17419ème jour

Vol de minuit

Contrairement à ceux du train, les horaires d'avion n'existent que de cinq en cinq minutes, une précision plus grande n'ayant guère de sens dans le cas du transport aérien. Il y a pourtant une exception à cette règle : les vols partant à minuit sont indiqués comme décollant à 0h01 afin qu'il n'y ait aucune confusion possible sur le jour dont il s'agit.
Ainsi, jeudi prochain, ou plutôt vendredi, je décollerai des pistes de l'aéroport de Koweit à 0h01.

17418ème jour

La cantine de l'Elysée

En arrivant, il faut déjà passer sur le trottoir qui longe l'Elysée et qui est inerdit au piéton lambda. On entre par le 55, le porche principal. On doit expliquer le motif de sa venue, puis donner une pièce d'identité dont le numéro est noté. Puis un gendarme, après avoir regardé l'emplacement du bureau (c'est normal il n'y a presque que des nouveaux), vous accompagne. On voit une meute de journaliste derrière des barrières qui attendent la sortie du conseil des ministres. Le gendarme, qui vous laisse courtoisement passer devant vous à chaque porte vous laisse entre les mains d'un huissier stylé, qui vous fait patienter dans le salon d'attente et va chercher votre interlocuteur.
Joli bureau beaucoup plus grand que ce que je n'imaginais.
Nous sommes partis dans le batiment en face, de l'autre côté de la rue de l'Elysée. C'est la cantine du Palais qui ressemble plus à un petit restaurant au service distingué et courtois, composé de petites tables ou les convives donnent l'impression de murmurer des secrets d'état. Les nouveaux arrivants saluent ceux qui sont déjà assis. L'ambiance est vraiment très amusante.
Nous repartons. Sur le trottoir de la rue de l'Elysée, nous croisons Douste-Blazy, l'oreille fixée à son gsm et qui a l'air encore plus abruti qu'à la télévision.

17417ème jour

Circulez il n'y a rien à dire

Pour la première fois je vois Adil en dehors d'une séance chess weed and sex. Il choisit un restaurant, une petite terrasse ouverte ce dimanche soir près de la place d'Anvers. Nous devons passer une heure environ en tête à tête. Et alors que ce genre de situation ne m'arrive avec personne, nous n'avons rien à nous dire, mais absolument rien. Pire, ce qu'il me dit a tendance à m'énerver et à me bloquer. Moi j'ai envie que ca aille vite, plat direct, lui prend son temps, entrée, plat, dessert, café. A l'issue, je pretexte de la fatigue (je n'ai pas osé la migraine) pour annuler la séance chess weed and sex. Il en a l'air très surpris. Je l'abandonne en bas de chez lui et je fuis.
Je souris en me remémorant cette formule de Napoléon que mon père aimait à répéter : En amour la seule victoire, c'est la fuite.

