19247ème jour

Amsterdam Paris

Je rentre à Paris le matin et alors que je suis à Schiphol, je recapte un grindrien avec lequel j’avais discuté du même endroit quelques mois plus tôt et qui avait disparu. Je lui réitère mon invitation à venir à Paris.
Le soir, je reprends contact avec Azouz, avec qui je me suis réconcilié. Je le retrouve à Saint Augustin et comme il fait beau, on va dîner au café Beaubourg, on parle beaucoup de son ami Otto qui est reparti à Montréal et je le dépose devant l’Etincelle qui est son quartier général.

19246ème jour

Mendelssohn Tchaikowski et Sibelius par l’orchestre de la WDR et Jukka Pekka Saraste au Concertgebouw

Après une journée de travail à Eindhoven, je prends le train pour retourner à Amsterdam. Je dépose ma valise au Dikker & Thijs qui devient mon hôtel habituel à Amsterdam("J'y ai déjàa niqué!" se sent obligé de m'indiquer Michael). Il n’est pas très cher, assez sympathique et, devenant un habitué ils me donnent souvent une grande chambre d’angle avec vue sur les canaux. J’ai la surprise de constater que Fabian, un grindrien zurichois avec lequel j’avais envisagé de passer un moment à New York, mais qui avait disparu de la circulation, se trouve à deux cents mètres de moi. On reprend contact.
Par une pluie battante, je me rends au Concertgebouw qui, après Berlin, va fêter son 125ème anniversaire cette saison. C’est ce soir l’orchestre de la WDR de Cologne qui est venu en voisin. Le concert démarre par l’Ouverture du Songe d’une nuit d’été, une œuvre que j’ai toujours adorée, depuis que, adolescent, je l’avais découverte dans la belle version Erato de Raymond Leppard. J’admire la magnifique capacité des musiciens allemands à jouer ensemble sous la direction précise de leur chef Jukka-Pekka Saraste. Je me réjouis à l’avance de savoir que Claudio Abbado dirigera de nombreux extraits de l’œuvre lors de son concert annuel à Berlin en mai prochain.
Le concert se poursuit avec le Concerto pour violon de Tchaikowski joué par Vilde Frang, une jeune violoniste norvégienne qui semble entamer une belle carrière. En la voyant, on imagine qu’elle va jouer avec une grande douceur mais elle s’avère capable de traits rageurs qui conviennent fort bien à l’œuvre. Quelques pains ça et là... J’ai hésité pendant l’entracte à rester ou non tant j’ai du mal avec Sibelius dont je ne pense jamais avoir entendu la Première Symphonie auparavant. Pour finir je reste en m’installant au premier rang du Podium sud, juste derrière le dernier rang des seconds violons. Comme prévu, l’œuvre est bavarde à souhait, décousue, souvent ennuyeuse, à part quelques passages lyriques réussis. Pendant les applaudissements, je vois apparaître la partition d’un poème symphonique de Sibelius, Le Barde, mais, comme le public est un peu mou, le chef décide de ne pas nous offrir ce bis, ce dont je me réjouis.

19245ème jour

Retour chez les bataves

C’est notre nouveau jeu avec Michael, il tente de deviner où je vais. L’application Friends lui permet de me localiser avec suffisamment de précision pour savoir à quelle porte de l’aéroport j’embarque. En revanche le site d’Aéroports de Paris ne publie pas l’information des portes d’embarquement donc cela n’est pas si simple. Mon vol a du retard car, suite à des travaux à l’aéroport de Schiphol, une bombe datant de la dernière guerre mondiale a été découverte.
Arrivé aux Pays-Bas, je prends un train pour traverser le pays jusqu’au sud, à sa frontière biscornue avec l’Allemagne et la Belgique. Dîner et nuit dans un ancien couvent joliment restauré.

19244ème jour

Les trois sorcières

Je vois dans Friends que ma fille est à l’Etoile. J’en profite pour l’y récupérer et nous dînons, à sa suggestion aux Trois Sorcières, un restaurant près de Denfert Rochereau à la cuisine très recommandable.

19243ème jour

Des projets transylvaniens

Dans la journée, j'achète des billets Paris Cluj (eh oui! cela existe en vol direct, enfin presque puisque nous partirons de Beauvais par Wizzair). Le soir, j'ai la bêtise de regarder le film adaptée de la pièce Mein Kampf de Georges Tabori sur la jeunesse d'Hitler à Vienne. Tout y est absurde et sans intérêt et le malheureux acteur dans le rôle d'un Hitler maigrichon y est d'un ridicule absolu.

