19760ème jour

La Biennale de Quatuor à cordes à la Cité de la Musique II

19759ème jour

La Biennale de Quatuor à cordes à la Cité de la Musique I

19758ème jour

Julian VI

19757ème jour

HL

Dîner chez HL ce soir. Longue discussion autour de Boulez, de la mort d'Abbado, d'Anita Lasker, d'Alma Rosé, de la période de Mahler à Kassel et à Prague, d'un roman allemand récemment paru autour de mort de Mahler, de Jonas Kaufmann et de nos projets de concerts à Versailles en mai et à Berlin en juin. J'essaye, comme à chaque fois, de bien profiter de ces moments exceptionnels.

19756ème jour

Dangleberries

Journée passée enfermé dans un hôtel près de Roissy.
Appris grâce à mes collègues britanniques la signification du mot Dangleberries.
Dîner à Chantilly.
Vers minuit, content de retrouver chez moi Julian qui a pris un billet pour Barcelone mardi prochain.

19755ème jour

Le monde sans Claudio Abbado

La disparition de Claudio Abbado m'affecte plus encore que je ne l'aurais imaginé. Je regarde les vols pour Bologne afin de participer aux hommages qui lui sont rendus mais tout est compliqué et j'abandonne l'idée. Je n'ai d'ailleurs jamais été très motivé par ces célébrations et je pense qu'il est préférable de prendre soin des êtres aimés tant qu'ils sont vivants.
Le soir, Julian m'invite à dîner au Piccolino afin de me remercier de mon hospitalité.

19754ème jour

Claudio Abbado (1933-2014)

J'apprends ce matin la mort de Claudio Abbado avec une immense tristesse. Ce chef prodigieux m'a donné tellement de joie que je ne puis parvenir à imaginer que je ne l'entendrai plus jamais diriger. Il aura accompagné toute ma vie de concerts depuis mon arrivée à Paris. Je l'ai entendu pour la première fois en décembre 1980 au Palais des Congrès dans un concert Bartók - Janacek - Moussorgsky avec l'Orchestre de Paris et Salvatore Accardo. Je l'ai entendu à plusieurs reprises dans les années 80 à la tête du London Symphony Orchestra qu'il dirigeait alors, plus souvent avec les Berliner Philharmoniker à Londres (Deuxième de Mahler), à Paris (Beethoven, Brahms et surtout Mahler (Première, Troisième, Cinquième, Sixième)) et bien sûr à Berlin (Mahler encore, avec l'extraordinaire Neuvième de 1999, mais aussi tous ses retours réguliers à la Philharmonie depuis une dizaine d'années. Le concert le plus extraordinaire, celui qui a sans aucun doute changé ma vie reste la Neuvième de Mahler avec l'orchestre du Festival de Lucerne (à Lucerne et à Paris) dont je garde encore aujourd'hui un souvenir ému et ébloui. Et puis il y a eu ce retour triomphal à la Scala en octobre 2012 et ces quelques concerts avec le Mahler Chamber Orchestra et l'Orchestre Mozart.
Reposez en paix, cher Maestro (même si je sais que vous n'aimiez pas que l'on vous appelle ainsi), je ne vous oublierai jamais. Comme vous aviez raison, lorsque vous affirmiez que "Sans la musique, le monde serait un endroit épouvantable".

19753ème jour

Sibelius et Bruckner par les Wiener Philharmoniker, Riccardo Chailly et Christian Tetzlaff au Théâtre des Champs Elysées

Julian et moi sommes allés au marché ce matin pour faire les courses. Un repas de fromage, juste précédé d'une salade d'endives et accompagné de ma dernière bouteille de Pommard. Julian aime de plus en plus le mode de vie français et j'étais heureux de lui faire découvrir le Reblochon, le Cantal, le Gorgonzola, la Fourme d'Ambert, l'Epoisses et quelques Chêvres de chez Androuet. A ma grande surprise, l'odeur qui l'a le plus inquiété était celle du Reblochon, qui à l'analyse, s'avère plus légère que celle de l'Epoisses mais peut-être plus insidieuse. Julian a vaillamment mangé de tout.
Après midi avec une sieste, un peu de lecture et Julian qui chante dans son coin en s'accompagnant de sa guitare.
Le soir, nous partons dans la nuit en velib pour le Théâtre des Champs-Elysées où les Wiener Philharmoniker sont de passage. Au programme Finlandia de Sibelius, que je n'avais pas entendu depuis des années et que Riccardo Chailly transforme en une pièce magique à la sonorité de cathédrale bâtie dans les fjords. Nous restons avec Sibelius et Christian Tetzlaff qui nous donne ce soir une interprétation à couper le souffle du Concerto pour violon: prise de risque maximale, passages rêveurs et enchanteurs, moments suffocants en apnée, instants de virtuosité confondante que Chailly et les Philharmoniker accompagnent à la perfection. La salle en délire réclame un bis et obtient un extrait de Partita de Bach.
La deuxième partie du concert était consacrée à la Sixième Symphonie de Bruckner, la plus étrange du monde brucknerien, peut-être la moins aimée et que Bruckner qualifiait de Die Keckste (L'effrontée). C'est pourtant une symphonie magnifique de bout en bout, avec un Adagio parmi les plus beaux de tous ceux du Maître de Saint Florian et un Scherzo hallucinant. Comme cette oeuvre a été créée au Musikverein en 1899 sous la direction d'un certain Gustav Mahler, je l'entends toujours avec une grande émotion.
Petit tour à la tour Eiffel en velib avec Julian et retour à la maison.

