17450ème jour

Invitation

Je souhaiterais organiser chez moi le week end prochain, un après-midi musical où, autour d'une tasse de thé, on écouterait les CD apportés par chacun des participants. Il y a des volontaires?

17449ème jour

Le concert de l'orchestre de la Radio Bavaroise au Théâtre des Champs Elysées

J'ai une affection particulière pour l'orchestre de la Radio Bavaroise car c'est probablement dans son interprétation que j'ai entendu au disque mes premières notes de Mahler. J'avais acheté un double album 33 tours comprenant les Première et Quatrième symphonies dirigées par Rafael Kubelik. Sur la couverture, il y avait un portrait en noir et blanc de Mahler et des détails de tableaux de Klimt.
Ce soir c'était donc la première fois que j'entendais en concert cette belle formation. Le concert démarrait par une symphonie Londres d'une très grande clarté, élégante et passionnante de bout en bout, dirigée par un Mariss Jansons particulièrement inspiré, entraînant avec fougue un orchestre très à l'écoute. Dans le Menuet, emmené avec entrain, le chef a même lancé involontairement sa baguette qui est retombée derrière lui sur la scène, dans un petit bruit de bois que l'on entendra certainement lors de la diffusion sur France Musique le 25 octobre.
Pour la deuxième partie, l'orchestre s'est considérablement renforcé et les contrebasses sont passées de la gauche à la droite. L'idée de confronter la symphonie Londres et la Septième de Bruckner est intéressante car au delà de la grande différence de style, on retrouve chez les deux compositeurs un goût pour les reprises, mais aussi pour les surprises et en particulier pour les silences subits qui interrompent magiquement le discours. Les cuivres de l'orchestre de la Radio Bavaroise sont impressionnants de justesse et ont contribué à la très grande beauté de ce concert.
Une fois n'est pas coutûme, un remerciement tout particulier au public de cette soirée, incroyablement attentif, silencieux, recueilli, respectueux de l'oeuvre. Les silences écrasants qui s'imposaient à la fin de chaque mouvement sont parmi les plus inspirés qu'ils m'aient été donné d'entendre.

17448ème jour

Regrets

Ce matin, en allant au bureau, comme tous les jours depuis lundi, j'écoute à France Musique le début de l'émission consacrée cette semaine à Dietrich Fischer Dieskau. La très belle version -jamais commercialisée- des Kindertotenlieder avec l'orchestre de la Radio de Berlin et Lorin Maazel est diffusée. Elle rend mélancolique la pluie qui tombe sur Paris. Peu avant, Fischer Dieskau avait expliqué qu'il a chanté ces mêmes Lieder avec l'orchestre philharmonique de Berlin lors de l'avant avant dernier concert de Furtwängler en 1954. Il se souvient qu'il y avait une forêt de micros devant lui et pourtant, malgré des années de recherche, il n'est jamais parvenu à mettre la main sur la bande son du concert.

17447ème jour

Mes petites contrariétés V

L'employé de l'hôtel qui appelle l'étage devant moi pour vérifier que je n'ai rien pris dans le minibar, puis qui me demande s'il faut agrafer mon coupon de carte bancaire avec la facture, les départs en avion en retard "pour cause d'arrivée tardive de l'appareil", la feuille de salade, inutile et chaude, sous le steak, les assiettes et les verres à jus de fruits chauds pour le petit déjeuner, les personnels au sol qui me demandent si j'ai des liquides dans mon bagage à main,

17446ème jour

Cabaret

C'est probablement en 1988 que j'ai vu pour la première fois Cabaret. J'en ai gardé une admiration sans limite pour Ute Lemper et un mépris profond pour Jérôme Savary. Mais surtout j'ai lu depuis le livre d'Isherwood, sans doute de loin supérieur à n'importe quelle adaptation qui ait pu en être faite. La description du Berlin des années trente est la plus séduisante et la plus précise que l'on puisse imaginer.
C'est sur l'invitation de Monsieur Paris-Broadway soi même que j'ai retrouvé cette comédie musicale dans une version parfois inutilement vulgaire, souvent soignée, toujours agréable à regarder. Et c'est surtout la première fois que je me rendais aux Folies Bergère, un endroit vraiment magique, où l'on ne peut que rêver lorsque l'on pense que sur cette scène, se sont succédés Colette, Charlie Chaplin, Stan Laurel, Mistinguett, Maurice Chevalier, Josephine Baker, Yvonne Printemps, Charles Trenet, Fernandel, Jean Gabin et Jean Marais.