19242ème jour

Appellez le Will

C’est Will qui a pris contact avec moi, alors que je me trouvais à New York. Un mot gentil auquel j’avais répondu par la proposition de boire un verre. Nous avons rendez-vous au métro Saint Paul, il est là ponctuel et souriant derrière ses grosses lunettes rondes. Nous allons boire un verre au Starbucks de la rue des Archives et je découvre ce bloggeur que je lis depuis des années et que je n’avais bizarrement jamais rencontré. J’avais juste une fois, à sa demande, imité le cri du gecko pour lui au téléphone. Il était persuadé depuis tout ce temps que je ne l’aimais pas, que je pensais qu’il racontait n’importe quoi. C’est tout le contraire Will, j’ai beaucoup d’admiration pour toi car tu as pris des risques, tu as réussi à transformer ton rêve en une réalité, ce que beaucoup de gens voudraient, mais que peu ont la volonté de faire aboutir.
On passe un agréable moment à parler, Will est comme je l’imaginais, et comme beaucoup de bloggeurs : il s’adore et se déteste en même temps, il se voudrait différent et passe son temps à essayer de se changer mais il est aussi fier de son parcours.
A un moment deux petits roumains s’approchent de nous et déposent un papier plastifié très sale au format A4 sur lequel, me semble-t-il se trouvent des propositions de boissons. Sans la présence d’esprit de Will, ils seraient repartis avec mon iPhone sur lequel ils avaient négligemment déposé ledit papier.
Déjeuner d’un tartare au café Beaubourg (avec des pommes darphin et le pain très grillé s’il vous plait). A deux pas de mois sur la terrasse, Simon Bychkov, que je n’arrête pas de croiser et sa compagne Katya Labèque.
Vu en bluray le film Le fils de l’autre qui me replonge en Israël et en Palestine, une semaine plus tard.

19241ème jour

L(o)una

Vers dix heures, je pars en voiture en direction du nord avec ma fille et l'une de ses amis. Nous devons nous rendre à Bruxelles afin d'y récupérer ses affaires et de rendre son son studio au propriétaire. Depuis Bangkok, Michael est persuadé que je me rends à Roissy.
Sur la route, je téléphone à La Luna, mon restaurant italien préféré de Bruxelles et j'y réserve une table pour 12h30.
Nous arrivons parfaitement à l'heure et comme une voiture sort du parking, j'en profite pour y entrer par la porte encore ouverte, après avoir déposé ma fille et son amie. Je découvre alors que sans la clef adéquate, il n'est pas possible de sortir du parking, ni à pied, ni en voiture. Je parlemente avec ma fille à travers la lourde porte de métal. Mais elle m'explique qu'elle vient de parler avec la patronne du restaurant et que celui-ci est fermé le samedi midi. J'ai l'impression d'entrer dans la quatrième dimension mais sans perdre de temps, je demande à ma fille de faire ouvrir la porte du parking et nous partons rapidement, ayant juste le temps d'apercevoir la patronne les yeux écarquillés derrière la vitre du restaurant et qui, elle non plus ne comprend sans doute pas bien ce qui a pu se passer.
Nous nous rabattons sur la Taverne du Passage et, alors que nous déjeunons, je reçois un appel de La Luna. J'imagine que c'est la patronne de La Luna qui appelle pour s'excuser et je ne réponds pas. Comme un message vocal est déposé, je l'écoute et je découvre soudain que c'est le restaurant La Luna de Paris (celui de la rue du Rocher) que j'ai réservé par erreur le matin même. Je rappelle pour m'excuser.
Nous entassons les affaires de ma fille dans le coffre de la voiture, nous faisons face vaillamment aux tracasseries pénibles du propriétaire stupide et tatillon qui inspecte le sol à quatre pattes et nous quittons les lieux.
Comme le Palais Stoclet est tout proche, je passe l'admirer, de l'extérieur bien sur, l'intérieur étant réputé aussi inaccessible que la Villa Mahler à Maiernigg. Le Palais est d'ailleurs l'objet d' un invraisemblable imbroglio depuis le décès, il y a quelques années de sa dernière propriétaire et occupante. Les héritiers souhaiteraient vendre et disperser les trésors intérieurs mais ils se heurtent évidemment au droit de préemption de l'Etat belge. Il paraît même que l'Etat autrichien à souhaité se porter acquéreur. En admirant la façade, j'essaye d'imaginer Gustav Klimt et Joseph Hoffmann lors de leurs fréquents voyages depuis Vienne en train d'imaginer comment utiliser le budget illimité que leur avait offert l'heureux mécène.
Retour sur Paris avec une halte au tumulus de Waterloo.
Dîner avec mon autre fille au Mini-Palais et nous arrivons enfin à nous capter mutuellement sur Friends.
Longue conversation avec la bonne fée qui place définitivement cette journée sous le symbole lunaire.