19752ème jour

Mendelssohn et Schumann par le London Symphony Orchestra, John Eliot Gardiner et Maria João Pires à Pleyel

Vers onze heures, nous partons en velib en direction du Centre Pompidou pour voir au MK2 Beaubourg la séance hebdomadaire du documentaire consacré à Alexandre Tharaud, Le temps dérobé. C'est une belle heure de musique passée avec Alexandre, suite de moments volés entre les concerts qui nous livre l'intimité d'un personnage timide, très attachant et qui semble avide de pureté. Magnifique Nacht und Träume avec la complicité de Jean-Guihen Queyras, et très bel Aria des Variations Goldberg, qui me fait espérer un enregistrement de l'oeuvre complète.
Déjeuner à la Cloche des Halles, marche à pied jusqu'à Melomania en s'arrêtant aux animaleries du Quai de la Mégisserie (Julian adore les chiens). Retour en s'arrêtant au Théâtre des Champs Elysées pour acheter une place à Julian pour le concert de demain des Wiener Philharmoniker.
Le soir nous traversons le Parc Monceau pour se rendre à la Salle Pleyel pour l'escale parisienne de la tournée du London Symphony Orchestra. Très belle ouverture des Hébrides, dirigée par un John Eliot charmeur. Puis Maria João Pires entre en scène, la silhouette toujours juvénile malgré les soixante dix printemps qu'elle fêtera cette année. Le Concerto pour piano de Schumann est une déception. C'est une oeuvre terriblement romantique, destinée à nous faire vibrer et, probablement parce qu'elle n'en a pas les moyens, nous assistons ce soir une oeuvre délicate, sage et polie, loin des déferlements que nous avait donnés Hélène Grimaud il y a deux ans. En bis, en nous offrant l'Oiseau prophète des Waldszenen, Maria João Pires nous rappelle qu'elle est une immense pianiste. Mais le clou de la soirée, c'était la Symphonie Ecossaise. Je ne sais pourquoi, John Eliot Gardiner a demandé aux violons et aux altos de jouer debout, les violoncelles disposant d'un petit podium individuel. Et les musiciens londoniens nous donnent une Ecossaise frémissante, nerveuse, généreuse, passionnante de bout en bout. Le dialogue entre les pupitres est vertigineux, avec en particulier une transition vers le thème final du dernier mouvement à couper le souffle. L'assistance est tellement enthousiaste que Gardiner et ses musiciens nous offrent le Scherzo du Songe d'une nuit d'été, lui aussi frémissant et nerveux et la jeunesse du compositeur (seize ans) me fait souvenir du Roméo et Juliette d'il y a deux jours.
Dîner sushi-sashimi-champagne à la maison avant de voir (revoie pour moi The Barber des Frères Coen.

19751ème jour

Julian V

Après une longue journée de travail, j'étais heureux de retrouver Julian et son sourire. Nous sommes partis en velib dans la nuit de Paris. Premier arrêt près de la Place des Victoires pour un dîner chez Georges qui par miracle avait une table de libre. On a pris des escargots, Julian a découvert la moëlle pour agrémenter son entrecôte, il a picoré un peu de ris de veau aux morilles dans mon assiette et a décrété en fin de repas que le baba au rhum était son nouveau dessert préféré. On a marché jusqu'à la place des Vosges, on a repris des velib à Saint-Paul pour traverser l'île Saint-Louis puis l'île de la Cité, nous avons fait une dizaine de tours de la Place de Furstemberg comme pour mieux l'admirer, fait une halte à L'Hôtel de la rue des Beaux Arts en hommage à Oscar Wilde, bu un verre à une terrasse du Boulevard Saint Germain, puis nous sommes rentrés en passant par l'Esplanade des Invalides et le Pont Alexandre III.