17445ème jour

Sex and weed, no chess

Je suis allé le chercher à l'Esplanade où il dînait avec des collègues. Je l'ai emmené dans son nouveau studio, à deux pas de là, juste de l'autre côté de l'avenue Bosquet. Il a pris une douche pendant que je feuilletais quelques revues inintéressantes qui trainaient chez lui. On est allé à l'essentiel. Weed and Sex. No chess...

17444ème jour

Rupture par SMS

A 11h33, mon téléphone a émis un bip. C'était un SMS de Guillaume : Tu sais j'ai bien réfléchis et je pense que notre différence d'âge est trop grande. Tu es très sympa. Bon courage et à très vite. Je n'ai pas été peiné. On se connaissait à peine. J'ai été sans doute un peu vexé sur le coup. Mais le moyen utilisé, si peu élégant, m'a retiré tout regret. On avait fait trois fois l'amour ensemble au cours de la journée de dimanche.

17443ème jour

L'Hôtel Amour

Après être allés faire promener son cheval avec Guillaume à Saint Aubin, nous sommes allés prendre un brunch à l'hôtel Amour. Dans la partie surélevée de la petite terrasse, se tenait Faye Dunaway.

17442ème jour

La Staatskapelle de Dresde au Théâtre des Champs Elysées

Alors qu'à plusieurs reprises déjà un garde chiourme était venu aboyer que le concert commencerait à vingt heures précises et que les retardataires n'auraient pas accès à la salle, Antoine est arrivé vers 19h57. Nous avons eu peu le temps de faire connaissance pour cette première rencontre et nous sommes vite allés nous installer au deuxième balcon, hélas de côté.
Mi bémol majeur, puissance et majesté. Est-ce la salle, est-ce le chef, l'orchestre de la Staaskapelle sonnait moins bien qu'au Semper Oper et Fabio Luisi a eu tendance à accentuer le côté militaire des premiers et troisième mouvements. Il reste cependant un sublime mouvement médian en apesanteur, hélas troublé par l'abominable sonnerie de téléphone d'un non moins abominable spectateur. Hélène Grimaud s'est fort bien tirée de cet Empereur, jouant de façon très masculine alors qu'on lui reproche habituellement (et stupidement) un son un peu faible. En deuxième partie l'orchestre qui s'est bien sûr renforcé pour son répertoire de prédilection, nous offre un magnifique Heldenleben, puis en bis une très belle ouverture d'Oberon.
Je quitte le théâtre avec Antoine. Nous allons dîner cher Berlotti. Au menu, en plus de deux risottos et d'un Montepulciano, Mozart, Mahler, Vienne, Berlin, Otto Wagner, Grinzing, Anna Netrebko, das Himmlisches Leben, Karajan, Edita Gruberova, Sinopoli, le Staatsoper et le Volksoper et d'autres oiseaux aux envols musicaux.
Vers une heure, je ramène Antoine chez lui, et j'arrive enfin chez moi. Vingt trois heures plus tôt, je m'éveillais à Moscou pour ce qui allait être une longue journée.

17441ème jour

Moscou Paris

Lorsque mon téléphone a sonné, il était 4h30 à Moscou, 2h30 à Paris. Le taxi m'a emmené dans la nuit sur la longue Leningradsky Prospekt. Le chauffeur écoutait les informations. J'ai entendu le nom de Bernard Kouchner. J'étais en avance à l'aéroport. J'ai acheté une carte postale et un peu de chocolat russe, j'ai attendu dans le lounge d'Aeroflot à la décoration de pub anglais. L'avion était très plein. A neuf heures précises nous atterrissions à Paris, un peu en avance. A dix heures j'étais au bureau pour une journée presque normale.