19240ème jour

Rien

Fin de la semaine budget et dernières décisions le regardant. Je suis heureux de rentrer chez moi et de n’y rien faire.

19239ème jour

Paris

Encore une journée de réunions budget. Le soir, dîner avec des collègues à la terrasse de la Villa Corse. Cigares et bizarrement, une longue discussion autour de Gustav Mahler. Dans les volutes de fumée, j’expose notamment ma théorie consistant à démontrer que l'amour pour Johnny Halliday rend plus heureux que celui éprouvé pour Gustav Mahler. Cela fonctionne aussi avec Madonna et Franz Schubert.

19238ème jour

Bucarest Paris

A peine de retour à Paris, après-midi assez horrible remplies de réunions budgétaires.
Le soir j’emmène j'emmène quatre collègues dîner à la terrasse du Mini-Palais, magique dans la lumière tombante du soir et la façade illuminée du Petit Palais.
Rentré chez moi avec ma valise israélienne, je trouve le Diapason de septembre 2012. Je ne peux m’empêcher de penser à mon premier achat d’un Diapason, au relais de la presse de la Place de Jaude, et sur lequel figurait le beau profil gauche de Herbert von Karajan. C’était en septembre 1977. C’était il y a trente cinq ans.

19237ème jour

Bucarest

Journée de travail à Bucarest, probablement l'une de mes dernières avant longtemps.
Un dîner avec un client autrichien dans un excellent restaurant grec où j’étais déjà allé il y a fort longtemps. Agréable discussion autour de Joseph Roth et de la crypte des Capucins, de Gustav Klimt et des villas d’Otto Wagner, de Do Farai et des vins du Domaine Gauvy.

19236ème jour

Tel Aviv Bucarest

Alors que mon vol n’était qu’à 9h25, je me suis levé à 5h15 sachant que les contrôles au départ d’Israël peuvent comporter des surprises. Au final, ceux-ci ont été plus légers que prévu. J’ai juste eu de nombreuses questions sur mes livres : Est-ce moi qui les avait achetés ? Où les avais-je achetés ? Et puis aussi, qui j’avais rencontré pendant mon séjour et comment je connaissais ces personnes.
J’arrive à Bucarest. Je déjeune dans un restaurant italien près de la rue Franceza dont le quartier a été joliment restauré. Pour dîner, connaissant les tendances fortes des roumains aux lapins de dernière minute, j’avais prévu deux candidats. Ils ont annulé tous les deux et je me suis rabattu sur un troisième qui s’est avéré être fort laid. Je m’en suis débarrassé après une Margarita dans un café près de l’hôtel.

19235ème jour

Jérusalem Tel Aviv

J’ai repris ma voiture et j’ai fait le tour de la ville. J’ai revu avec bonheur le panorama sur la ville depuis la butte qui se trouve au dessus du jardin des oliviers et j’ai pris la route pour le Mont Herzl où se trouve le musée de la shoah. Je voulais surtout voir l’olivier de mon ami Mario, le juste romain.
Il est illusoire de trouver l’arbre ou la plaque de l’un des justes sans aide. Ils sont 24.000. Après un premier essai dont il était évident qu’il serait infructueux, j’ai demandé de l’aide à l’accueil et une dame adorable m’a aidé. J’ai cependant du retourner plusieurs fois dans la forêt des justes, là où les noms sont inscrits par pays et parfois par année pour les plus récents, sur des plaques de marbre. L’endroit se trouve dans une forêt sous un viaduc inachevé où se tient un authentique wagon de la déportation, marqué de la ville de Munich, posé là presqu’en équilibre. Après une heure et deux allers-retours à l’accueil, j’ai pu photographier le nom de mon ami Mario et j’aurai bonheur à lui montrer la photo lorsque nous nous reverrons à l’opéra de Rome en octobre.
J’ai repris la route de Tel Aviv, j’ai déjeuné à Caravan, mon petit restaurant fétiche d’Abu Gosh, j’ai visité quelques colonies le long du mur de séparation avec la Cisjordanie et je suis rentré à Tel Aviv pour ma dernière nuit en Israël.
Avant de dormir, j’essaye de convaincre ma fille aînée d’utiliser l’application Friends. Elle est d’abord horrifiée à l’idée que je puisse savoir à tout moment où elle se trouve puis accepte le principe d’un essai. Mais bizarrement alors qu’elle arrive à voir ma position, l’application ne fonctionne pas dans l’autre sens et je n’arrive pas à la suivre.