19750ème jour

La première de Roméo et Juliette au Théâtre de la Porte Saint Martin

Je suis parti un peu tard du bureau et bien évidemment le trafic était épouvantable. Arrivé au Chatelet, le quartier était totalement bloqué et j'ai choisi de me garer au parking près de la Tour Saint Jacques. Il était huit heures moins cinq, je marchais d'un pas rapide sur le Boulevard de Sebastopol, il n'y avait évidemment ni taxi ni bus. J'ai enfin trouvé un taxi qui avait fini son service et qui a bien voulu me déposer près du théâtre. Il était huit heures cinq mais Azouz m'attendait sagement et beaucoup de monde faisait encore la queue pour récupérer son billet. Le spectacle a démarré très en retard, avec l'excitation liée aux premières. Cette nouvelle version de Roméo et Juliette est de mon point de vue un grand succès. N'ayant vu jusqu'à aujourd'hui la pièce qu'au cinéma (Franco Zefirelli entre autres) j'ai été subjugué par le romantisme absolu qui nous est présenté, la fraicheur de ton de ces adolescents, le modernisme du propos et l'humour, toujours présent. Les deux acteurs principaux, Niels Schneider et Ana Girardot (la fille d'Hippolyte, rien à voir avec Annie) n'ont pas l'âge précisé par Shakespeare mais pourrait-on vraiment monter Roméo et Juliette avec des acteurs de quatorze et seize ans? Ils sont d'une grande justesse et Niels Schneider, en particulier, rentre totalement dans ce beau romantisme incandescent. Valérie Mairesse, dont on a un peu de mal à se souvenir maintenant des rôles sexy de ses débuts, campe une Nourrice truculente et attachante. Quelques petits accrochages de texte ce soir, ce qui n'a rien de gênant, et même une erreur qui n'en était pas une: lorsque le valet déclare : "Trouver les gens dont les noms sont écrits ici ? Il est écrit… que le cordonnier doit se servir de son aune, le tailleur de son alêne, le pêcheur de ses pinceaux et le peintre de ses filets", j'ai sincèrement cru qu'il s'agissait d'une erreur de mémoire, mais l'inversion est en fait due à l'humour de Shakespeare. Je ne suis probablement pas le premier à m'être trompé.
Belle soirée donc dans cette version modernisée de Nicolas Briançon (le texte a été légèrement modifié et des personnages fondus en un seul) et tout fonctionne bien, y compris la transposition dans la Vérone des années trente, où les musiciens à la discrète présence sur scène ou dans une loge. Seul bémol, des décors de murs mouvants et gris qui passent quasiment inaperçus.
Dîner au Café Beaubourg avec Azouz.

19749ème jour

Julian IV

Je devais être fatigué après avoir déposé Julian à son hôtel, car je me suis endormi tout habillé sur le lit de mon petit studio de Bloomsbury et en laissant la lumière allumée. Je me lève cependant vaillamment à six heures, je conduis jusqu’à City Airport en trente minutes dans un Londres vide, j’ai l’amusement de voir un exotique camion de laitier, et je reprends mon vol Londres City – Orly, toujours en compagnie du livre d’Arthur Dreyfus.
J’achète à la fnac des Ternes le CD de la magnifique sonate pour violoncelle de Dimitri Kabalevsky par Camille Thomas, découverte quelques jours plus tôt sur France Musique.
Le soir, Julian débarque vers moi un peu avant neuf heures, avec sa guitare, un petit sac et son grand sourire. Il va habiter chez moi pour une durée indéterminée et delà me donne un sentiment partagé. On passe la soirée devant un feu de bois à écouter du jazz des années trente et on s'endort très sagement côte à côte dans mon lit.

19748ème jour

Julian III

Dans la nuit, je reçois un message d’Arthur me proposant un sourire et un café si je lui indique la faute imprimée. J’estime l’affaire valable et lui dévoile le bas de la page 355.
Lever un peu avant six heures pour rejoindre le trou du cul du monde. Embouteillages monstres autour d’Oxford, une route barrée à cause de crues, une demi-heure de retard à l’arrivée. Retour beaucoup plus calme sur Londres en passant par l’autoroute.
Vers 21h00, je retrouve Julian devant son hôtel miteux de Camden qu’il paye dix livres la nuit. Nous partons avec ma voiture de location à l’autre bout de la ville, chez Thali, le restaurant indien de South Kensington que j’avais tant aimé lors de mon passage du mois d’août. Cela me fait plaisir de renouer avec Julian que je n’avais pas vu depuis l’été. Alors que je n’y croyais guère, il a pris la décision de venir vivre seul en Europe et il a choisi Paris. Il veut vivre de sa passion, la musique, et a économisé ses salaires de mannequinat en Australie pour pouvoir tenir un an en France. J’ai sans doute tort de réagir aussi instinctivement mais je suis sous le charme de son visage et je lui propose de l’héberger chez moi dès le lendemain.

19747ème jour

Paris Londres avec l'Histoire de sa sexualité

Dans le petit Fokker qui m’emmène d’Orly à Londres City, j’entame Histoire de ma vie sexuelle, d’Arthur Dreyfus. C’est un livre sagement intitulé roman, mais qui ne rentre dans aucun genre particulier, à mi chemin entre l’autobiographie et le journal. Le fil conducteur de ce livre un peu gonflé est de relater tous les éléments liés à la vie sexuelle de l’auteur, depuis sa naissance jusqu’à l’âge adulte. Même si Arthur Dreyfus crée un doute sur l’authenticité des scènes relatées, j’ai le sentiment que tout est vrai, absolument tout. L’auteur pousse même la sincérité jusqu’à reproduire les fautes de typographies des SMS de sa mère. Il y a un caractère très "blog" à ce livre et le fait que son auteur aime Charles Trenet, les frères Coen, Cocteau, Sigur Ros, Richard Wagner ou Albert Cohen me le rend particulièrement sympathique.
Arrivé à Londres, je dois résoudre un imbroglio avec Hertz car, sans m’en rendre compte, j’ai réservé par un service où l’on ne passe jamais au guichet et où l’on ouvre les véhicules avec un petit sésame, un FOB. Or je n’ai pas le précieux FOB. Je loue un autre véhicule et conduis vaillamment de City Airport jusqu’à Bloomsbury où j’ai réservé un petit studio au quinzième étage d’une tour. Au moment de sortir de la voiture, il y a un véritable déluge sur Londres et j’arrive trempé dans mon havre de la nuit. Finalement, je ne vois pas Julian qui doit gérer une situation compliquée liée au retour de sa famille à Brisbane. Je passe une bonne demi-heure à trier mes nouveaux contacts tinder et, dans la soirée, j’envoie un petit mot facebook à Arthur Dreyfus pour lui demander si je gagne quelque chose en lui signalant une faute d’orthographe imprimée dans son livre.

