17177ème jour

Sauvegarde III

Comme je l'ai déjà fait ici ou , je sauvegarde quelques précieux SMS reçus en 2006, en omettant l'identité de l'expéditeur.
- Ca va bien, je sors du bloc... Une histéroctomie assez hard... Mais tt va bien. Et toi, comment vas tu? (19/05/06 17:10)
- Un proverbe turc dit : il faut parfois savoir perdre sa barbe pr sauver sa tête (01/06/06 16:03)
- Je pique nique devant le concert tres bo... kusje (10/06/06 13:04)
- Je suis en face de concerttrèsbeau Bises (10/06/06 13:55)
- Quelle mémoire. Je suis impressionné... Je l'ai moi meme vue... J'espère que tout va bien pour toi. Bisous de Saint Tropez (24/07/06 19:37)
- Je t'aime (27/07/06 11:46)
- Flashmob le 16 ou le 17 ça te va? (23/08/06 20:57)
- Le dernier acte est sanglant, quelque belle qu'en soit la comédie (25/08/06 14:27)
- Tu as le bonjour de la part des antipasti de la Carbonara (02/09/06 20:12)
- Je sais... j'ai appris cela cette semaine... quel drame! la vie est impitoyable. Quel beau couple ils formaient (à propos de Anne Sophie Mutter et André Previn 16/09/06 14:06)
- Embrasse la Chaumière pour moi... (30/09/06 17:31)
- Quelle joie ce bar qui tourne! (02/11/06 23:54)
- Ah, j'oubliais : tes filles sont vraiment magnifiques! (29/12/06 23:45)
- Ya André Rieu sur RTL9 et sur ZDF!! (31/12/06 22:05)
- Dank je wel vincent. ik wens jou ook een fijn nieuwjaar toe, met veel fijne momenten. Sebasxx (31/12/06 23:09)

17176ème jour

Mon année 2006

Paris Barcelone Madrid Prague Bucarest Paris Singapour Denpasar Singapour Paris Birmingham Paris Dubai Paris Londres Paris Bucarest Istanbul Paris Istanbul Paris Milan Paris Istanbul Bodrum Istanbul Paris Istanbul Bodrum Istanbul Madrid Alicante Paris Katowice Paris Francfort Tel Aviv Istanbul Paris Madrid Alicante Paris Rome Paris Budapest Paris Istanbul Tel Aviv Istanbul Paris Heraklion Rhodes Paris Varsovie Paris Bucarest Varsovie Paris Istanbul Paris Katowice Paris Bucarest Paris Amsterdam Paris Amsterdam Paris Barcelone Paris Londres Milan Paris Londres Paris Birmingham Paris Budapest Paris Bucarest Paris Barcelone Paris Athènes Paris.
Soit 85 vols. Deux de plus qu'en 2005.

17175ème jour

Piero

On avait rendez-vous devant le Vuitton des Champs-Elysées, sorte d'eldorado des touristes à Paris. Je pensais qu'il ne viendrait pas, vu qu'il m'avait posé un lapin la veille mais à l'heure dite il était là, près du kiosque à journaux et un peu frigorifié, la température étant assez différente de celle de Lima. Il était timide. C'est moi qui faisait la conversation. Arrivé chez moi, il n'a rien voulu à boire. On est passés directement à l'action.