17440ème jour

Etre piéton à Moscou

Il n'est pas facile de marcher à Moscou. Dès que l'on sort du centre, les trottoirs sont souvent incertains, parfois boueux et envahis de flaques d'eau. Mais le plus dangereux est de traverser les rues lorsqu'il n'y a pas de feux rouges. Les voitures ignorent totalement les piétons ou les évitent à la dernière minute en les frolant. L'un de mes collègues russes m'a affirmé que ce comportement provenait de l'époque communiste où les voitures étaient rares et signe de richesse. Une autre collègue lituanienne et qui vient à Moscou depuis longtemps m'a dit au contraire que cette situation avait empiré avec l'occidentalisation du pays.

17439ème jour

Instantanés moscovites

9h40 : A la sortie du métro Павелецкая(Paveletskaya) un cul de jatte assis à même le sol chante une chanson virile. Il est accompagné par un guitariste. Tous deux sont en treillis. Leur âge m'incite à pencher pour l'Afghanistan plutôt que la Tchéchénie.
9h55 : Au rez-de-chaussée de la tour Paveletsky, la commerciale de mon partenaire, une jolie blonde, présente à l'accueil son passeport russe qui est inséré dans une couverture fantaisie marquée CCCP avec une faucille et un marteau.
10h00 : Même endroit. La fille de l'accueil rougissante félicite mon jeune support technique pour sa cravate écarlate. Je lui demande si la mienne est moche. Elle répond que non, mais qu'elle est un peu triste.
10h30 : Dans la même tour Paveletsky, mais au sixième étage. Ma cliente est une jolie brune très souriante. Elle a oublié de boutonner deux boutons de son chemisier et pendant le meeting, on voit vraiment son sein. Mon regard doit s'y attarder de temps à autre. Au bout de quinze minutes environ, elle s'en rend compte, rougit et reboutonne discrètement le chemisier. Nous faisons comme si de rien n'était.
14h30 : Nous entrons dans le bureau d'un client tout en longueur encombré d'un bureau monumental et d'une immense table de réunion. Au mur une grande carte de russie surmontée de Карта РОССИИ. Comme j'ai oublié mes cartes de visite, je prends celle d'un collègue dont je barre le nom, et j'inscris à la place : BEHCAH MYP3.
17h30 : A l'entrée du parking d'un palais des expositions assez laid, mon collègue demande au gardien, faciès rougeaud, casquette bleue, s'il peut se garer sur le parking. Ils discutent en russe. Mon collègue sort, puis ouvre la portière arrière de la voiture. Je m'attends à une sorte de fouille, mais mon collègue pose un billet de 1000 roubles dans le vide poche de la portière et le garde-chiourme le prend furtivement. Le bakschich versé, nous pouvons nous garer tranquillement.
19h00 : Dans le métro à la sortie du salon. Entre deux stations, la rame bondée s'arrête soudain. Une annonce est faite en russe dans les haut-parleurs. Je demande à mes collègues : They just said we're going to be blocked for two hours? A ma grande surprise, tous les voyageurs russes autour rigolent...
23h00 : Dans le club privé où nous dégustons un très bon Bourgogne, le frère de mon client s'installe à un piano droit et joue des mélodies tantôt improvisées, tantôt connues, Love Story, Ne me quitte pas... Personne dans le club ne s'est aperçu que le pianiste a été remplacé par un membre.
23h30 : Dans la rue en bas du club. De nombreuses voitures se pressent au même endroit. Ce sont des moscovites qui arrondissent leur fin de mois en faisant le taxi dans leur véhicule personnel. Nous négocions aprement, mais il pleut. Et pour 300 roubles nous remontons à toute vitesse l'Avenue Leningrad en direction de l'hôtel.

