15927ème jour

Pourcentages

En parcourant le site de Ryan-Air, j'ai lu, dans le bandeau de la page, que les prix de Ryan Air étaient "391% moins cher qu'Air France". Ils font comment? Ils nous donnent du fric pour voyager?
Il y a deux semaines, j'avais lu une perle de même nature dans Le Figaro, sous la plume de Madame Lamia Oualalou : Argentine les entreprises françaises piégées 17 juillet 2003) : "La devise argentine a perdu jusqu'à 250% de sa valeur". J'aime bien le "jusqu'à". Le problème c'est que l'article est écrit dans le Figaro économie.

15926ème jour

Mes nouvelles lunettes II

Hier matin, j'ai eu une réunion de travail à côté de Munich chez mon client en présence de mes concurrents de grands cabinets de conseil internationaux. Il y avait une présentation projetée sur écran et comme je devais arriver à lire, j'ai chaussé mes nouvelles lunettes. Personne n'a rien dit. Mes collègues étaient entre l'écran et moi et donc me tournaient la tête la plupart du temps. Ce qui m'a le plus rassuré, c'est la présence en face de moi de l'un des consultants allemands d'Accenture qui arborait une paire de machins incroyables à monture verte. Tout compte fait, je suis très classique.

15924ème jour

Souvenirs de Munich

C'est la huitieme ou la dixieme fois que je viens a Munich et sans doute la première fois que j'ai vraiment le temps de découvrir cette ville qui n'a souvent été pour moi qu'une étape sur la route de Salzbourg ou de Vienne.
Cet après midi, je suis allé prendre le soleil à l'Englischer Garten qui est un peu le Bois de Boulogne local, en plus grand, plus campagne, et plus propre. En m'y enfoncant, j'ai croisé de plus en plus de mecs qui ont jeté leur bicyclette dans l'herbe et qui bronzent entierement nus. Je me trouve un petit coin au bord d'un ruisseau artificiel mais charmant, ou de nombreux nageurs avancent dans le courant très fort. A côté de moi, un gros bonhomme entièrement nu joue aux cartes avec sa femme en poussant de temps en temps un rot sonore. Un peu plus loin, un groupe de jeunes s'amuse. Les deux mecs sont incroyablement beaux; à un moment, ils enfilent le soutien gorge de leurs amies, le temps d'une photo où ils posent rigolards et bronzés, le sexe à l'air.
Je quitte le parc pour aller à la Neue Pinakothek admirer une nouvelle fois ce qui est peut-être mon tableau préféré. Sur la route, une petite halte au soleil sous les fenêtres du Palais de la Residenz, le temps d'avaler une Bunt Salat avec des morceaux de poulets et un litre de bière. En passant sous les fenetres de la Herkules Saal, je pense à Sale Bête.
Sur la route de la Pinakothek, je traverse la Karolinenplatz. Elle est circulaire et en son centre, est érigé un obélisque de bronze en hommage à Louis 1er de Bavière. Il y a quelques années, lors d'une convention, j'y étais passé au volant d'une voiture de location et, pour amuser mes collègues, j'en avais fait plusieurs fois le tour. Il faisait nuit et je n'avais pas vu le petit trottoir qui séparait la route de la voie du tramway. Un pneu éclaté à changer à une heure du matin... Une fois le pneu remplacé, nous avions réalisé que la roue de secours était elle aussi à plat...
A part ça j'ai revu le Klimt. Comme d'habitude, il m'a semble plus petit que dans mon souvenir. Mais encore plus beau. Et je suis resté vingt bonnes minutes à le contempler.

15923ème jour

München

Après deux soirées fort différentes passées d'affilée au Kong, je me suis levé ce matin à l'aurore pour Charles de Gaulle destination Munich. J'ai parcouru la campagne bavaroise dans un petit train tout propre qui vient de me déposer à la Hauptbahnhof, juste en face d'un autre train qui partait pur Dachau. Le temps de déposer mon bagage à l'hôtel, et j'apercois les lueurs oranges d'un Easy Internet juste en face de la gare.
Je n'étais pas revenu a Munich depuis deux ans, alors que je rentrais d'un séjour a Vienne avec P.
Je vais surement retourner à ma cantine, l'Augustiner Keller. Puis je vais essayer de me dégoter une place pour le Tannhaüser de ce soir au Staatsoper, et ne saurai sans doute pas résister à un petit stop au New York.