17174ème jour

Mes Live

On a toujours une affection particulière pour les disques reproduisant des enregistrements de concerts auxquels on a assisté. En cherchant bien, j'en ai retrouvé seulement douze:
19 mai 1993 : Récital de Charles Trénet à l'Opéra Bastille à l'occasion de ses 80 ans
6 juillet 1995 : Jeff Buckley à l'Olympia
5 septembre 1999 : Mahler - Le chant de la terre- Scharoun Ensemble - Franz Welser-Möst - Cornelia Kallisch - Christian Elsner
6 septembre 1999 : Mahler - Neuvième Symphonie - Berliner Philharmoniker - Claudio Abbado
4 novembre 1999 : Charles Trénet à Pleyel
22 novembre 2000 : Ray Charles à l'Olympia
24 octobre 2001 : Mahler - Sixième Symphonie - Orchestre National de France - Bernard Haitink
27 mars 2005 : Mahler - Deuxième Symphonie - Staatskapelle Berlin - 80 ans de Pierre Boulez
7 novembre 2006 : Mahler - Quatrième Symphonie - Orchestre du Concertgebouw d'Amsterdam - Concert jubilé de Bernard Haitink
15 novembre 2006 : Girolamo Frescobaldi - Toccatas - Francesco Tristano Schlimé
11 & 13 mai 2008 : Schostakovich - Quatrième Symphonie - Chicago Symphony Orchestra - Bernard Haitink
25 novembre 2008 : Mahler - Deuxième Symphonie - Chicago Symphony Orchestra - Bernard Haitink

17173ème jour

Les uns et les autres

Lors de mon dernier voyage en Grèce fin décembre, je m'étais aidé d'un document préparé par un collègue qui résumait la situation des principales banques grecques. Dans la liste des banques figurait Minors bank. Je ne savais pas trop ce que signifiait Minors en grec, mais j'ai évoqué cette banque à plusieurs reprises avec mes différents contacts. Lors du dernier entretien, alors que je parlais des principaux partenaires de Minors Bank, mon interlocuteur me regarde bizarrement et me dit : Mais Minors bank, ça n'est pas une banque, ce sont les petites banques, minor banks, en fait. J'ai rapidement dit oui, bien sûr et je suis vite passé à autre chose...

17172ème jour

A la recherche de la Mahlerfeest

Chaque chef de l'orchestre du Concertgebouw organise au cours de son règne une Mahlerfeest, un festival au cours duquel l'intégrale de l'oeuvre de Mahler est interprétée. La première Mahlerfeest, celle de 1920, en présence d'Alma Mahler, avait été dirigée par l'ami Willem Mengelberg. Il est à parier que la prochaine, celle de Mariss Jansons aura lieu en 2010 ou 2011. J'ai eu le plaisir d'assister à deux des concerts de la dernière Mahlerfeest, en 1995,une intégrale distribuée entre quatre grands orchestres et dont le programme fait rêver.
Première Symphonie : Concertgebouw Riccardo Chailly
Seconde Symphonie : Wiener Philharmoniker Bernard Haitink
Troisième Symphonie : Berliner Philharmoniker Bernard Haitink
Quatrième Symphonie : Wiener Philharmoniker Riccardo Muti
Cinquième Symphonie : Berliner Philharmoniker Claudio Abbado
Sixième Symphonie : Berliner Philharmoniker Bernard Haitink
Septième Symphonie : Berliner Philharmoniker Simon Rattle
Huitième Symphonie : Concertgebouw Riccardo Chailly
Neuvième Symphonie : Berliner Philharmoniker Claudio Abbado
Le chant de la terre : Gustav Mahler Jugendorchester Bernard Haitink
En juin dernier, Martijn Sanders, qui fut le manager du Concertgebouw pendant 25 ans, et qui avait organisé la Mahlerfeest de 1995, a pris sa retraite. A cette occasion, Radio Netherlands a édité un coffret de 16 CD regroupant tous les enregistrements du festival. Ce coffret, édité a 1500 exemplaires a été offert aux invités et adressé à de très nombreuses radios dans le monde. Certains exemplaires commencent à apparaitre sur des sites de vente aux enchères, parfois à des prix fantaisistes. Je cherche désespérément à m'en procurer un à un prix décent.