19746ème jour

Heidelberg Gengenbach Colmar Paris

Dès que nous quittons Heidelberg, une brume épaisse arrive. Visite de Gengenbach, très joli village de forêt noire. Un très bon déjeuner à Die Reichstadt nous prouve une fois de plus combien le niveau de la cuisine s’est amélioré en Allemagne. Visite de la petite église du village où un organiste joue une valse étrange. Une étape à Colmar pour admirer le retable d’Issenheim que je n’avais jamais eu l’occasion de voir. Retour à Paris par une nuit très sombre et envahie d’un brouillard épais.

19745ème jour

Tchaikowski par Vladimir Ashkenazy, le Philharmonia Orchestra et Evgeny Kissin au Rosengarten de Mannheim

Je récupère ma fille et J. à huit heures du matin et nous partons vers l’est. Déjeuner au Bürestubel à Pflugriesheim où un client m’avait emmené il y a un an. Puis nous reprenons la route pour l’Allemagne. Marche dans la longue rue de la vieille ville de Heidelberg, toujours aussi belle, et où j’ai plaisir à retrouver le panneau attestant que Achim von Arnim et son beau frère Clemens Brentano ont travaillé au Knaben Wunderhorn. J’achète aussi deux disques de concerts du Nouvel-An parus ce jour en Allemagne : celui de Vienne bien sûr, avec Daniel Barenboim, mais aussi celui de Dresde, très amusant, et où les magnifiques musiciens du Semper Oper et Christian Thielemann nous emmènent de l’opérette berlinoise des années trente jusqu’à West Side Story. L’une des plages les plus savoureuses de ce disque est la Marche Berliner Luft, extraite de l’opérette Frau Luna de Paul Lincke. C’est une marche devenue quasiment l’hymne de la ville de Berlin et qui donne irrésistiblement envie de frapper dans les mains. C’est devenu un peu aussi l’hymne de notre week-end en Allemagne, pour ma fille et moi.
Le soir, nous prenons la longue droite qui sépare Heidelberg de Mannheim et nous allons au Rosengarten pour le dernier concert de la tournée de l’orchestre Philharmonia. La caisse de la salle était particulièrement mal organisée et, après une longue queue parmi des étudiants chinois qui voulaient une place, la fille du guichet a été incapable de trouver mon billet. C’est sur la base de l’email de sa collègue qu’elle m’a donnée deux places du septième rang, totalement de côté. J’étais un peu énervé mais nous avons pu nous recentrer très légèrement avant le début du poème symphonique.
Le programme de ce soir était identique à celui du concert de mardi dernier au Théâtre des Champs Elysées et pourtant, il m’a procuré un bonheur infiniment plus intense. Est-ce mon esprit plus serein pendant un week-end ? Est-ce l’auditoire allemand plus discipliné que celui de Paris. Toujours est-il qu’Evgeny Kissin m’a absolument subjugué dans cette interprétation parfaite du Premier Concerto avec les accords plaqués du tout début, la merveilleuse douceur de l’Andantino, ou encore la toute fin de l’œuvre avec sa mélodie si russe qu'elle m’a tiré des larmes aux yeux. Kissin joue en bis une étude de Scriabine sous les acclamations du public. Seconde partie avec la Cinquième Symphonie et la direction toujours aussi précise et inspirée de Vladimir Ashkenazy que je considère maintenant comme un très grand chef et dont j’aimerais beaucoup entendre les Symphonies de Mahler. Il a dirigé une intégrale à Sydney pendant da saison 2010-2011. La Barcarolle des Saisons a été jouée en bis, comme mercredi à Paris et Ashkenazy nous a fait le même petit sketch, cette fois ci dans un mélange d’allemand et d’anglais étonnamment plus hésitant que son français.
Un verre d’apfelsaft et un bretzel dans la vieille ville d’Heidelberg avant d’aller dormir.

19744ème jour

Sylvain

Le soir, un peu avant dix neuf heures, mon voisin grindrien Sylvain arrive chez moi. Il a des yeux immenses et un beau sourire. Le temps passant, je pense de plus en plus que les yeux et le sourire sont ce qui m’attire le plus chez un garçon. On boit un verre de champagne, on écoute un peu de musique, on se fait découvrir quelques musiques, moi London Grammar, lui Florence & the machine. On part dîner au Piccolino où Franco nous accueille, toujours aussi gentil, et heureux de me montrer qu’il a enfin mis le Zabaoine à sa carte. Assez vite, Sylvain ne se sent pas bien. Je le laisse prendre l’air dehors un moment, il vient quand même chez moi boire un peu de champagne mais rentre vite se reposer chez lui. Il me dira le lendemain avoir revomi tout le dîner à peine arrivé chez lui.

