17786ème jour

Boucherie

Un collègue de travail m’a récemment rapporté une histoire savoureuse dans laquelle George Bush aurait déclaré à Tony Blair : "the problem with the French is they have no word for entrepreneur." Après vérification, il s’avère que l’anecdote est fausse. C’est bien dommage.

17785ème jour

Abandon

J’ai abandonné ces pages pendant quelques semaines. J’en avais sans doute besoin. Il y a une certaine pesanteur à écrire tous les jours fusse quelques lignes. Je comprends fort bien que les chroniqueurs de quotidiens craquent de temps à autre. La conséquence de cet abandon est que, même en interrogeant mon agenda, il est des jours dont je ne me souviens pas. Comme celui-ci. Comme les sept suivants. En analysant mes relevés bancaires où mes facturations détaillées de téléphone, peut-être arriverais-je à reconstituer des bribes de journées, mais quel intérêt auraient-elles? Alors que j’écris ces lignes, trois mois plus tard, dans l’avion qui me ramène de Chicago à New York, je décide d’utiliser cette semaine vide pour retrouver quelques anecdotes plus intemporelles ou plus anciennes.

17784ème jour

Mémoires d'Hadrien

L'un des livres de ces vacances a été les Mémoires d’Hadrien, le seul livre que j’ai lu quatre fois dans ma vie et que je relirai sans doute encore. Ces pages m’avaient totalement enthousiasmé lorsque je les avais découvertes quand j’avais une vingtaine d’années. Et lors des lectures postérieures, même si j’ai changé et que je lis ce livre avec un regard différent, je n’ai jamais été déçu, ni par ce destin extraordinaire, ni par le style de Yourcenar qui intimide presque tant il est parfait.

17783ème jour

Edimbourg

Un jour de travail comme je les déteste. Je prends l’avion extrêmement tôt. J’arrive à Edimbourg, une belle ville où je n’ai jamais mis les pieds. Je vais directement chez mon client. Réunion l’après midi au Hilton de l’aéroport. Je reprends l’avion. Paris. Je n’ai rien vu d’Edimbourg.

17782ème jour

Ma chemise de Capri

Il y a fort longtemps, j’ai eu une réunion de travail de quelques jours à Cagliari en Sardaigne. Au lieu de rentrer à Paris avec le groupe, j’ai pris un avion pour aller à Rome où V. devait me rejoindre. A bord, dans la revue Al Italia, j’ai vu un sweat shirt de la marque Best Company et je n’ai eu de cesse de le trouver et de l’acheter. Il avait l’apparence d’une chemise Lacoste de couleur violet pâle, avec un col vert assez foncé et une petite passementerie fleurie à la boutonnière. V. et moi avons quitté Rome pour quelques jours dans la baie de Naples et nous avons passé une journée à Capri. Je n’ai pas aimé Capri qui m’a ssemblé être l’un des endroits les plus artificiels au monde. Mais dans la petite ville, dans une vitrine, j’ai vu ma chemise et je l’ai aussitôt achetée. C’était il y a exactement vingt ans, mais je la porte encore aujourd’hui. La couleur est un peu passée ce qui lui donne encore meilleure allure. La taille me convient encore parfaitement malgré les ans.

17781ème jour

Une langue new yorkaise

Lors de mon dernier séjour à New York, alors que j’étais dans le métro, j’observais un garçon qui se tenait debout près de l’une des portes. Mon regard se voulait détaché mais il était sans doute insistant puisqu’à un moment donné, il s’est tourné vers moi et m’a tiré la langue. Il a fait cela sans méchanceté ni lassitude, plutôt par jeu et avec un grand sourire. J’aurais du m’avancer et aller lui parler, mais je n’ai pas osé. Il est descendu lui aussi à Union Square, mes pas ont suivi les siens jusque dans la rue puis il a disparu à un coin de rue alors que j’entrais au Virgin Megastore.

17780ème jour

Une casquette canadienne

Après mes réunions clients, je me promène dans le centre de Buda, je retrouve sans plan mon disquaire habituel ou rien n’a changé depuis la guerre. Je pousse ma promenade jusqu’au Vigado, la salle de la Redoute où Mahler a créé sa Première Symphonie en 1889 devant un public abasourdi. Le bâtiment superbe, vient d’être restauré, mais il est encore en travaux à l’intérieur et fermé pour plusieurs années ensemble. Avec le Teatro Colon et l’opéra des Amazones, c’est l’une des salles dans le monde où j’adorerais assister à un concert.
Ensuite je marche jusqu’à la gare de Keleti où j’avais déjà rencontré Zoltán il y a deux ans. Cette fois-ci je retrouve Peter qui est venu de banlieue pour me rencontrer. Je le reconnais a sa casquette avec la feuille d’érable canadienne et à son beau sourire. On remarche ensemble jusqu’au centre, il m’emmène dans un bar un peu étrange où on boit une bière comme deux vieux amis. Puis je prends un taxi pour récupérer ma valise à l’hôtel et pour aller à l’aéroport.