17171ème jour

Les deux plus beaux

Après midi de Noël chez moi... Ma fille intriguée me demande ce qu'est cette revue qui traine depuis un an sur ma table basse. Je lui explique qu'il s'agit du programme d'un concert auquel nous avons assisté ensemble l'été 2000 à Bozen, un concert des Gustav Mahler Jugend dirigé par Boulez. Elle se souvient très bien ce ce concert, ma fille. Malgré son très jeune âge de l'époque, elle avait vaillamment tenu le choc de ce programme marathon (Le chant du rossignol, le Poème de l'extase, des pièces de Berg et de Webern et Amériques de Varèse). Elle se souvient surtout du dîner qui avait suivi avec Boulez, dont elle comprend maintenant seulement qu'il s'agissait d'un moment exceptionnel.
On a regardé le programme ensemble, elle a été amusée de voir qu'il y avait la photo de chacun des membres de l'orchestre. Pour rire, je lui ai demandé lequel elle se choisirait comme fiancé. Après avoir scruté la centaine de visages, elle a choisi sans hésiter les deux plus beaux.

17170ème jour

Le temps

Comme chaque année, j'acquiers l'Agenda de la Pléiade. Comme chaque année, je parcours les citations de l'année à venir. Je m'arrête sur la première, celle de la dernière semaine de 2006.
La croyance générale a décidé que le fleuve des heures -le temps- s'écoulait vers l'avenir. Imaginer un sens contraire n'est pas moins raisonnable et en tout cas plus poétique.
Jorge Luis Borges (1899-1986), Présence de Miguel de Unamuno

17169ème jour

El Glop

Lors de mon dernier séjour à Barcelone, n'y tenant plus, je me suis rendu sur la Rambla au restaurant El Glop et j'ai demandé au garçon la signification de ce borborygme. Après avoir eu un peu de mal à exprimer ma question, j'ai compris que El Glop en catalan signifait El Trago en castillan, une gorgée, mais El Glop est une onomatopée, un peu comme glouglou...

17168ème jour

Le business grec II

J'ai été très frappé par le professionnalisme des grecs et leur grande gentillesse. A Athènes, on peut appeler un Directeur Général et convenir d'un rendez-vous pour le jour même sans formalisme aucun. Ce séjour, avec quatre meetings initialement prévus se sera transformé comme une poupée russe en six rendez vous. Lors de ma cinquième réunion de travail, mon interlocuteur a pris lui même son téléphone pour organiser la sixième et il m'a conduit là bas dans sa voiture personnelle, à une quarantaine de kilomètres du centre ville. Le genre de relation qu'on ne verrait jamais en France ou vraiment très exceptionnellement.

17167ème jour

La division qui tue V

C'est moche 17167. Ca ne ressemble à rien, sauf peut-être à un nombre premier. Et d'ailleurs c'est un nombre premier. Mais quand on le divise par 365,25, celà fait pile poil mon âge, à six petits dix millièmes près. Me voici donc à 1096 jours du moment où je prendrai un peu le large sur une plage au soleil loin de tout moyen de communication.

17166ème jour

Le business grec I

Mon premier voyage professionnel à Athènes remonte à il y a quelques années, alors que je travaillais pour mon ancien employeur, qui n'avait pas de présence en Grèce. J'étais chargé de signer un accord avec un partenaire potentiel, car nous avions besoin d'une présence locale pour un projet. Deux sociétés pouvaient être sélectionnées, deux firmes concurrentes. J'en voyais une le matin, l'autre l'après-midi. Meeting du matin avec M. Skadiopoulos, le Directeur Général qui me reçoit dans son bureau près de Omonia. A peine arrivé, il me tient ce discours:
- Alors M. Gvgvsse, je sais que cette après midi vous voyez M. Sidopoulos?
- Euh oui en effet...
- Mais vous savez, Sidopoulos, il ne représente rien, vraiment rien!
- Euuh... pourtant d'après leur site web, ils sont 300 personnes...
- 300 personnes? Ah! Ah! Ah! Ah! Ah!Ah! Quelle blague! Ils ne sont rien, je vous dis! Rien!

L'après midi, je rencontre donc M. Sidopoulos, le concurrent.
- Alors M. Gvgvsse, je sais que ce matin, vous avez rencontré M. Skadiopoulos?
- Euh oui en effet...
- Mais vous savez, Skadiopoulos, il ne représente rien, vraiment rien!
- Euuh... pourtant il m'a dit qu'il avait 280 collaborateurs...
- 280 personnes? Ah! Ah! Ah! Ah! Ah!Ah! Quelle blague! Ils ne sont rien je vous dis! Rien!
- ...