19743ème jour

Liszt et Tchaikowski par Paavo Järvi, Valentina Lisitsa et l’Orchestre de Paris

Je retrouve Damien devant la Salle Pleyel et nous allons prendre un verre au Hoche. Il est sympathique et son costume sombre de banquier me fait penser au personnage de Cyril Durieux.
Ce soir, l’Orchestre de Paris nous présente un programme marathon qui commence par une pièce orchestrale d’Eric Tanguy, Affetuoso, in memoriam Henri Dutilleux dont je me contenterai de dire qu’elle est une commande de l’orchestre. Puis, deux œuvres pour piano et orchestre de Liszt, le Premier Concerto et le Totentanz, qui devaient être joués par Boris Berezowski. Mais celui-ci souffrant, est remplacé par Valentina Lisitsa, jeune pianiste ukrainienne qui vit aux USA et a fait sa réputation sur Youtube avant d’enregistrer (quand même !) les concertos de Rachmaninov avec le LSO. C’est un festival de notes et de virtuosité (avec quelques bons pains quand même) une sorte de jeu à la Lang Lang que le public semble adorer. Et le public aime tellement ce qu'il vient d'entendre que Valentina Lisitsa nous offre quatre bis (un de plus que la veille semble-t-il), toute heureuse qu’elle est de jouer devant le public parisien. Nous avons donc l’Ave Maria de Schubert/Liszt, La Campanella de Paganini/Liszt, un OVNI virtuose que je n’ai pas réussi à identifier et, pour finir, le Rêve d’amour de Liszt.
Damien et moi émigrons vers l’arrière scène pour une Quatrième Symphonie de Tchaikovski absolument époustouflante, magnifiquement dirigée par Paavo Järvi à la tête d’un orchestre incandescent. J’ai souvent dit du mal de l’Orchestre de Paris pour être heureux de souligner combien les derniers concerts de cet orchestre auxquels j’ai assisté étaient enthousiasmants et de très haut niveau. Il m’est apparu évident que l’Orchestre de Paris était d’un niveau technique et d’un engagement bien supérieur à ceux du Philharmonia hier, tous les pupitres étant exceptionnels (magnifiques pizzicati du Scherzo) et ce qui est rare pour un orchestre français, une vraie capacité à s’écouter et à jouer ensemble avec un plaisir évident et contagieux. La direction de Paavo Järvi était moins moderne que celle d’Ashkenazy hier, plus romantique mais totalement convaincante de bout en bout.
Damien et mois allons dîner à la Brasserie Lorraine et je rentre à pied en faisant connaissance au téléphone avec Sylvain avant notre dîner de demain.

19742ème jour

Tchaikowski par Vladimir Ashkenazy, le Philharmonia Orchestra et Vadim Repin au Théâtre des Champs Elysées

Ce soir, dans la rubrique "le plus mauvais public du monde", ma voisine de droite prend un sac en plastique dès les premières notes de Roméo et Juliette, l’agite frénétiquement, en extrait une bouteille de sirop et se met en en boire des lampées à intervalles réguliers, intervalles entrecoupés d’une toux grasse du meilleur cru. Au bout de dix minutes, elle a capitulé, m’a fait lever et a quitté la salle, non sans avoir informé bruyamment son mari, et elle est allée tousser juste derrière la porte de façon à ce que l’assistance ne perde rien de sa phtisie avancée.
Bref, ce soir on prend les mêmes ou presque et on recommence: Vladimir Ashkenazy (dont je trouve qu’il est un mélange de Gérard Darmon et de Mimi Mathy) remonte sur son estrade gigantesque, et dirige l’orchestre Philharmonia dans Tchaikowski. Magnifique poème symphonie de Roméo et Juliette, avec son thème tellement lyrique qu’il tirerait des larmes au plus endurci des terroristes et je peux confirmer que, du point de vue de l’acoustique, les places du deuxième balcon de face sont probablement les meilleures du Théâtre des Champs Elysées. Le son de l’orchestre était nettement moins acide que la veille. Le concert se poursuivait avec le Concerto pour violon, avec Vadim Repin en soliste, qui a tiré un son magnifique et chaud de son Guarnerius del Gesù, qui répond, Dieu sait pourquoi, au nom de « Bonjour ». Je ne crois pas avoir rêvé, mais il me semble avoir perçu de nombreux problèmes de justesse, ce qui n’a pas empêché sa performance d’être superbe, avec notamment une cadence éblouissante. Le public ravi, applaudit bruyamment la fin du premier mouvement, au grand agacement de Vladimir Askhenazy. La deuxième partie était consacrée à la Quatrième Symphonie, que je n’avais pas entendue en concert depuis fort longtemps. Ashkenazy l’a tirée vers dans une direction très moderniste, ce qui est très rarement fait avec Tchaikowski mais certains passages (le Scherzo notamment) annonçaient clairement la musique de Schostakovich. Sans doute pour remercier le public qui, une fois encore, a applaudi frénétiquement à la fin du premier mouvement, Ashkenazy nous annonce un bis dans un très bon français : il s’agit de la Barcarolle extraite des Saisons (Juin) et joliment transcrite pour orchestre par un des membres du Philharmonia que la salle a justement ovationné.
Alors que je rentre en voiture chez moi, j’entends de nouveau sur Radio Classique le dernier mouvement de la Quatrième Symphonie. Le son vient de la Salle Pleyel où, hasard des programmations, Paavo Järvi dirige cette même œuvre ce même soir avec l’Orchestre de Paris. J’y serai demain et la confrontation promet d’être passionnante.
Longue discussion avec Sylvain, mon voisin grindr, qui est malade. Nous remettons notre rencontre au vendredi.