15922ème jour

Et deux ratons laveurs

Café Beaubourg, Martini-coke, Tom Jones, Saint-Pölten, Reutlingen, Kong, Marlene Dietrich, Barcelone, Bali, Toulouse, Eyes wide shut et ExistenZ, le remplacement des collections permanentes, un très beau facteur, Isherwood, la cité de la peur, Overkitsch, von Sternberg, Sitges, le 11 et le 21 septembre, André Rieu, comment nettoyer la verrière, poulpes et asperges, un petit déjeuner pour cinquante personnes, diplodocus, ce que permet d'obtenir un sourire, Adso de Melk, Belle et Zen, Mojito et plan basket, David Lynch, Damon et Pitt, Pont-Neuf ou Europe, M@nu et Benoit, filtre en carton, Heathen, projet de retour à Cologne, Café de l'esplanade. Fin

Euhh... je ne sais toujours pas ce qu'est le Soba...

15921ème jour

Smart Mobs

Il y a quelques semaines a commencé aux Etats-Unis le phénomène des Smart Mobs. Il s'agit de foules intelligentes qui sont mobilisées au même moment et au même endroit, via internet, de façon à créer un événement souvent étrange, parfois artistique, toujours éphémère. Après les premières Smart Mobs de New York et Tokyo, j'avais très envie de créer quelque chose à Paris, sans trop savoir comment m'y prendre. Et puis je viens de voir que quelques petits malins ont tiré avant moi. Il ne me restait plus qu'à m'inscrire à mon tour. Faites en donc autant.

15920ème jour

Retrouvailles

Ce qui m'a frappé en le revoyant, ce sont ses yeux. La couleur n'a pas changé, ce gris-bleu qui est aussi celui de mes yeux. Mais les siens ont une expression fatiguée, un peu triste aussi. Il a de très beaux cheveux qui soulignent la maigreur de son visage.
En le revoyant, de nombreux souvenirs me sont revenus à l'esprit. Nos jeux, les constructions monstrueuses en Lego, les courses de dinky-toys, les longues balades à pied et à vélo dans les volcans d'Auvergne. Je me suis rappelé du jour où il était allé capturer un Machaon pour moi. J'ai pensé aux cabanes que nous construisions dans la forêt et à maman qui sonnait à intervalles réguliers une petite corne de chasse au loin, afin d'être sûre que nous étions encore là. Je me suis souvenu de nos milliers de parties de ping-pong, des Manilles et Belotes avec mon grand-père.
Je me suis souvenu de tout ce "temps cassé que l'on appelle le passé".
Je me suis souvenu du temps perdu qui nous a fait devenir deux étrangers l'un à l'autre.
Et j'ai intensément espéré que cette soirée ne soit pas qu'un moment sans lendemain mais qu'elle soit l'instant tant désiré où j'ai enfin retrouvé mon frère.

15919ème jour

C'est con la vie II

Aujourd'hui, j'ai vécu un moment assez surréaliste. J'ai déjeuné avec mon père qui rencontrait pour la première fois sa petite fille, ma nièce de neuf ans.
Ce moment m'a donné envie de relire le dernier courrier que j'ai adressé à mes parents, voilà cinq ans :

Cher papa,
Chère maman,

Je ressens le besoin de vous écrire pour vous faire part de mes sentiments vis à vis des événements que vous êtes en train de vivre. J’ai d’abord pensé vous adresser deux courriers séparés mais je me suis vite aperçu que le message que je souhaitais vous faire parvenir est le même. Ce que je ressens vis à vis de votre séparation tient en un seul mot : la tristesse. Je suis triste à la pensée que vous n’avez pas été heureux ces dernières années. Je suis triste en imaginant que vous ne serez peut être pas heureux non plus séparés. Je suis triste de vous voir commettre des actes contraires à l’éducation que vous nous avez donnée et donc contraires à vos valeurs. Je suis triste à l’idée d’annoncer cela à mes filles qui n’iront plus chez «grand-père et bon-maman». Je suis triste à la perspective de voir tous nos souvenirs heureux –car il y en a- s’émietter dans un passé que vous ne souhaiterez plus évoquer ni l’un ni l’autre.

