19155ème jour

Paris Milan Athènes

Une réunion chez un consultant milanais dans un décor minimaliste, un déjeuner chez Peppino (le diminitif de Giuseppe) un restaurant pas mal du tout et pas loin du Duomo, une autre réunion chez des clients idiots, retour à Malpensa et le vol assez long de Milan à Athènes. Dans l’avion je lis Royal Romance, le nouvel opus de François Weyergans, qui ressemble beaucoup à Deux jours chez ma mère mais en un peu plus fatigué.
Je suis amusé par cette scène où l’auteur, un écrivain se fait aborder par une lectrice dans une librairie :
« Pardon Monsieur, êtes-vous Daniel Flamm ? » J’étais passé à la télévision quelques jours avant. Elle me dérangeait, je lui répondis : « Non, je ne m’appelle pas comme ça. » La fille ne bougeait pas. Sympathique avec un imperméable qui lui allait bien :
- C’est fou comme vous lui ressemblez.
- Imaginons que je sois lui. Qu’est ce que vous lui vouliez ?
- Je viens d’acheter un de ses romans pour l’offrir à ma sœur. C’est son anniversaire.
- Je vais vous dédicacer le livre. Vous n’aurez qu’à dire que vous avez rencontré Daniel Flamm.
- Ah non ! Ce serait un faux...

Avec l’heure de décalage horaire, j’atterris à minuit quarante à Athènes, je retrouve un collègue à l’aéroport et nous rentrons dans le centre, ou encore mieux, à l’Hôtel Central.

19154ème jour

Amsterdam Eindhoven Paris

J’avais oublié de prendre mon rasoir et mon hôtel n’avait pas de shaving kit. Je pars donc un peu à l’avance à la gare, mais à cette heure très matinale, tout est fermé. Finalement, j’en trouve un dans une boutique qui ouvre à sept heures alors que je dois prendre le train d’Amsterdam à Eindhoven de 7h08. Je me rase à sec dans le train.
Réunions à Eindhoven.
Retour à Amsterdam et déjeuner tardif chez Keyzer.
Comme la semaine passée, je passe les contrôles de sécurité de Schiphol avec quatre joints dans la poche arrière de mon pantalon.

19153ème jour

Paris Amsterdam

En fin de journée, je prends le vol Paris Amsterdam et je vais pour la première fois à l’hôtel Dikker en Thijs, très bien placé sur Prinsengracht, à l’atmosphère sympathique et pas très cher. Un peu fatigué, je dîne à l’hôtel et laisse et pourboire exceptionnel au très beau serveur. J’achète quelques joints au Bulldog et je rentre dormir à l’hôtel.

19152ème jour

Un lundi de Pentecôte avec Matisse, Jean-Sebastien, Clouzot et le viaduc de Garabit

J’ai revu Gaëtan, nous avons déjeuné avec une de mes filles à la Brasserie de la poste et nous sommes allés en voiture jusqu’au centre Pompidou pour voir l’exposition Matisse, intéressante car elle met en regard des diptyques et des triptyques en variation d’une même œuvre, faisant percevoir les hésitations et les doutes du peintre mais je reste peu sensible à cet univers.
Je vais à la gare du Nord récupérer JS qui rentre de Metz. On va chez moi et on passe tout de suite à l’action en restant longuement dans ma salle de bains, puis sur mon lit.
Le soir, je reçois sur LinkedIn ce message de Pierre, ce garçon que j’avais vu si souvent il y presque quatre ans et qui avait disparu sans vraiment donner de raison :
"Salut comment vas tu ? Ecoute je sais que j ai pas été très cool avec toi mais j étais jeune et pas très très malin. Bref je serais ravi de te compter parmi mes amis. Si tu es intéressé contacte moi je te laisse mon mail."
Tard dans la nuit, je tombe par hasard sur l’intéressant documentaire relatant le tournage de L’enfer, ce film maudit et inachevé. Clouzot, Romy, Reggiani. Ils sont tous morts. J’ai souvenir qu’enfant, alors que j’avais neuf ans j’avais fait un voyage avec mon école en train panoramique. Celui-ci s’était immobilisé sur le viaduc de Garabit. Je n’imaginais pas alors qu’en cet endroit, peu de temps avant, des acteurs avaient passé un été étrange plein de conflits et de beauté et que ce tournage me donnerait autant d’émotion, une nuit, quarante deux ans plus tard.