19741ème jour

Tchaikowski par Vladimir Ashkenazy, le Philharmonia Orchestra et Evgeny Kissin au Théâtre des Champs Elysées

Le premier de mes trois concerts Philharmonia – Ashkenazy – Tchaikowsky de la semaine me permet de vérifier que le public du Théâtre des Champs-Elyséees est l’un des pires au monde. Dans l’ordre, j’aurai supporté ma voisine de gauche qui parle tout le temps et très fort et pour raconter des inepties, cette même voisine qui fait chuuuut très bruyamment quand les autres parlent et qui râle parce que son voisin de devant bouge trop la tête à son goût, ma voisine de droite qui râle parce que ma voisine de gauche parle, un vieux qui tousse en permanence dans la loge juste derrière, un téléphone qui vibre quatre ou cinq fois pas très loin de moi, un autre téléphone qui sonne quant à lui très fort (sonnerie au format téléphone fixe des films américains) pendant le mouvement lent du Concerto de Tchaikowski, un couple de vieux qui quitte la salle en plein milieu du deuxième mouvement de la Cinquième Symphonie et, cerise sur le gâteau, le public qui applaudit à tout rompre à la fin du premier mouvement du Concerto.
Il n’en reste pas moins que le concert de ce soir, sans être génial, était magnifique. Il a débuté par Voyevoda (la Ballade Symphonique, pas l’opéra) œuvre que Tchaikowski jugeait complètement ratée et il n’avait pas complètement tort. Mais le morceau de bravoure de ce soir était le Concerto pour piano, avec un Evgeny Kissin impérial, probablement au sommet de son art. Je n’avais jamais eu de chance avec ce Concerto l’ayant entendu trois fois dans ma vie (Le désastre de Cyril Tiberghien à Mogador, Ivo Kahánek à Prague et Arcadi Volodos au Concertgebouw) mais jamais de façon satisfaisante jusqu’à ce soir. De là où je suis placé, je peux parfaitement voir les mains de Kissin et vérifier ce que m'a indiqué récemment mon client organiste : de par sa tonalité en si bémol majeur, le pianiste n'utilise dans cette oeuvre quasiment que les touches noires de son instrument.
En bis, Kissin nous offre une Valse de Tchaikowski. Le concert s’achève avec une très belle Cinquième Symphonie qui m’a fait me souvenir de mon premier concert avec Herbert von Karajan au Théâtre du Chatelet et puis aussi de mon ami HL qui déteste tellement le thème principal du premier et du quatrième mouvement. C’est la deuxième fois que je voyais Vladimir Ashkenazy diriger. Il a une gestuelle assez laide mais très efficace et très expressive. Comme il est fort petit, je dirais 1m60, il dirige depuis une estrade surélevée, de près d’un mètre de haut. Il a l’air aussi très drôle dans son comportement, saluant à la fin du concert avec la baguette coincée dans la bouche, ou entrainant les musiciens en coulisse, façon d’abréger des applaudissements très nourris et de nous faire comprendre qu’il n’y aurait pas de bis ce soir.
Rentré chez moi, je parle avec Sylvain un grindrien que je ne connaissais pas et qui habite tout près de chez moi. Il est originaire d’Aix et semble très charmant. Comme il me laisse volontiers son numéro de téléphone je l’invite à venir chez moi après le concert du lendemain.

19740ème jour

Les petits riens

Déjeuner chez Cécile. Mise à jour du mois de Décembre de ces pages. J’invite Damien au concert de jeudi de l’Orchestre de Paris. J’achète quelques nuits d’hôtel à Upper East Side pour mon séjour new yorkais de mars, mais pas pour le séjour complet, avec l’envie de faire peut-être une virée jusqu’aux chutes du Niagara.

19739ème jour

Des contraintes qu'il y a à être père

Lever à 5h45 pour emmener ma fille à l’aéroport de Beauvais.
De retour à huit heures chez moi, je me recouche.
A neuf heures je m’éveille en sursaut, persuadé que j’ai oublié de l’emmener et que je lui ai fait rater son avion.
Laborieuse mise à jour des mois de Septembre, Octobre et Novembre de ces pages.

