à la Basilique Saint Etienne. Un orchestre était installé là, sur une estrade et répétait la Symphonie du Nouveau Monde. J'ai écouté les musiciens quelques instants et au moment de m'éloigner j'ai aperçu un jeune homme sur un banc. Il était assis, avec un cahier ouvert sur les genoux et le stylo encore à la main. Son autre main soutenait son visage en le cachant entièrement, et de cette main, semblaient jaillir ses longs cheveux blonds ondulés. Il était immobile, d'autant plus immobile qu'il dormait profondément dans cette position étrange. Je me suis assis sur le banc voisin, ébloui par l'élégance de la pose. Je suis resté là quelques minutes alors que l'orchestre était passé à l'ouverture des Noces de Figaro. Les cloches de Saint Etienne se sont mis à sonner violemment les coups de vingt heures. Le dormeur s'est à peine redressé, il a juste mis ses deux mains sur les oreilles, comme pour protéger son sommeil.
Je me suis éloigné en direction de mon hôtel en songeant qu'un jour, si je suis très malheureux, il est de nombreux moments de ma vie dont le souvenir me consolera du temps qui passe.

17011ème jour

Bartók à Budapest

Une fois de plus, je tombe amoureux d'une ville mais comment résister à Budapest sous le soleil, des petites rues baroques et pentues de Buda aux grandes avenues à l'allure viennoise de Pest? J'ai utilisé tout mon temps libre à me promener en tout sens dans la ville, le nez en l'air, à observer la sublime architecture des bâtiments et les couleurs pastels de l'Europe centrale, les verts, les jaunes et les ocres. Depuis le changement de régime, un tiers environ des immeubles ont été ravalés. Les autres dressent leur façade noirâtre où ça et là, les briques apparaissent sous le ciment effrité. Parfois, lorsque l'on entre dans la cour d'un immeuble, on découvre des endroits exceptionnels ravagés par l'absence totale d'entretien depuis soixante ans. Et puis il y a cette étrange odeur de terre mouillée issue des caves par les soupirails, et que l'on sent un peu partout.
J'avais trouvé sur cette page une liste de disquaires de Budapest et j'avais très envie de me rendre au premier, le siège de l'éditeur Hungaroton. Je suis donc allé sur la très belle place Vörösmarty où se trouve également le fameux pâtissier Gerbeaud. Je demande à la serveuse où se trouve l'immeuble Hungaroton. Elle sourit et me montre un terrain vague sur le côté de la place. Le bâtiment a récemment été rasé. Je me suis consolé en allant à deux pas de là, chez Fotex, un magasin de musique où l'on se croirait revenu quarante ans en arrière, et où j'ai déniché le live rarissime de Leonard Bernstein dirigeant le Boston Symphony à Tanglewood dans la Neuvième de Mahler, version célèbre pour les violents coups de pied du chef sur son estrade et pour un terrible pétage de cordes de harpe à deux minutes trente du début.
Ce soir, je me suis rendu avec un collègue au Musée Petofi pour un concert en plein air dédié aux musiques populaires de Bartók. La grande orinalité du programme consistait à faire jouer une pièce de Bartók par des instrumentistes classiques, puis le morceau populaire original par un ensemble folklorique. J'ai été ravi de découvrir en concert les mélodies roumaines pour violon et piano. Il y a eu également des musiques pour duda, instrument très proche de la cornemuse écossaise.
Avant de rentrer à l'hôtel, nous sommes passés prendre un goulash et un paprika farci au merveilleux Café Central, à l'atmosphère si viennoise.

17010ème jour

Budapest

En atterissant à l'aéroport de Budapest, il faisait 25°C, une température de printemps. Après ma journée de travail dans la banlieue, j'étais très excité à l'idée de découvrir cette ville où bizarrement je n'étais jamais allé. Au moment où le taxi qui nous amenait dans le centre traversait le Danube sur le pont Erzsébet, j'étais au téléphone avec Hani qui me demandait des adresses de disquaires à Prague. Nous avons déposé nos bagages à l'hôtel et nous sommes partis à la découverte de la ville. Nous sommes passés devant l'opéra que Mahler a dirigé de 1888 à 1891. Puis nous avons remonté la belle avenue Andrassy, siège de nombreuses ambassades, nous avons traversé la place Octogon, puis nous sommes arrivés à la Place des Héros près de laquelle un orchestre répétait le concerto pour violon de Brahms.
Puis nous sommes repartis en direction du centre, par le métro qui ressemble à un jouet d'enfant, tout jaune, à une profondeur très faible, il suffit de sescendre vingt cinq marches pour se trouver au niveau des quais. Nous avons bu un verre de Tokay au New York Palace, un incroyable hotel au style néo baroque récemment restauré. Nous nous sommes promenés dans les rues du quartier juif, puis nous avons dîné pres de la basilique Saint Etienne. Au menu, une soupe de fruits, sorte de gazpacho local, puis un camembert cuit servi avec du riz et de la confiture de mûres.