19234ème jour

Jérusalem un jour de sabbat

En ce jour de sabbat, la plupart des magasins sont fermés. J’ai passé toute la matinée dans la vieille ville en visitant des endroits où je n’étais pas encore allé. J’ai déjeuné chez Adom, un bistro à vin très recommandable, également au 41 de Jaffa street. J’ai longé les murailles de la ville jusqu’au mur des lamentations que je souhaitais revoir. Alors que je voulais me prendre en photo devant le mur (mais à bonne distance de lui) avec ma kippa sur la tête, je me suis fait agresser par un type m’expliquant qu’il était formellement interdit de prendre une photo le jour du sabbat.

19233ème jour

La mer morte et un vendredi à Jérusalem

Pour aller de Tibériade à Jérusalem, j’avais imaginé devoir faire le tour de la Cisjordanie en repassant par l’ouest. La fille de l’hôtel m’a expliqué qu’on pouvait parfaitement longer le Jourdain, et traverser la Cisjordanie du nord au sud. Je longe donc la rive sud du lac, je traverse le Jourdain vers l’est, je le longe sur quelques kilomètres et je le retraverse une dernière fois vers l’ouest, juste avant qu’il ne devienne la frontière avec la Jordanie. Il y a un check point lorsque l’on rentre en Cisjordanie, mais aucun contrôle pour entrer, juste pour sortir, et encore cela semble bien léger.
Les paysages sont beaucoup plus pauvres, et surtout beaucoup plus sales, il y a des détritus abandonnés un peu partout. Il y a aussi de nombreuses cultures, plus en tout cas que sur la rive jordanienne. Après une quarantaine de minutes, j’arrive à proximité du pont Allenby (King Hussein bridge pour les jordaniens). Un peu plus au sud, en face de Jéricho, c’est l’endroit où le Christ aurait été baptisé par Saint Jean Baptiste. En fait, on n’en sait rien. On a retrouvé des gradins très anciens qui probablement descendaient vers le fleuve et qui se trouvent maintenant une dizaine de mètres plus haut que le lit du fleuve. Des autocars de pèlerins arrivent, enfilent une chasuble blanche vendue sur place et font trempette dans une eau maronnasse en chantant des cantiques. Je me suis abstenu.
J’ai poursuivi vers le sud jusqu’à la Mer Morte dont la couleur bleue m’a surpris. Il y a quelques stations que l’on pourrait éventuellement qualifier de balnéaires. C’est moche et un peu sale. Le niveau de la mer morte baissant d’un mètre par an, il faut descendre une butte en sable gris et on se trouve au bord de l’eau. Il y a quelques chaises en plastique, une table bancale où je pose mes vêtements. L’eau est chaude, elle semble en effet plus épaisse qu’à l’habitude et sans pouvoir tenir assis, on flotte en effet remarquablement bien. C’est finalement de peu d’intérêt mais il faut l’avoir fait une fois dans sa vie. Il faut aussi prendre une douche après si l’on ne veut pas passer la journée à se gratter.
J’ai repris la route de Jérusalem où je suis arrivé en début d’après midi. Je n’ai même pas du montrer mon passeport pour quitter les territoires occupés.
Je vais à pied de mon hôtel à la vieille ville et je constate qu’il est impossible d’entrer dans la vieille ville car des milliers d’arabes sortent par la porte d’Hérode et il semble difficile d’aller contre le courant. J’essaye à la porte suivante, la porte de Damas, mais là encore, une foule compacte tente de sortir. J’ai attendu un moment puis, la frustration l’emportant, je suis rentré en me serrant contre la muraille. C’était une erreur. A l’intérieur de la ville un véritable entonnoir s’était créé et il était impossible de lutter contre ces milliers d’épaules serrées les unes contre les autres. Des boutiquiers aspergeaient la foule d’eau tant le risque d’un évanouissement était fort.
Après une demi-heure de lutte, j’ai réussi à trouver un cul de sac où l’on pouvait un peu respirer et je suis resté là à regarder passer la foule. J’ai discuté avec un palestinien qui m’a expliqué que c’était la prière du dernier vendredi du ramadan et qu’il y avait peut être 500.000 musulmans dans la vieille ville, venus de Jérusalem-Est mais aussi de tous les territoires occupés. Il était lui même d’Hébron. La situation étant relativement calme, le gouvernement israélien donne plus de laisser passer pour le vendredi, même s’il existe un âge minimum (quarante ou cinquante ans) pour pouvoir venir sur les lieux saints.
J’étais heureux de retrouver la vieille ville dans laquelle je me suis longuement promené.
A partir de 18h00, la ville a complètement changé d’aspect et elle a soudain été envahie de juifs orthodoxes, en redingote noire, chapeau noir ou schtreimel et qui déambulaient partout pour célébrer le début du sabbat. J’ai lu sur Google News que le matin même, trois jeunes palestiniens s’étaient fait lyncher par un groupe de jeunes israéliens, juste parce qu’ils se trouvaient à Jérusalem-Ouest. Etrange ville.
Le soir, je suis allé dîner au 41 de Jaffa street où se trouve une petite cour entre les immeubles avec de nombreux restaurants. Je suis allé chez Barood, où j’ai mangé une délicieuse ceviche (le plat semble terriblement à la mode en Israël) et un plat palestinien. C’était merveilleux, même si un énorme cafard s’approchait un peu trop près de mon pied. De retour à l’hôtel c’est le sabbat et je commets la bêtise de prendre le shabbat lift.