17416ème jour

Raymond Barre et Yasmina Reza

Raymond Barre est mort la nuit dernière. Dans le déluge des éloges posthumes, personne n'a rappelé qu'il était un amateur passionné de musique. Il me semble me souvenir qu'il s'était fait taper sur les doigts alors qu'il était Premier Ministre, pour avoir utilisé des avions du GLAM afin de se rendre au festival de Salzbourg. C'est l'un des rares hommes politiques que j'ai souvent aperçu au concert et je me souviens notamment de ce concert de Claudio Abbado au Théâtre des Champs Elysées au cours duquel Alfred Brendel était venu partager sa loge pour la deuxième partie.
C'est donc le jour de sa mort que j'ai lu le dernier livre de Yasmina Reza, paru deux jours plus tôt. On pourrait penser que rien ne relie l'auteur dramatique et l'ancien Premier Ministre et pourtant, dans Hammerklavier, son ouvrage que j'ai préféré à tous les autres, Yasmina Reza nous raconte la rencontre suivante:
Un jour de février 1987, j'étais alors inconnue, je déjeune avec mon père chez Lipp.
Auparavant j'avais acheté un exemplaire de ma première pièce qui se jouait depuis peu à la Villette. J'avais écrit une petite dédicace pour son ami Arthur et mon père avait glissé l'exemplaire dans sa poche en sortant du restaurant. "Où vas-tu?
- Chez moi.
- Je te raccompagne à pied", me dit-il.
Nous marchons côte à côte rue de Rennes, quand tout à coup apparaît en sens inverse, un homme engoncé dans un manteau gris légèrement court.
"Regarde qui voilà!" s'écrie mon père. Je reconnais Raymond Barre. Mon père s'est arrêté, sourire rayonnant, corps prêt à accueillir l'ami intime.
"Il le connait?" me dis-je, sûre du contraire.
Raymond Barre est déjà devant nous.
"Monsieur Barre, dit mon père en lui prenant chaleureusement la main, permettez moi de vous présenter ma fille Yasmina, le grand auteur dont tout le monde parle!"
Un rien désemparé, Raymond Barre me salue avec politesse.
"Monsieur le Ministre, bafouillé-je, ne vous sentez pas du tout obligé de...
- Si... si... Il me semble en effet... En tout cas, je vous félicite..."
Ravi et sourd à ces embarrassements, mon père sort de sa poche (à mon horreur, va-t-il lui offrir l'exemplaire dédicacé à Arthur?) le livre dont il exhibe le titre pour confirmer une vérité sue de tous.
Raymond Barre hoche avec bienveillance. Mortifiée, je répète: "Ne vous sentez pas du tout obligé... Mon père ne réalise pas...
- Pas du tout... Le titre en effet...
- Sais tu, interrompt mon père comme un homme d'esprit qui ne veut pas s'attarder sur une cause entendue, sais-tu chérie que comme nous, Monsieur Barre est un grand amateur de musique! N'est-ce pas Monsieur le Ministre?" Et avant que j'aie pu méditer sur ce virage inopiné et sur le reste, papa entonne d'une voix sonore, ample et ostensiblement musicale les premières mesures du quintette K.615 de Mozart: "Tarilalalala tirilalalala..." A peine commence-t-il à développer le thème que Raymond Barre entre à la cinquième mesure : "Tirilalalala..." D'une voix également affirmée, il module spontanément et sans souci du reste de l'univers sous la houlette des mains gantées que mon père, premier violon, agite dans les airs.
Ceux qui passent ce jour de février 1987, rue de Rennes, à hauteur du Monoprix qui bientôt n'existera plus, dans le froid gris et le bruit des voitures, voient, manteau de loden beige et manteau de laine grise, toque d'astrakan et feutre dodelinant, deux amis chanter Mozart.
Trois minutes avant, ils ne se connaissaient pas, à la fin du duo ils se serreront la main et ne se reverront jamais.

Yasmina Reza - Hammerklavier

Même s'il n'est pas mon préféré des quintettes à cordes de Mozart, j'écoute souvent le Köchel 516, modèle d'équilibre. Et à chaque fois, au début de l'Allegro initial, passage diablement difficile à chanter juste, je pense à Raymond et au père de Yasmina qui doivent désormais poursuivre tranquillement leurs duos vocaux.

17415ème jour

Louis

Il voulait réaliser sa fantaisie, m'attendre nu dans son lit et les yeux bandés, de façon à le faire une fois avec quelqu'un qu'il n'aurait jamais vu.
Pourtant, quand nous eûmes fini, il a retiré le bandeau. Il avait un beau sourire. C'était alors presque plus gênant pour moi que pour lui. On a fait connaissance. Etrange coïncidence, son métier consistait à prendre soin de personnes mal voyantes. On a parlé de son prénom qu'il jugeait désuet mais que moi, j'aime tant.
Puis je suis reparti.
Il ne pleuvait plus sur le boulevard Philippe Auguste en cette nuit d'été.