Je ne chercherai pas à déterminer vos torts respectifs dans l’échec de votre couple. Ce n’est pas le rôle d’un fils. Je suis persuadé en revanche, qu’après cinquante ans de vie commune, la responsabilité de cet échec ne peut être que totalement partagée entre vous. Vous n’avez pas su vous aimer, vous n’avez pas su vous parler, et cependant, l’amour et l’échange sont les deux points essentiels à une vie de couple. En disant cela, je ne vous condamne pas. (...) Je sais combien il est facile de dévier de la route, de s’emmurer dans le silence, ou, par la force de l’habitude, de ne plus avoir envie de séduire, de faire plaisir, de s’intéresser à l’autre.

Voilà pour le passé. Regardons l’avenir.

Les mois qui arrivent vont être difficiles. Je souhaite seulement qu’à la douleur de la séparation, vous n’ajoutiez pas la haine. Vous semblez désormais tous les deux avoir la volonté de vivre séparément. Vous avez largement les moyens financiers d’y parvenir. Je souhaite donc que vous obteniez ensemble un accord équitable dans un esprit de dignité et sans commettre d’actes ni prononcer de paroles que vous regretteriez fatalement ultérieurement. Il me semble normal que vous arriviez à vous conduire en adultes et en parents au cours de cette séparation. Si vous ne voulez pas le faire pour vous, faites le pour vos enfants : épargnez nous de voir la haine s’installer entre vous.

Pour la période qui débutera au moment de votre séparation, oserai-je espérer que d’un mal, il ressorte un bien ? Pourquoi ne serait-il pas possible que sur la base d’un juste accord entre vous, vous parveniez à faire séparément ce que vous n’aviez plus envie de faire ensemble. Je vois tant de retraités heureux profiter pleinement de la dernière phase de leur vie en réalisant tout ce qu’ils n’ont pas encore pu faire. Comment imaginer que vous n’avez pas de projets ? J’espère que nous arriverons encore à vivre des moments heureux avec chacun d’entre vous.

En ce qui concerne cette même période, j’ai deux demandes à formuler : la première est que vous ne disiez jamais de mal l’un de l’autre, et en particulier à mes filles. Elles ne le comprendraient pas et encore une fois, pourquoi ajouter la haine à la douleur de la séparation ? Ma seconde demande est que vous participiez l’un et l’autre aux événements familiaux qui se dérouleront dans les années à venir. Il me paraît normal que vous l’acceptiez. Je me rends compte en formulant ces deux demandes que je ne vous laisse en fait aucun choix quant à la réponse. Je n’accepterai aucun refus, ni pour l’une, ni pour l’autre.

Je souhaiterais achever cette lettre en vous disant que je vous aime. Il est surprenant de constater que, par une étrange pudeur familiale, nous nous disons rarement que nous nous aimons, sauf lors de tristes événements. Et pourtant, en écrivant cette lettre, je ressens profondément que je vous aime l’un et l’autre. Comment expliquer la tristesse qui est la mienne sinon par ce sentiment ?

Je vous aime.

15918ème jour

Cologne au petit matin

La scène se passe entre cinq et six heures du matin. Il fait jour, le soleil n'est pas levé, la température est encore douce mais promet une journée très chaude. La Lada est stationnée toutes portes ouvertes devant une ancienne fabrique de vinaigre, sur la rive droite du Rhin. Des hauts parleurs, s'échappent Wild is the wind, This is not America et Let's dance dans les belles versions live de la BBC. Les quatre occupants s'activent à remplacer par des vêtements secs les tenues un peu fatiguées par la nuit. Mennuie s'agite un peu et il court nu comme un ver au milieu de la Siegburger Strasse pour saluer joyeusement quelques lève-tôt qui attendent leur bus sur l'autre trottoir. Stefano regarde la scène d'un air un peu détaché, tout en y participant. M@nu a les yeux vraiment très rouges. Nous embarquons et hop! nous emmenons Madame Lavache à la chasse à l'Ibis à barbe rouge, envahis par les accords somptueux du pianiste du Bowie's band.