17438ème jour

Moscou au soleil

Le froid s'en est allé pendant la nuit et la ville a repris son ambiance estivale. J'ai peu de rendez-vous client et l'après-midi, sur le recommandations de Maksim, je prends le métro, la ligne bleue, jusqu'à la station Багратионовская (Bagrationovskaya). A l'arrivée, je découvre un quartier de banlieue assez triste avec ses barres d'immeubles. Tout le monde se dirige vers le même endroit, Gorbushka, un grand marché d'électronique. Il est organisé comme de nombreux centres commerciaux dans les pays de l'est, avec des milliers de petites boutiques indépendantes et qui louent un espace commercial. J'ai un peu de mal dans ce caravansérail électronique mais j'arrive à me renseigner, compact disc étant un mot universel. Je trouve un petit magasin de disques classsiques et le vendeur me sort une pile de Mahler. Rien de bien neuf, juste des versions ultraconnues mais présentées pour cinq euros dans une version pirate à la pochette rustique. Je déniche pour finir la belle quasi-intégrale Melodya pour 1200 roubles soit à peine quarante euros. On la trouve facilement en France mais beaucoup plus cher, et celà me fait plaisir qu'elle vienne vraiment de Moscou.
Le soir, après un dîner à Nostalgia, un restaurant au charme surrané, un collègue nous ramène à l'hôtel. Il a un système GPS qui a la voix d'un Donald Duck russe et c'est amusant de l'entendre nous commander Povarot Naprava! et Povarot Nalevo!. Mon collègue fait un détour pour nous montrer l'invraisemblable Hotel Ukrainia où il aimerait que je descende la fois suivante. Malheureusement l'immense building stalinien est en restauration et pour longtemps. Nous arrivons à l'hôtel. Mon collègue vient avec nous à la réception. Il a pris son GPS avec lui et de sa poche, Donald Duck continue de hurler Povarot Naprava!

17437ème jour

A Moscou on se rompt le cou

C'est mon deuxième voyage à Moscou. A l'arrivée à l'aéroport, une femme chauffeur de taxi est censée m'attendre avec un panneau où mon nom est inscrit, mais je ne la vois pas. Je l'appelle, elle répond, mais dans le brouhaha du hall de m'aéroport où je n'arrête pas de me faire aborder par des chauffeurs de taxi verreux, j'ai du mal à la comprendre. Finalement, je la retrouve, et je découvre qu'il s'agit d'un homme avec une voix très aigüe.
Nous partons sur la grande autoroute que je connais maintenant bien. Il fait froid à Moscou et même si les arbres sont encore verts, la ville a clairement une atmosphère automnale. Mon hôtel est au nord-ouest de la ville près du métro Sokol, un quartier assez vert et résidentiel mais un peu au milieu de nulle part.
Sur le plan, le bureau me parait proche et je décide de m'y rendre à pied. Mais il faut rejoindre la grande avenue Leningrad, envahie par les travaux du nouveau métro pour l'aéroport, traverser cette avenue sur une passerelle en bois, puis la longer pour deux stations de métro. Il me faut bien quarante cinq minutes au total pour arriver mais j'aime bien me balader tout simplement au milieu des moscovites dans un quartier pas du tout touristique.

17436ème jour

Journée Velib

Je retrouve mon ami E. pour une après-midi de Velib avec nos filles. Les Champs, le Chatelet pour acheter de la nourriture à tortues, Mabillon pour une glace, la rue Lecourbe, Saint Augustin. Deux heures trente de circulation à vélo dans un Paris sous le soleil. C'était bien.

17435ème jour

Trente ans

Aujourd'hui Michael fête ses trente ans. Je me souviens des miens, il y a fort longtemps. J'avais dîné avec une douzaine d'amis au Grand Colbert. Puis la plupart d'entre nous s'étaient retrouvés dans un karaoké aujourd'hui disparu et qui se trouvait au premier étage d'un immeuble de la place de l'Opéra. Il doit exister un film de cette soirée, où la plupart d'entre nous massacrent une chanson.

17434ème jour

Twin Peaks

Twin Peaks est avec Six feet under, la seule télévisée dont j'ai vu un nomre significatif d'épisodes. J'aimais la regarder lors de sa première diffusion sur la Cinq, voici une quinzaine d'années. Elle vient de sortir pour la première fois en DVD et je retrouve avec plaisir l'enquête sur la mort de Laura Palmer. Il y a des insuffisances terribles dans cette série, tant dans le jeu de certains acteurs que dans la technique, les éclairages notamment. Mais dans Twin Peaks, il y a déjà tout Lynch, sa moquerie de l'Amérique profonde avec un rien de chabrolisme, son goût pour l'onirisme, pour les jolies filles. Et quand on aime Lynch, on ne peut qu'adorer Twin Peaks.