17414ème jour

Le bleu des hortensias dans le jardin de ma grand-mère

Le bleu des hortensias dans le jardin de ma grand-mère qui mettait des débris d'ardoises à leur pied pour en renforcer la couleur. Le bleu des vitraux de la cathédrale de Bourges que mes parents disaient unique et jamais reproduit. Le bleu magique du toit du Grand Palais dans les années 80. Le bleu d'un petit vase acheté pour moi par P. à Ibiza et qui est encore aujourd'hui sur mon bureau. Le bleu de la paroi de la cheminée de la maison de mon enfance, dont ma mère était si fière. Le bleu des maisons de Sidi Bou Said. Le bleu du cadran de ma deuxième montre d'enfant. Le bleu ciel de mon petit vélo où le nom de Raphael Geminiani était inscrit. Le bleu très laid d'un gilet acheté par ma grand-mère à une foire. Le bleu irréel des lagons aux îles maldives. Le bleu marine d'un grand pull en coton que j'aimais porter la nuit quand les nuits étaient fraîches. Le bleu profond de la toile de Klimt die Musik. Celui plus doux du bandeau de la Fille à la perle. Le bleu du chapeau de la fontaine Stravinski que je revois toujours avec plaisir. Le bleu du porte-clefs que j'avais acheté au Musée Guggenheim en 1998. Le bleu plus sombre de l'oeil du prophète grec qui l'a remplacé. Le bleu ciel de ce petit agenda 1986 recouvert de cuir que j'avais offert lorsque j'étais tombé éperdument amoureux. Le bleu royal des plumes des ailes de mes deux canards. Le bleu du velours un peu rêche qui recouvre les deux méridiennes symétriques de mes parents et qui se trouvent aujourd'hui dans chacun de leurs appartements respectifs. Le bleu sombre de la trousse de toilette fcuk que manu m'a offert et qui accompagne tous mes voyages. Le bleu de la lada. Le bleu électrique de l'anorak Gap que P. m'a emprunté définitivement. Le bleu des verres de mes petites Ray Ban rondes. Celui des yeux de toute ma famille, de mes quatre grands parents, de mes parents, de mes frères et soeurs et de mes oncles et tantes et qui fait sans doute qu'enfant, lorsque l'on me demandait quelle était ma couleur préférée, je répondais fièrement : "Le bleu!"

17413ème jour

Vide

Dix jours déjà écoulés depuis le retour de Los Angeles.
Dix jours vides sans souvenir marquant.
Dix jours de pluie permanente.
Cette année les arbres resteront verts plus longtemps.
L'été sera indien.

17412ème jour

Bruxelles

Un allez-retour Paris Bruxelles dans la journée. Des fettucine Vongole (accent tonique sur le von et non pas sur le go comme font tous les français). Une visite à un client adorable. Un court passage à mon disquaire préféré dans la galerie de la Reine. Et à part ça de la pluie.
Comme hier.
Et comme demain.

17411ème jour

Vertige

J'ai acheté en DVD d'occasion Vertigo de Hitchcock, stupidement rebaptisé en français Sueurs froides. On y voit moins San Francisco que dans mon souvenir, mais il est cependant très amusant de voir le film quand on vient de visiter la ville. En particulier, l'immeuble où habite Kim Novak au début du film est aujourd'hui un hôtel tès connu de California Street. Et dans la scène où l'ami de James Stewart lui propose de surveiller sa femme, il y a aux murs des peintures de la ville au XIXème siècle. Ce paysage de collines bucoliques est très étonnant.

17410ème jour

Projets éditoriaux

L'infirmier va en être vert, mais à vous je peux bien l'avouer, je suis en contacts avancés avec un éditeur pour publier les meilleurs posts de ce blog. Et en exclusivité, vous pouvez même admirer la maquette de couverture.