15917ème jour

Dockside story

De toutes les godillots que j'ai pu porter dans ma vie, deux paires tiennent une place importante : deux paires de Dockside Sebago, une verte et une rouge.
J'ai acheté les Dockside rouges à Clermont-Ferrand et j'ai du arpenter quatre continents avec elles. Je me souviens avoir essuyé en les portant un orage terrible à Singapour et elles m'avaient coloré durablement les pieds en rouge. Un jour où je me trouvais sur une plage d'Andalousie, je les pose négligemment dans un coin avant de jouer avec mes filles. Deux heures plus tard, au moment de quitter la plage, je cherche mes chaussures sans succès. Intrigué, je parcours la plage, et je n'en retrouve qu'une. Le soir même, je suis allé à cent mètres de part et d'autre de l'endroit où je les avais déposées. Rien. J'ai donc rangé la chaussure orpheline et je n'y pensais plus lorsque deux jours et deux nuits plus tard, la mer a rapporté la seconde dockside, exactement à l'endroit où elle l'avait empruntée. Elle était toute propre et pendant au moins un an, elle a eu une différence de couleur avec sa soeur jumelle. Je les ai à regret transformées en chaussures de peinture il y a quelques mois et elles sont désormais parées de tâches blanches et fushia chatoyantes.
La paire de Dockside verte vient d'Abu Dhabi, ce qui est nettement plus exotique. Je les portais un soir près d'Ubud dans la montagne de Bali, alors que je cherchais un restaurant perdu dans les rizières. Lorsque j'ai enfin aperçu les lumières du restaurant, il s'est avéré que je n'avais pas pris le bon chemin et qu'il me fallait traverser sur une trentaine de mètres le petit talus entre deux étendues d'eau de la rizière. Il faisait une nuit vraiment noire. Au début ça allait bien, mais peu avant d'arriver, mon pied à glissé, s'est enfoncé dans l'eau et est reparu nu. Un petit balinais qui passait par là, a tenu absolument à me la récupérer et lorsque je suis entré dans le restaurant, je faisais un petit splitch humide tous les deux pas.
C'est cette paire de vertes qui m'a emmené à Cologne ce week-end et bizarrement elles en sont revenues très propres et comme neuves...

15916ème jour

Lada prête

Dans une heure, départ pour Cologne et ses wild erotic times. A demain.

15915ème jour

Hymne au bonheur

Lue chez la fille aux gants, cette belle formule de Jacques-Henri Lartigue : "Le bonheur vient vous trouver. L'imbecillité, c'est de ne pas croire en lui, de l'ignorer, de le mépriser. Alors il passe. Si vous y croyez, si vous l'aimez, il reste.".
Elle m'a rappelé le dernier couplet d'une chanson d'un autre amoureux de la vie, ce vieux Charles que j'aimais tant :
"Le bonheur est un astre volage
Qui s'enfuit à l'appel de bien des rendez-vous.
Il s'efface, il se meurt devant nous,
Quand on croit qu'il est loin, il est là, tout près de vous,
Il voyage, il voyage, il voyage,
Puis il part, il revient, il s'en va n'importe où,
Cherchez-le, il est un peu partout...
"

15914ème jour

Bon pour...





... une livraison dans soixante jours.