19151ème jour

Les bien-aimés

Déjeuner avec Gaëtan et une de mes filles à L'Entrecôte de la Rue Marbeuf.
Le soir je regarde Les bien aimés de Michel Honoré, l’un des films dont Antoine m’avait tant vanté les mérites et dont il avait chanté toutes les chansons par cœur alors que nous rentrions de Hambourg l’an passé. Le film ne m’a pas vraiment emballé mais j’ai été amusé de constater que plusieurs scènes ont été tournées dans ma rue.

19150ème jour

Venise Paris

Je me suis trompé de vaporetto Alilaguna en quittant San Marco et j’ai du revenir en sens inverse pour prendre le vaporetto suivant. J’ai couru avec ma valise et les sacs de mes filles entre le ponton et l’aéroport mais j’ai eu mon vol de 13h05.
A Paris, j’ai déjeuné tardivement avec l’une de mes filles au Pied de cochon (qui est devenu une adresse bien peu recommandable, sans parler des odeurs de javel venant de la piscine Saint Eustache), j’ai appelé HLG qui fête ce jour ses 88 printemps et le soir, j’ai retrouvé une autre de mes filles. Nous avons regardé The Game avec Michael Douglas, qu’elle avait vu enfant et qu’elle avait tellement aimé qu’elle souhaitait absolument le revoir avec un regard plus adolescent.

19149ème jour

La Somnambule à La Fenice

Après avoir déjeuné à Aqua Pazza et acheté les fameux sacs de mes filles, après un spritz au Cynar (le fameux alcool à l’artichaut) près du marché aux poissons, je me rends à la Fenice pour La Somnambule, opéra que je n’avais jamais entendu jusqu’à aujourd’hui. L’histoire est absurde : Un amant quitte sa fiancée car elle s’est retrouvée dans la chambre du noble du coin en raison d’une crise de somnambulisme. Les amants se retrouveront, alors que la somnambule refait une crise juste avant que le fiancé n’en épouse une autre. La musique est du bel canto le plus pur et j’ai pu vérifier que ça n’est vraiment pas ma tasse de thé. L’opéra était transposé dans une station de sport d’hiver en Suisse dans les années 50, et les décors étaient très réussis avec le téléphérique rouge et le gros bus (rouge lui aussi) devant une image de montagnes alpines. J’ai découvert ce soir un effet acoustique amusant. La salle de la Fenice est en forme d’ellipse et si l’on s’installe au rang N, on est exactement dans le point focal de l’ellipse, l’autre point focal étant une grande partie de la scène. Les voix des chanteurs sont incroyablement amplifiées (ce qui est agréable) mais semblent venir de partout (ce qui l’est moins). Expérience étonnante.
Dîner au Do Farai bondé.

19148ème jour

Bologne Venise

Après une journée de travail aux environs de Bologne, mon collègue me dépose à la gare. Je passe un peu de temps dans la salle d’attente où l’on voit clairement l’endroit où une bombe explosa en 1980 et son impact dans le sol. Bologne Venise en train pour la modique somme de trente euros. Belle arrivée à Santa Lucia. Marche à pied depuis Ferrovia jusqu'à l’hôtel Romeo e Giulia, pas très loin du Rialto. Je vais évidemment chez Do Farai où, après mon habituelle granseola, Stefano me prépare devant moi son carpaccio de bar sur lequel il dépose un filet d’huile d’olive et une cuiller à soupe de prosecco. Deux sgroppino couronnent bien sûr ce dîner qui fut l’un des meilleurs de ma vie.
Je rentre à l’hôtel sous une pluie légère.