17165ème jour

Une course en taxi à Athènes

Je sors de mon premier rendez-vous, près d'Omonia. Je vais prendre quelques mezzés dans un bistro juste devant la petite église orthodoxe de Klafthmonos. Puis je retourne sur Panepistimiou héler un taxi. Je fais signe à l'un d'entre eux à l'arrêt au feu rouge, mais le chauffeur me fait non de la tête. Je regarde si d'autres arrivent, mais le premier chauffeur semble s'énerver et s'agite, l'air de dire "alors tu montes, oui ou non?" et tout d'un coup je me suis souvenu que les grecs font oui de la tête de la façon dont nous faisons non. Je monte donc et nous voilà partis. J'indique au chauffeur l'adresse qui se trouve dans le quartier de Kallithea. Il a l'air embêté d'aller là bas. Je lui propose d'appeler mon client pour avoir des axplications mais il refuse. Il s'arrête plusieurs fois pour demander le chemin, à d'autres chauffeurs de taxi, et surtout dans des stations service. C'était vraiment son truc de demander son chemin dans des stations service. Dès que l'on s'arrêtait, un petit attroupement se formait pour aider le chauffeur, mais je n'avais guère l'impression que l'on progressait. Au bout de la deuxième station service, j ai appelé mon client pour lui demander de faire du radio guidage. Le chauffeur l'a écouté gravement et on est repartis. On a quand même refait deux stations service avant d'arriver à bon port. Mon client m'a expliqué qu'il y a deux rues de Kallithea portant le même nom et que la plupart des visiteurs avaient le même problème.

17164ème jour

Le jour le plus long

5h45 : Mon réveil sonne à Barcelone
6h15 : Le taxi m'attend devant l'hôtel
6h45 : J'arrive à l'aéroport de Barcelone
7h40 : Nous embarquons. Une heure d'attente dans l'avion. Le vol est retardé en raison de brouillard sur Paris
11h00 : Roissy Terminal 2F
11h30 : Au bureau, pour une journée de travail un peu raccourcie
17h15 : Je repars à Roissy mais Terminal 1 cette fois ci
19h00 : Embarquement du vol Olympic 208 pour Athènes
Minuit : Le chauffeur de taxi chante des chansons grècques en m'emmenant vers le centre ville. Il y a un certain charme à voir défiler les éclairages de Noël en l'entendant fredonner...

17163ème jour

Le Messie à Barcelone

Je suis allé à ce concert essentiellement parce que je voulais voir depuis des années le Palau de la Musica. Je n'ai pas été déçu par cette salle magnifique, conçue par l'architecte Lluís Domènech i Montaner, inaugurée en 1908 et magnifique symbole de l'art nouveau catalan. Le plafond, les verrières, les céramiques, la scène avec des statues de musiciennes qui semblent sortir des murs donnent à l'ensemble un charme incroyable.
Le concert en lui même, le Messie de Händel par un orchestre russe de second ordre avait en revanche peu d'intérêt. Le programme donnait le titre de chacun des mouvements en anglais mais tout était chanté en allemand et je me suis demandé s'il ne s'agissait pas de la version de Mozart. Et comme d'habitude, il est amusant de constater que le public rit systématiquement quand commence le Hallelujah.

17162ème jour

A part çà...

Quand on marche à pied sur le Concell de Cent, dans le sens inverse des véhicules, on arrive à tous les croisements pile au bon moment quand le feu piétons passe au vert.
En revanche, quand on marche sur le Concell de Cent dans le sens de la circulation, on doit attendre à tous les croisements.
A part ça, Barcelone peut-être un régal en décembre avec des températures si douces que l'on peut déjeuner en terrasse.
A part cà, je refais systématiquement toujours les mêmes erreurs dans ma vie, les mêmes causes aboutissants le plus souvent aux mêmes effets. C'est indéniablement un signe de bétise naturelle.
A part ça, Oskar est vraiment dans la merde...