Quand on n'a pas de tête, faut avoir du white spirit

Vous l'avez compris, je suis en plein travaux de peinture. Etonnant, le nombre de commentaires pour un post somme toute médiocre, mais passons... Après quelques mois de pause fatiguée, j'ai donc décidé de terminer les travaux de mon appartement et depuis lundi, je passe mes soirées à repeindre le long couloir en angle. Peu d'imagination pour ce couloir sombre, du blanc avec seulement un pan qui sera vert d'eau. J'ai donc racheté un pot de peinture identique à ceux de l'année dernière : Tollens, acrylique, 12 litres, grand travaux 160 m2.
Et c'est parti, j'ai passé tout le rouleau, demain je fais les finitions au pistolet. Comme je n'avais plus besoin du rouleau pour quelques semaines, je l'ai nettoyé à fond. C'est un moment que j'aime bien, la peinture acrylique part à l'eau, il suffit de bien brasser le rouleau avec les mains sous un bon filet d'eau chaude pendant dix minutes et il est comme neuf. Mais ce soir, j'ai senti quelque chose de bizarre. La peinture ne se diluait pas dans l'eau, au contraire elle avait tendance à se plastifier un peu et je me suis retrouvé avec les deux mains et les avants-bras pleins d'une peinture blanche très épaisse. J'ai du me rendre à l'évidence, je n'avais pas pris de l'acrylique mais un pot identique de glycéro. Je n'avais pas de white spirit et j'ai eu un petit moment de désespoir. Soit je vais au super marché dans cet état et je nique les poignées de porte, mon portefeuille, mon pantalon (je vous rappelle que je suis à poil), mes chaussures, le bouton de l'ascenseur, ma carte bleue et le clavier pour taper mon code, soit j'appelle m@nu pour qu'il me vienne en secours, mais je nique mon Nokia.
Une illumination m'a rappelé qu'il me restait un petit fond de white spirit dans un coin. Je l'ai utilisé avec parcimonie pour enlever le plus gros sur les mains et je suis sorti me ravitailler avec une tronche de clown blanc.

15913ème jour

Mes nouvelles lunettes I

Je suis légèrement myope depuis mon 7.000ème jour. Pas grand chose. Une demie dioptrie. Je peux conduire sans lunettes, j'ai simplement du mal à déchiffrer les panneaux à l'avance. Autour de mes 10.000 jours, je me suis fait faire ma première paire de lunettes. Des Armani rondes en écaille qui me donnaient un air un peu plus vieux quand j'étais un peu jeune dans mon métier. Je les mettais pour conduire sur long trajet, au spectacle, au karaoké et au bureau quand une présentation etait projetée.
5.000 jours plus tard, j'en avais un peu assez de ces lunettes et j'ai estimé que ma mutuelle pouvait m'en offrir un modèle qui cette fois-ci me donneraient un look plus jeune. Je voulais un modèle proche de celui qu'arborait Mister tigger lors de notre visite en Belgique.
J'ai trouvé ça récemment. Un modèle Dior métallique avec des verres très galbés, légèrement teintés de gris dans leur partie supérieure. Lorsque je les ai enfin reçues, j'ai trouvé qu'elles me donnaient un peu une tête de libellule et j'étais très inquiet de l'avis des autres.
M@nu a éclaté de rire en les découvrant au café Beaubourg.
Mennuie a émis un jugement réservé.
Ce soir, j'ai dîné avec un couple ami. Ils m'ont dit qu'ils trouvaient qu'elles leur allait très bien (à eux).
Je m'en fous. Je les aime.
Mais je me demande de plus en plus si j'oserai les porter au bureau.

15912ème jour

Un poil dans la peinture

Il y a un avantage à faire des travaux de peinture chez soi tout seul l'été. C'est qu'on peut faire ça nu. Si si. Je vous assure. Etre nu en haut de son escabeau un couteau à la main, ça n'a rien de désagréable.

15909ème jour

Pour C. III

Li manco.
Le falto.
Ich vermiesse dich.
Ik mis je.
Jag saknar dig.
Schazis mi.
Minä ikävöin sinua.
I miss you.
Eh oui.
Tu me manques.
Celui qui n'a pas vécu l'absence ne connait pas l'amour.

15908ème jour

Monique le retour (d'âge)

Il y a trente jours, je vous parlais de mes démélés avec mon amie Monique. Depuis ce jour, à mon grand chagrin, plus de nouvelles. Et puis ce matin, un vrai bonheur, je reçois enfin un nouveau mail, bien dans son style :

From: "monique D" < ****@noos.fr>
To: gVgVssE
Sent: Monday, June 11, 2003 6:36 AM
Subject: Mamie
Je te libère pour demain (promenade). Fièvre 39 ce matin, le doc. a prescrit
un antibiotique et on verra en fin d'après midi l'évolution pour décider de
la suite.
Monique


Je me suis aussitôt empressé de répondre à ma muse matinale.

C'est gentil de me libérer. En fait, je n'avais rien prévu pour demain.
Mais c'est bon de savoir que je peux vaquer tranquillement à mes
occupations.
Tous mes voeux de rétablissement à Mamie.
Je t'embrasse.

Ton

Vincent


Je commence vraiment à l'aimer.