19147ème jour

Paris Bologne

En milieu de journée, alors que je suis en route pour Roissy, j’appelle ma mère qui comprend que je pars à Boulogne, ma nounou qui comprend que je pars en Pologne, puis ma sœur qui, du premier coup, comprend bien que je pars à Bologne.
Diner à l’Osteria dei Poeti et petite marche à pied dans Bologne où je n’avais pas mis les pieds depuis une vingtaine d’années. Le soir à 23h45, alors que je m’apprête à dormir, je sens mon lit qui va et vient pendant une dizaine de secondes. C’est l’une des répliques du séisme de la semaine passée. C’est aussi mon premier tremblement de terre.

19146ème jour

Cosi au Théâtre des Champs Elysées

Après une journée de travail, je fais des courses pour le dîner et je passe chez moi me changer pour le concert. Je trouve sous ma porte un faire part de mariage de la fille de ma cousine germaine. Ces signes des basculements de générations me dépriment profondément.
Je récupère Jean-Sebastien devant son lieu de travail rue de Provence et, alors qu’il s’avance vers moi, je peux vérifier qu’il a bien les "quelques rondeurs" qu’il m’avait annoncées, mais aussi le très beau visage de ses photos grindr.
Nous assistons ensemble au Cosi du Théâtre des Champs Elysées dans sa mise en scène très classique. Les voix sont assez inégales avec Pietro Spagnoli, bien mal à sa place en Fernando et Markus Werba qui passe avec brio du Papageno populaire de décembre au Guglielmo officier de ce soir. Jérémie Rhorer et son Cercle de l’Harmonie sont très convaincants dans ce Cosi aux décors plutôt beaux mais un peu banals.
Comme promis j’invite JS à prendre une côte de bœuf chez moi et je nous prépare comme dessert un sgroppino. Peut être est ce la vodka un peu trop tassée mais JS est devenu très tendre et nous avons passé un long moment sur mon lit.

19145ème jour

Berlin Paris

Je me lève très tard et mes pas me conduisent chez Borchardt où je n’avais pas mis les pieds depuis un déjeuner avec Alban Berg à l’occasion des 80 ans de Pierre Boulez en 2005. L’endroit est toujours aussi agréable, peut-être un rien ostentatoire. En fin d’après midi je vais à Tegel pour ce que je croyais être ma dernière visite à cet aéroport que j’aime tant. Mais des problèmes de sécurité lors de la construction du nouvel aéroport de Brandebourg ont fait repousser son inauguration de juin 2011 au 13 mars de l’année prochaine. Dans l’avion je lis dans Le Point une interview de Jean d’Ormesson où se trouve cette phrase lucide et désespérante : "Il faut se résigner à passer du rôle d’amant au rôle de grand-père."
Le soir chez moi, longue discussion avec Jean-Sébastien , un grindrien dont les parents devaient aimer Bach et qui accepte un dîner avec moi pour demain. L’inconscient insiste même pour que le dîner ait lieu chez moi.

