17481ème jour

BGH

Réunion de travail dans la grande tour moderne de la banque BGH. Au bout d'une heure, la cliente nous fait remarquer que tous les slides présentés ont dans le pied de page le sigle de la principale banque concurrente, la BHT. Comme je suis myope, je n'avais rien vu. Je regarde mon collègue en rigolant et lui dis devant tout le monde : C'est la première fois que tu venais en Roumanie? Dommage...

17480ème jour

Enregistrement

Contrôle des bagages à main du dernier vol pour Bucarest ce soir. Comme à l'habitude il faut sortir son ordinateur du sac et défaire sa ceinture. Au moment de récupérer mes affaires de l'autre côté du tapis, la fille du contrôle me tend ma ceinture que j'allais oublier.
- Heureusement que vous êtes là! lui dis-je, j'allais perdre mon pantalon.
- Ca ne serait pas beau!, croit devoir ajouter mon collègue.
- Peut-être que si... répond très gentiment la fille du contrôle...

17479ème jour

.

17478ème jour

Sauvegarde IV

Ayant déjà perdu deux téléphones cette année, je prends les devant et je sauvegarde quelques SMS qui m'ont semblé amusants ou importants. Ce post est la suite de celui-ci.
- Pas encore sniff! Tu te proposes? (21/08/07 16:15)
- Salut Vancant. J'ai une nouvelle mauvaise : Je ne peux pas tu voir ce soir. Tu peuyx me tuer :-) J'ai cassè mon pied à la piscine. Mon bisou toujour reste pour toi. (31/08/07 21:49)
- Ca me fait beaucoup plaisir! J'ai la meme envie! Je spère que tu vas bien i tu seras au messenger. take care. Moi, je suis vraiment esklave du bureau d'architecture- Pas encore sniff! (05/09/07 20:43)
- Ya erreur, j'ai eu 23 ans hier et pas 30. Mais merci, bises (16/09/07 22:51)
- Das ist lieb von dir herr Vincent (21/09/07 19:49)
- Tu sais j'ai bien réfléchis et je pense que notre différence d'âge est trop grande. tu es très sympa. Bon courage et à très vite (25/09/07 11:33)
- Zabastovka ;o) (28/09/07 10:52)
- Oui pourquoi pas mais les gens ne manqueront pas de se plaindre et ça semble complexe (05/10/07 17:25)
- YES 1ERE PRESSION A FROID (12/10/07 12:00)
- Enculé de taxi de merde! (18/10/07 08:17)
- Quand je pète c transparent pour vous (23/10/07 15:00)
- C'est beau le Québec! (25/10/07 01:01)

17477ème jour

Prélude

J'écoute quotidiennement ces jours ci les suites pour violoncelle dans la nouvelle et très belle intégrale de Jean-Guilhen Queyras. Lorsque résonne le prélude de la première suite, ma plus jeune fille dit toujours avec un accent éraillé "Voici mon atelier!" Renseignement pris, il s'agit de la réplique d'une sorcière dans un dessin animé utilisé cette célèbre musique à cet instant précis.

17476ème jour

Baguette

Hier, alors que je rentrais du travail, France Musique diffusait le concert de l'orchestre de la Radio Bavaroise auquel j'assistais il y a peu. Une minute après le début du menuet de la symphonie de Haydn, j'ai tendu l'oreille et j'ai clairement entendu la baguette de Mariss Jansons retomber sur la scène du théâtre des Champs-Elysées. Il m'en faut sans doute peu, mais celà m'a fait très plaisir.

17475ème jour

Le premier récital parisien de Martin Sradtfeld

J'ai eu du mal à rejoindre le Louvre en ce milieu de journée et je suis arrivé une dizaine de minutes avant le récital. Au guichet, la caissière me dit qu'elle n'est pas sûre qu'il reste des places, puis me vend la dernière disponible. Martin Stadtfeld entre en scène, souriant, la démarche toujours un peu mécanique et s'installe au piano pour la Sixième Partita de Bach. La mise en doigts est un peu laborieuse mais très vite, l'interprétation s'oriente vers ce que Stadtfeld sait faire de mieux, un Bach clair si proche de l'univers de Gould. Mais le coeur du récital était l'immense dernière sonate de Schubert D960 que Martin Stadtfeld vient d'enregistrer. Son interprétation de Schubert a quelque chose d'inabouti. Il y a de magnifiques passages rêveurs qui font venir des larmes aux yeux, de grands accords plaqués impressionnants de force. Mais il y a aussi beaucoup de petits accrocs techniques et surtout un manque de vision d'ensemble qui transforme ce long voyage en une simple suite d'étapes. En bis, Martin Stadtfeld nous offre le choral Ich ruf zu dir Herr Jesus Christ si cher à Dinu Lipati.