17409ème jour

Le post nécessaire de Monsieur Cyclopède I

Tout le monde connait les demoiselles d'Avignon peintes voici juste cent ans. Beaucoup sont persuadés que les demoiselles sont des habitantes d'Avignon. Picasso avait en fait peint des prostituées d'une maison close barcelonaise, située Calle Avinyo, qui donne son nom à la toile, laquelle n'ayant donc aucun rapport avec la ville française d'Avignon.

17408ème jour

Les premières fois

La première fois qu'on a été vraiment malade, qui dans mon cas est aussi le premier souvenir. La première fois qu'on va à l'école. Les premiers pantalons longs. La première fois qu'on prend le train. La première montre. La première fois qu'on voit la mer. La première communion. La première fois qu'on va à l'étranger. La première cigarette. La première fois qu'un être cher disparait. La première fois qu'on voit sa mère pleurer. La première fois qu'on voit son nom dans le journal. Le premier concert. La première fois qu'on prend l'avion. La première carte bleue. La première fois qu'on fait un french kiss. La première fois qu'on jouit. La première fois qu'on se rase. La première fois qu'on conduit seul. Le premier walkman. La première fois qu'on voit New York. La première boîte de nuit. La première fois qu'on fait l'amour. Le premier appartement. La première fois qu'on dit "je t'aime". Le premier accident de voiture. La première fois qu'on prend le TGV. Le premier CD. Le premier pétard. Le premier bulletin de paye. Les premiers impôts. Le premier pot de départ en retraite. La première fois que l'on tient son enfant dans les bras. La première fois qu'on prend l'Eurostar. La première fois qu'on est témoin de mariage. La première fois qu'on téléphone depuis une voiture. La première fois que l'on voit un cadavre. La première fois qu'on se connecte sur Internet. La première fois qu'un de ses enfants vous apprend quelque chose. Le premier i-pod.
Chaque fois que c'est une première fois, on est content et excité. On sait que c'est la première fois.
Chaque première fois peut aussi être une dernière fois. Et on ne le sait pas.

17407ème jour

Les Altoids

C'est une petite boîte métallique, très jolie. Je l'ai achetée par hasard à Santa Barbara, avec un tube de dentifrice. A l'intérieur de minuscules pastilles à la cannelle, mais assez fortes. Et je suis devenu accroc. Depuis, j'ai goûté celles à la menthe (décevantes) et j'ai fait un stock de boîtes plus grandes à la cannelle (mais les pastilles sont plus grosses) et de chewing gum (mais le goût ne reste pas assez longtemps en bouche).
Je serai triste quand mon stock sera fini. J'espère juste que je pourrai m'en procurer lors de mes voyages en Angleterre.

17406ème jour

La musique des vacances

Il n'y a guère eu de journée en Californie sans que ne s'élève une petite voix de la banquette arrière : Papa, on met Mika? Et il ne s'est guère écoulé de journée sans écouter intégralement la version locale du CD de Mika agrémentée de deux titres supplémentaires Erase et Ring ring. Et puis nous avons beaucoup écouté un disque découvert là bas, un groupe qui s'appelle The bird and the bee et dont les mélodies toutes en douceur accompagnaient bien la monotonie des paysages sur les autoroutes. Mais la découverte de ces vacances restera une oeuvre peu connue d'Arvo Part Spiegel Im Spiegel, entendue par hasard sur une radio classique. C'est une oeuvre pour violon et piano, aeez minimaliste à la mélodie très statique, qui évolue peu à peu. J'avais toujours un grans plaisir à l'écouter la nuit en roulant dans les longues rues linéaires de San Francisco.

17405ème jour

Retour à Paris

Vol très calme de retour vers Paris. j'ai tenté trois fois de suite de regarder Shreck 3, mais comme lors de la première tentative, à chaque fois, je me suis endormi avant la fin.