19144ème jour

Die Walküre à la Philharmonie de Berlin

Après un déjeuner chez Brechts (un nouveau restaurant que je connais grâce au guide Michelin avec une très agréable terrasse en bord de Spree et où j’ai étonnamment encore pris des asperges), et une heure au soleil dans le Tiergarten, je vais à la Philharmonie pour la Valkyrie.
Extraordinaire représentation de concert avec des solistes époustouflants : Esa-Maria Westbroek en Sieglinde douce et émouvante, Christian Elsner en Siegmund énorme mais merveilleux dès que l’on ferme les yeux, Mikhail Petrenko, juste et violent dans un Hunding bien meilleur que celui du MET, et Terje Stensvold, Wotan plus tout jeune mais de très grande classe et jusqu’aux Valkyries merveilleuses d’energie et de justesse depuis le fond de la scène. Mais le clou de cette Valkyrie d’anthologie, comme à Aix il y a trois ans dans Götterdämmerung, ce sont les Berliner Philharmoniker, galvanisés par Rattle et qui nous envoient pendant quatre heures une énergie et un bonheur exceptionnels. Rien que le prélude du premier acte, par exemple, était un modèle de grandeur et de beauté. Il n’y avait dons pas de mise en scène, mais les chanteurs jouaient entre eux, et ils semblaient tous maitriser tellement bien leur texte qu’il passait un véritable courant entre eux et que cette complicité d’une version de concert est peut-être la plus belle mise en scène que je n’ai jamais vue dans un opéra de Wagner.
Le public berlinois aux anges fait un triomphe mérité à son orchestre.

19143ème jour

Paris Berlin - Mini-Mahler

Je repars à Berlin pour un deuxième week-end d’affilée. L’objectif principal de ce voyage est la Valkyrie de demain, mais mon attention a été attirée par un programme intitulé Mini-Mahler, un cycle organisé par un très jeune chef anglais et quelques amis, autour d’œuvres de musique de chambre de la période de Mahler, ou d’œuvres de Mahler lui-même transcrites pour petit ensemble. Le concert a lieu dans la Kammersaal de la Philharmonie que les jeunes musiciens peinent un peu à remplir. Leur chef, le très sexy Jooz Gale, qui a des petits airs de Florian Zeller (coiffure comprise) arrive sur scène une main dans le plâtre (une première pour un chef d’orchestre), un serre-tête pour dompter sa coiffure et un immense sourire.
Au programme, quelques Lieder miniatures de Berg et les Lieder eines fahrenden Gesellen (dans la réduction de Schönberg) mais aussi Much ado about nothing de Korngold, la symphonie de chambre de Schreker ainsi qu’une Fantaisie sur le thème de Blumine d’un jeune compositeur présent dans la salle, Alexander Prior. La Fantaisie s’avèrera reprendre de nombreux thèmes mahleriens, mais pas du tout celui de Blumine.
Dîner chez Lutter & Wegner de Gendarmenmarkt (encore des asperges).

19142ème jour

Chez Michel

Pas fait grand-chose à part un peu de Gibert et de Chaumière à Musique. Le soir, j’emmène deux de mes filles dîner chez Michel, rue de Belzunce, un restaurant où je n’avais pas mis les pieds depuis des années, maintenant devenu une table bretonne assez bonne, mais plutôt chère.

19141ème jour

D'un repas l'autre

En ce jeudi de l’Ascension, déjeuner avec l’une de mes filles à La Poste.
Dîner avec une autre au japonais d’à côté et nous regardons ensemble TimeOut qu’elle n’avait pas vu.

19140ème jour

Moonrise Kingdom

C’est déjà le week-end et je retrouve ma plus jeune fille pour aller voir Moonrise Kingdom le film qui est vu en même temps à Cannes par le public du Festival. C’est un film merveilleusement poétique, drôle, sensible et fantastiquement joué par toute l’équipe d’acteurs, à commencer par les enfants vraiment extraordinaires.

19139ème jour

Tempêtes

C’est le jour de passation de pouvoir entre l’ancien président et le nouveau. L’orage déchainé qui lui rend l’air si ridicule sur les Champs-Elysées, avec son costume neuf trempé et ses lunettes embuées, me semble être un bon symbole de la tempête économique qui se lève en Europe.

19138ème jour

Paris Bruxelles

Je profite d'une journée de travail à Bruxelles, j’en profite pour déjeuner à La Luna, toujours aussi sympathique. Comme j’ai du temps, je me déplace en métro et je découvre grâce à ma fille que Bruxelles a un métro aérien, ce qui est banal, mais aussi un tramway sous-terrain. Et en effet, on peut traverser sa voie tranquillement, comme si l’on était en surface.
Alors que je rentre en Thalys, je capte un grindrien de Lille, un mec au regard et au nez d’aigle, au physique vraiment fascinant qui me dit passer tous ses mercredi à Paris.