17474ème jour

J. I

Nous passons beaucoup de temps ensemble. Pas dans la vraie vie bien sûr, mais par le biais de msn messenger ou du téléphone. Il habite horriblement loin et je sens que je m'attache à distance ce qui ne m'est pas arrivé depuis longtemps. Mes horloges internes m'indiquent clairement que je suis en train de faire une bêtise mais je sais parfaitement que je n'en tiendrai aucunement compte et que comme à l'habitude, j'appliquerai l'adage de Saint Augustin.

17473ème jour

La dame du train

Vendredi dernier - Gare de Lyon.
Moi : Pardon Madame, je pense que vous êtes assise à ma place.
Elle (très enervée) : Ah! vous n'allez pas m'embêter avec ça hein! Vous vous trouvez une autre place!
Moi (zen) : Vous le demanderiez gentiment, ce serait avec plaisir, mais vous êtes vraiment extrêmement désagréable...
Elle (toujours aussi énervée) : J'ai eu une matinée horrible pendant quatre heures. J'ai une place. Je la garde!
Moi ! Je pourrais moi aussi vous raconter ma soirée d'hier, mais je n'en vois pas l'intérêt...
Une vieille chouette assise pas loin et qui a assisté à la scène dit de sa voix chevrotante : Le contrôleur a dit que l'on pouvait s'asseoir n'importe où!
Je pose mon pc sur l'une des nombreuses places libres à l'entour, regarde mon collègue auprès duquel je devrais normalement être assis, puis cherche dans la compartiment des places où nous pourrions émigrer. Je les trouve et reviens le dire à mon collègue, qui demande à ma squatteuse de se lever pour le laisser sortir.
L'excitée se lève alors, prend mon PC et le dépose à ma place officielle sans dire un mot et va s'asseoir ailleurs.
Je l'ai remerciée "pour son geste héroïque".

17472ème jour

Un dîner avec Mariss Jansons

Bien que ce jour soit celui de l'anniversaire de sa femme, il nous rejoint peu après le concert à la petite table du restaurant Kaiser, celui si proche du Concertgebouw dont je me suis toujours demandé si Mahler a pu un jour y pénétrer. L'homme est très slave et, bien qu'estonien, il a un fort accent russe, et surtout, il a cette chaleur communicative, il aime que l'on mange et que l'on boive autour de lui, même si lui ne boit que de l'eau.
L'homme est passionné, on ne parlera presque que de Mahler au cours de cette discussion, de l'ordre contesté des mouvements dans la Sixième, de la façon d'obtenir de la contrebasse solo qu'elle joue un peu faux dans le troisième mouvement de la Première.
Sa simplicité est déroutante. Alors que tant de chefs semblent avoir des certitudes sur tout, lui doute, se demande en permanence si ses choix sont les bons et accepte volontiers de confronter ses idées et sa conception de l'oeuvre.
2011 approchant, étant à la tête de deux orchestres mahlériens, Mariss Jansons se demande comment fêter l'événement, en proposant quelque chose de jamais fait. Et puis à ma grande joie, il m'annonce que lui et l'orchestre ont décidé, à priori, d'enregistrer tout Mahler.

17471ème jour

La Cinquième de Maris Jansons au Concertgebouw

En arrivant au Ring, nous avons contourné Amsterdam par le nord, afin d'éviter le marathon qui se tenait dans toute la ville. Ici est là, des affiches avec les lettres jaunes VIJF sur fond fuschia nous rappelaient l'objet de notre visite. C'est la première fois que j'occupais une aussi bonne place au Concertgebouw et, il faut bien le reconnaitre, la différence est flagrante par rapport à toutes celles que j'ai occupées jusque là. Mon illustre voisin et moi même occupions donc les places 63 et 65 du deuxième rang du blacon, en plein centre, juste au dessus des lettres dorées formant le nom du compositeur bien aimé. La première partie du programme était constituée du Don Juan de Richard Strauss que Mariss Jansons a dirigé de façon enflammée précise et inspirée, retenant par instant l'orchestre dans des silences haletants, après des fortissimi d'anthologie. Et puis après l'entracte, les fameuses notes solo de la trompette ont retenti, inaugurant l'une des plus mémorables Cinquième que je n'ai jamais entendues. Je retiendrai deux moments exceptionnels de cette interprétation que de ma vie je n'oublierai jamais. Ce passage du deuxième mouvement où la section des violoncelles au complet joue une mélodie à s'évanouir de beauté, juste accompagnés par une légère vibration des timbales. Et puis, dans le scherzo, ce long diminuendo des quatre cors, que Mariss Jansons a choisi de magnifier en les faisant s'éteindre l'un après l'autre. La salle a fait un triomphe a son orchestre, prouvant une fois de plus qu'Amsterdam est la ville de référence de l'interprétation mahlerienne.