19232ème jour

Saint Jean d’Acre, la Galilée et le Golan

Je suis parti de bonne heure vers le nord en direction d’Haïfa. Je ne connaissais pas cette partie de la côte et je suis surpris de constater l’extension de l’urbanisation, en particulier autour de Netanya qui devient un petit Tel Aviv. A des milliers de kilomètres de là, à Bangkok, Michael suit ma progression sur son iPad.
Je ne m’arrête pas à Haïfa qui me donne l’impression d’être une ville sans charme et je poursuis jusqu’à Saint Jean d’Acre, Akro en hébreu, dont la vieille ville est une enclave arabe en Israël. Je reste quelques heures dans la ville à admirer les fortifications turques, le port, les mosquées, les maisons des croisés et surtout le souk qui n’a rien de touristique mais qui est un véritable marché avec des vendeurs de fruits et légumes et des marchands de jouets (les kalachnikovs en plastique semblent être le cadeau phare).
Toujours dans le souk, j’aperçois un petit restaurant avec une impressionnante file d’attente et, intrigué, je tente d’y avoir une table. Comme je suis seul, c’est facile et le serveur m’installe à une table à deux, en face d’un type que je ne connais pas et qui est attablé devant des hommos et une salade. Je découvre d’ailleurs qu’il n’y a rien à demander, c’est un restaurant à plat unique. Je commence à discuter avec mon voisin de table qui s’avère être israélien. Il me dit que j'ai de la chance car ce sont les meilleurs hommos d’Israël et il rigole quand je lui demande si on peut avoir un peu de vin. Il explique que le coin est habité moitié par des arabes, moitié par des juifs et que la cohabitation se passe plutôt bien. Il a fait son service pendant la guerre avec le Hezbollah en 2006 et me précise que les arabes n’ont pas l’obligation de faire leur service militaire. Certains toutefois, le font. Je quitte le restaurant après avoir payé quinze shekels, soit trois euros et c’était l’un des repas les moins chers de ma vie.
Je reprends la route en direction de Nazareth et de la Galilée et je m’amuse à prendre en photo le panneau indicateur d’un village du nom de Kabul près duquel je passe. La route s’élève après Nazareth puis redescend en boucle en offrant des paysages magnifiques jusqu’au lac de Tiberiade qui se trouve à deux cents mètres en dessous du niveau de la mer. Derrière le lac, une montagne sèche : c’est le plateau du Golan, et derrière encore, c’est la Syrie.
Je reste une heure à la piscine de l’hôtel et je repars en voiture avec pour objectif de m’approcher au plus près de la frontière syrienne. Un peu après Capharnaüm, la route monte en lacet vers le sommet du plateau. Il y a une église dans un tournant, à l’endroit où le Christ aurait prêché les Béatitudes dans le fameux sermon sur la montagne. La vue sur le lac y est particulièrement superbe. Je roulerai environ une heure jusqu’à une montagne en haut de laquelle se trouve un bunker désaffecté et un panorama superbe sur Israël et sur la Syrie. Au loin, on devine des barres d’immeubles. C’est la banlieue de Damas et c’est la guerre.
En redescendant sur Tibériade, alors que je longe la frontière syrienne, la route présente de nombreux check points mais sans aucun soldat ou contrôle. A un moment, il y a un panneau Niveau de la Mer qui me fait sourire.

19231ème jour

Tel Aviv II

C’est mon dernier jour à Tel Aviv. Je me balade sur le marché de Carmel Market, si pittoresque, qui part de l’angle de Allenby et de Benyamin Street et qui va jusqu’à la mer. L’endroit ressemble un peu à un souk arabe et il y a une vraie atmosphère bon enfant.
Je passe au Dizengoff Center et j’y trouve un disque d’Ivry Lider et puis aussi Move like Jagger de Maroon 5 que j’avais envie d’entendre en voiture.
Je retourne passer deux heures à la plage et je retourne chez Elba, aussi bien que la veille (Os à moelle parfait, hamburger sophistiqué, Syrah local charpenté).
De retour à l'hôtel, nouvelle salve de SMS avec Michael et nous décidons de nous suivre l'un l'autre sur l'application Friends, ce qui nous permet de savoir à tout moment où l'autre se trouve avec une précision étonnante.