19738ème jour

Stand by me

Vu par hasard à la télévision Behold a Pale, un film de Fred Zinnemann avec Gregory Peck, Omar Sharif et Anthony Queen, particulièrement réussi, avec la musique si reconnaissable de Maurice Jarre. Déjeuner au Marco Polo avec mes filles et J. Dîner chez moi avec les mêmes. Stand by me en bluray que je n’avais pas revu depuis sa sortie il y a vingt cinq ans.
J'ai également reçu un message de Julian, l'australien que j'avais vu en juin dernier et dont je n'avais plus de nouvelles depuis quelques mois. Il semble avoir mis son projet d'installation en Europe à exécution, il est à Londres et l'on devrait se revoir prochainement.

19737ème jour

Aabel

Le matin, en allant au bureau, alors que je suis Porte Maillot, je capte sur grindr un garçon intéressant juste au moment où l’application iPhone plante. Je me reconnecte mais le garçon a disparu. Stupidement, je fais demi tour avenue du Général de Gaulle en me disant que je le recapterai si je retourne sur mes pas. Alors que je suis de nouveau Porte Maillot et que je mets à jour frénétiquement mon écran, deux policiers à moto m’arrêtent et me font signe de stopper sur le bas côté. Je n’ai pas mes papiers et cela prend un temps infini pour qu’ils retrouvent mon identité sur leur système embarqué. J’entends de loin une discussion surréaliste entre eux ("Ca s’écrit comment Clermont-Ferrand ? Tu sais toi ?"). Je m’en tirerai avec une contravention pour usage de téléphone au volant, un franchissement de ligne jaune (que je ne me souviens absolument pas avoir commis) et deux contraventions pour ne pas avoir mon permis de conduire et ma carte grise avec moi. Mon addiction à grindr me coute décidément cher.
Dans la journée, je décide sur un coup de tête de prendre une place pour le Werther de Jonas Kaufmann au MET ainsi que des places pour les concerts des Wiener Philharmoniker à Carnegie Hall la même semaine de Mars.
En fin d’après-midi, je rentre chez moi car j’ai enfin la visite d’Aabel chez moi. C’est un garçon étrange, très androgyne avec ses cheveux longs et blonds, mais très intéressant par son côté touche à tout, réunissant à mélanger de très bonnes études de design avec du mannequinat. J’espère beaucoup le revoir, même s’il me semble presque aussi Asperger que l’était G.
Le soir, Paris Broadway m’invite à l’accompagner pour une représentation de La grande duchesse de Gerolstein au Théâtre de l'Athénée et j’accepte avec plaisir. Premier acte drôle et enjoué. Deuxième acte un peu mois réussi. Passage chez moi pour deux ou trois heures de serrano – fromage – pommard en écoutant quatre ou cinq versions du Concerto en sol de Ravel dont la version mémorable de 1940 avec Cor de Groot et Eduard van Beinum à la tête de l'orchestre du Concertgebouw.

19736ème jour

Roméo & Martha, Niels & Juliette

En fin de journée, en rentrant du bureau, j’entends sur Radio Classique la rediffusion de l’émission Passion Classique avec Martha Argerich et je suis amusé par son rire communicatif.
Le soir, je découvre que Niels Schneider va reprendre prochainement le rôle de Roméo au Théâtre de la Porte Saint Martin et j’achète deux places pour la première.
Et le petit bonheur d'avoir enfin ces pages totalement à jour, pour la première fois depuis un an.

19735ème jour

L'année de mes 20.000 jours

On a fait du sexe plusieurs fois dans la nuit, du sexe tendre qui nous donne à tous les deux un bon début d’année On s’est réveillés juste à temps pour regarder le Concert du Nouvel An avec un café et un jus de fruit. Cette année, Daniel Barenboim est aux commandes des Wiener Philharmoniker et j’ai été ébloui par le Mondshein extrait de Cappricio, hommage aux cent cinquante ans de la naissance de Richard Strauss. En fin de concert, pendant la Marche de Radetzky, Barenboim va de pupitre en pupitre saluer chaque membre de l’orchestre.
On a fait encore une fois du sexe, et j’ai ramené Alex chez lui, le pauvre habite en plein milieu de la Goutte d’or. De retour chez moi, je regarde le film The last quartet, acheté à Londres deux jours plus tôt et à la fin aussi émouvante qu’invraisemblable. Puis, j’avance à la mise à jour de ces pages en finissant la mise en ligne de Juin, tout en écoutant Le vagabond ensorcelé, rare opéra de Rodion Shchedrin, dans la belle version de Valery Gergiev et du Théâtre Mariinski.

19734ème jour

Alex

Lever tôt, Heathrow Roissy, bref passage au bureau avant de faire des courses en prévision de mon dîner avec Alex. Nous avions initialement rendez-vous chez moi mais comme il pleut, je vais le chercher en voiture. On se croise rue du Havre, j’aperçois ses cheveux longs et blonds et sa silhouette fine dans son manteau d’officier de marine. Au moment où il entre dans la voiture, je ne sais comment il s’y est pris, mais il se heurte violemment le nez contre le cadre de la porte. Il a visiblement très mal, pense même s’être cassé le nez et malgré ce début de rencontre rocambolesque, on arrive chez moi. Il a un accent espagnol qui ne va pas très bien avec ses cheveux blonds et cela fait un mélange amusant. On prépare notre dîner. J’ai prévu d’entamer le jambon ramené de Madrid une semaine plus tôt et cela lui fait évidemment plaisir. Vers dix heures, on est nus l’un contre l’autre sur mon lit. On se relève pour boire un peu de champagne, on se recouche et alors que l’on est en pleine action, le crépitement des SMS de nos deux téléphones nous font comprendre que l’on est en 2014.