17470ème jour

Où je me retrouve copilote de bus au milieu des vignes

Retour en Bourgogne, deux ans plus tard, pour un week-end similaire au précédent. Nous arrivons dans des TGV et sommes pris en charge par des bus qui nous accompagnent à nos hôtels autour de Dijon. Au bout de trois arrêts, le chauffeur, la soixantaine bien tassée et des grosses lunettes, nous annonce qu'il a besoin de faire demi tour. Mais il n'est pas facile de faire demi-tour sur une route Nationale, avec un bus de soixante places. Il avance toujours plus loin, raconte au téléphone à un interlocuteur inconnu avec son accent rocailleux que c'est vraiment la merde, kia pas moyen de faire demi tour dans ce bordel. Au bout d'une vingtaine de kilomètres, il y parvient. Nous arrivons à un hôtel, tout le monde descend. Je me retrouve seul dans le bus et m'installe donc à côté du chauffeur.
- Je ne sais pas où est votre hôtel, me dit-il
- Moi non plus! ai-je répondu amusé.
- On va pas retourner à Dijon. Doit y avoir moyen de couper par les petites routes...
Et nous voilà partis. Quelques kilomètres plus loin, Papy Mougeot s'arrête à un carrefour, met les warnings, descend du bus et traverse la route pour aller lire les panneaux qu'il ne parvenait pas à déchiffrer de son siège.
- Vous avez une carte? lui ai-je demandé
J'ai ouvert la carte, il a regardé avec moi.
- C'est où Dijon? a-t-il demandé alors qu'on ne voyait guère que celà au milieu de la carte.
Je lui ai suggéré de reprendre le volant et je l'ai guidé sur les petites routes départementales au milieu des vignes. Au bout d'une vingtaine de minutes, il m'a enfin déposé à mon hôtel. Nous étions devenus les meilleurs amis du monde.

17469ème jour

Une voix familière

J'étais heureux d'entendre sa voix ce matin sur France Musique pendant trente minutes, alors que je me rendais au bureau. C'est amusant d'entendre une voix familière à la radio. On peut facilement imaginer les petites mimiques, les attitudes, on peut presque se reconstruire une image intérieure. Je n'avais jamais réalisé combien sa voix était proche de celle de Jean d'Ormesson, avec une certaine chaleur, le choix toujours précis des mots et aussi un rien de préciosité. Dans deux jours, sa voix résonnera aussi dans la voiture pendant quatre heures, alors que nous roulerons vers Amsterdam, mais cette fois, il sera assis à mes côtés.

17468ème jour

Et mon Yo-Yo?

J'avais une double première rencontre ce soir. Celle avec Yo-Yo Ma que je n'ai jamais vu sur scène, et celle avec le concerto de Dvorak que je n'ai jamais entendu en concert. Las, travail en retard, heures impératives, vers 19 heures, j'ai compris que je n'irais pas à Pleyel ce soir et j'ai travaillé jusqu'à ce qu'il soit l'heure d'aller boire un verre avec l'un des spectateurs du concert de l'orchestre National de France au Théâtre des Champs Elysées.

17467ème jour

Mon meilleur déjeuner de l'année

17466ème jour

Finalement, le premier ennemi des blogs serait sans doute le trop plein d'activité

Aujourd'hui, j'ai eu l'impression de me lever machinalement, de me rendre au bureau et de ce moment là, pendant douze heures d'affilée, les événements se sont succédés sans que je ne puisse rien faire ni maitriser. Une démission, deux conférences téléphoniques avec l'Afrique du Sud, une avec le Royaume Uni, deux avec le Koweit, une avec la Suisse, une avec les Emirats Arabes Unis, une proposition commerciale à terminer, une réunion sur le partage du monde style Yalta, une cinquantaine d'e-mail reçus et autant d'envoyés, un entretien d'embauche et trois appels téléphoniques d'un ami très cher qui a modifié deux fois notre date de départ à Amsterdam le week end prochain pour au final, revenir à la date initialement prévue.
La seule bonne nouvelle du jour est que celui ci s'est achevé par le lancement du recrutement de deux personnes censées me faciliter la vie.