17779ème jour

Barcelone Munich Budapest

Je n’ai pas revu Toni, j’ai pris un peu de jambon et de vin rouge dans le Barrio Gotico et je suis allé à l’aéroport d'Et Prat pour un vol inhabituel. Barcelone Budapest avec un stop à Munich. Malgré la courte escale, ma valise suit et je retrouve comme à l’habitude le K+K qui est mon étape habituelle à Budapest.

17778ème jour

Toni

Je retrouve Toni devant le Liceu. On discutait depuis quelques temps sur Internet, il habite a Freiburg en forêt noire et je trouvais amusant de le retrouver à Barcelone. Au premier regard, j’ai su qu’il ne me plairait pas et que c’était sans doute réciproque. On a passé un peu de temps ensemble, on s’est promenés un peu partout dans la ville, on a eu un mal fou à se retrouver Place de Catalogne alors qu'il pleuvait et on a dîné au Trobador.

17777ème jour

Madrid Barcelone

Une journée à Madrid sous un beau soleil d’été. A l’aéroport, l’atmosphère est un peu étrange, deux jours après le crash du vol Spanair. Après ma réunion de travail, je vais à la gare d’Atocha prendre le train qui relie Madrid et Barcelone en trois heures. Une fois de plus je suis étonné du modernisme de l’Espagne, la gare est belle et moderne, le train confortable et rapide, avec ses écrans qui indiquent la vitesse et le temps restant à parcourir. J’arrive à re de Sants, j’ai un hôtel plutôt pourri dans le Barrio Gotico. Un mec mexicain passe, il s’appelle Heber, il ne sait pas baiser, ou bien nous ne sommes pas compatibles. Je lui fais vite comprendre que l’exercice est terminé et je reste seul à dormir dans ma chambre minable.

17776ème jour

Tre Pet Pet

Alors que nous roulions pendant ces vacances, nous écoutions souvent une radio croate sur laquelle passait en boucle une annonce pour un jeu ou quelque chose de similaire, et on donnait en croate le numéro de téléphone 355, ce qui fait en croate « tré pet pet ». Et ce « tré pet pet » que nous imitions à loisir, nous faisait beaucoup rire…

17775ème jour

Venise Paris

Après s’être baladés dans Dorsoduro pour cette dernière journée, après avoir déjeuné une nouvelle fois chez Do Farai, nous prenons une dernière fois le vaporetto. Il est plein de français qui vont eux aussi prendre le vol du soir pour Paris. Je dépose mes filles en bas de chez leur mère. Je sais qu’elles vont me manquer.

17774ème jour

La tombe de Stravinsky

J’ai toujours eu envie de visiter le cimetière de Venise, la fameuse isola San Michele où je me suis souvent brièvement arrêté en allant à Murano, sans jamais descendre du vaporetto. L’atmosphère de cette île cimetière est assez particulière avec les différentes sections par religion. Les catholiques étant majoritaires, on trouve donc la section protestante, la juive et celle grecque orthodoxe où l’on peut voir la tombe de Diaghilev et à peu de distance, celles voisines, recouvertes de fleurs séchées par le temps et de petits cailloux et sur lesquelles sont sobrement inscrit : IGOR STRAVINSKY - VERA STRAVINSKY.

17773ème jour

Mon nouveau restaurant préféré à Venise

C’est bizarrement dans la revue Air France de ce mois que j’ai trouvé le nom d’un restaurant qui va devenir sans doute pour longtemps mon préféré à Venise. Et c’est totalement par hasard en se baladant dans Dorsoduro que j’ai reconnu le panneau en bois de sa devanture. La décoration est toute simple, avec beaucoup de rouge, le patron est sympa et adore parler français et Catherine Deneuve a ses habitudes dans la maison. Il faut absolument essayer l’araignée de mer qui est véritablement à se damner et les bigoli, des spaghetti typiquement vénitiens à base de blé complet, préparés très simplement avec des câpres et des oignons. Et puis il y a un dessert terrible à base de lait et de vodka que mes filles ont toutes adoré.
Do Farai - Dorsoduro 3278

17772ème jour

Ma Fenice

La Fenice est encore une fois fermée comme lors de tous mes séjours vénitiens sans exception, ce qui doit bien constituer huit malchances. Cette fois ci, je décide de forcer le destin et je regarde le programme de la saison. J’opte pour Die Tote Stadt de Korngold à la fin du mois de janvier 2009.