17404ème jour

Los Angeles

Nous avons profité de cette dernière journée pour aller faire quelques photos en vue des fameuses lettres Hollywood. C'est très amusant de chercher le bon endroit dans des rues tortueuses et accidentées au milieu de villas. C'est pour finir devant une villa de Durand Drive que nous nous sommes arrêtés, à la bonne hauteur et à trois cent mètres environ des lettres magiques. Nous avons souri pour ce que nous croyions être la postérité.
Puis nous sommes allés dîner au Hollywood Canteen un restaurant branché où l'on était assis dans des grands canapés mous. John le serveur était très cool et mes filles en étaient éperdument amoureuses.

17403ème jour

Les pingouins de San Francisco

Au zoo de San Francisco, il y a de nombreux pingouins qu'il est intéressant de visiter à l'heure de leur déjeuner. Un employé leur donne des poissons posés sur un plateau et qu'ils engloutissent d'un coup, sans mastiquer ni macher. Une petite dame très sérieuse note sur un ordinateur le numéro de la bague de chaque pingouin et le nombre de poissons ingurgités. Mais le plus étrange est le troisième personnage qui ne quitte pas d'une semelle le porteur de poissons. Il tient sur le bras un immense aigle de californie. Après m'être longuement questionné sur son rôle, j'ai compris qu'il était là pour éloigner les mouettes des poissons.

17402ème jour

Retour au Castro Theater

Ce week end, était fêté le 85eme anniversaire du Castro Theater. Au programme, en première partie, un film de Laurel et Hardy où ceux-ci tentent de vendre des sapins de Noël en californie. Puis venait le clou du programme, un film trois ans plus jeune que le Castro Theater, le fantôme de l'Opéra, film muet de 1925 de Rupert Julian. C'était bien évidemment les conditions idéales pour voir un film muet, dans une belle salle, avec l'accompagnement en direct du film, sur l'orgue de cinéma. Ce film est plein de trouvailles, comme les camaieux utilisés pour certaines scènes, la colorisation pour la grande scène du bal de l'opéra et la fameuse scène de l'enlèvement du masque où Lon Chaney est particulièrement extraordinaire.
A la fin du film, je suis allé discuter avec l'organiste qui m'a dit n'avoir répété que deux ou trois fois avant la représentation et que la plupart de son accompagnement était improvisé, sauf les scènes d'opéra pour lesquelles il s'était inspiré de la partition de Gounod.

17401ème jour

Retour à San Francisco

Cette ville est vraiment très attachante et j'ai plaisir à la retrouver. Le temps est meilleur que la semaine passsée et s'il fait toujours frais le soir, le ciel est très bleu durant la journée et on est bien au soleil. Nous profitons de ces journées supplémentaires pour découvrir les quartiers délaissés par les touristes et en particulier Cole Valley une rue aux allures bohêmes, entre Twin Peaks et Haight Street. Des restaurants cool, des boutiques amusantes et pas un touriste. Le vrai San Francisco. Nous avons profité du beau temps pour monter à Twin Peaks, admirer la vue exceptionnelle sur la ville et la baie.

17400ème jour

Retour à Yosemite

Nous avons cette fois-ci délaissé Yosemite Valley et privilégié la Route 120 qui traverse le parc d'est en ouest. Cette route est une succession permanente de cartes postales, de lacs d'un bleu irréel, de forêts de conifères et de blocs massifs de granit. Ca et là, un panneau représentant un ours rouge indique qu'un automobiliste a tué un ours en roulant trop vite. Nous avons fait l'excursion de Dog Lake, un petit lac d'altitude où se reflètent le ciel et les montagnes. Nous avons parlé longuement à deux américaines de Los Angeles qui étaient là avec leurs deux chevaux, nous avons pique-niqué, fait le tour du lac, rencontré un cerf fort pacifique et discuté avec d'autres américaines qui nous avaient demandé de les prendre en photo et dont l'une était née à Chateauroux. Puis nous avons repris la voiture et nous sommes repartis sur la route 120 en direction de San Francisco.