17465ème jour

La fin de l'oeil du prophète

Il y a un peu plus d'un an, je m'étais décidé à enfin remplacer mon porte-clefs qui intriguait tant les douaniers et que j'avais décidé de jeter pour ne pas perdre de temps dans les aéroports. J'avais acheté l'un de ces porte-clefs bleus que l'on trouve partout en Grèce et en Turquie et qui représente l'oeil du prophète. Dans les deux pays, il est censé porter bonheur. J'avais acheté le mien sur l'île de Kos et je disais aux grecs qu'il était grec et aux turcs qu'il était turc, ce qui m'amusait.
Aujourd'hui j'ai laissé tomber mes clefs sur le tapis de mon bureau et curieusement, le porte-clefs bleu s'est brisé, juste à l'endroit fragile ou passe l'anneau métallique qui relie les clefs. Depuis, l'oeil est sur mon bureau et semble me narguer. Sans être superstitieux, je ne peux m'empêcher de penser que la disparition des objets familiers qui ont accompagné notre vie ont une mystérieuse signification.

17464ème jour

Souvenir du siècle dernier

Un jour, alors que j'étais adolescent, il pleuvait assez fort et, mon père et moi, avions utilisé le parapluie de ma mère pour affronter les intempéries. Mon père m'avait fait cette remarque : "Tu vois, pour une femme, il vaut mieux acheter un parapluie noir. Comme celà, elle peut facilement le prêter à un homme." C'est sans doute en raison de cette remarque que j'ai toujours acheté des parapluies aux couleurs vives.

17463ème jour

Les boules de Galilée

Dans la classe de ma fille aînée, il y a quelques jours. L'un des élèves lit un extrait de Kant qui dit : "Lorsque Galilée fit rouler ses boules sur un plan incliné..." Le premier rang pouffe. Le professeur, femme un peu austère, très énervée leut dit : C'est vraiment l'âge critique. Reprenez! L'élève redit la phrase, et le professeur, comprenant soudain, éclate de rire à son tour...

17462ème jour

Cyril

En sortant de l'Esplanade où nous avions dîné ensemble, il m'a demandé quelles étaient mes premières impressions à son sujet. La question est directe! lui ai-je dit. Je suis toujours très direct! a-t-il répondu. Je lui ai dit que je le trouvais vraiment très charmant et que, en conséquence, je devais faire attention. Et aussitôt, j'ai compris que je ne le reverrais jamais.

17461ème jour

Une imprudente collection

Quelques collègues se sont amusés aujourd'hui en regardant dans mon bureau ma collection de sacs à vomi. Je me suis quant à moi beaucoup moins amusé lorsque l'un d'entre eux a émis le projet de chercher "collection sac à vomi" dans Google. Je savais à l'avance qu'il arriverait ici. Je ne sais s'il en a eu le temps. Une heure plus tard, le pot-pourri était en rideau.

17460ème jour

Mahler et Korngold par l'orchestre de Paris

Avec un collègue, nous sommes partis de Roissy sans billet en direction de la salle Pleyel. Nous nous sommes garés à 19h55 et avons acheté deux billets de premier balcon à 19h58. Une minute plus tard, l'un des personnels d'accueil m'indique que les portes des balcons sont fermées. Je commence à hurler et il nous dit de nous rendre à l'orchestre. Nous y allons rapidement, il reste quelques places, nous nous asseyons au dixième rang alors que Christoph Eschenbach entre en scène.
J'ai toujours eu un faible un peu honteux pour le concerto pour violon de Korngold, comme on aime une photo passée ou un vin un peu sucré. Il y a des passages très réussi rappelant la musique hollywoodienne dont Korngold est sans conteste l'un des inventeurs et d'autres un peu répétitifs mais dont je m'accomode fort bien. Philippe Aïche, visiblement ravi de jouer pour une fois debout, nous offre une interprétation bien sage du concerto, loin de ce qu'une Mutter par exemple, ose proposer...
Les occupants autorisés de nos places de parterre s'étant manifestés pendant l'entracte, nous avons du remonter au pemier balcon et renvoyer à notre tour ceux qui nous avaient quatté nos places. Il y avait fort longtemps que je n'avais entendu en concert la Première de Mahler, sans doute depuis un concert assez calamiteux de Roger Norrington à la cité de la Musique. Christoph Eschenbach et en orchestre de Paris très en forme nous ont offert une très belle première de grande tenue, avec en particulier un Bruder Martin parfaitement grinçant et ironique aux sonorités magnifiques. Et messieurs les cornistes, merci de vous être levés lors des dernières mesures.