17771ème jour

Venise

Nous avons rendu la voiture à l’agence de l’aéroport Marco Polo et nous avons pris le vaporetto jusqu’à la Place Saint Marc. Nous logeons au Corte Grimani, une petite pension très agréable aux chambres entièrement refaites à neuf et a due passi du bassin à gondoles d’Orseolo.

17770ème jour

Trévise

Le matin, nous sommes retournés sur notre petite plage du nord de l’île, encore une fois déserte. Puis nous avons repris la route, ou plutôt l’autoroute, remontant toute la côte Croate jusqu’à Riejka. Nous avons croisés les deux villages d’Islam Grčki et Islam Latinski dont toutes les maisons avaient été détruites au bulldozer, témoignage de l’épuration ethnique qui a eu également lieu en Croatie. Puis nous avons traversé une pointe de Slovénie, contourné Trieste, avant de rejoindre Trévise sous de véritables trombes d’eau. Nous avons eu un peu de mal à trouver l’hôtel sous ce déluge mais nous nous sommes consolés en dînant dans un merveilleux restaurant des années trente : Alle beccherie, dont la specialité est la baccala a la polenta. La soirée s’est achevée avec un zabayone aerien.

17769ème jour

La Création de Haydn à l'île de Rab

Nous sommes arrivés à temps à l’île de Rab. J’ai laissé mes filles attablées devant des pizzas et je suis allé acheter les tickets. Cinq euros pour la Création, on peut parler d’une véritable aubaine. L’un des chanteurs me recommande de venir à l’avance pour être bien placé. Comme il est grand et blond et qu’il semble allemand je lui demande :
- So sie sind Adam ?
- Ja ich bin Adam !
a-t-il répondu en souriant.
Le spectacle était magnifique, sans doute pas parfait, mais magnifique. Les chanteurs étaient excellents, le chœur est l’orchestre plein d’énergie et lorsque Adam est enfin venu sur scène pour sa courte partie, lorsqu’il a entamé son beau duo avec Eve "So Wunderbach", j’ai pensé que l’âme de Friz Wunderlich ne devait pas être très loin ce soir et j’ai eu les larmes aux yeux.

17768ème jour

L'excursion sur les îles

Excursion sur trois îles qui se trouvent au large de Dubrovnik. De très beaux paysages. Une famille probablement hongroise fait la journée avec nous. Le père est un peu grassouillet et protège sa calvitie d’un panama blanc. La fille aînée est très belle et elle est accompagnée de son petit ami aux yeux et aux cheveux très noirs. Je ressens et ressentirai sans doute toujours un peu de tristesse à la vue d’une belle famille unie.
Alors que nous attendons le bateau dans un petit port, un couple japonais s’extasie devant un oursin et se prend en photo avec le malheureux crustacé.

17767ème jour

Un jour au Monténégro

Excursion d’une journée au Monténégro. Peu d’intérêt à part celui d’avoir des tampons rares dans le passeport, y compris celui de Croatie que nous n’avions pas eu lors de notre entrée en voiture par la Slovénie. Le soir retour dans le décor théâtral de Dubrovnik pour le dîner. Plus tard, alors que nous rejoignons la voiture à pied et une voiture s’arrête pour nous demander "la Strada per Albania". Je n’étais pas peu fier de savoir répondre.

17766ème jour

Dubrovnik

La route est encore longue de Split à Dubrovnik et elle coupe même deux frontières puisqu’il faut traverser l’étroit couloir maritime qui a été attribué à la Bosnie Herzégovine dans le processus d’éclatement de l’ex Yougoslavie. Puis c’est l’arrivée à Dubrovnik dont on ne voit pas grand-chose au prime abord. Nous avons déposé nos bagages à l’hôtel puis nous sommes repartis en direction du centre où il est difficile voire impossible de stationner. Il faut donc se garer assez loin, sur la bretelle de la route qui part en direction du Monténégro et revenir à pied. Dubrovnik est un miracle, une ville intacte du XVIIIème siècle à la belle pierre blanche et dont la rue principale, construite en une fois à la suite du tremblement de terre de 1667. A toutes les entrées de la ville, un plan de la ville indique les milliers d’impacts d’obus serbes, pendant la guerre de Yougoslavie.