17433ème jour

Berlotti

Il est venu chez moi. On est parti avec sa voiture vers l'Opéra. Par paresse ou par habitude je l'ai emmené chez Berlotti. Le serveur du sous-sol qui a de très beaux cheveux longs et un visage en lame de couteau s'occupait de nous. Guillaume n'aimait pas quand je le regardais. Il a pris un risotto et moi un carpaccio. Il voulait venir chez moi après dîner. J'ai menti et lui ai dit que je n'aimais pas les histoires d'une nuit. Il m'a déposé devant chez moi.

17432ème jour

Scossa

La première fois que je suis allé à la brasserie Scossa, c'était il y a si longtemps... il y a avait une décoration de vieux restaurant parisien, c'était curieusement un tête à tête avec ma belle-mère et je me souviens qu'elle avait parlé pendant tout le déjeuner sans que je ne puisse en placer une.
Ce soir j'attendais Guillaume de vant l'entrée. Il est arrivé à pied, on s'est embrassés, on a vu deux martinis blancs. Scossa est maintenant une sorte de lounge impersonnel, mi restaurant mi bar, où la jeunesse dorée du Seizième a ses habitudes. A un moment, des jeunes en tenue d'équitation sont rentrés. Nous nous sommes quittés là où nous nous étions rencontrés.

17431ème jour

Vert

Le vert du fond du portrait que ma grand-mère avait fait faire d'elle même et qui rappelait celui de ses yeux, le vert des forêts de mon enfance, des épicéas, des hêtres et des frênes, le vert bronze de la couverture des dictionnaires Quillet qui se trouvaient dans la salle à manger de la maison de mes parents, le vert qui a longtemps été la couleur des disques Erato, le vert de la jeune fille de Tamara de Lempicka, le vert cru de l'une des deux perruches de ma grand-mère, le vert d'un loden que je portais enfant et que je détestais, le vert des pochettes de papier Canson, le vert jade des billets de la RATP dans les années 90, le vert des panneaux new-yorkais Walk qui sont peu à peu remplacés par des petis bonhommes, le vert des stylos bille Pentel qui n'existent plus aujourd'hui, le vert des rizières de Bali, le vert du cuir des livres de La Pléiade du XIXème siècle, le vert des boutons de manchette de Robert de Montesquiou dans son portrait par Boldini, le vert du pourtour de ma cheminée et que j'ai eu beaucoup de mal à retrouver dans un papier-peint, le vert de ma théière achetée cinq euros rue de Rivoli, et celui, assorti, des petits verres à thé turcs que j'ai achetés au Bazar égyptien d'Istanbul, le vert d'une chemise en soie achetée à Bali, qu'un abruti m'a déchirée à Venise, et que ma mère a reprisée, le vert des yeux d'Elisabeth Schwarzkopf dans mon souvenir et qui parait-il, étaient bleus.

17430ème jour

Good for you

Au cours de cet aller retour Paris Amsterdam, nous avons souvent écouté Q music, une radio qui émet en Belgique et aux Pays Bas et dont les programmes étaient souvent interrompus par un gingle Q is good for you!. Et à chaque fois, nous riions.