17009ème jour

Pique nique au parc Monceau

Régulièrement cet été, je suis allé faire des pique-niques au parc Monceau, soit avec mes filles, soit avec des amis. Il est vraiment agréable d'aller acheter ses provisions au marché de la rue de Levis, puis de se les partager dans l'herbe. Les pelouses du parc Monceau ont été ouvertes au public il y a quelques années et je suis ravi d'en profiter. Toutefois il faut bien remarquer que la plupart d'entre elles ont pris un air pelé depuis cette ouverture, mais que surtout, il est désormais impossible de s'allonger sans être au contact de vieux mégots de cigarettes. je deviens de plus en plus intolérant avec les fumeurs que je considère vraiment être majoritairement de gros dégueulasses pour ne pas avoir le courage de lever leur cul et d'aller jeter leur cigarette dans l'une des nombreuses poubelles du parc.

17008ème jour

Vol 93

C'est plus un documentaire qu'un film même si le contenu dramatique est là. Pas de concession ni d'effet inutile. La fin est hélas connue mais le film permet de mieux imaginer l'enchaînement des événements, en particulier le retard de trente minutes du vol qui a permis aux passagers de comprendre la fin qui leur était destinée, les incitant ainsi à se rebeller. On sort très tendu de ce film et bien sûr j'ai été replongé dans l'atmosphère de ce jour.

17007ème jour

Il y a trente ans III

Quand on dit "Il y a trente ans" pour la première fois, on est surpris, on se dit "Non ça n'est pas possible!", "Ca commence à faire vieux con"...
Et puis on s'habitue...

17006ème jour

Il y a trente ans II

Je me souviens de tous les jours qui ont suivi. Je me souviens de tout. Je me souviens du salon de ma grand-mère où son cercueil était exposé. Je me souviens de toutes les voitures garées devant chez elle. Je me souviens que je n'avais pas voulu voir son corps. Je ressentais à la fois l'envie de lui dire au revoir, la peur de m'effondrer en larmes en la voyant morte et une curiosité malsaine de voir un cadavre, curiositié que j'ai préféré refouler. Je me souviens que je regardais sa photographie devant son cercueil fermé. Je me souviens que ce cercueil fut porté par ses petits enfants. Je me souviens de mon oncle disant à mère devant la tombe "on continuera à se voir, hein?" et ma mère qui disait oui en pensant non au fond d'elle même. Je me souviens qu'au retour à la maison on avait décidé de mettre de la musique parce que la vie continue. Je me souviens que j'avais choisi le Gloria de Vivaldi.

17005ème jour

Il y a trente ans I

Il y a une trente ans aujourd'hui, je dormais dans mon lit. C'était le petit matin, quatre ou cinq heures, lorsque j'ai été réveillé par du remue-ménage dans la maison, le téléphone qui sonnait, la voix grave de mon père. J'ai prêté l'oreille et j'ai entendu mon père appeler ses parents pour leur annoncer la mort survenue dans la nuit de ma grand-mère maternelle. J'ai été surpris du ton solennel de son propos, presque administratif. Je n'ai rien dit. Je suis resté dans mon lit à penser, sans doute à pleurer. J'avais l'impression que tant que je ne me levais pas, je ne connaissais pas officiellement l'information et par conséquent, elle n'était pas encore tout à fait vraie.
Puis mon père est venu, il a entrouvert la porte de ma chambre mais avant même qu'il n'ouvre la bouche, je lui ai dit : "c'est inutile, je sais déjà..."

17004ème jour

Projet

Ce sera fin juillet, pour son anniversaire. On se retrouvera à Tel Aviv, peut être de nouveau sur la plage. On ira peut-être entendre le concerto pour violon de Tchaikowski à l'auditorium Mann. On retournera peut être à Jérusalem. On ira peut être au poste frontière du Pont Allenby, on visitera peut-être Amman, peut-être Petra.
On ne fera peut-être rien de tout ça.
On sera juste ensemble.