17399ème jour

Death Valley

Le plaisir de trouver le silence et la beauté de la nature est encore plus intense après deux nuits à Vegas. Nous avons découvert les collines de roc blanc de Zabriskie Point, nous avons tenté l'excursion du Golden Canyon par 113°F, nous avons pris des salades dans une gargotte climatisée du parc, nous avons pris quelques photographies dans les dunes de sable, puis nous avons mis le cap sur le lac Mono, un grand lac de Montagne qui a longtemps servi de réserve d'eau à Los Angelès et dont le niveau a baissé, dévoilant ainsi des îles artificielles. Au coucher du soleil nous avons garé la voiture près du cimetière de Lee Vining qui domine le lac, nous en avons escaladé la clôture et nous avons coupé à travers les buissons pour admirer les eaux bleues du lac alors que le soleil s'effaçait à l'ouest derrière les montagnes de Yosemite.

17398ème jour

Las Vegas

Je déteste Céline Dion. Je n'aime ni les jeux d'argent, ni les casinos. Je n'aime pas beaucoup les néons. Je déteste les spectacles bidons et vulgaires. Je ne vais presque jamais au Mc Donald. Je me demande vraiment ce que je fais à Las Vegas. Le spectacle vaut pourtant la peine d'être vu. De nuit comme de jour cette foule qui se presse autour de machines à sous bruyantes, dans des hôtels d'un kitsch à vomir. Cette ville est le degré zéro de la culture humaine, c'est une erreur boursouflée dont l'accumulation de laideur arrive à étonner le visiteur le plus blasé. Même Dubai peut passer pour un îlot de culture à côté de Vegas.
L'une de mes grandes surprises a été de constater que tous les parkings de Vegas sont gratuits et, pour rester sur une note positive, je ferai juste exception pour le spectacle assez impressionnant de jets d'eau en face de l'hôtel Bellagio. Si on peut éviter d'avoir Titanic bramé par Celine Dion, et, comme nous ce soir, entendre Ol'blue eyes chanter Fly me to the moon, on en viendrait presque à oublier les dix heures de route qu'il a fallu pour se rendre dans ce bout de désert.

17397ème jour

De la Californie au Nevada

Plutôt que de traverser Yosemite de part en part, nous avons choisi de rejoindre Fresno et de prendre l'autoroute 99 qui descend vers Los Angeles, puis contourne la zone montagneuse en direction du Nevada. A partir de Barstow, on entre dans le désert de Mojave, et la température monte lentement jusqu'à 100°F pour ne plus bouger jusqu'à Vegas. On longe un long moment la base d'Edwards où atterrissent les navettes spatiales et on atteint enfin le Nevada. La frontière est marquée par un immense par d'attraction hérissé de montagnes russes. Et du désert, surgisssent soudain les tours et les lumières de la ville du jeu.

17396ème jour

Yosemite

Yosemite est le plus célèbre des parc américains et sa réputation n'est pas galvaudée. Après des kilomètres d'une route assez belle, on arrive à l'un des points d'entrée et pour vingt dollars par voiture on peut se balader pendant sept jours dans le parc. La partie la plus célèbre est la vallée de Yosemite, très encaissée et entourée de remparts de granit, dont le fameux Grand Capitan. Le moyen le plus simple de se promener est de laisser sa voiture au parking, de prendre la navette gratuite qui dépose les touristes au départ des très nombreuses excursions.
Nous avons fait pour notre part l'une des plus célèbres, celle de Vernal Fall, qui permet d'aller admirer une splendide chute d'eau. Les paysages sont paradisiaques et nous avons aperçu une biche, un cerf, de nombreux oiseaux bleus et un nombre incalculable d'écureuils qui viennent volontiers manger dans la main ou mordiller un doigt.
Nous sommes repartis en voiture vers l'extrémité sud du parc de Yosemite où se trouvent des sequioas géants qui exposent avec majesté leurs(s) millénaire(s) dans une odeur magique de résine.