17429ème jour

Musique russe au Concertgebouw

Il me semble que c'est la deuxième fois que j'entendais en concert l'orchestre de la radio néerlandaise (la première fois étant lors d'un passage avec tigger). Comme cette première fois, j'ai été plutôt agréablement surpris par le niveau de l'orchestre. Le concert démarrait par le second concerto pour violon de Prokofiev fort bien interprété par Arabella Steinbacher, une eurasienne de 26 ans née à Munich. Au démarrage de la célèbre basse obstinée de clarinette et de pizzicati, dans le deuxième mouvement, j'ai été très inquiet du tempo vif choisi par Alexander Lazarev mais bizarrement, la musique de Prokofiev a su y résister.
La deuxième oeuvre jouée (sans entracte, juste le temps pour le chef de se prendre un gadin dans l'escalier) est peu connue. Il s'agit des Saisons d'Alexandre Glazounov. Cette musique de ballet parfois belle, parfois longue a été étrangement conduite par Alexander Lazarev qui avait la volonté d'épater le public et dirigeait l'oeuvre avec un recul moqueur. Ainsi il nous annonçait les mouvements en les comptant avec ses doigts et parfois, il se tournait vers nous pour exprimer ses sentiments un rien exacerbés. Dans l'une des saisons, le Printemps je crois, il y a un invraisemblable solo de harpe, assez long et d'une virtuosité hallucinante. Et le chef a cru bon de franchement bien rigoler en imitant la harpiste et en mimant des arpèges dégoulinantes. C'était drôle, mais un rien limite. Peut être Alexandre Lazarev voulait-il seulement se moquer du déclin de sa propre carrière et du temps qui passe, si bien illustré par le thème des Saisons.

17428ème jour

Petits bonheurs, petits malheurs

Je ressens une lassitude à emmener à Amsterdam des personnes qui n'y sont jamais venues. J'aimerais sortir un peu des sentiers battus du Dam, de Muntplein, Rembrandtplein, Rokin, Leidseplein, Heren-Keiser-Prinsen Gracht, Reguliersdwarsstraat et d'enfin découvrir des quartiers méconnus. J'ai visité mes deux disquaires habituels Fame et Concerto sans parvenir à y dénicher l'enregistrement de la Quatrième de Mahler lors de ce concert jubilé mémorable. Par acquis de conscience, je suis allé chez Broekmans en van Poppel, une librairie de partitions sur Van Baerlestraat près du Concertgebouw. A l'étage il y a une petite boutique de disques. Elle est maintenant tenue par deux jeunes, un brun et un blond et ce dernier, qui a le jean descendu légèrement plus bas que les fesses (boxer gris sans marque) m'a indiqué qu'il avait un exemplaire de ce CD mais qu'il ne pouvait pas me le vendre en raison d'une coquille dans le livret sur la tonalité de la symphonie. J'ai expliqué que j'avais assisté à ce concert extraordinaire et que je tenais beaucoup à ce disque. Le brun et le blond m'ont dit qu'ils y avaient également assisté et je n'ai pas eu à trop insister pour repartir avec la pièce (encore) rare.
Nous avons passé l'après-midi à Utrecht dont j'avais oublié combien le centre était charmant. Il faudra vraiment qu'un jour je participe au festival de musique baroque qui s'y tient chaque année à la fin août.
Le soir, nous avons prévu d'aller en boîte à Amsterdam et nous reprenons donc la voiture. Alors que je conduis sur l'autoroute, je vois dans le rétroviseur le gyrophare d'une voiture de police qui me fait signe avec son clignotant de me garer sur le bas-côté. J'obtempère. Après un instant, un policier arrive près de la fenêtre passager et nous darde la lumière de sa lampe torche dans la figure. Il hurle plutôt qu'il ne parle, explique (toujours en hurlant) que j'allais à 170 kmh au lieu de 120 et que je dois la modique somme de 206 (deux cent six) euros à la couronne néerlandaise, et que si je ne paye pas dans l'heure la dite somme, mon véhicule sera vendu aux enchères. Comme je n'ai pas de liquide sur moi, nous suivons donc notre nouvel ami qui sort peu après de l'autoroute et s'arrête de nouveau. Il revient vers la voiture, de mon côté cette fois ci, nous rebalance le rayon de lumière dans la tronche et aboie dans l'habitacle.
- You can have money from the wall (sic). Do you agree with that?
- Do I have the choice?
- No you don't
- So why are you asking?

Et nous repartons, un kilomètre plus loin. Je retire 200 € "du mur" et reviens. Il me fait asseoir à côté de lui. Son chien remue à l'arrière de la voiture. Il tient à me serrer la main et à se présenter, puis à m'expliquer la formule mathématique aboutissant au résultat magique de 206. Je demande:
- If I was driving a Peugeot 206, it would be 307€ ?
Mais ca ne fait pas rire du tout le sheriff. Je reste donc muet jusqu'au bout du pensum et je rejoins la voiture sans dire au revoir.