19137ème jour

Amsterdam Paris

Mauvaise nuit avec des voisins de chambre qui, sans doute de retour de coffee shop, parlent très fort, rient et claquent des portes pendant des heures. Je proteste auprès du type de l’accueil qui intervient mais sans succès.
Je me promène par un beau soleil jusqu’à Leidseplein. En fin d’après-midi, je prends l’avion pour Paris, avec, comme la dernière fois, un petit sachet de joints dans la poche de mon pantalon.

19136ème jour

Berlin Amsterdam

Je me suis levé vers cinq heures à Berlin et j’ai décidé de dormir deux heures à mon hôtel d’Amsterdam. J’ai un doute, mais il me semble vraiment que le Park Hotel Vondel où je réside, est l’ancien Kok Hotel, qui est le premier hôtel où je suis allé avec V. et O., il y a vingt cinq and environ. J’avais cherché cet hôtel avec P. il y a quelques années et un passant nous avait souhaité "Good Luck" après que nous lui avions demandé le Cock Hotel.
Il fait beau. Je vais à pied de l’hôtel jusqu’à Concerto, où je déniche un petit livre avec le texte des conférences sur Mahler, lors du colloque de la Mahlerfeest 1995.
Après une visite à Scotch & Soda, j'achète un billet pour le concert du soir au Concertgebouw et je prends un déjeuner tardif au Keyzer. Je rigole avec le serveur d’un gros type assis au bar et qui, sans s’en rendre compte, montre la raie de son cul à qui veut la voir.
Le concert du soir est donné par l’orchestre de la Radio Néerlandaise sous la direction d’un chef russe Dima Slobodeniouk. Est-ce le prix des places, le public est totalement différent de celui du Concertgebouw, beaucoup plus jeune et familial.
Je suis surpris par la bonne qualité de l’orchestre, en particulier dans la suite N°1 de Peer Gynt, claire et magnifiquement ciselée. Suivent les Variations roccoco de Tchaikowski par Jean-Guilhem Queyras que j’entends pour la première fois en concert. Je suis au départ un peu déçu par le son de son instrument que je trouve léger manquant de gravité mais au fur et à mesure des variations, l’interprétation prend de l’ampleur et devient vraiment enthousiasmante. Le concert comprend aussi l’Andante cantabile, œuvre sans grand intérêt et en deuxième partie, c’est la Première Symphonie de Sibelius qui ne me réconcilie pas avec le compositeur finlandais.
Petit passage au Bulldog où je fume un joint au bar. De retour à l’hôtel, discussion avec Derek, un grindrien que j’invite illico à Paris.