17161ème jour

Bucarest

Une réunion de travail à Bucarest dans les magnifiques locaux d'une banque récemment privatisée. Face à nous des interlocuteurs très sympathiques. Une femme très grosse, très maquillée aux cheveux teints en noir corbeau. Un homme pas tout jeune, qui lui reporte, très souriant, avec des cheveux gris et gras et d'énormes lunettes aux verres épais. Je fais ma présentation en anglais et de temps à autres, j'essaye d'obtenir un assentiment, une réaction mais rien, juste des sourires et des demandes de continuer. Après une heure de présentation, je constate qu'ils n'ont absolument rien compris à ce que je disais. On recommence avec traduction en roumain.

17160ème jour

Glitter and be gay

J'étais ce soir à la seconde représentation du Candide de Bernstein mis à scène au Chatelet par Robert Carsen. J'ai beaucoup de mal à comprendre pourquoi les critiques se sont montrés si sévère pour ce spectacle drôle et inventif. Certes, il ne faut pas s'y rendre en espérant assister à un opéra, et la sonorisation du chant est toujours très énervante mais il faut vraiment être grincheux pour ne pas tomber amoureux de ce très beau spectacle de troupe, complètement surréaliste, très drôle et tellement irrespectueux qu'il est en fait parfaitement en phase avec ce que souhaitaient en faire Voltaire et Bernstein en leur temps respectifs. Le spectacle était aussi dans la salle avec Eve Ruggieri et son nouveau lifting, Renaud Donnedieu de Vabres, Jacques Toubon, Pierre Cardin, Pierre Bouteiller et sûrement beaucoup d'autres.

17159ème jour

Zoltán

Il s'appelait Zoltán, comme Kodály. Il était l'exact homonyme (nom et prénom) du chef d'orchestre qui fit le premier enregistrement du Klagende Lied, mais il n'en savait rien. Il venait de chez ses parents à Tiszabezdéd. Tiszabezdéd, ça se trouve dans un recoin de Hongrie, à sept kilomètres du point frontière entre la Hongrie, la Slovaquie et l'Ukraine. Il faut trois heures trente pour aller de Tiszabezdéd à Budapest. Le train arrive à la gare Keleti, un grand bâtiment début de siècle, au bout de l'avenue Rákóczi. C'est là que je suis venu le chercher à pied depuis mon hôtel. Il m'a tout de suite aperçu alors que je pénétrais dans la gare. Il n'a pas voulu prendre de taxi. Alors on a refait le chemin inverse dans la nuit froide.
Il embrassait particulièrement bien.

17158ème jour

Un concert à l'opéra de Budapest

Aller à l'opéra de Budapest est un véritable voyage dans le temps. On y retrouve des impressions, des visions et des odeurs d'une autre époque qu'on peut situer un peu avant la deuxième guerre mondiale. L'or, le marbre, les tapis rouges un peu usés, les fauteuils redressables de bois noir et de velours rouge, les orifices dorés du chauffage sous chaque fauteuil, le fond de scène incroyablement décoré, rien ne semble avoir changé depuis l'inauguration du théâtre en 1885, l'électricité mise à part. Le vestiaire en lui même vaut la peine d'être vu, avec ses hôtesses aux tenues d'un autre âge. Il y dans la salle une odeur de vieille tenture très poussiéreuse. Le public, pas très jeune, s'est mis sur son trente et un pour venir à l'opéra et il y a fort peu de touristes. A l'entracte, on parle hongrois dans le magnifique foyer, on boit du Tokay ou du Törley accompagné de grands bretzels locaux. J'ai reçu quelques regards suspicieux, alors que je buvais mon verre de Törley, vêtu d'un costume noir sans cravate mais chaussé de Converse brésiliennes noires et argent.
Restait le concert hélas donné par l'orchestre Philharmonique de Budapest et non celui de l'Opéra, un ensemble très féminin, les cordes étant squattées quasiment en totalité par des petites mamies en robe noire. Au programme, la 34ème symphonie de Mozart, gentiment savonnée, le concerto pour trompette de Josef Haydn, brillamment interprété par Tamas Velenczei, une symphonie soporifique de son frère Michael, et pour finir la 82ème symphonie de Josef Haydn (l'Ours) qui m'a semblée interminable. Les hongrois aplaudissent de façon assez amusante, en tentant dès que possible de passer sur un rythme binaire -un coup fort, un coup doux- puis, peu à peu, le coup fort élimine le coup doux et on passe à un applaudissement espacé.
C'est le son que j'ai le plus aimé de ce concert.