15906ème jour

La formule du jour

Depuis quelques années, j'utilise l'Agenda de la Pléiade. Par pur snobisme. Parce que très peu de gens l'utilisent. Et parce qu'il est beau. Il a aussi un avantage : chaque semaine, une citation est proposée et je suis toujours étonné de son à propos par rapport à ma situation du moment.
Celle de la semaine?

Nous sommes seuls. Nous naissons seuls. Nous mourrons seuls. Toute espèce de décision n'intervient que par une opération de nous même devant nous même; et le plus qu'on puisse dire, c'est que cette solitude de toute la vie comporte des instants d'oubli.
C.F. Ramuz, Journal, 30 avril 1912

15905ème jour

Souvenir de Cologne

Lors de notre expédition à Cologne, j'ai été frappé par la masse de SMS de bienvenue sur leur territoire qu'envoient les opérateurs de télécom. Un message, ça irait, mais là, en passant près de Maastricht où les portables s'affolent un peu puisque l'on est à la limite de l'Allemagne, des Pays-Bas et de la Belgique, celà devient insupportable. Et encore, nous sommes arrivés sur zone après onze heures du soir, et les messages ne nous sont en fait parvenus que le lendemain. Les opérateurs prennent quand même soin du sommeil de leurs clients.
Seul M@nu n'a pas allumé son portable en dehors de France, pour une raison qui m'échappe. Et juste après avoir repassé là frontière française au retour, au moment de rallumer son portable, il nous a demandé : "Vous pensez que je vais recevoir tous les messages d'un seul coup?"

15904ème jour

Pour C. II

Aujourd'hui, tu es parti à Saint-Lunaire et je ne sais quand je te reverrai. La chanson de Daho ne sera plus seulement le souvenir d'une belle soirée. Elle me pincera un peu le coeur lorsque je l'écouterai en pensant à toi. La fête s'achève et les derniers se pressent. C'est comme dans un rêve et il n'y a plus rien à boire. Bonsoir.

Game over

Je viens de vivre six mois de placard professionnel. Les conditions de mon retour en grâce ont été définies il y a trois jours. Cette nuit, j'ai donc profité d'une dernière soirée au Queen en la délicieuse compagnie de Manu, Mennuie et Teurteul.
Voilà.
La messe est dite.
La fête est wifi.
Les carottes sont hips.
Demain est un autre jour.
Il commence d'ailleurs à 8h30 à La Défense.

15903ème jour

Sushi drague II

Avis aux mennuie maniaques : ceux qui voudraient apercevoir leur idole peuvent se rendre en ce moment même au restaurant Lô Sushi puisque je m'y trouve avec elle.
Non je n'ai pas pris d'abonnement.
Avant 22h00 quand même parce que je n'y passerai pas la nuit.
J'essaye désespérément d'empêcher mennuie d'envoyer à un monsieur assez costaud au look pied noir le message suivant : "Je kiffe ta femme, elle me fait bander."
Mennuie reviens, reviens parmi les tiens....

15902ème jour

Sushi drague I

Je suis en ce moment même avec M@nu au restaurant Lô Sushi, situé dans le sous-sol du nouvel immeuble de la Samaritaine. Le côté amusant de l'endroit, outre le tapis roulant où défilent les assiettes, c'est l'équipement de chaque place avec un accès Internet, d'où la rédaction de ce post en séance. Il est également possible d'envoyer un message aux autres clients du restaurant. Malheureusement, peu de proies attrayantes ce soir. Vous trouvez cela révolutionnaire? Dans son livre Good bye to Berlin, Christopher Isherwood raconte qu'un tel restaurant existait à Berlin en 1930, Il était possible de se téléphoner de table en table, celles-ci étant numérotees.
Bref, rien de bien neuf en ce monde.

15901ème jour

Born on the Fourth of July

Aujourd'hui, le blog-note a 365 jours.