19135ème jour

Berg et Schumann par Claudio Abbado et les Berliner Philharmoniker

Je prends le vol easyJet de 8h55 pour Berlin et j’arrive à Schönefeld vers 10 heures. Alors que je sors de l’aéroport pour poser ma valise à l’hôtel, je réalise soudain que j’ai oublié mon ordinateur dans l’avion. Je retourne au plus vite dans l’aéroport, on me recommande d’aller aux objets trouvés et là, une femme rigoureuse et efficace me prend en charge. Elle appelle aussitôt la porte où mon avion se trouve encore, parle à quelqu’un et me dit que mon ordinateur a été retrouvé. Quelqu’un va me le rapporter d’ici une dizaine de minutes. J’attends. Un quart d’heure plus tard, la femme me fait signe et me montre un ordinateur qui n’est pas le mien. Je lui dis qu’il faut renvoyer quelqu’un, que mon ordinateur y est avec certitude. Elle me répond que l’avion est déjà reparti, et pour Barcelone... On regarde le parcours de l’avion qui après avoir fait un aller retour Berlin Amsterdam dans la matinée, fait maintenant un aller retour Berlin Barcelone. Je suis un peu découragé, imaginant que l’équipage va déposer mon ordinateur à Barcelone et que les chances de le retrouver sont faibles. Je pense en particulier aux derniers documents sur lesquels j’ai passé du temps, et aux trois derniers mois du blog, dont je n’ai pas de sauvegarde. Je prends la décision que si mon PC s’avère perdu, j'arrête le blog.
Je prends un taxi jusqu’au café Einstein pour y déguster leurs merveilleuses asperges de saison aux petites pommes de terre fondantes. Alors que je termine mon Apfelstrudel dans le jardin, un gros orage commence qui ne finira que dans la soirée. Habillé d’une simple chemise, je me réfugie chez Dussmann et au café Einstein de la Friedrichstraße.
A 18h30, j’appelle les objets trouvés de Schönefeld et j’apprends que mon ordinateur a été retrouvé et qu’il m’attend à l’aéroport.
Le soir, je me rends à la Philharmonie pour le concert annuel de Claudio Abbado consacré cette année à Berg et Schumann. Quand Claudio Abbado, qui fêtera ses 80 ans l’an prochain, entre en scène, je découvre qu’il a une baguette télescopique. Il semble arriver les mains nues, se retourne vers l’orchestre et hop ! il a sa baguette en main.
Le concert démarre avec l’ouverture Genoneva, sans grand intérêt. Puis ce sont les Altenberg Lieder, d’étonnantes miniatures, chantées par Anne-Sofie von Otter incomparablement accompagnée par Abbado et les Philharmoniker. La longue première partie se poursuit par un incroyable Concerto à la mémoire d’un ange, magnifiquement joué par Isabelle Faust.
En deuxième partie, c’est la Deuxième Symphonie, de Schumann, pas ma préférée et de loin, en particulier pour ses premier et dernier mouvements que je trouve carrément ratés. Abbado et les Philharmoniker en donnent une version sublime, légère et inspirée.
Je prends un taxi devant la Philharmonie. Le chauffeur semble très surpris d’embarquer un spectateur sans bagage pour l’aéroport et je retrouve mon ordinateur à Schönefeld.

19134ème jour

Richard Strauss par Mariss Jansons au Concertgebouw

Etrange journée où je vais à Amsterdam essentiellement pour retrouver un vieil ami que je voyais quotidiennement lors de mes débuts dans la vie professionnelle. Il est resté fidèle à notre premier employeur tandis que j’ai changé deux fois. Il faut éviter deux écueils, m’avait dit un directeur financier alors que je cherchais mon premier emploi. "Il ne faut ni être encrouté, ni avoir la bougeotte". J’ai toujours suivi ce conseil.
Eric est donc là, devant l’aéroport de Schiphol dans sa grosse BMW et la discussion reprend la où nous l’avions laissée voila dix ans. Il m’emmène à sa cantine, chez van Baerle pour un déjeuner plein de souvenirs. Je découvre que sa famille vit toujours à Madrid et, comme j’ai deux places pour mon concert du soir, je lui propose de m’accompagner.
C’est donc ensemble que nous nous installons au podium Sud, face à Mariss Jansons qui dirige Richard Strauss. Also sprach Zarathustra, pour la deuxième fois en deux semaines, moins réussi qu’avec Dudamel et Berlin, mais avec le bénéfice du bel orgue du Concertgebouw. En seconde partie, les Métamorphoses pour 23 instruments et, transition difficile, la suite de valses du Chevalier à la rose, dans lesquelles Mariss Jansons semble ravi de se perdre.
Eric et moi buvons un dernier verre au Keyzer et nous quittons en regardons le gros camion du Concertgebouw charger les instruments pour les emmener au concert du Barbican du lendemain.