17765ème jour

Split

Nous quittons Rab et faisons une halte à Split où se trouve un témoignage incroyable. Le Palais que Dioclétien, originaire de Dalmatie, s’était fait construire pour passer ses vieux jours. C’est un immense bâtiment carré aux allures de garnison militaire, encore debout par miracle et qui avait une très longue galerie dominant la mer où Dioclétien aimait se tenir. Au cours des siècles, les dégâts ont été bien sûr considérables, une église a été construite en plein milieu, et les appartements ont été occupés par la population, ceux de l’Empereur par les riches, ceux des domestiques par les pauvres. Il est hallucinant de constater que de nombreuses personnes habitent encore aujourd’hui cet incroyable témoin de la Rome antique. Après la visite, nous allons à la terrasse d’un restaurant déguster un gros poisson blanc extraordinairement savoureux.

17764ème jour

Rab II

Nous avons mis beaucoup de temps à la trouver, mais après avoir enfin découvert l’accès à la petite route, trouvé notre chemin parmi les maisons et débusqué le parking, après avoir marché quinze minutes sous les pins, nous sommes arrivés à celle belle petite crique de sable fin où il n’y a presque personne. La plupart des baigneurs sont les occupants des bateaux qui viennent mouiller dans la crique. Aujourd’hui, est arrivé un petit bateau allemand sur lequel un jeune dieu guidait la manœuvre d’approche, tel une figure de proue. A peine arrivés, les allemands se sont mis dans le plus simple appareil, jouant dans l’eau devant mes filles mi choquées mi fascinées.

17763ème jour

Rab I

C’était un très bon choix que d’aller à l’île de Rab, qui bénéficie d’un climat de rêve, doux l’hiver et pas trop chaud l’été. Les paysages y sont agréables et le port de Rab, ancienne place-forte vénitienne possède de belles ruelles où il fait bon se promener le soir. En nous promenant devant l’église principale j’ai vu une affiche annonçant la Création de Haydn le 14 août et mes filles ont bien voulu accepter que nous refassions une halte à Rab en remontant de Dubrovnik une semaine plus tard. En sortant du restaurant, excellent avec une belle terrasse donnant sur le port, un orage terrible est brusquement survenu et nous avons chanté et dansé sons la pluie chaude et drue. C’était bon.

17762ème jour

Rovigno, Opitaja, Krk, Rab

Nous quittons l’Istrie en faisant une halte à Rovigno, la plus belle des villes d’Istrie, un superbe port au pied de la vieille ville construite sur une petite presqu’île qui le domine. Puis nous avons roulé jusqu’à Opatija, une ville d’eau étonnante au caractère indéniablement austro-hongrois avec ses vieux hôtels jaunes et son petit opéra. Nous avons longé la côte sans but précis que d’aller vers le sud, nous avons contourné la grande baie de Bakar et son complexe industriel, et nous avons franchi le grand pont qui mène à l’île de Krk. Aller à Krk était un désir que j’avais depuis fort longtemps, juste en raison de ce nom imprononçable, et du fait que j’avais souvent aperçu cette île de l’avion en revenant de Grèce ou d’Istanbul. On a vu un panneau indiquant le ferry pour l’île de Rab, on était allé voir, il y avait de la place sur le ferry deux heures plus tard. On a pique-niqué dans un petit village en attendant de partir. La traversée a été belle sous un ciel étoilé. Sur le ferry, j’ai recherché une chambre d’hôte pour notre arrivée. J’ai trouvé un peu par hasard un couple qui louait deux chambres. Ils ne parlaient qu’allemand mais j’ai compris à peu près où leur maison se trouvait. On a roulé une demi-heure sur l’île de Rab et on a trouvé leur maison. Ils nous attendaient à une table dans leur jardin avec des jus de fruit et de la bière. On a parlé allemand avant d’aller dormir.

17761ème jour

L'Istrie

L’Istrie a beaucoup de charme, l’intérieur des terres est plutôt verdoyant et la côte, très belle se compose de nombreux ports anciens datant de l’antiquité et dont le centre ville présente souvent l’influence de la république de Venise. J’ai été un peu déçu par Pula dont le centre ville est assez laid et dont le seul intérêt est la visite des immenses arènes antiques.
Nous avons passé une partie de la journée dans un parc naturel à la pointe sud de l’Istrie. La mer y est incroyablement pure mais hélas, la côte est extrêmement rocheuse. Alors que nous nous baignons, je ressens soudain une douleur au pied. Tout en nageant, je le sors de l’eau pour demander à mes filles si je suis blessé. Elles poussent un cri d’horreur en voyant une dizaine de pointes d’oursins plantées dans la peau. J’ai eu plutôt de la chance, j’ai réussi à les retirer aisément.