17003ème jour

Souvenir romain

Il y a une quinzaine d'années, le lendemain du mariage de mes amis E & S, nous revenions en groupe du Testaccio vers le Circo Massimo. En redescendant l'Aventin, près de la roseraie, je discutais avec le père de S. qui a vécu une vingtaine d'années à Rome. Il m'a alors raconté cette histoire étrange : jadis, un riche romain avait décidé de faire ériger une obélisque égyptienne dans le jardin de sa maison. Le jour de la mise en place, de nombreux serviteurs sont là et participent à la mise en place de l'immense bloc de granit sur son socle. L'un des serviteurs a la malencontreuse idée de laisser trop longtemps ses mains où il ne faut pas et l'obélisque, en se redressant, lui écrase les deux mains. L'on fit la seule chose restant possible. On lui trancha les deux poignets écrasés. Les deux mains ou plutôt les deux squelettes de mains se trouveraient encore aujourd'hui sous l'obélisque. Je ne sais malheureusement pas dans quel endroit de Rome la scène s'est déroulée et je n'ai plus aucun moyen de trouver cette information.

17002ème jour

Mysanthropie

Je dépose ma mère et ma soeur gare de Lyon. Il y a une ambiance électrique, des groupes agitant des drapeaux et braillant des refrains peu variés. Alors que je retourne vers le parking, un conducteur baisse sa vitre, me toise, et beugle un "Allez les bleus!". Je n'ose lui répondre "Forza azurra!", l'imaginant mal percevoir la subtilité; je rentre me réfugier chez moi en compagnie de deux oiseaux aux envols musicaux. Nous avons partagé ensemble une fin de Gran Partita, un Bruder Martin houstonien, un Prout minesotien, une Reine canadienne, une Pastorale viennoise, un Urlicht huntien et surtout la transcription pour tuba et piano de "Wenn mein Schatz Hochzeit macht"...

17001ème jour

Des nouvelles de mon oreille

Voilà un an que je m'entraine de temps à autre à trouver le mi bémol. Que ressort-il de tout celà? Le mauvais côté est que je suis désormais convaincu que je n'ai pas l'oreille absolue et que je ne l'aurai jamais. Cette certitude est alimentée par l'information indiquant que la Julliard School a jadis tenté sans succès d'apprendre l'oreille absolue à ses élèves.
Il y a un bon côté cependant: l'écart entre mes essais et le vrai mi bémol s'est considérablement réduit et il est très rare désormais que j'échoue de plus d'un demi-ton. Cela ne me sert à rien, sauf à me faire plaisir. Sans que je ne sache s'il y a ou non un lien quelconque avec cet exercice, ma capacité à entendre les différentes voix d'une polyphonie s'est considérablement accrue depuis un an et le plaisir musical n'en est que plus fort.
Par ailleurs, ayant enfin découvert l'évidence, à savoir que l'écart entre un mi bémol et un do est une sixte, je suis maintenant en mesure de chanter un do naturel. Enfin... à un demi ton près.

17000ème jour

Trois zéros

Depuis que j'ai ouvert ces pages, voici quatre ans, c'est déjà la deuxième fois que le compteur affiche trois zéros. Cette particularité, qui survient tous les deux ans et huit mois, combien de fois la vivrai-je encore? Si j'en crois l'espérance de vie actuelle, peut-être une douzaine de fois, jusqu'à atteindre les trente-mille jours que j'évoquais ici. C'est cela aussi une vie. Trente jours dont le numéro se termine par trois zéros...

16999ème jour

Mes premiers sacs à vo-mi

Le plus surprenant lorsque j'observe les trois premiers sacs, c'est leur format identique : 12*24 cm. Existe-t-il quelque part à Bruxelles une commission de sages chargés de normaliser les sacs à vo-mi des compagnies aériennes? En revanche, la taille du soufflet diffère, 6cm pour le sac Air Europe, le plus simple, 7,5cm pour le sac Turkish Airlines et 8cm pour le sac Al Italia, permettant ainsi de contenances repectives de vo-mi de 1,7, 2,1 et 2,3 dm3. Sur le sac Turkish Airlines, cette simple inscription çöpünüz için / for your waste laissant penser que l'on peut utiliser le sac dans d'autres buts. Le sac Air Europa n'est imprimé que du logo de la compagnie. Quand à celui d'Al Italia, il est le plus astucieux puisqu'il est le support publicitaire de la Xamamina, un médicament contre la mal de mer...