19133ème jour

Aquapazza et des sacs

Pour le déjeuner, mon collègue italien nous fait découvrir Aqua Pazza, un très bon restaurant napolitain du Campo Sant’Angelo. Tout y est bon, et en particulier leur desserts glacés en forme de fruits et servis avec des liqueurs étonnantes. Il faut juste faire attention de ne prendre qu’un plat tant les portions sont pantagruéliques. J’avais prévu d’acheter de très jolis sacs pour mes filles (un peu dans le genre Kelly) mais à mon hôtel, on m’a expliqué que si je ne prenais pas immédiatement le vaporetto, je ratais mon avion. Je suis donc rentré à Paris en fin d’après midi, sans les sacs promis, ce qui me fait une bonne excuse pour revenir bientôt à Venise.

19132ème jour

Burano - Do Farai

Dans l’après-midi, on part à Burano, un peu décevante par rapport à ce que j’imaginais mais dont je découvre qu’elle est le lieu de naissance de Baldassare Galuppi, un contemporain de Vivaldi dont j’avais découvert l’existence il y a fort longtemps grâce à Il Solisti Veneti, et dont j’ai toujours aimé un certain concerto pour clavecin.
Nous rentrons en taxi bateau, ce qui est toujours une expérience excitante.
Le soir extraordinaire dîner chez Do Farai avec de la granseola, mes chers bigoli et une quantité effrayante de sgroppino. L’un de mes collègues le termine directement au pichet. Nous rentrons un peu saouls à l’hôtel avec juste un stop près du marché au poisson pour un dernier spritz au bord du grand canal.

19131ème jour

Travailler à Venise

Journée de grand beau soleil à Venise. Mes collègues arrivent petit à petit. Merveilleux déjeuner à Do Farai. Exceptionnellement Dino est là, il parle beaucoup avec mon collègue italien. Il n’y a pas de granseola, mais on se réconforte avec les bigoli et le sgroppino.
Le soir, évidemment, nous prenons un spritz près du marché au poisson. Je découvre le spritz au campari (décevant) et celui à la liqueur d’artichaut (très bon).
Dîner à la Trattoria Antica Bessetta que je suis heureux de faire découvrir à mes collègues.

19130ème jour

Venise

Le matin j’ai pris le train qui, pour un euro et cinquante centimes, emmène les heureux passagers de la gare de Mestre à celle de Venise. Un saut de vaporetto jusqu’au Rialto et je dépose ma valise à mon hôtel, un petit Palais rouge qui borde le grand canal.
Il pleut, mais je pars cependant déjeuner dans Dorsoduro. Do Farai est fermé car nous sommes dimanche et je me console donc à mon restaurant de poisson de Lungha San Barnabe. Je passe le reste de l’après-midi à l’hôtel où j’assiste à l’annonce bien prévisible des résultats de l’élection présidentielle.

19129ème jour

Paris Venise

Je dépose Brice gare Saint Lazare et j’y retrouve l’une de mes filles à qui j’ai donné une procuration pour le vote du lendemain. Je déjeune avec elle à la Cloche des halles, un bistro vraiment bien, recommandé par Jean-Luc Petitrenaud. Je laisse avec tristesse à la clinique celui de mes deux blocs amplis qui fait grésiller l’une de mes enceintes et je pars à Roissy pour un vol Paris Venise. J’arrive à Marco Polo vers 23h00 et je passe la nuit à Mestre au Holiday Inn qui fait face à la gare.

19128ème jour

Brice & Niels

Le soir, je vais chercher Brice à Aulnay, on dîne au japonais à côté de chez moi, on boit et on fume et nous sommes tellement cassés tous les deux que l’on s’endort l’un à côté de l’autre sous le sourire de Niels Schneider que, de façon très amusante, Brice connaît, et dont il affirme qu’il est hétéro à 100%. Je veux bien le croire.