17395ème jour

Sacramento

Sacramento est un nom qui sonne bien. A une heure de route au nord de San Francisco, en direction de Reno, Sacramento est la capitale de l’état de Californie. Elle fut fondée en 1848 par le suisse John Sutter qui souhaitait créer son état de Nouvelle Helvétie. Aujourd'hui, il faut bien reconnaitre que Sacramento présente peu d'intérêt, à part son Capitole, et un tout petit centre historique, fort mal mis en valeur et envahi de boutiques à souvenirs, où on peut vaguement imaginer ce qu'étaient les villes des Etats-Unis au XIXème siècle.
Nous avons quitté Sacramento en direction du sud-est, à travers d'anciennes villes de mines d'or, qui prétendent perpétuer le souvenir de cette époque mais qui ne sont que d'abominables attrape-toutistes. En allant vers l'est, les paysages deviennent plus abrupts, on approche de Yosemite.

17394ème jour

C'est la fête à Napa

J'ai été un peu déçu par Napa Valley. Certes les vignes à perte de vue sont belles, et nos yeux sont peu accoutumés à les voir cotoyer des palmiers, mais il y a quelque chose de banal comparé aux coteaux de Bourgogne ou du Bordelais. Les touristes argentés prennent un train gastronomique à travers les vignes, mais ce n'est guère ce qu'un français recherche ici. les français justement sont partout. Amoureux de la Californie et appatés par un dollar plutôt bas, on entend parler français partout, dans toutes les boutiques et dans tous les restaurants. A Napa, ce soir, c'était la fête au village et les préparatifs allaient bon train. Des stands de dégustation de vins et de primeurs. Les prunes de Napa son absolument étonnantes et les grosses fraises ont un bon goût de fraise des bois.
Dans la soirée, l'atmosphère était assez moyenne. Les habitants faisaient visiblement des efforts pour se retrouver par affinités. Les vieux se retrouvaient autour des verres de vins et les jeunes étaient entre blancs, blacks ou latinos. Nous ne sommes pas restés très longtemps et à ma grande honte dans ce pays de bon vin, nous avons fini la soirée avec des hamburgers.

17393ème jour

De San Francisco à Napa Valley

Après quelques courses dans notre quartier préféré de Lower Haight, nous avons repris la voiture pour descendre l'ahurissante Lombard Street qui, pour lutter contre la pente trop forte, prend des allures de sentier des chêvres pour la grande joie des touristes. Nous avons alors mis le cap une dernière fois vers le Golden Gate recouvert de brume. Il était amusant de refaire en voiture le parcours fait la veille en vélo. Nous avons laissé Sausalito en bas sur notre droite et avons avancé vers le nord, à travers des routes de campagne passant au milieu de champs de blés et de zones de forêt mélant palmiers, feuillus et résineux. En s'éloignant de la mer, la température augmentait et en arrivant à Napa Valley, nous avons retrouvé des températures proches de celles de Los Angeles.

17392ème jour

En tandem sur le Golden Gate

J'ai réalisé aujourd'hui un rêve que j'avais depuis de nombreuses années : faire du tandem. Et pas n'importe où : autour de la baie de San Francisco, traversée du Golden Gate comprise. J'hésitais un peu à prendre le tandem, surtout pour trente kilomètres, j'ai demandé au type de l'agence si je n'allais pas faire tout l'effort pour ma fille aînée. Il m'a repondu : it depends on the relation you have with your daughter. Il avait plutôt raison et j'ai vite compris que faire du tandem est beaucoup une affaire de communication, celui de tête devant prévenir l'autre des changements de vitesses, des arrêts de pédalage et des bumps éventuels. Nous sommes partis du nord de la ville, avons longé la Marina pour atteindre rapidement la montée vers le Golden Gate. Mlagré la brume si fréquente dans la baie, la vue devient vite exceptionnelle, jusqu'à l'entrée de la passerelle commune aux piétons et aux vélos. A partir de là, il faut un peu slalomer entre les piétons, mais la pente est très douce. Nous avons fait un court aller retour en tandem, le temps de faire une photo sous le panneau SPEED CHECKED BY RADAR. Après le pont, la route descend ensuite vers Sausalito, un joli petit port qui sert de résidence de week end aux habitants de San Francisco. Nous avons déjeuné devant le port dans un petit restaurant tenu par des mexicains, puis, plutôt que de rentrer par le Golden Gate, nous avons poursuivi jusqu'à Tiburon, un autre petit port. De là nous avons embarqué dans le ferry, avec une centaine d'autres vélos, et nous sommes rentrés par la baie, en longeant l'îlot d'Alcatraz, directement au quai N°1 de San Francisco.