19230ème jour

Tel Aviv I

Je passe une bonne partie de la journée sur la plage. Dans l’après midi, à ma grande surprise, je retrouve sur grindr Lazar, un garçon roumain avec qui j’avais passé une soirée à Bucarest voilà cinq ans. Il loge au Hilton avec des amis de Milan et nous décidons de nous y retrouver sur le champ. Il est toujours aussi sympathique, très beau, et il a l’air de gagner sa vie très correctement en défilant pour Prada deux fois par an. En lui parlant sur la terrasse du Hilton, je suis frappé par le fait que sa bouche et son nez ressemble à ceux de Brad Pitt. Les yeux hélas, sont beaucoup plus banals.
Le soir, je dîne à Elba, un restaurant qui m’avait été recommandé par un collègue et qui se révèle un endroit absolument merveilleux. Je dîne au bar d’un tartare de poisson et d’un agneau servi dans une poêle après avoir été semble-t-il cuit fort longtemps. Je sors enthousiasmé de mon repas.
Tard dans la nuit, je rejoins Lazar et ses deux amis (un milanais et un brésilien de Saõ Paulo) pour la tournée des bars. A ma recommandation on finit la nuit à Upper, la soirée très tonitruante de Polaroid. Les serveurs sont drôles, l’atmosphère très joyeuse et Lazar finit sur le bar, en train de danser comme un fou. Comme il a longtemps été danseur classique, il peut remonter sa jambe quasiment à la verticale et les clients du bar semblent très impressionnés.
Vers trois heures, je suis fatigué et je rentre seul à l’hôtel.

19229ème jour

Paris Tel Aviv

De très bonne heure, je retourne à l’aéroport pour prendre le vol de 7h15 pour Tel Aviv. Mon voisin du premier rang se lève pendant un long moment pour faire une prière en hébreu. Il a revêtu une cape de prière blanche et, plus bizarrement, il s’est enrubanné le bras gauche avec une bande de cuir noir dont j’ai du mal à saisir la justification.
Vue magnifique depuis l’avion sur Trieste et sur les îles grecques. Dès que nous pénétrons l’espace aérien israélien, il est demandé à tous les passagers de rester assis pour des raisons de sécurité. J’ai plaisir à retrouver le bel aéroport Ben Gurion mais hélas, je ne suis pas contrôlé par l’une des deux jumelles qui m’avaient tant étonné. Comme je n’y prête pas attention, le douanier tamponne mon passeport ce qui me vaudra d’être vigilant si je vais de nouveau dans un pays arabe. Je prends un taxi pour le centre et, alors que nous passons devant un bâtiment blanc ultra moderne, le chauffeur de taxi m’explique qu’il s’agit d’un nouveau théâtre. Il me semble reconnaître le quartier du Mann Auditorium, mais comme d’habitude à Tel Aviv, les chauffeurs de taxi ne le connaissent pas sous ce nom, et le mien élude la question en répondant : « A Tel Aviv, tout est près de tout! », ce qui n’est pas faux. Il s’avèrera que le théâtre en question est juste devant l’auditorium qui lui est en travaux de rénovation.
Je dépose mes bagages à l’hôtel et je vais aussitôt sur le front de mer. Je découvre qu’il y a maintenant à Tel Aviv un système de location de vélos verts, sorte de velib local et j’en loue aussitôt un pour aller jusqu’à Jaffa pour un déjeuner tardif. J’ai plaisir à retrouver cette ville à l’atmosphère si détendue.

19228ème jour

Zurich Paris

Le matin, promenade en bateau sur le lac avec mes deux amis.
En fin d’après midi retour à Paris. Je devais dîner avec un mec nommé Sam qui devient muet et me pose un lapin.
Je prépare ma valise en regardant le film récent réalisé sur Ian Curtis, le chanteur du groupe Joy Division.

19227ème jour

Le tour inachevé du lac de Lucerne

Je devais à l’origine assister deux fois à la Huitième mais, après le changement de programme, j’ai revendu ma place pour le concert du samedi. C’est une journée un peu vide que je dois meubler. Je loue un vélo à la gare de Lucerne et je commence un tour du lac. J’imaginais que la route suivait paisiblement le niveau de l’eau mais il y a régulièrement des côtes assez raides afin d’éviter quelques pics rocheux. Il fait un temps superbe et la vue sur le lac est enchanteresse. Pourtant, à Brunnen, après quarante kilomètres et malgré deux haltes, j’ai suffisamment mal au jambes (et au cul) et je rentre en train à Lucerne avec mon vélo.
Dînes avec mes deux amis dans une pizzeria très recommandable du centre historique.