19127ème jour

Le concert Beethoven - Richard Strauss de Gustavo Dudamel et des Berliner Philharmoniker

Aujourd'hui, c’est un aller retour Paris Bruxelles avec un agréable déjeuner à La Luna. Je suis content de rentrer car ce soir c’est le concert de l’année à Pleyel et grâce à Sébastien, j’ai trouvé une place de dernière minute pour Brice. Mais je stresse, car j’ai accepté d’aller le chercher depuis la gare du Nord dans le Marais et la circulation est épouvantable. Pour finir nous arrivons à l’heure, et je retrouve donc pour la troisième fois en trois semaines Gustavo Dudamel qui dirige cette fois ci les Berliner Philharmoniker en tournée. Au programme de ce concert, une exceptionnelle Cinquième Symphonie de Beethoven et Also sprach Zarathustra que j’entends pour la première fois avec un orchestre digne de ce nom. Comme on pouvait l’imaginer, l’alliance de la fougue de Dudamel et du talent extraordinaire des Philharmoniker fait merveille je suis resté tendu et émerveillé pendant tout le concert avec des moments de bonheur étonnants comme les passages des contrebasses (ah! ce son Karajan qui est encore présent !) et l’introduction du Zarathustra, absolument prodigieuse dès la première note des origines du monde avec l’orgue, les contrebasses et le contrebasson. En bis un très beau passage de Ma mère l’Oye.
La seule critique que l’on pourrait donner à ce concert est l’absence d’un vrai orgue mais comment faire autrement à Paris ?
J’étais installé en arrière-scène (et j’aime toujours autant ces places). Brice était quant à lui tout en haut. Je ne sais s’il était honnête mais il m’a dit avoir aimé le concert. Je l’ai ramené chez lui à Aulnay.

19126ème jour

Paris Amsterdam Paris

Au milieu de la nuit, l’ami de Brice, Sidi, m’appelle. Il ne va pas bien et a même des idées suicidaires et espérait en fait joindre Brice. J’essaye de le calmer de mon mieux.
Malgré cette nuit agitée, je dois prendre le premier vol pour Amsterdam. Une fois arrivé, je découvre qu’un disquaire que j’aimais bien, Fame, a disparu, ou plutôt a déménagé dans le Magna Plaza en rétrécissant de taille de façon indigne. Ca n’est plus Fame, c’est Shame qu’il conviendrait de l’appeler.
Deuxième déception shopping, j’avais repéré une magnifique boutique de chaussures Hester van Eeghen sur Hartenstraat. Là encore, la boutique a déménagé, elle est aussi bien qu’avant, mais le prix des chaussures dépasse un peu ce que je suis prêt à payer.
Le soir, de retour à Roissy, je repasse chercher Brice chez lui et on va chez moi. C’est le débat du deuxième tour de l’élection présidentielle et, tel un vieux couple, on se fait une dînette japonais devant la télévision. Je le ramène chez lui tard dans la nuit et c’est un véritable calvaire car le périphérique Est est fermé et nous devons emprunter une déviation par les boulevards des maréchaux totalement bloqués malgré l’heure tardive en raison des travaux du tramway.

19125ème jour

Paris sans Cologne

Comme je suis toujours malade, je ne sens pas de faire l’aller retour Paris Cologne pour le concert de Foster the People et on décide avec Brice de rester à Paris. Je vais le chercher à Aulnay, on déjeune à la brasserie de la Poste, on va aux tuileries boire un verre avec ses amis dont Sidi qui était là lors de la nuit de Bezons. Puis Brice passe chez moi et je le ramène à Aulnay. C’était l’une des premières journées de printemps à Paris.
Dans la soirée je capte sur grindr Otto, un très bel ami d’Azouz (dont je découvre à cette occasion qu'il s'appelle Tristan, l'affaire se complique), que j’avais repéré parmi ses amis facebook et que je drague ouvertement sans que cela n’ait l’air de lui déplaire.
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