17391ème jour

All about Eve au Castro Theater

Le Castro Theater est un survivant d'un autre temps, un grand cinéma à l'ancienne, aux allures de théâtre et à la décoration hallucinante, qui faite ses quatre vingt cinq ans cette année. Aller au cinéma dans un tel endroit a peu avoir avec les usines des complexes UGC. Il y avait foule tout à l'heure pour voir l'un des plus grands films de tous les temps All about Eve que j'avais vu pour ma part il y fort longtemps, sans doute à l'action Christine. Avant le film, un organiste joue avec talent sur scène, dos au public, des pots pourris de musiques de films, puis l'organiste et son instrument disparaissent sous la scène sous les hourras du public. Suit alors une longue présentation de l'oeuvre qui va âtre projetée, et le film peut commencer. La salle est composée d'amoureux du cinéma. La première entrée de chaque grand acteur et en particulier george Sanders, est saluée comme au théâtre par des applaudissements, toutes les répliques font mouches, même celles que je ne comprends pas. Le fait d'être de la région où le film été tourné change la relation que l'on a avec lui. La phrase San Francisco is an island of civilization in the Californian desert fait bien évidemment mouche. Le cinéma ne devrait en fait jamais être autre chose que celà.

17390ème jour

Où nous avons affaire à la police de San Francisco

Je me promenais avec mes filles. Nous avions décidé d'aller depuis l'hôtel, pres de Union Square, jusqu'au quartier de Lower Haight, ce qui représente une assez belle distance. Nous étions sur Fulton, un peu après Van Ness, lorsqu'à un angle de rue, un policier m'a arrêté pour me demander ce que je faisais là. Je lui ai expliqué le but de la promenade et il m'a regardé très inquiet. Il m'a expliqué que le quartier que je m'apprêtais à franchir était extrêmement dangereux, qu'un homme y avait été tué la veille et que je risquais au mieux de me faire piquer mon sac. Il a même tenu à me démontrer combien c'était facile de l'arracher. Je songeais déjà à rebrousser chemin lorsqu'il m'a aimablement indiqué que sa collègue allait nous emmener à notre point de destination. Et on a embarqué, moi à l'avant, et mes filles à l'arrière, derrière la vitre de sécurité. On est allés jusqu'à Haight street, ce qui représentait une quinzaine de minutes. On s'est raconté beaucoup de choses, elle m'a parlé de ses trois enfants, de sa vie, des problèmes de sécurité à San Francisco, sa ville, de tous ces homeless que l'on voit partout au centre ville et dont elle m'a confirmé qu'ils ne sont pas agressifs. Elle nous a déposé à l'angle de Haight Street et de Maconic en nous précisant de ne pas aller à l'ouest de Maconic, que le quartier dangereux commençait là. J'étais très surpris car je m'y étais déjà baladé avec mes filles le jour de notre arrivée et je n'avais rien remarqué de spécial. Elle a ouvert les portes bloquées de mes filles et nous l'avons beaucoup remercié.
Et dire que je n'ai même pas eu la présence d'esprit de faire une photo.
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