15900ème jour

Mein Nokia ist nicht kaputt. Es war nur krank

En rentrant chez moi hier, je me sentais un peu déprimé, abattu, fatigué aussi par une nuit trop courte. Je me suis endormi aussitôt et j'ai été réveillé une heure plus tard par M@nu qui se trouvait aux halles et m'a annoncé sa visite. J'ai sauté dans une tenue disponible et suis parti faire quelques courses en l'attendant. En remontant la rue de Rome, j'ai vu que quelques gouttes commençaient à tomber et que le ciel semblait devenir menaçant à l'ouest. J'ai donc précipité l'achat de jus de pamplemousse et autres babioles. De retour dans la rue, assez chargé, il tombe une pluie très drue. Je tente quand même un retour à la maison. A mi chemin je m'arrête sous un porche. Si je vais plus loin, je serai trempé de la tête aux pieds. Je suis resté là, sous ce porche, une dizaine de minutes. J'ai vu une pluie torrentielle s'abattre, parfois mêlée de grêlons. Je me souviens aussi d'un petit bonhomme à lunettes, à l'apparence d'un général en retraite, qui est resté au moins cinq minutes à manipuler l'horodateur juste à côté de moi, totalement stoïque sous la pluie et absolument trempé. Il restait là, hagard, à observer son horodateur qui semblait mal fonctionner sous le déluge, puis il est reparti, lentement, tristement, toujours sous la pluie, son ticket trempé à la main.
Mon téléphone vibre. C'est M@nu. Il me demande pourquoi je ne suis pas là. Il me dit qu'il se trempe devant chez moi. Je décide donc de braver les gouttes, les grêlons, les poissons, la mer entière, et je cours avec mes sacs sur les 200 mètres qui me restent à parcourir, au pire de la tourmente. Les gens rient autour de moi. L'un me crie "Bonne douche!" J'arrive dans ma rue. Je vois M@nu, au loin, tranquillement abrité sous son parapluie. J'arrive à ma porte totalement trempé. J'en profite pour réaliser un petit fantasme. Je pose mes sacs et j'écarte les bras sous les trombes d'eau qui tombent en braillant un Singing in the rain improbable. Nous rions et nous rentrons chez moi.
C'est un peu plus tard, au café Beaubourg, que mon Nokia a commencé a donner des signes de faiblesses. Il a d'abord rajouté des caractères anormaux dans le dernier message que j'ai envoyé. Puis il a refusé de se rallumer. Nous sommes passés chez M@nu. J'ai délicatement réchauffé mon Nokia déshabillé avec un sèche-cheveux. Je l'ai veillé une partie de la nuit. Et ce matin, il a de nouveau flamboyé de mille feux. Il m'a même apporté un très beau message que j'ai lu en tremblant. Alors, je suis allé prendre un CD, je l'ai mis dans le lecteur, j'ai fermé les yeux et j'ai écouté le Caprice sur le départ de mon frère bien aimé.

15899ème jour

Coeur d'artichaud

Aimer à perdre la raison
Aimer à n'en savoir que dire
A n'avoir que toi d'horizon
Et ne connaître de saisons
Que par la douleur du partir
Aimer à perdre la raison


Evoquer ce poème va sans doute accentuer encore l'image de midinette ou d'amant transi, obsessif et un peu ridicule que je donne depuis quelques jours. Un vrai Professor Unrat, aurait dit Marlene. Mais en fait, je n'en ai rien à foutre.
Mes vrais soucis d'aujourd'hui sont le cinquième vers de ce poème d'Aragon, la définition du mot feu de paille, la confiance que je veux avoir en lui et en moi. J'ai toujours eu un faible pour les causes perdues.

15898ème jour

Pour C. I

Tout à l'heure, lorsque nous nous sommes regardés fixement les yeux dans les yeux, j'ai eu l'impression d'un moment d'irréalité. Je ne savais plus très bien où j'étais, abrité entre la douceur de tes baisers passés et la tendresse de tes baisers à venir. Je me suis senti tremblant, proche de l'évanouissement, comme un enfant qui aurait peur de se noyer dans l'immensité du bleu, du vert et du gris de ton regard. Pourtant, je sentais bien que cet infini ne présentait aucune menace, qu'il n'arborait que la douceur de ton sourire. Alors, j'ai approché mon visage du tien, et tout en continuant à regarder tes yeux devenus flous car trop proches des miens, nos lèvres se sont une nouvelle fois retrouvées. Il y avait la chaleur du désert. Il y avait la douceur du miel. Il y avait la fraicheur de la pluie.
C'était bon.
Je t'aime.
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