16998ème jour

La clef magique

Les événements ont débuté hier. Alors que je fermais les portes de la lada avec la commande à distance, je me suis rendu compte que l'essuie glace arrière d'un collègue, garé à proximité se mettait en route. J'ai vérifié qu'il n'y avait personne à l'intérieur puis j'ai réappuyé. Il à fallu me rendre à l'évidence: la fermeture des portes de ma voiture lance également l'essuie glace arrière de sa voiture. Etonnant.
Aujourd'hui, je revenais de faire les soldes à Sèvres Babylone, je m'approchais du Parking Saint Germain où était garée la lada lorsqu'une femme étrange s'est plantée devant moi. Elle a débuté une phrase sans la finir, du genre : "Pouvez-vous me donner..." mais surtout, elle a approché ses deux mains du col de ma veste, comme si elle voulait s'en saisir ou me toucher. J'ai reculé, je crois lui avoir dit de ne pas me toucher, j'ai surtout eu peur qu'elle ou un complice ne me dérobe quelque chose. En arrivant au parking peu après, j'étais perturbé. J'ai vérifié que l'on ne m'avait rien volé mais tout était là, mon porte feuille, les clefs de la maison, la clef magique de la lada. Et au moment où je tenais cette dernière, je venais de pénétrer dans l'ascenseur et celle-ci m'a échappé. Elle est tombée au sol et comme dans un film au ralenti, je l'ai vue glisser vers la fente entre le sol du parking et l'ascenseur et s'engouffrer dans la fosse. Moi j'ai du réagir encore plus au ralenti. Je ne sais même pas si j'ai tenté de la rattraper. J'ai juste entendu le petit ploc de la clef quand elle a touché le fond, quelques étages plus bas...

16997ème jour

Born a Fourth of July

Putain! Quatre ans!
Et quelle mémoire, cette Alice!

16996ème jour

Quelques panneaux

L'autre jour en Israel, lorsque j'ai aperçu mon premier panneau Jerusalem, j'ai ressenti une émotion certaine, plus forte en tout cas qu'en apercevant l'indication de la route de Tel Aviv. Il est ainsi des destinations mythiques, ou très lointaines, ou tout simplement longtemps rêvées, qui font que l'on oublie jamais la première vision de certains panneaux indicateurs. J'ai ressenti cette émotion pour la première fois alors qu'adolescent, nous nous trouvions en Italie du Nord avec mes parents et que dans la région de Vérone, j'ai aperçu mon premier panneau Venezia. Irrésistiblement attiré par la lagune, Thomas Mann, Visconti, la Fenice ou l'Ospedale de la Pieta, j'ai tanné mes parents jusqu'à ce qu'ils acceptent d'aller passer une journée à Venise. Je me souviens aussi de mon premier panneau Amsterdam, dont la direction depuis Paris n'est indiquée qu'aux environs d'Utrecht. Je me souviens d'un panneau Praha, lors de mon premier séjour à Berlin. Je me souviens de mes premiers panneaux indiquant New York, Seoul, Rio de Janeiro, Helsinki. Je me souviens de mon premier panneau Jerusalem.

16995ème jour

Rome

L'enfer du voyage s'est vite fait oublier tant le charme de cette ville que je connais pourtant comme ma poche est inépuisable. J'ai passé ces deux jours à n'aller que dans les lieux les plus éculés du tourisme romain que je faisais découvrir à ma mère et ma soeur : la Piazza di Spagna, la Piazza Venezia, le Corso, la Piazza Navona, le Pantheon, le Pincio, ma promenade favorite sur l'Aventin et bien sûr le Vatican. Et puis mes deux cantines préférées, la Carbonara sur le Campo dei Fiori et Il Buco, dans la petite Via San Ignazio.

16994ème jour

Bon voyage!

L'enfer s'est poursuivi tout au long du voyage. Nous avons eu droit à un premier appel à la porte qui n'était qu'une fausse alerte, à un second appel qui ne nous a permis que d'attendre debout un bus d'embarquement qui ne venait jamais, à une employée Air France qui riait nerveusement tant la tension était forte, à une italienne en crise de larmes car son titre ne lui permettait pas d'embarquer, à un bus pour embarquer dans le vol Al Italia, à un autre bus à Fiumicino pour rejoindre l'aéroport et à une heure de queue à la file des taxis, ceux-ci étant en grève ce vendredi...
Mais le plus drôle était le bus Aéroport de Paris. On nous a fait entasser à l'intérieur, bien au delà des limites autorisées, en pleine chaleur, et le bus est resté là un bon quart d'heure sans que rien ne se passe. Juste derrière nous, il y avait un autre bus vide, sans doute destiné au troupeau suivant et au fronton duquel était inscrit en lettres lumineuses : "Bon Voyage!"
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