17459ème jour

Limpidol

Lorsque j'étais enfant, j'avais mis ma famille à contribution pour me fournir des petites languettes en carton que l'on trouvait sur les tubes de colle Limpidol. La languette représentait le logo de la marque qui pour beaucoup, ne représentait rien, mais où je voyais clairement le profil d'un écureuil.
Avec les précieuses languettes, on pouvait obtenir des planches de couleur pour construire des reproductions cartonnées de bâtiments célèbres. Et pendant longtemps, dans le grenier de la maison familiale, sont restés sous la poussière le Chateau de Chenonceau, ainsi qu'un chateau-fort imaginaire.

17458ème jour

Lundi

Passé la journée en compagnie d'Alex Taylor. Il est beaucoup plus grand que je ne l'imaginais, il n'a presque pas d'accent en français, il a des costumes (Paul Smith?) très bien coupés et toujours une aussi jolie voix. Il a hélas pris un bon coup de bambou sur la tête.

17457ème jour

Coïncidences

Revu G. au café Beaubourg qui sera sans doute toujours notre centre du monde. On boit un café à la terrasse. Au cours de la discussion, je comprends qu'il est le héros malheureux d'un article du Monde que j'avais lu à San Francisco au tout début du mois d'août.

17456ème jour

Nuit blanche

Avec Maksim, nous allons au conservatoire de musique à côté de chez moi. Il y a juste le bon nombre de personnes pour remplir l'auditorium. Peu après 21h00, Pascal Amoyel entre en scène en descendant le grand escalier de l'amphithéâtre. Il pend étrangement son pardessus à un porte-manteau posé à côté du Steinway, allume quelques bougies et nous offre un très beau récital : un nocturne de Chopin, la deuxième ballade, puis un extrait des Harmonies poétiques et religieuses. J'ai un peu regretté de ne pas entendre la Sonate pour piano Les plaisirs de Chérence d’Olivier Greif, initialement prévue, avec notamment sa variation sur Walk on the Wild Side de Lou Reed.
Vers 21h45, nous prenons deux Velib et nous traversons Paris envahi de beuglards qui hurlent en tout sens "On a gagné!!!!". Mais qu'ont-ils bien gagné, ces sinistes pochards sportifs derrière leur écran de télévision?

17455ème jour

Le record du monde entre son lit et un avion

Mon vol de retour vers Paris étant à 7h20, j'avais mis mon réveil à 6h00. Alors que je croyais petre encore au milieu de la nuit, le téléphone sonne. C'est la réception qui m'indique que mon taxi m'attend. Il est 6h06. Comme la fois précédente, j'ai mal paramétré mon téléphone dont la fonction réveil ne sonne pas en mode silence. Je n'ai pas pris de douche, je ne me suis pas rasé, j'ai juste bouclé ma valise, me suis habillé et je suis descendu payer. Pour aller plus vite, j'ai demandé à payer le taxi avec la note de l'hôtel et à 6h20, nous partions pour l'aéroport.
My flight is at 7:20 ai-je dit au chauffeur
Dont worry a-t-il sobrement répondu.
La Mercedes est rarement descendu en dessous des 150km/h sur la route de l'aéroport, doublant à droite, à gauche, par dessus si celà avait été possible. A 6h45 j'étais à l'aéroport et à 7h00, assis à ma place dans l'avion.
En raison du brouillard au dessus de Roissy, nous avons attendu deux heures dans l'avion.

17454ème jour

Koper

En atterrissant à Ljubljana, le commandant de bord a eu cette formule inusitée : Nous vous prions de bien vouloir nous excuser pour cette arrivée en avance.
Le temps d'admirer les nouveaux euros slovènes reçus comme monnaie de mon café, j'ai retrouvé mon collègue et nous sommes partis pour Koper, une petite ville assez calme qui est aussi le seul grand port de la côte slovène. Nous étions très à l'avance et nous avons erré dans le vieux centre ville, plutôt mignon mais beaucoup moins charmant que Ljubljana. Nous avons déjeuné de calamars fris arrosés d'un petit vin blanc local à la terrasse d'un restaurant pittoresque envahi d'étudiants.
Après notre réunion de travail, mon collègue nous a ramenés à Lubljana sous la pluie.