17427ème jour

Koweit Amsterdam Paris Amsterdam

Le vol KLM Koweit Amsterdam se pose à 4h40 à Schiphol encore désert. Même le lounge est fermé, il n'ouvre qu'à 5h45. Je reprends le premier vol pour Paris, celui de 6h50.
Après une journée de travail, Maksim me rejoint chez moi à 22h30. Nous prenons la route des Pays Bas, celle que je connais si bien. Paris Bruxelles Anvers. Nous nous arrêtons à Breda pour passer la nuit.

17426ème jour

Chaud chaud

Journée très proche de la précédente, mais avec moins de rendez-vous. Vers seize heures, je retourne à l'hôtel et m'installe au bord de la piscine au dixième étage. Le ciel est d'un blanc gris mais il il y a un vent très chaud qui crée une atmosphère spéciale. A huit heures je prends un mezze au restaurant de l'hôtel. Une heure plus tard, un taxi à la climatisation glacée m'emmène à l'aéroport. Mon vol a peu de retard par rapport au minuit et une minute prévu.

17425ème jour

Une journée à Koweit City

La journée a été une suite de six rendez-vous dans les banques du pays, ponctués par une bouffée de chaleur sèche qui nous sautait au visage dès que nous quittions les tours climatisées. A un moment, le thermomètre de la voiture nous a indiqué une température de 50°C et je ne pense pas qu'il était en panne. Mes interlocuteurs m'ont dit que j'avais de la chance de ne pas être venu en août. C'était pire parait-il.
Les rendez-vous étaient amusants, avec autour de la table des koweiti dans leur grande tenue blanche et leur voile, des pakistanais, des indiens, des malaisiens, et votre serviteur comme seul représentant du monde occidental.
A midi, mon agent, pakistanais, qui expédie son chauffeur sur le fauteuil passager car il adore conduire, nous a emmené au Crowne Plaza, un hôtel près de l'aéroport qui servait de base aux officiers irakiens pendant la guerre du golfe. Nous avons déjeuné avec un client danois qui habite Koweit depuis 26 ans et qui nous a raconté les temps difficiles de l'invasion irakienne, son départ précipité pour le Danemark, puis son retour dans son appartement saccagé.
Le soir mon agent nous a emmené au marché aux poissons où sur les étals, se tenaient beaucoup de petits requins gris. Sa femme, toute voilée de noir, m'indiquait la provenance des poissons, ceux-la d'Inde, ceux-ci d'ici, et ceux-la du Pakistan. How do you know? lui ai-je demandé. Because it's written!, m'a-telle simplement répondu en me montrant les panneaux en arabe.
Nous sommes allés en haut des grosses bulles qui ont un air de la tour de la radio de Berlin Est, où le panorama sur la ville et le golfe est impressionnant. Sur les murs, des photos en noir et blanc montrent les lieux saccagés par les troupes irakiennes il y a seize ans. Puis nous avons dîné sur une petite place, sous de violents brumisateurs qui occultaient un peu la chaleur étouffante. Des hommos, des chwarma et un petit thé fort agréable, servi dans une théière tenue au chaud sur des braises qui scintillaient dans la nuit.