17157ème jour

Une promenade matinale à Budapest

Lorsque j'ai quitté l'hôtel ce matin, les rayons du soleil presque hivernal éclairaient magnifiquement l'opéra tout proche. J'ai pris quelques photos du bâtiment, puis j'ai emprunté le chemin que Mahler a effectué presque quotidiennement de 1888 à 1891. J'ai remonté le Boulevard Andrassy en admirant les facades début de siècle certaines magnifiquement restaurées, d'autres noires et délabrées. A la place Oktogon, j'ai tourné à droite et j'ai longé Teréz Körút qui s'appelait à l'époque Theresienring. Et là au numéro 7, j'ai regardé la plaque blanche sur laquelle est inscrite : E Házban lakott, Gustav Mahler, Osztrak Zeneszerzö, 1888 és 1891 között. Amikor a Budapest Operaház igazgatója volt. Magyar Zenemüvészek szövetsége.
Puis je suis revenu sur mes pas à Oktogon, j'ai pris un taxi pour les bureaux de mon client, près de Duna Plaza.

17156ème jour

Budapest

J'ai repris l'avion. A Orly cette fois ci. Un itinéraire provisoire et absurde pour le contrôle de douane. Le dernier vol pour Budapest. On embarque en bus. On atterrit avec peu de retard. De nouveau un bus. Le douanier n'aime pas mon passeport et me demande une autre pièce d'identité avec photo. Le chauffeur de taxi est sympa. Il fonce à cent kilomètres à l'heure dans les rues vides et glacées, décorées par les lumières de Noël. Il me dépose à l'hôtel. En en passant le seuil, je me dis que même si ce déplacement est très court, je tenterai d'effacer les regrets du séjour précédent.

17155ème jour

Deux concerti pour piano

Comme nous étions sur place, nous sommes retournés le lendemain à un second concert au programme à la fois classique et alléchant : Vingtième concerto de Mozart, Cinquième concerto de Beethoven. Le Concerto N°20 de Mozart restera toujours lié dans mon souvenir à ce jour où enfant, j'étais chez ma grand mère qui venait d'acheter sa première télévision en couleur. Et ce matin là, j'étais tombé sur ce concert, c'était probablement la première fois que je voyais un orchestre symphonique et j'étais fasciné. Je ne sais plus quel était l'orchestre ni le pianiste mais le programme était bien le Concerto N°20, celui en ré mineur.
Cet après midi à Lille, c'est le vainqueur du concours van Cliburn de l'an passé, Alexander Kobrin, qui s'y collait, accompagné par l'orchestre de Bretagne dirigé par Jean Bernard Pommier. Le jeu d'Alexander Kobrin était assez distancié, soigné, très maitrisé et le résultat était particulièrement agréable à écouter. Après un simple changement de piano, Cédric Tiberghien entre en scène, souriant comme à l'habitude, très élégant dans son costume noir et son tee shirt ras du cou gris. Je suis un peu inquiet en ayant à la fois le souvenir d'un pitoyable concerto de Tchaikovski et celui d'un sublime récital à Gaveau. Et bien c'est le sublime qui a triomphé cet après midi et Cedric Tiberghien nous a offert un Empereur passionné et inspiré, grave et chantant. L'orchestre de Bretagne, dirigé dans Beethoven par Jean-Claude Casadesus, s'est montré d'un niveau très correct et en tout cas au moins égal aux orchestres parisiens. Le concert s'est achevé par un bis très tendre de Cédric Tiberghien, que je n'ai pas su identifier.