17453ème jour

Au secours j'ai perdu mon velib!

J'ai retrouvé Valter ce matin à Roissy. Son avion était à ponctuel mais il a fallu une bonne heure avant qu'il ne sorte enfin du hall de livraison de bagages du hall 2F. On a déjeuné ensemble et ce soir j'ai tenu à lui faire découvrir la ville en Velib. Nous avons du parcourir huit stations pour trouver deux vélos en état de marche. Chaînes cassées, vélo sans selle, pneus crevés ou déjantés... Valter se décourage mais moi je m'entête. Nous partons enfin... Je me rends compte très vite que mon Vélib est bloqué en deuxième vitesse, c'est horripilant mais je n'ai pas la patience d'aller le rendre. Nous allons dîner au café Beaubourg.
Comme Valter est en plein jet lag, nous décidons de rentrer directement. Rue Michel le Comte, je me retourne et vois Valter derrière moi. Je traverse la rue Beaubourg, je me retourne et il n'est plus là. J'ai parcouru le quartier en tout sens, je suis retourné là où nous avions pris nos vélos, j'ai refait tout le chemin, pas de Valter. Je suis donc rentré chez moi seul, un peu inquiet de le laisser dans une ville qu'il ne connaissait pas. En rendant mon vélo, j'ai pu vérifier qu'il avait également rendu le sien, quelque part. Il est arrivé vingt minutes après moi et m'a expliqué qu'au carrefour, il avait tourné à gauche, suivant une autre chemise noire elle aussi en Vélib.

17452ème jour

Vigo Street

Je mets les pieds pour la première fois dans la boutique Abercrombie de Londres. L'ambiance est la même qu'aux USA, il y a la même odeur d'eau de toilette Abercrombie, le même gogo boy torse nu et vitaminé à l'entrée, la même lumière tamisée, la même musique forte et branchée. Mais à Londres, les volumes du magasin sont extrêmement étonnants avec une hauteur sous plafond très impressionnante et des vendeurs à la beauté halucinnante y évoluent mollement.
Sur le trottoir qui fait face, se tiennent les vitrines du (très) cher Oswald Boateng. La personne qui en a la charge a particulièrement bon goût.
Il pleut. Je prends un cab pour Waterloo Station et j'y prends le train probablement pour la dernière fois de ma vie. Avant que celui-ci ne parte, j'appelle mon père pour qui c'est aujourd'hui un anniversaire important, un de ceux qui se terminent par un zéro.

17451ème jour

En répétition avec le LSO

Je suis arrivé sous la pluie à l'église St Luke, toute proche du Barbican, et où le London Symphony Orchestra répète le plus souvent. Malgré une heure de retard, j'ai été très gentiment accueilli et j'ai pu me glisser silencieusement dans la salle alors que l'orchestre jouait. C'est une assez jolie église dont on dirait qu'elle a beaucoup suffert. Les murs sont encore là, mais la charpente est très moderne. Un petite tribune a été installée pour les spectateurs peu nombreux ce jour là. Il faut dire que la session était consacrée à la répétition d'oeuvres de très jeunes compositeurs. Alors que j'arrivais, l'orchestre répétait Water Colors d'Anjula Semmens (20 ans). Et après un court entracte, nous sommes passés à Pixel de Tom Lane et Lachrimae Antiquae Novae d'Emily Howard. Ce qui était surprenant dans l'écoute de ces trois pièces, c'était leur homogénéité, comme si les trois jeunes compositeurs étaient passés dans le même moule et avaient tous envie de jouer sur les couleurs plus que sur la construction musicale. Et de fait il y avait de très beaux sons, des effets intéressants, parfois un peu d'émotion. Le plus émouvant toutefois était d'observer les compositeurs, au premier rang, en train d'écouter leur oeuvre pour la première fois de leur vie, de la confronter avec ce que leur esprit avait imaginé. Et le plus admirable était la concentration de l'orchestre, qui jouait avec engagement et intérêt ces pièces toutes neuves. Leur chef François-Xavier Roth défendait lui aussi l'oeuvre dans un anglais savoureux et suggérait parfois de légères modifications.
Vers seize heures, j'ai quitté la salle à regret, songeant que s'y j'habitais Londres, je viendrais souvent me recueillir à Saint Luke.
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