17424ème jour

Le vol Srilankan OL227 de Dubai à Koweit

En arrivant à l'aéroport de Dubai, c'était l'heure de la prière, diffusée par des haut-parleurs réglés à un niveau raisonnable et c'était amusant d'avoir une telle bande son dans le tourbillon des robes blanches des hommes et des voiles noirs des femmes.
Au moment de la cloture de l'embarquement, mes deux collègues, qui devaient m'accompagner, m'ont appelé pour me dire qu'ils avaient raté l'avion et que je me rendrais donc seul au Koweit.
Depuis son acquisition par Emirates, la compagnie sri lankaise a renouvelé son parc d'appareils et j'ai embarqué dans un Airbus A340 flambant neuf. L'avion venait de Colombo et il était plein de sri lankais se rendant au Koweit. Ma place était occupée par une femme voilée que le steward a gentiment expédié vers le rang 60. A côté de moi se trouvait un français qui, ayant aperçu mon exemplaire du Monde de la Musique, a rapidement engagé la conversation. Il avait eu des activités commerciales depuis plus de vingt ans dans le golfe, et il m'a donné beaucoup d'informations sur les différents pays où ils travaille et leur fulgurante évolution des dernières années. Il m'a parlé de tout ce que je n'ai pas eu le temps de voir au Sultanat d'Oman, et puis surtout d'Aden, la vieille ville construite au creux du cratère d'un volcan éteint et dont le charme est, parait-il, intact.
A peine l'avion avait atterri, la plupart des passagers se sont levés et les stewards et hôtesses ont eu le plus grand mal à les faire rasseoir, certains refusant catégoriquement. Dès la porte de l'avion ouverte, mon nouvel ami m'a pris sous son aile pour aller chercher un Visa. Il est prudent de courir un peu pour aller chercher un numéro avant les autres et, pour la modique somme de cinq dinars koweitien, j'ai eu un beau tampon dans mon passeport. Une voiture de l'hôtel m'a emmené dans la nuit. J'ai vu l'immense tour de la Libération inaugurée peu après la première guerre du golfe, nous avons passé les contrôles de sécurité drastiques d'accès à l'hôtel et alors que je pénétrais dans la chambre 807 de l'hôtel Mariott, le cadran numérique du radio réveil affichait en lettres rouges 8:07.

17423ème jour

Paris Dubai

On se lasse de tout. Je me souviens de mon excitation lors de mon premier atterrissage à Dubai, au milieu de la nuit soudainement illuminée par les forêts hérissées de tours en construction. Ce matin, après six heures de vol, je n'ai fait attention ni aux immenses couloirs de l'aéroport, ni à la longue attente du contrôle des passeports, ni au contrôle des bagages à main pour rejoindre la livrasion des bagages de soute, ni la chaleur étouffante qui vous saute au visage lorsqu'on passe les portes de l'aéroport.
Je suis allé dormir deux heures à l'hôtel avant de rencontrer quelques clients, séparés les uns des autres par un peu de voiture dans des embouteillages incongrus en ce bout de désert.

17422ème jour

Maksim

Je suis allé le chercher en bas de chez lui, près de l'immeuble du Monde, que bizarrement, je n'avais encore jamais vu. On est allés au café Beaubourg, il a goûté le steak tartare pour la première fois de sa vie, il a d'ailleurs aimé ça. Plus bizarre encore, les toasts d'accompagnement étaient parfaitement grillés, sans avoir besoin d'être renvoyés en cuisine, et ceci, pour la première fois de ma vie...
La journée s'annonçait donc parfaite. On a beaucoup parlé de sa ville que j'ai découverte en juin et où je retournerai prochainement. Nous avons enfourché deux velibs et nous sommes partis à travers le Marais, le boulevard Richard Lenoir et nous nous sommes arrêtés le long du canal Saint Martin pour boire un café chez Prune. Puis nous sommes allés chez moi. On a écouté de la musique brésilienne, je lui ai fait écouter et surtout il m'a traduit mes deux chansons russes, celle du mégot et celle de Kotelnitch, et puis on s'est embrassés pendant très longtemps. Et puis je l'ai ramené chez lui, juste avant de prendre mon avion pour Dubai.

17421ème jour

La cinquième victime

De mon point de vue, ce film fait partie des films mythiques qui ne méritent guère leur célébrité. De grands acteurs au jeu un peu forcé, un scénario somme toute moyen, des personnages à la limite de la bande dessinée. Le vrai plaisir de cette journée était plutôt de faire du Velib avec Alice et de tester le magnifique aspirateur de table de Zvezdo.

17420ème jour

Furtif

J'avais rendez vous avec G. à 15h20 au café Beaubourg, juste là où on s'est rencontré la première fois, il y a six ans. On avait seulement et précisément dix minutes. Et ça faisait partie de l'excitation. Finalement, G. est arrivé avec cinq minutes de retard. On est allé directement aux toilettes. J'ai baissé mon pantalon, il m'a sucé. J'ai joui dans le délai imparti. Et on est repartis, l'un après l'autre, pour des raisons de discrétion évidentes.
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