17154ème jour

Le récital Schlimé de Lille

Cela paraissait difficile d'assister à ce concert : je suis parti un peu tard du bureau et le temps de récupérer mes filles, nous quittions le centre de Paris à 17h30 pour être à 18h10 sur l'autoroute du Nord. Avec la pluie de cette fin de tempête et les embouteillages de départ en week end, nous avons approché la circulaire sud de Lille vers 20h10, sommes arrivés près du Nouveau Siècle à 20h15, avons trouvé une place par miracle à 20h20, avons récupéré nos quatre billets à 20h25, avons erré dans le Nouveau siècle le concert ayant migré de la salle Casadesus à l'Espace Yamaha, pour nous asseoir sur des chaises grinçantes à 20h30 précises.
Comme l'a indiqué en cours de concert Francesco Tristano Schlimé, à part le pianiste, tout avait changé par rapport à ce qui était prévu : la salle, le piano, et même le programme. La première partie était centrée autour des trois premières suites françaises de Bach, et finalement, c'est à un programme alla Schlimé auquel nous avons eu droit, assez proche de celui de la tournée de la région centre d'il y a un an:
Schlimé : Improvisation
Frescobaldi : Toccata N°7
Bach : Suite française N°2
Schlimé : Hello
Part : Für Alina
Une composition dont j'ai oublié le nom de Justin Messina
Bach : suite française N°3
Bach : suite française N°2
C'était un vrai bonheur de retrouver l'ambiance des deux concerts de Montargis et Blois, la salle attentive, parfois surprise par les changements d'atmosphère et de siècle sans liaison aucune. Mais la raison essentielle de ma venue pour ce concert était la deuxième partie : le quintette d'Alfred Schnittke, l'une de mes oeuvres préférées de musique contemporaine. Comme il était facile de l'imaginer, ce quintette va comme un gant à Francesco Tristano Schlimé qui prend un plaisir manifeste aux contrastes terribles entre les accords implacables, les petites rengaines vicieuses et les valses à la Schostakovich. Le quatuor Renoir, qui avait peut être un peu présumé de ses forces en choisissant une telle oeuvre, s'engage néammoins à fond dans l'interprétation entrainant un véritable ovation, étonnante pour une oeuvre si peu jouée en concert.

17153ème jour

Trahisons

C'est lors de sa sortie en 1983 que j'ai vu l'excellent film Trahisons conjugales avec Jeremy Irons et Ben Kingsley, adapté de la pièce de Harold Pinter Betrayal. C'est à ce moment que j'ai découvert le monde de Pinter, son intelligence diabolique, la subtilité de ses dialogues apparemment anodins. Au cours des trois années où j'ai fait régulièrement du théâtre, j'avais travaillé la première scène de Betrayal, un passage particulièrement difficile à jouer où deux anciens amants se retrouvent et passent quinze minutes à se demander l'un l'autre comment ça va?
Trahisons est monté de nouveau à Paris au Théâtre de l'Athénée. J'y étais ce soir et j'ai beaucoup aimé l'éclairage très tendu qu'en donne le metteur en scène Philippe Lanton. Les trois acteurs, que je ne connaissais absolument pas, François Marthouret, Nathalie Richard et Thibault de Montalembert sont particulièrement justes dans cette pièce redoutable. Mais ce qui m'a énormément surpris, c'est la longue première scène, que je n'avais pas entendue ou lue depuis plus de quinze ans, et que j'entendais ce soir dans une nouvelle traduction. Et pourtant, tout était là, et souvent les mots de "mon" personnage me venaient à la bouche avant même qu'ils ne soient prononcés.
Trahisons est encore à l'affiche au Théâtre de l'Athénée les 8 et 9 décembre (une place pour le prix de deux).

17152ème jour

Tu as raison

Dans le violon sur le toît, j'ai retrouvé à ma grande surprise mon petit conte philosophique "Tu as raison" dont j'ai parlé au début de ces pages. Il est juste un peu judaïsé mais fonctionne très bien.