19226ème jour

Egmont et le Requiem de Mozart par Claudio Abbado à Lucerne

Le matin, me voila donc parti pour Zurich par un petit avion Air France. Par hasard, je suis dans le même avion que deux amis que j’avais convaincu de venir pour entendre la Huitième de Mahler. Le programme a changé comme chacun sait, mais ils ne m’en veulent pas. Arrivé à Zurich, je prends le train incroyablement silencieux pour Lucerne. Le temps de déposer ma valise à l’hôtel et de faire un tour en ville et je retrouve au Seebar du KKL le Wanderer lui-même, celui dont je lis les pérégrinations musicales depuis des années. Le personnage est étonnant et il a assisté à tout ce qui vaut la peine d’être entendu en Europe depuis une trentaine d’années. Il a assisté à la première du Requiem il y a deux jours et, pour meubler le trou de son agenda, il a fait un aller retour à Salzbourg pour le Tamerlano de Minkowski avec Domingo. J’apprends grâce à lui que Claudio Abbado a renoncé à la Huitième parce qu’en fait il ne l’aime pas vraiment et qu’il a pris sa décision en mai, alors qu’il travaillait la partition en Italie et après avoir écouté son enregistrement berlinois et qu’il ait trouvé mauvais. La Huitième ne sera donc sans doute jamais jouée à Lucerne dans le cadre du cycle qui sera donc inachevé.
Le programme de substitution démarre donc avec la musique de scène d’Egmont dont on ne joue en général que la très belle ouverture que l’on juxtapose avec le Finale, en formant ainsi un ensemble étonnamment cohérent. Dès les premières notes j’ai un bonheur fou à réentendre l’orchestre du Festival et son son magnifique, qui n’a vraiment rien de comparable avec celui de l’orchestre Mozart entendu récemment à Pleyel dans cette même ouverture. Et pourtant le niveau, même s’il reste exceptionnel, me semble un petit peu en deça de celui des années passées. Certains piliers de l’orchestre sont partis, les membres de l’orchestre Philharmonique de Berlin qui venaient ont reçu l’interdiction formelle de participer à l’orchestre et quelques membres de l’orchestre Mozart, au son un peu acide, ont fait leur arrivée.
La partie vraiment intéressante du concert est bien sûr le Requiem, magnifiquement interprété, Abbado ayant choisi de donner la primeur au chœur, l’orchestre restant le plus souvent dans un rôle d’accompagnateur de luxe. Les soixante choristes sont issus du chœur de la Radio suédoise (entendu dans le Crépuscule des Dieux d’Aix) et ceux de la Radio bavaroise (entendus dans la Huitième l’an passé). Non seulement ces chœurs sont superbes, mais on comprend quasiment chaque syllabe de ce qu’ils chantent. Magnifique basse de René Pape. Comme a l’accoutumée, le public reste magnifiquement muet à la fin du concert dans un silence encore plus religieux qu’à l’habitude.
Ah! Et j’ai oublié de signaler que dans l’après-midi, Michael, qui habite Bangkok, a repris contact avec moi. Discussion un peu surréaliste où il assure que je ressemble au rôle principal de The Newsroom, une série dont je n’ai jamais entendu parler.

19225ème jour

J-1

C’est mon dernier jour de travail. A midi, je vais à la fnac des Champs-Elysées et je m’achète quelques livres pour les vacances, dont un Jean d’Ormesson que je ne connaissais pas et les Mémoires d’un vieux con de Roland Topor dont le titre m’amuse. Comme je vais partir une bonne dizaine de jours, je laisse ma voiture au bureau et je rentre en bus. Je regarde Batman begins que je croyais avoir aimé lors de sa sortie au cinéma et qui m’a mortellement ennuyé, hormis les beaux yeux bleus de Cillian Murphy.

19224ème jour

J-2

C’est le mois d’août et les journées sont calmes.
Le soir, un verre avec Pierre le soir au Paris London qui est devenu notre QG. Je lui propose de m’accompagner en Israël, ce à qui il répond un « Pourquoi pas ? » qui a tendance à m’énerver.
Un dîner avec une de filles chez Ly.