17760ème jour

Miramare

Nous sommes partis par le vol de 7h25 pour Venise et nous sommes arrivés parfaitement à l’heure à 9h00 à l’aéroport Marco Polo. Nous avons longé la côte sur l’autoroute, nous avons brièvement visité le château de Miramare, j’ai raconté à mes filles la triste histoire mexicaine de Charlotte et Maximilien et nous avons pris notre déjeuner dans le petit restaurant du port de Grignano, tout proche, là où j’avais déjeuné avec Stefano il y a huit ans. Puis nous avons repris la route pour Trieste, un petit peu de Slovénie, puis la Croatie, but de notre voyage. Nous avons trouvé une petite chambre chez une paysanne de Poreč qui se débrouillait fort bien en français.

17759ème jour

Wall-E

Une dernière journée de travail, des milliers de choses à faire. Je termine vers 20h30 et je rentre chez moi pour retrouver mes filles avec lesquelles je passerai les quinze jours à venir. Nous démarrons nos vacances avec Wall-E au Pathé Wepler.
Alors que nous quittons le restaurant près de la place de Clichy vers 00h45, un mec un peu aviné me voit passer derrière mes filles et me dit d’un air connaisseur : « C’est à vous tout ça ? » Je n’ai pas répondu, pensant seulement que ça n’était -hélas- que le début d’une longue série.

17758ème jour

Matt

On devait se voir l’après-midi, puis il avait décalé au dîner, puis au soir tard. C’est finalement vers 11h30 que je suis allé l’attendre devant le Pathé Wepler. Il pleuvait. Il s’est assis à côté de moi, m’a dit qu’il pensait m’avoir déjà rencontré, mais apparemment cela semblait impossible, il était depuis peu à Paris. Il m’a dit qu’il avait peu de temps, ce qui signifiait : « On va chez toi directement ».
Arrivé chez moi, il a regardé attentivement la partition de la Quatrième de Mahler. Il m’a indiqué avoir fait du violon à Reims pendant des années. Alors que nous parlions et que je regardais ses cheveux clairs et ses yeux bleus, je me disais que c’était dommage que notre relation commence comme cela, que c’était exactement le genre de garçon intelligent, cultivé et bien fait de sa personne avec qui j’aimerais passer beaucoup de temps. Pourtant ce premier contact a été exactement ce que nous en attendions, rapide et intense. Son péché mignon était le poppers qui le mettait dans un état d’excitation et de quasi extase. Je l’ai ramené chez lui vers deux heures du matin.

17757ème jour

Karajan 100

Revu avec Alban Berg le documentaire sur Karajan sorti à l’occasion du centenaire de sa naissance. J’aime beaucoup la façon dont Simon Rattle juge son prédécesseur, indiquant que chez Karajan, il n’y avait absolument aucune espèce de bullshit. Et c’est un jugement particulièrement vrai. Il suffit pour s’en rendre compte d’oublier le marketing et la machine à fric et d’écouter la musique comme lui, les yeux fermés.

17756ème jour

Christos

C’était hier soir, tard dans la nuit. Il m’avait dit qu’il passerait à mon hôtel à minuit trente et j’avais commis l’imprudence de lui donner le numéro de ma chambre, 327. Un peu avant l’heure, craignant que l’accès à l’hôtel ne lui soit pas autorisé -il ne connaissait même pas mon nom de famille- je suis descendu et je l’ai attendu dans a rue. Il faisait une chaleur très agréable avec un peu de vent. Au bout d’une quinzaine de minutes j’en ai déduit qu’il ne viendrait pas et j’ai commencé à rebrousser chemin lorsque je l’ai vu sortir de l’hôtel. Je n’étais pas certain que ça soit vraiment lui. Il n’avait pas les cheveux longs que j’avais vus sur sa photographie mais à cette heure et avec cette dégaine musclée, cela ne pouvait être que lui. Nous nous sommes regardés, il a tourné au coin de la rue et j’ai de nouveau rebroussé chemin pour le suivre pendant quelques pas. Il s’est arrêté pour fumer une cigarette. Je gardais un doute car je ne comprenais pas pourquoi il ne m’appelait pas, et moi je n’avais pas son numéro pour vérifier. Puis au bout de quelques minutes, il est venu vers moi et nous avons discuté. J’ai compris qu’il était monté à ma chambre au moment où je descendais par un autre ascenseur et il avait de plus oublié son téléphone dans sa voiture garée assez loin.
Nous sommes revenus à ma chambre, nous avons bu un verre, nous avons discuté, on a parlé de son futur métier, aider les adultes ayant des problèmes d’élocution. Puis nous en sommes venus à ce pourquoi il était là et ma patience a été récompensée au-delà de toute mesure.
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