17151ème jour

J'ai oublié de vous signaler...

... qu'en quittant le concert Argerich-Kremer de vendredi, j'ai croisé mon voisin du concert Jarrett.

17150ème jour

Satie

Par les mystères de méandres d'Internet, j'ai retrouvé par hasard une citation d'Erik Satie lue il y a des années et que je n'arrivais pas à retrouver malgré des heures de recherche :

Bien que nos renseignements soient faux, nous ne les garantissons pas.

Un remerciement à celle qui m'a permis de la retrouver.

17149ème jour

Un violon sur un toît

C'est étrangement par le biais d'un voisin habitant ma rue, récemment rencontré, et qui joue dans la troupe du Violon sur le toît, que je me suis rendu à ce spectacle. Celà tombait bien. J'avais lu ici et de bonnes critiques sur la reprise de cette comédie musicale, et j'avais très envie d'y aller. Le spectacle est en tournée en France, et c'est Massy que je m'y suis rendu avec nina. Il faut un peu de courage pour affronter Massy un dimanche après midi d'hiver, avec ses barres HLM aux allures staliniennes et son Opéra barré d'un bandeau Médiathèque Opéra Cinémassy. Nous avons été récompensés de nos efforts. Le spectacle fonctionne vraiment bien avec une troupe très homogène et un premier rôle, Franck Vincent, très à l'aise dans le très lourd rôle de Tevye, le laitier qui rêve d'être riche. La mise en scène, simple et efficace, pleine de bonnes idées, évite soigneusement l'ornière du ringard et celle d'aller vers un théâtre d'avant garde qui serait complétement déplacé dans un tel spectacle.

17148ème jour

Ca devait arriver...

Ma fille aînée a un blog.
Pire.
Un skyblog...

17147ème jour

Kremer & Argerich dans Schumann & Bartók

Dans quelques dizaines d'années, on se souviendra sans doute du duo entre Martha Argerich et Gidon Kremer avec la même nostalgie qu'on se souvient aujourd'hui de Cortot-Thibault, de Grumiaux-Haskil ou de Richter-Oistrakh. Voila sans doute pourquoi ce soir la salle Pleyel était pleine à craquer et que l'ambiance était électrique avant que les deux interprètes n'entrent en scène. Le concert démarre avec la deuxième sonate pour violon et piano de Schumann qui n'est pas ce que Schumann a écrit de mieux en musique de chambre. A noter quand même le superbe troisième mouvement où les pizzicati dialoguent tout en tendresse avec le piano. Suivait la fort longue et fort belle sonate pour violon seul de Bartók, composée en 1944 et dédiée à yehudi Menuhin. Kremer nous y entraine comme une promenade dans une forêt touffue dans laquelle il est difficile de trouver son chemin. Il excelle dans les passages tendres et rêveurs et en particulier dans l'adagio. Après l'entracte, c'est Martha Argerich qui revient seule en scène pour les Kinderszenen de Schumann. Jouant sans partition, elle retrouve une oeuvre qu'elle a du jouer des milliers de fois depuis son enfance. Elle nous offre une vision très originale de l'oeuvre, jouant sur les contrastes, des mises en valeur de détails. Son jeu est très retenu, où parfois les griffes qui ont fait sa réputation réapparaissent m'a fait penser celui d'Horowitz qui seul savait -et osait- faire sonner Schumann de cette façon. Le concert s'achevait avec la première sonate pour violon et piano de Bartók magistralement interprétée par les deux complices. J'aurais parié très cher qu'après un concert d'une telle durée, nous n'aurions droit à aucun bis. Je me trompais. Kremer et Argerich ont joué une musique sentant bon l'Argentine (Piazzola?) puis deux miniatures de Fritz Kreisler, Caprice Viennois et Schön Rosmarin, nous emmenant ainsi à Vienne pour achever cette inoubliable soirée.
Un merci particulier à celui sans qui je n'aurais pas été présent ce soir.
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