19223ème jour

Journée banlieusarde

Il y a fort longtemps, une douzaine d’années probablement, des collègues au fin palais m’avaient emmené déjeuner à Versailles dans un restaurant de viande tenu par un ancien boucher et qui s’appelait La Tour d’Auvergne. J’en ai un souvenir merveilleux et je ne sais pourquoi, je ne suis jamais revenu en ces lieux. Comme ma fille fait en ce moment un stage à Viroflay, j’ai eu l’idée de l’y emmener déjeuner. Je ne me souvenais plus très bien du nom, encore moins de l’adresse et au final, nous avons déjeuné à la Table du boucher, un endroit beaucoup plus banal. Ayant pris le temps de chercher, j’ai compris que le restaurant a changé de propriétaire, qu’il s’appelle maintenant La Tour et qu’il est toujours très recommandable, ce que j’essayerai de vérifier prochainement.
Le soir je vais à Juvisy chercher Maximilien, un garçon au physique avantageux. A sa demande on fait une dînette sushis-champagne chez moi et je le raccompagne vers minuit à Ville d’Avray où il a une soirée.

19222ème jour

Some like it hot

Journée de travail un peu relative car tout le monde est en vacances. Le soir, je me laisse prendre par Some like it hot qui repasse en version française sur une chaine du câble, alors que je pourrais le voir en VO et en haute définition avec le bluray qui se trouve juste à côté de la télévision. En cherchant sur Internet, j’ai la surprise de découvrir que les scènes de Floride n’ont pas été tournées à Miami au Seminole Ritz, mais à San Diego, à l’Hotel del Coronado.

19221ème jour

Un nouveau récital d'Eric Artz

En fin d’après-midi, je me rends à l’église Saint Merri pour un nouveau récital de piano d’Eric Artz au programme particulièrement artzien : Bach, Chopin, Debussy, Rachmaninov, Scriabine et Liszt. Le programme démarre par la très belle transcription par Wilhelm Kempff de la Sicilienne de Bach, l’une de mes œuvres fétiches, que j’avais découverte adolescent, lorsque Kempff l’a enregistrée dans ce qui fut l’un de ses derniers disques et qui m’a accompagné tout au long de ma vie. Le récital se termine par ce qui est peut être l’œuvre emblématique d’Eric : la deuxième Rapsodie hongroise de Liszt qu’il joue comme personne d’autre en l’amenant d’un lyrisme merveilleux à la virtuosité la plus hallucinée. Seul regret de ce concert, le fait qu’il soit organisé dans une église avec une réverbération difficilement supportable.
Le soir, je prépare un dîner pour mes filles et, à leur demande, nous regardons tous ensemble La Mélodie du bonheur, le film de leur enfance qu’elles avaient envie de revoir. J’ai découvert à cette occasion que la vieille dame que l’on voit dans le bus qui emmène Maria chez les von Trapp pendant la chanson I have confidence est en fait la véritable Maria.

19220ème jour

Azouz

En fin de journée, je vais retrouver Azouz qui a repris contact avec moi et à qui j’ai proposé de dîner. Je devais le récupérer à l’Etincelle, mais en arrivant dans le Marais, il me raconte qu’il est bloqué au Trocadéro, sa ligne de métro ayant été subitement fermée. Comme il s’apprête à prendre un bus, je lui propose de venir à sa rencontre et je reprends la voiture en direction du Trocadero. Bizarrement j’ai le temps d’aller jusqu’au Trocadero sans croiser son bus et une fois arrivé, je cherche à le joindre, une fois, cinq fois, dix fois sans qu’il ne réponde. Il ne veut communiquer que par SMS. Fatigué par son comportement, je le plante là et je vais dîner sous la pluie à la terrasse de la Brasserie de la Poste.

19219ème jour

Retour au Mini-Palais

J’ai beaucoup aimé ce dîner au Mini-Palais avec Simon, il y a deux jours et j’y emmène donc mes filles. Nous prenons un cocktail en terrasse et dînons à l’intérieur. Elles sont ravies et moi aussi.

19218ème jour

Benjamin

Dans la journée, je discute avec Benjamin qui semble prêt à se faire offrir (par moi) un voyage à New York. J’en profite pour mettre les points sur les I, que je ne suis pas un mécène, que j’ai eu du plaisir à passer une soirée et un week-end avec lui, mais que ce que nous recherchons ne me semble pas compatible. Il n’a pas l’air plus ennuyé que cela, sauf peut être à la perspective de devoir passer son été à Paris.

19217ème jour

Simon

Je retrouve donc Simon vers midi sur la place de l’Etoile et nous déjeunons ensemble à la terrasse de la Grande Armée. Il est agréable, cultivé et il a en effet un très beau sourire. Comme je n’ai aucune envie de retourner au travail, nous partons nous balader près des Champs Elysées, puis dans le Marais. Le soir nous dînons ensemble au Mini-Palais, un restaurant qu’il me fait découvrir et qui se tient dans l’enceinte du Grand Palais. C’est bon et agréable et je suis heureux d’être avec lui. Au fil de la discussion, je comprends néanmoins qu’il a une attache avec un Suisse de Genève et qu’il ne recherche qu’un peu de distraction physique. On en restera donc là.
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