19733ème jour

Meet me in Saint Louis

Je profite de la pluie de ce lundi matin pour compléter depuis mon hôtel tout le mois de Mai de ces pages. La pluie diminue vers midi et j’en profite pour partir en borisbike vers un restaurant de Bayswater, Hereford Road, qui hélas est fermé pour les fêtes. Je me rabats sur Hafez, un restaurant iranien voisin, très agréable. Il est formidable (et très logique) de constater que la savoureuse cuisine persane est le maillon maquant entre la la cuisine libanaise et la cuisine indienne.
Il ne pleut plus, je poursuis en Borisbike jusque dans le centre pour acheter pour Alex un petit cadeau de 31 décembre: Sartorial un parfum sophistiqué de chez Penhaligon’s.
Le soir, sur les conseils de Paris Broadway, après un long voyage en métro, j’arrive à Clapham pour assister à la comédie musicale Meet me in Saint Louis. Le spectacle est donné dans un endroit étonnant. C’est avant tout un pub de quartier, terriblement anglais et très sympathique. Au dessus du bar, en haut d’un escalier assez raide, il y a une pièce, qui n’est pas vraiment une salle de spectacle, mais plutôt un grand séjour d’appartement. C’est là qu’un groupe de comédiens va jouer et chanter pour une trentaine de spectateurs Meet me in Saint Louis, la comédie musicale de Broadway de 1989, composée d’après le film éponyme de 1944 de la MGM avec Judy Garland. Le résultat est étonnant, j’apprécie beaucoup d’être à un ou deux mètres des chanteurs, sans micro bien sûr et juste accompagnés d’un piano, d’un violoncelle et d’une percussion. C’est un spectacle réussi si l’on prend en compte le peu de moyens réunis. Les chanteurs comédiens sont de niveau variable, allant du professionnel éprouvé au débutant un rien amateur.
Je rentre à l’hôtel en faisant un stop à Oxford street pour m’acheter une paire de pantoufles très victoriennes et le CD de London Grammar, le nouveau groupe à la mode en Angleterre.

19732ème jour

Beethoven par l’orchestre Philharmonia au Barbican

Une promenade à pied jusqu’au HMV d’Oxford Street Tottenham qui va bientôt fermer ses portes et sera remplacé par les minuscules rayons de celui de Bond Street, déjeuner d’huîtres à Wright Brothers Oyster bar de Soho, une visite chez Jack Wills, des boutons de manchette en forme de scarabée chez Paul Smith, retour à pied à l’hôtel pour un repos avant le concert du soir.
J’ai d’ailleurs failli être en retard à ce concert. J’avais prévu d’aller au Barbican en métro mais la Circle Line ne fonctionnait plus et j’ai du remonter en surface pour prendre un taxi. Il me restait 23 minutes pour aller de Paddington au Barbican mais la jeune femme qui me conduisait a magnifiquement réussi le challenge. Concert de Noël au Barbican, consacré à Beethoven avec deux pièces phare : Le Concerto L’Empereur et la Neuvième Symphonie. Je ne m’attendais pas à un concert exceptionnel, mais le résultat était terriblement routinier, avec un chef, Christopher Warren-Green, aux abonnés absents et une soliste, Mona Asuka, au jeu bizarre, à la fois technique mais terriblement défaillant. Salle aux anges qui fait un triomphe à son orchestre.

19731ème jour

Paris Londres

Je passe une bonne partie de la journée à compléter les mois de mars et avril de ces pages. C’est un travail redoutable que de reconstituer des journées d’il y a presque un an. Roissy Heathrow le soir à 18h00. Heathrow Express. Un hôtel médiocre près de Paddington. Je parle longtemps avec Alejandro, un andalou qui a vécu toute sa vie à Barcelone et est maintenant à Paris et qui souhaite qu’on l’appelle Alex.

19730ème jour

Tchaikowski, Beethoven et Mahler

Journée passer à rédiger mes cartes de vœux, une soixantaine cette année.
J’achète aussi quelques billets de concert pour le mois de janvier : les Wiener Philharmoniker au Théâtre des Champs Elysées avec Riccardo Chailly, le Concerto pour violon de Tchaikowski avec Vladimir Ashkenazy à la tête du Philharmonia. Comme le Concerto pour piano avec Kissin est désespérément complet, je me rabats sur l’étape de leur tournée à Mannheim. Et puis aussi un billet pour le concert Beethoven de demain, toujours avec le Philharmonia à Londres.
Je complète le mois de février de ces pages en écoutant le très bel enregistrement des Wunderhornlieder avec Dietrich Henschel et admirablement accompagné par Boris Berezowsky (Revelge à couper le souffle).
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